Les justes ; pièce en cinq actes Les justes ; pièce en cinq actes
Les justes ; pièce en cinq actes Les justes ; pièce en cinq actes

Les justes ; pièce en cinq actes

À propos

« L'Étranger », « Le Mythe de Sisyphe », « Caligula » et « Le Malentendu » avaient formé ce que Camus appelle, dans ses « Carnets », le cycle de l'absurde. « Les Justes « succèdent à « La Pest »e et accompagnent la genèse de « L'Homme révolté » pour composer un second cycle, celui de la révolte. Il n'y a pas de rupture entre les deux cycles : le sentiment d'absurdité appelle la révolte. À l'instar d'Arthur Koestler, il va dénoncer plus systématiquement ce « sens de l'Histoire », au nom duquel la révolte a été confisquée au profit d'une révolution fondée sur la terreur. Nous voici engagés dans un débat d'idées. Il est au coeur des « Justes », pièce où Camus aspire une fois encore au génie tragique. Certains lui ont trouvé des accents cornéliens. La tragédie classique, après tout, était pour partie un affrontement d'idées. Le difficile pari de Camus est d'écrire, sinon une tragédie, du moins une pièce tragique sur son époque. Dans « L'Homme révolté », Camus date du meurtre du général Trepov (1878) la naissance du terrorisme russe. Le terrorisme va gagner tout l'Occident. Après le meurtre d'Alexandre II en 1881, ce sera celui de Sadi Carnot en 1894, précédé par les « exploits » de Ravachol, de Vaillant et de Henry ; celui d'Elisabeth, impératrice d'Autriche, en 1898 ; celui de Mac Kinley, président des États-Unis, en 1901. Et l'histoire n'est pas finie... « L'héroïsme est peu de chose, le bonheur plus difficile », écrivait Camus dans les « Lettres à un ami allemand ». « Dora et Kaliayev veulent vivre heureux en même temps qu'ils se sacrifient pour le peuple et, au contraire de Stepan, ils puisent dans leur amour la force de leur sacrifice. C'est qu'il faut être fort et heureux pour bien aider les gens dans le malheur. Celui qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids ne peut aider personne. » L'affrontement se produit ici entre les « justes », comme Kaliayev, et les intégristes de l'Organisation, incarnés par le seul Stepan. Si tension il y a, elle est entre révolte et révolution. Mais tous les conjurés s'accordent sur l'objectif à atteindre. Le dilemme n'est pas : « Faut-il ou non s'opposer au Tsar ? », mais : « A-t-on le droit, pour le renverser, d'utiliser tous les moyens ? ». On peut s'effaroucher que les « justes » se déterminent non par rapport à des apôtres de la non-violence, qui auraient eu leur mot à dire, mais par rapport aux intégristes de la révolution. Bref, c'est meurtriers contre meurtriers. Pour Camus, nous le savons, la tyrannie appelle la violence. Le sens de l'honneur et le souci de l'efficacité commandaient aux « justes » de tuer ; le « complément » rappelle qu'ils ont, en échange, accepté la mort. C'est dire qu'on ne trouve plus trace, ni dans « Les Justes » ni dans leur mode d'emploi, de la réserve que Camus avait inscrite dans l'ébauche : « Une vie est payée par une vie. Le raisonnement est faux, mais respectable. » Aurait-il, chemin faisant, trouvé de quoi fonder en raison le respectable sacrifice de Kaliayev ? Parions plutôt que l'action dramatique a imposé à l'écrivain une logique qui ne coïncidait plus avec celle du moraliste. Édition présentée, établie et annotée par Pierre-Louis Rey, professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle.

Rayons : Littérature générale > Théâtre

  • EAN

    9782070337316

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    224 Pages

  • Longueur

    18 cm

  • Largeur

    11 cm

  • Épaisseur

    1 cm

  • Poids

    142 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Poche

Infos supplémentaires : Broché  

Albert Camus

1913-1960 - Le père d'Albert Camus travaillait dans un domaine viticole, près de Mondovi, pour un négociant de vins d'Alger. C'est dans ce département de Constantine que l'écrivain voit le jour en novembre 1913. Un an plus tard, Lucien Camus meurt à la bataille de la Marne et la famille s'installe à Alger. Albert y fait ses études, encouragé par ses professeurs dont Jean Grenier. Il commence à écrire très jeune et ses premiers textes paraissent dans la revue Sud (1932). Après le bac, il obtient un diplôme d'études supérieures en Lettres, section philosophie, mais la tuberculose l'empêche de passer l'agrégation. En 1935, il commence à écrire L'Envers et l'Endroit qui sera publié deux ans plus tard. A Alger, il fonde le Théâtre du Travail qu'il remplace en 1937 par le Théâtre de l'Equipe: entretemps, il a quitté le parti communiste auquel il adhérait. Il entre au journal du Front Populaire, créé par Pascal Pia: son enquête "Misère de la Kabylie" aura une action retentissante. En 1940, le Gouvernement Général de l'Algérie interdit le journal et s'arrange pour que Camus ne trouve plus de travail. Il s'installe à Paris et travaille comme secrétaire de rédaction à Paris-Soir. En 1943, il est lecteur chez Gallimard et prend la direction de Combat quand P. Pia est appelé à d'autres fonctions dans la Résistance. La rupture avec Sartre a lieu en 1952, après la publication dans Les Temps Modernes de l'article de Jeanson qui reproche à la révolte de Camus d'être "délibérément statique". En 1956, à Alger, il lance son "Appel pour la trêve civile", alors que dehors, on hurle des menaces de mort. Il obtient le prix Nobel de littérature en 1957.Le 4 janvier 1960, au Petit-Villeblevin, Camus trouve la mort en voiture. Il est enterré à Lourmarin où il avait acheté une maison.

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