• Afrotopia

    Felwine Sarr

    L'Afrique n'a personne à rattraper. Elle ne doit plus courir sur les sentiers qu'on lui indique, mais marcher prestement sur le chemin qu'elle se sera choisi. Son statut de fille aînée de l'humanité requiert d'elle de s'extraire de la compétition, de cet âge infantile où les nations se toisent pour savoir qui a accumulé le plus de richesses, de cette course effrénée et irresponsable qui met en danger les conditions sociales et naturelles de la vie.

    Sa seule urgence est d'être à la hauteur de ses potentialités. Il lui faut achever sa décolonisation par une rencontre féconde avec elle-même. Dans trente-cinq ans, sa population représentera le quart de celle du globe. Elle en constituera la force vive. Un poids démographique et une vitalité qui feront pencher les équilibres sociaux, politiques, économiques et culturels de la planète. Et pour être cette force motrice, positive, il lui faut accomplir une profonde révolution culturelle avant d'accoucher de l'inédit dont elle est porteuse. Elle doit participer à bâtir une civilisation plus consciente, plus soucieuse de l'équilibre entre les différents ordres, du bien commun, de la dignité. Ce livre est un acte de foi en cette utopie active : une Afrique qui contribue à porter l'humanité à un autre palier.

  • Introduction à l´oeuvre et à l´action de Cheikh Anta Diop au moyen d´un recueil de textes précédés d´une introduction. Cheikh Anta Diop (Sénégal) a été un chercheur pionnier dans la contestation de l´histoire et de la civilisation africaines telles qu´affabulées et travesties par les Occidentaux. Il a aussi été un combattant pour l´indépendance et l´unité africaine, sur tous les plans mais notamment culturel, et contre la Françafrique et le néocolonialisme. Véritable esprit encyclopédique, il aura été « l´Africain de tous les refus ». Fascicule introduit par Dialo Diop, médecin-biologiste à la retraite de l´UCAD (Université Cheikh Anta Diop de Dakar), chercheur et professeur universitaire et ancien Secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), parti fondé en 1976 par Cheikh Anta Diop, interdit par le Président Senghor et qui ne fut légalisé qu´en 1981 par le successeur de ce dernier, Abou Diouf.

  • Cet ouvrage collectif répond à une nécessité impérieuse, celle de mettre en lumière les relations tissées entre pays africains et Union européenne dans la dernière décennie. Dans ce secteur marginalisé, y compris dans la sphère altermondialiste, il s´agit de prendre la mesure des passifs occasionnés par des décennies de relations inégales, spécialement dans la zone francophone. Malgré les bouleversements qui ont mis à bas l´empire soviétique ou celui des USA en Amérique latine, ces relations restent régies par l´ordre néocolonial, sous l´égide d´une caste dictatoriale dite françafricaine"", selon la formule du regretté François Xavier Verschave.

  • La culture doit être l'un des plus ambitieux projets africains au XXIe siècle. Au moment où la mondialisation et la pandémie de Covid-19 accélèrent tous les processus de dématérialisation des économies, il nous faut envisager la culture africaine comme une boussole capable de montrer aux Africains et au reste du monde un nouveau cap. Prise dans son acception la plus large, englobant la littérature, les arts vivants, les langues, les arts plastiques, les productions audiovisuelles et cinématographiques, la musique ou l'architecture, la culture doit faire l'objet d'une promotion et d'une stratégie de développement à l'échelle continentale portée par une volonté commune. Il s'agit d'une double révolution, spirituelle et économique, que les civilisations africaines, dans leur formidable diversité, doivent mener pour construire le XXIe siècle. Ode aux richesses éternelles de l'Afrique, à sa jeunesse, à ses talents, à sa créativité, le texte de Moussa Mara est un manifeste qui invite à ?uvrer collectivement à une renaissance culturelle du continent africain, source d'inspiration pour les civilisations du monde entier.

  • Mongo Beti (1932-2001), écrivain camerounais, est connu pour ses romans, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.
    Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l'éditeur poursuivi, et l'auteur l'objet de multiples pressions et menaces.
    Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d'une actualité brûlante à l'heure de l'intervention française au Zaïre. Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d'Afrique occidentale française et d'Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n'en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France.
    Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la « Françafrique ». Une préface inédite, d'Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l'histoire mouvementée de ses différentes éditions

  • Afrique et numérique

    Jean-Michel Huet

    • Pearson
    • 12 Février 2021

    Comprendre, s'inspirer et saisir les opportunités offertes par l'accélération du digital en Afrique. Plusieurs dynamiques sont à l'oeuvre ces dernières années pour accroître le poids, le rôle et l'enjeu du digital en Afrique. Il serait facile de mettre en avant celles liés à l'Internet des objets, au progrès du digital dans l'agriculture ou au succès des start-up africaines... mais on voit bien que ces sujets sont fort différents.
    Ils illustrent en fait l'existence de trois facteurs qui accélèrent la digitalisation de l'Afrique et permettent les sauts technologiques que connaît actuellement ce continent.
    Ce livre éclaire la nature de ces trois catalyseurs, au premier plan desquels figurent les technologies : le déploiement des réseaux télécoms, l'explosion de la data et de l'internet des objets favorisent la digitalisation de l'Afrique.
    Dans le même temps, des acteurs - notamment bailleurs de fonds, gouvernements et quelques entreprises et start-up - se sont associés pour apporter des solutions autour de nouveaux usages, du m-paiement, de l'e-santé, de l'identité numérique, du télétravail ou de l'e-éducation.
    Nous ne dirons pas que la Covid-19 a été un accélérateur du digital, mais elle a permis à ces différents facteurs de s'actionner rapidement. C'est bien l'association de ces trois catalyseurs (technologies, acteursfacilitateurs et usages) qui permet d'aller plus loin (et dans le cas présent plus vite, contexte particulier de la pandémie oblige) pour favoriser une accélération digitale.
    Cet ouvrage explore différents exemples et donne des clés de compréhension pour les décideurs, investisseurs, entrepreneurs qui souhaitent s'inspirer et saisir les opportunités offertes par un continent en pleine révolution numérique.

  • L'onde de choc créée par la pandémie du Covid-19 suscite, une décennie après les crises alimentaires de 2007-2008, de nombreuses interrogations sur la viabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Les politiques publiques relatives à l'agriculture, à l'alimentation et au développement rural, et l'aide au développement qui les accompagne, doivent faire face de plus en plus à des objectifs contradictoires dans les domaines économiques, environnementaux et sociaux. Dans ce contexte, l'objectif de cet ouvrage est d'analyser ces politiques sous l'angle des processus, de mettre en évidence les jeux d'acteurs, leurs interactions et les rapports de pouvoir à l'aide d'une grille d'analyse inspirée des sciences politiques. A partir d'études de cas situées à différentes échelles, l'ouvrage restitue les résultats d'une démarche collective destinée à mieux comprendre l'élaboration des politiques agricoles, rurales et alimentaires en Afrique et les enjeux de l'accompagnement des acteurs impliqués dans la construction de celles-ci. Il ambitionne de prendre un recul critique face aux nombreuses « recettes » et autres modèles clés-en-main qui circulent dans la coopération internationale, en dehors de toute prise en compte des réalités locales.

  • Pilleurs d'Afrique

    Gilles Gaetner

    Un hôtel particulier, avenue Foch, payé cent millions d'euros... Trois millions de dollars dépensés en objets ayant appartenus à Michael Jackson. Des berlines achetées sur un coup de tête, pour un million d'euros chacune... Des bijoux et des montres à des prix ahurissants. Des robes et des costumes à faire pâlir les stars. Dans l'entourage des présidents de la Guinée équatoriale, du Congo-Brazzaville, du Gabon, on dépense sans compter. Normal : on se sert dans les caisses de l'État. En vingt ans, des centaines de millions d'euros se sont ainsi évaporés, à travers des prête-noms, des comptes offshores disséminés à Dubaï, à Hong-kong, à Monaco, au Luxembourg... Gilles Gaetner, au terme d'une enquête de plusieurs années, révèle l'étendue de ces scandales inimaginables. C'est toute une galerie de personnages surprenants qui défilent alors dans ces pages très documentées. Comment tout cela est-il possible ? Impuissants, abasourdis, réprimés, les Africains assistent à cette gabegie, alors que tout le continent est à la souffrance. Ce livre est bien plus qu'un réquisitoire : c'est la révélation de l'injustice organisée par les plus hautes sphères du pouvoir. Gilles Gaetner est né en 1946. Spécialiste des affaires politicofinancières, il a été journaliste aux Échos, au Point, à L'Express, où il a travaillé pendant près de 25 ans. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages, il a notamment publié, en 1992, l'un des premiers livres sur l'état de la corruption dans notre pays : L'argent facile. Dictionnaire de la corruption en France.

  • Ce livre s'intéresse à la jeunesse rurale au coeur du conflit sociopolitique ivoirien. Il s'appuie sur une enquête ethnographique menée dans les villages bété de la région de Gagnoa (2012-2018), dans le Centre-Ouest du pays. En suivant le parcours de nombreux jeunes gens qui ont quitté la ville pour s'installer dans leur village d'origine, Léo Montaz retrace l'émergence de la jeunesse comme catégorie politique dans cette région. Il interroge également les processus d'individualisation des jeunes ruraux, trop souvent renvoyés à la catégorie de cadets sociaux, et retranscrit les profonds bouleversements qu'ont connus les arènes villageoises sous les effets conjugués de la crise de l'économie de plantation, des tensions de l'ivoirité et des violences de guerre. Il analyse enfin la multiplicité des registres d'opposition mobilisés par ces jeunes, à l'échelle nationale comme micro-locale, en particulier les critiques de la gérontocratie, du clientélisme et des différents conservatismes qui régissent la vie politique ivoirienne.
    Léo Montaz propose ainsi une relecture de l'histoire et de la crise ivoiriennes sous l'angle des tensions intergénérationnelles au village. En étudiant les résistances et l'ambivalence du positionnement de la jeunesse, il montre la difficile quête d'émancipation des jeunes en Afrique.

  • La problématique de ce travail tourne autour de thèmes actuels et particulièrement de la géopolitique mondiale qui exige une gestion correcte et rationnelle de l'économie, de l'écologie et l'action de la femme. L'auteur y traite de sujets tels que ce que devrait être la place de cette dernière et aussi son rôle réel dans le monde, singulièrement en Afrique et dans les autres pays les moins avancés.

  • En deux jours d'insurrection, fin octobre 2014, le peuple du Burkina Faso s'est débarrassé de Blaise Compaoré qui dirigeait ce pays depuis l'assassinat de Thomas Sankara en 1987.
    Le Burkina indépendant est riche d'une histoire politique mouvementée, et de plusieurs révoltes populaires. À côté des partis politiques, la société civile est particulièrement dynamique.
    Deux figures charismatiques, le journaliste Norbert Zongo et l'ancien président Thomas Sankara, ont servi de modèle depuis des dizaines d'années à la jeunesse de ce pays où 65% de la population a moins de 25 ans.
    L'ouvrage s'attache à décrypter la longue montée de l'opposition à Blaise Compaoré, le déroulement des journées de l'insurrection et la mise en place de la Transition. Il procède à une analyse approfondie des rapports des forces en présence, du jeux des acteurs et des négociations qui s'en sont suivies pour aller vers une forme de transition totalement inédite, y compris dans sa génèse.
    Des portraits des acteurs principaux de cette période historique sont tracés tout au long de l'ouvrage, pour donner de la chair à cette histoire.
    Qu'est-ce qui a permis le succès de l'insurrection? Quelles ont été les conditions de sa réussite? Comment a été préparée la population urbaine des villes, par les partis politiques mais aussi par la société civile, les artistes de ce pays? Comment l'insurrection a-t-elle pu déboucher sur une transition réformatrice par des élections jugées unanimement comme réussies? Comment analyser les résultats des élections et la déception des insurgés?
    Autant de questions auxquelles répond cet ouvrage.

  • Ce livre retrace une longue marche : celle des Parlements sur les scènes politiques africaines, aussi variées que tumultueuses ces dernières décennies. Si elles n'ont rien de nouveau, les institutions délibératives en Afrique ont toujours dû se frayer un chemin, avant et après les indépendances, pour exister face aux exécutifs tout-puissants.
    Nayé Anna Bathily interroge les attentes des Africains, en quête d'une sphère politique qui les représente dans toute leur diversité. Conçu pour servir aux élus et aux électeurs sur le temps long, cet ouvrage brise le cliché des Parlements « chambres d'enregistrement ». Éclaireurs sur le sinueux chemin de la démocratisation, les législateurs se font rempart des droits fondamentaux et avant-garde du changement. La démocratie sur le continent sera délibérative, ou ne sera pas.

  • Bamako : de la ville à l'agglomération Nouv.

    Longtemps perçue comme un gros village, réceptacle des migrations rurales, la capitale du Mali est devenue une métropole illustrant remarquablement la croissance démographique et l'étalement spatial des grandes agglomérations ouest-africaines. Avec trois décennies de recul, ce livre-atlas met en lumière ces enjeux et les processus de renouvellement de la population bamakoise : le poids désormais décisif des jeunes ; l'impact de flux résidentiels redistribuant familles et demandes de logement au-delà du district urbain ; le déplacement des fortes inégalités d'accès au sol vers les périphéries de l'agglomération.

    S'appuyant sur une combinaison de données censitaires, d'enquêtes quantitatives et d'observations recueillies jusqu'à la fin des années 2010, l'ouvrage montre comment les pratiques des habitants en matière de logement, de migration et de mobilité urbaine impriment des discriminations croissantes dans ce cadre expansif. La trajectoire de la ville se lit au fil de plusieurs générations qui ont marqué l'histoire des quartiers, densifié les lignées de propriétaires, forgé de nouveaux besoins dans les plus récents fronts de peuplement.

    Prendre le pouls de la transition urbaine oblige à déconstruire les visions simplistes, opposant émigration et immigration, croissance spontanée et urbanisme réglementaire, une ville « prédatrice » et une campagne « spoliée », sans pour autant négliger leurs échos dans les représentations locales et les modèles globalisés de gouvernance urbaine. Véritable manuel d'investigation, ce livre rappelle donc la nécessité d'une connaissance précise des cycles d'expansion urbaine et des acteurs de cette double fabrique, sociale et territoriale. Il donne à voir l'agglomération de Bamako à la fois dans sa dimension régionale et dans l'intimité de ses quartiers.

  • L'expansion économique devient le but premier des pays qui en ont pris conscience. L'Afrique est le théâtre d'opérations permanent, sur lequel se traduisent les extrémismes de tout bord qui viennent brouiller les cartes entre terrorisme islamique, nationalisme, ethnicisme. Le champ de bataille des matières premières recouvre maintes réalités. L'Afrique ne transforme pas, ou peu, elle extrait, produit, elle n'a pas son indépendance énergétique et agricole.
    Elle est prisonnière de ses vieux démons issus de son histoire : corruption, mono-industrie, élites immuables, incapacité à choisir son modèle économique et explosion démographique. L'Afrique a-t-elle la capacité d'innover et la possibilité d'absorber cette population, de la faire vivre et d'en faire un atout ? Ces nouveaux Africains voudront-ils vivre dans un continent aux immenses possibilités, mais qui sera aussi confronté aux bouleversements climatiques ? Les facteurs d'instabilité politiques jouent un rôle essentiel dans la migration des jeunes vers l'occident.
    La question du droit d'asile est aussi souvent présentée comme prépondérante. L'Afrique pourrait répondre de manière plus efficace aux défis qui l'attendent en parlant d'une et même voix. Mais un raisonnement continental apparaît complexe et difficile à mettre en oeuvre et faire de l'Afrique une nation puissante. Il semble nécessaire de repenser les rapports entre les pays africains, la Chine et les Etats-Unis en remettant à plat les relations avec la Chine, les Etats-Unis et l'Europe.
    La réflexion sur l'avenir de la relation entre l'Europe est l'Afrique est fondamentale. L'Europe a les moyens de se tourner vers les pays africains, en a-t-elle la volonté? L'Europe peut-elle suivre les préconisations allemandes ? Imaginer l'avenir de la relation entre l'Europe et l'Afrique est-il utopique ou juste fondamental ? Poser la question, c'est y répondre !

  • L'impérialisme postcolonial n'est pas l'impérialisme qui viendrait après la colonisation. Il est l'impérialisme noir, l'impérialisme invisible, de la Race ou de la Bête, c'est-à-dire de la valeur et de la libido, de l'Argent et du Sexe. Il est le point aveugle que partagent la théorie postcoloniale et ses contempteurs. Le spectre du Noir colonise l'imaginaire du Blanc. Mais, plus encore, le colonial est colonisé par le colonisé lui-même, son opposé qui est aussi sa création, et qui le mine de l'intérieur.

    Avec rigueur et truculence, Joseph Tonda, l'un des penseurs les plus originaux du continent, poursuit sa réflexion sur le pouvoir en analysant les éblouissements de l'Afrique centrale comme de l'Occident. Prises dans une même destinée, nos sociétés sont chahutées entre enchantements et violences, entre calculs et folie, entre croyance et consommation, dans l'indiscernabilité du réel et de l'irréel, du passé et du présent, c'est-à-dire dans l'imaginaire. En faisant défiler sous nos yeux, eux aussi éblouis, les images-écrans, les images d'images de la mondialisation néolibérale qui ont saisi toutes les sociétés, il nous prouve une nouvelle fois qu'il n'est pas si facile de « tuer les yeux », en tout cas les siens.

  • Comment penser les enjeux démocratiques, les rapports de pouvoir et les incidences des dynamiques globalisées dans un contexte rural ouestafricain contemporain ? Comment cerner cette tension entre « modernité » et « tradition » face aux enjeux vitaux des ressources naturelles et de leurs accès ? Comment saisir le « vivre-ensemble » de groupes ethnicoprofessionnels foncièrement différents mais amenés à se partager un même espace, tout en étant confrontés à la singularité environnementale du Delta intérieur du fleuve Niger au Mali ? Comment comprendre cette fascinante capacité l'adaptation, non sans violence, des populations et de leurs élites face aux bouleversements rapides et aux basculements politiques impulsés depuis le sommet de l'État ? Qui sont ces élites politiques locales ? Ancrée dans une ethnographie fine et fouillée, cette monographie explore ces questions à partir de l'étude de cas de Youwarou, une petite localité du Delta intérieur du fleuve Niger au Mali.
    Début des années 1990, le Mali vit un basculement politique qui se concrétise par la décentralisation de l'État, l'instauration du multipartisme et des élections communales, largement promus par les bailleurs de fonds du Nord. En éclairant les transformations du politique à Youwarou, depuis cet ancrage local et rural, cet ouvrage s'interroge sur les enjeux démocratiques contemporains et les injonctions normatives formulées par l'État malien et les bailleurs de fonds internationaux. L'auteure explore l'articulation pragmatique entre une politique publique visant la démocratisation et une hégémonie de fait des élites politiques locales. Cet ouvrage explore la façon dont les autorités traditionnelles se reconfigurent au fil du temps long et comment ces élites se maintiennent au pouvoir captent diverses rentes des ressources naturelles et du développement. Cet ouvrage s'intéresse aussi aux dynamiques de contrepouvoir et à l'imaginaire politique local construit par les multiples récits de fondation de la localité. Cet ouvrage revisite ainsi l'idée du « local » et du « global », en apportant une contribution à une anthropologie politique contemporaine des modes de gouvernance locale en Afrique de l'Ouest.

  • Depuis que les pays d'Afrique ont obtenu leur indépendance, les conflits n'ont cessé de faire couler le sang. Saïd Bouamama se plonge dans l'anlyse de ces conflits en dévoilant les véritables enjeux, les conséquences ainsi que les rouages politiques sous-jacents.
    Région après région, pays après pays, ils parcourent l'ensemble du continent.

  • Depuis que les pays d'Afrique ont obtenu leur indépendance, les conflits n'ont cessé de faire couler le sang. Saïd Bouamama se plonge dans l'anlyse de ces conflits en dévoilant les véritables enjeux, les conséquences ainsi que les rouages politiques sous-jacents.
    Région après région, pays après pays, ils parcourent l'ensemble du continent.

  • Congo, 24 novembre 1964. Des centaines de paras belges sont lancés sur Stanleyville et Paulis. Objectif officiel : sauver des civils belges en danger. Humanitaire ? De Witte révèle la face cachée en exhumant des témoignages de première main dans tous les camps : la « libération » a plutôt été un bain de sang où l'Occident aida l'armée de Mobutu à assassiner des dizaines de milliers de Congolais.

  • Le sociologue Mohamed Amara jete un regard positif et original sur un Mali en proie à la prédation des marchands d'angoisse. Le Mali agonise, tiraillé entre l'image fictive de " belle démocratie " des années 1990 et la situation cauchemar desque actuelle : narco-terrorisme au quotidien, inégalités sociales grandissantes et injustices prégnantes. Pendant ce temps, les angoisses des populations se dé-veloppent et deviennent le terreau de violences exacerbées : angoisse de la pensée unique, angoisse des conflits intercommunautaires, an-goisse de la pauvreté, angoisse de la pression sociale, angoisse d'un Etat dominant et écrasant, angoisse des élites corrompues et des ci-toyens corruptibles.
    " Le Mali doit penser son futur en termes de développement des libertés, de justice et d'un droit au bonheur pour tous. "

  • La pensée de Fanon est une pensée qui « empêche de dormir », sans cesse mobilisée dans des débats théoriques virulents ou comme étendard de revendications sociales et politiques. Les catégories qu'il a adoptées, façonnées dans la chair à vif de conflits atroces, n'ont rien perdu de leur acuité pour penser aujourd'hui les contradictions de la situation postcoloniale et la décolonisation de la connaissance, dans un monde où les rapports de domination produisent de nouvelles formes de souffrance et d'assujettissement. Ce dossier reprend quelques aspects d'une pensée inépuisable et indocile, en proposant un retour sur ses thèses les plus controversées : les pathologies de la reconnaissance, les conflits des sociétés africaines, la place de la culture dans la cure de la folie, le rapport entre le politique et l'islam dans la construction des États postcoloniaux, l'incorporation du racisme en situation postcoloniale. D'ailleurs, si l'on ne cesse de convoquer ce spectre et ses paroles « inopportunes et déplacées », n'est-ce pas que quelque chose de son temps - de sa violence, comme il l'avait lui-même prévu - hante encore notre présent ?

  • L´empereur Jean Bedel Bokassa a fait longtemps l´objet de polémique dans les médias français. En 1979, il est renversé par les services secrets français sur décision du président Valéry Giscard d´Estaing. Exilé en Côte d´Ivoire, Bokassa fait des révélations au Canard enchaîné sur les diamants qu´il avait offerts à Giscard mais garde le silene sur les coulisses de sa chute. Dans une biographie inédite, le politologue et enquêteur Charles Onana, ami de Pierre Pean, qui avait lancé l´affaire des diaments, révèle la face cachée de la chite de Bokassa. Détenteur des archives personnelles de l´empereur centrafricain depuis trente ans, Charles Onana permet de découvrir des documents jamais rendus publics. Cette histoire intime entre un chef d4etat feanças, faite de passion, de haine et de trahison éclaire aussi sur les relations sulfureuses que continue d´entretenir la France avec le continent africain.

  • 9 juillet 2011 : le Sud-Soudan proclame son indépendance.
    Epilogue d'une revendication née dans les années 1940, d'un conflit armé qui opposa pendant plus de vingt ans les rebelles sudistes aux autorités de Khartoum, et d'un processus de paix initié en 2005, cette indépendance témoigne aussi d'une configuration inédite en Afrique puisqu'elle constitue la première remise en cause des frontières coloniales du continent. Comment expliquer et rendre compte de la naissance du 54e Etat d'Afrique ? Ce projet sécessionniste menace-t-il la stabilité de la région, voire du continent ? Ce dossier entend revenir sur les différents jeux d'acteurs impliqués dans le parcours chaotique de ce projet d'indépendance et sur les arènes internationales, régionales ou locales dans lesquelles se négocie - au quotidien - l'Etat en passe de naître, et où s'entrechoquent différents ordres politiques difficilement conciliables.
    Il interroge en particulier les attributs de souveraineté revendiqués par les nouvelles autorités sudistes, les projets de la future capitale et les enjeux du contrôle des frontières ; il explore le rôle inédit de l'Union africaine dans ce processus, les négociations et conflits en cours sur le partage de la rente pétrolière et les reconfigurations régionales induites par l'indépendance.

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