• 14 juillet 1919. Un défilé militaire impressionnant consacre l'armée française. Quelques jours après la signature de la paix, le 28 juin, la cérémonie est à la fois un hommage aux 1 400 000 hommes tombés au front et une célébration du triomphe de la France.
    L'armée française a joué un rôle capital dans la victoire sur l'Allemagne durant la Première Guerre mondiale. Lors des combats gigantesques de 1918, elle s'est montrée la plus grande, la plus moderne et, à partir de l'effondrement allemand, la plus puissante du monde grâce à une industrie de guerre imaginative et performante.
    Michel Goya nous éclaire sur la manière dont cette armée s'est transformée jusqu'à la victoire finale et revient sur le processus qui l'a conduite de la gloire au déclin dans les années qui ont suivi.

  • Jean-Yves Le Naour, l'un des plus grands spécialistes français de la Première Guerre mondiale, fait revivre au lecteur les étapes clés du conflit de 1914-1918 dans un texte passionnant et enlevé. Ce récit poignant donne des repères chronologiques précis permettant de mieux comprendre le déroulement des opérations et les grandes étapes de cette sombre période. Riche en anecdotes, il plonge le lecteur dans le quotidien de ceux qui l'ont vécue : les poilus qui ont connu l'enfer dans les tranchées, les civils réquisitionnés dans les usines, les femmes qui ont contribué à l'effort de guerre et pour qui ce conflit a marqué le début de leur émancipation...

  • Atlas de la première guerre mondiale ; la chute des empires européens Nouv.

    Cet atlas retrace les origines, les enjeux et les conséquences de la Grande Guerre, dans toutes ses dimensions et à toutes les échelles.
    - Les combats en Europe, les tensions au Moyen-Orient, les révolutions russes et l'implication des États-Unis attestent de la dimension internationale du conflit.
    - Les grandes batailles ont marqué plus localement les pays : la Marne, les Dardanelles, Verdun, la Somme.
    - La chute des empires, la création de nouveaux États et les rapports entre vainqueurs et vaincus sèment les germes du prochain conflit mondial.

    Grâce à plus de 80 cartes et infographies, l'auteur analyse cette période charnière de l'histoire du monde que fut la Première Guerre mondiale.

  • Pourquoi la bataille de Verdun a-t-elle eu lieu et a-t-elle duré presque un an ? Comment s'expliquent les premiers succès allemands ? Pourquoi et comment les Français ont-ils résisté ? Pourquoi cette bataille at- elle dans la mémoire française un statut si exceptionnel ?
    Du 21 février au 19 décembre 1916, Verdun a été la bataille la plus longue, la plus dévastatrice - 700 000 victimes, dont 300 000 morts - et la plus inhumaine de la Première Guerre mondiale.
    Écrite par deux grands historiens de la Grande Guerre, l'un français, l'autre allemand, cette histoire de Verdun est la première à croiser les deux points de vue. Avec finesse et perspicacité, Antoine Prost et Gerd Krumeich suivent au quotidien les soldats et leurs chefs des deux côtés de la ligne de front et racontent comment s'est construit le « mythe » de cette célèbre bataille.

  • Au sortir de la Première Guerre mondiale, Maurice Genevoix est loin d'être considéré comme le représentant des Poilus. À l'époque, et durant tout l'entre-deux-guerres, c'est Henri Barbusse, l'auteur du Feu, qui incarne le rôle de porte-parole des combattants. Prix Goncourt 1916, scandale littéraire ayant soulevé des passions contraires, Le Feu est un choc, un livre suffocant qui, pour la première fois, raconte le quotidien des tranchées sans rien dissimuler des souffrances des soldats. Profitant de cette exposition, Barbusse s'engage en politique, embrasse les combats du pacifisme et du communisme, suscite critiques ou admiration. Genevoix, lui, enfermé dans l'étiquette régionaliste, se tient pour sa part à l'écart du tumulte du monde, préfère les parties de pêche et les promenades au bord de la Loire et construit sa réputation littéraire en dehors du témoignage, avec notamment Raboliot. Pourtant, aujourd'hui, la fortune de la gloire littéraire s'inverse : avec ses cinq ouvrages de souvenirs rassemblés dans Ceux de 14 et sa panthéonisation, Genevoix prend sa revanche sur Barbusse, le prophète découronné. Comment cela a-t-il été possible ?

  • D'avril 1915 à fin 1918, les armées alliées d'Orient affrontent les troupes turques, austrohongroises, allemandes et bulgares. Au plus fort de la bataille, plus d'un million d'hommes s'opposent. Injustement méconnu, le front d'Orient a joué un rôle décisif dans l'issue de la Première Guerre mondiale. Les débarquements et les combats des Dardanelles ont un objectif :
    S'emparer de Constantinople. Au bout de neuf mois, les Alliés prennent conscience de l'échec de l'opération. Puis, pendant deux ans, les tensions, le manque de troupes et la complexité de la situation aboutissent à une quasi-neutralisation du front de Salonique. Il faut attendre septembre 1918 pour que le général Franchet d'Espérey conduise les armées alliées d'Orient à la victoire, impose des armistices à la Bulgarie et à la Turquie, accélérant la fin du conflit.
    Max Schiavon revisite la Grande Guerre dans les Balkans : loin d'avoir vécu une expédition exotique, les poilus d'Orient y ont connu des souffrances terribles, autant si ce n'est plus qu'en France.

  • Clemenceau

    Michel Winock

    « Georges Clemenceau fut l'homme aux quatre têtes : le Tigre qui déchire les ministères ; le dreyfusard, qui mène pendant neuf ans le combat du droit et de la justice ; le premier flic de France, qui dirige d'une main de fer pendant trois ans le ministère de l'Intérieur ; enfin le Père la Victoire qui, rappelé à 76 ans à la tête d'une France en guerre et au bord de l'abîme, conduit le pays jusqu'à l'armistice et la paix avec l'Allemagne. Ce radical, d'abord haï par la droite pour son anticléricalisme, puis par la gauche pour son sens de l'ordre et sa lutte contre le pacifisme, est un homme singulier, surprenant, apparemment contradictoire. Il se disait lui-même "un mélange d'anarchiste et de conservateur". Dans cet ouvrage, je me suis efforcé de mettre en relief son ambivalence qui le rend si difficile à "classer". Je le range cependant dans les rangs de la gauche, d'une certaine gauche qui avait été engloutie après la Seconde Guerre mondiale, mais qui pourrait reprendre force aujourd'hui : la gauche républicaine. Au-delà de l'éventail politique, il a été l'incarnation d'une "certaine idée de la France". Ce n'était pas exactement celle du général de Gaulle, mais tous deux ont eu la charge d'empêcher que la France disparaisse de la face de la terre ». (Michel Winock). Une étude du personnage avec ses contradictions assumées, mais aussi une analyse politique de l'homme, de son action et de son époque, qui prend une résonance particulière dans le contexte français actuel.

  • Le soldat inconnu est, en France, avec le bleuet, le casque Adrian et nos 36 000 monuments aux morts, l'un des symboles emblématiques de la Première Guerre mondiale et de l'armistice du 11 novembre 1918. Il en est même le symbole universel pour avoir été « adopté » dans de nombreux pays.

    Cependant, le Soldat inconnu n'est pas arrivé sans mal sous l'Arc de Triomphe. Loin de rassembler, ce combattant français anonyme a suscité, d'emblée, de nombreuses polémiques, devenant un point de crispation et de cristallisation des querelles idéologiques et politiques franco-françaises.

    C'est à la découverte de cette histoire méconnue que le lecteur est convié.

  • Avant les Mémoires de guerre, 1919-1945 ( « Texto », 2013) qui portent sur la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill a rédigé au début des années 1920 The World Crisis : de prodigieux mémoires sur la Grande Guerre. Churchill lui-même considérait que Les Mémoires de guerre étaient en quelque sorte la suite de La Crise mondiale, « une continuation de l'histoire de la Grande Guerre, telle que je l'ai exposée dans The World Crisis. Pris dans leur globalité, ils constituent la narration d'une nouvelle guerre de Trente Ans. » La Crise mondiale propose la même méthode : Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé le monde pendant la Première Guerre mondiale. Il en est le témoin et l'un des acteurs principaux.
    Lorsque paraissent les deux premiers volumes de La Crise mondiale, au printemps et à l'automne 1923, l'écrivain Winston Churchill est bien plus populaire en Grande-Bretagne que le politicien. Ces Mémoires connaissent immédiatement un grand succès - la Grande Guerre est encore dans tous les esprits (elle n'est achevée que depuis 5 ans) - et traitent d'une période pendant laquelle Churchill est ministre. Ils donnent donc au lecteur un aperçu sans précédent des coulisses du conflit. En tant que Premier Lord de l'Amirauté, Churchill se trouve alors au coeur des affaires internationales, au plus près des leaders politiques et militaires du temps.
    Outre le style de Churchill, que l'on a toujours plaisir à redécouvrir et à lire, La Crise mondiale est un document irremplaçable : à l'appui d'une documentation considérable, Churchill livre sa vision de la Grande Guerre. On y retrouve des jugements bien tranchés sur les politiciens et les militaires de l'époque, une ampleur de vues stupéfiante, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. Il se met aussi en scène, ce que résuma perfidement Arthur Balfour pour qui La Crise mondiale n'est autre que « la brillante autobiographie de Winston déguisée en histoire de l'univers ».

  • Le conflit mondial de 1914-1918 ouvre tragiquement le xxe siècle. Sondant les mentalités, l'action des chefs comme des humbles, des civils comme des militaires, interrogeant les attitudes de ceux qui décident, autant que de ceux qui vivent la guerre dans le froid des usines ou dans la boue des tranchées, François Cochet englobe toutes les dimensions de ce conflit total. Synthèse d'ampleur refusant de céder à une lecture partisane et exclusivement hexagonale, l'ouvrage répond ainsi à toutes les questions sur cet affrontement dantesque.

  • Avant les Mémoires de guerre, 1919-1945 ( « Texto », 2013) qui portent sur la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill a rédigé au début des années 1920 The World Crisis : de prodigieux mémoires sur la Grande Guerre. Churchill lui-même considérait que Les Mémoires de guerre étaient en quelque sorte la suite de La Crise mondiale, « une continuation de l'histoire de la Grande Guerre, telle que je l'ai exposée dans The World Crisis. Pris dans leur globalité, ils constituent la narration d'une nouvelle guerre de Trente Ans. » La Crise mondiale propose la même méthode : Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé le monde pendant la Première Guerre mondiale. Il en est le témoin et l'un des acteurs principaux.
    Lorsque paraissent les deux premiers volumes de La Crise mondiale, au printemps et à l'automne 1923, l'écrivain Winston Churchill est bien plus populaire en Grande-Bretagne que le politicien. Ces Mémoires connaissent immédiatement un grand succès - la Grande Guerre est encore dans tous les esprits (elle n'est achevée que depuis 5 ans) - et traitent d'une période pendant laquelle Churchill est ministre. Ils donnent donc au lecteur un aperçu sans précédent des coulisses du conflit. En tant que Premier Lord de l'Amirauté, Churchill se trouve alors au coeur des affaires internationales, au plus près des leaders politiques et militaires du temps.
    Outre le style de Churchill, que l'on a toujours plaisir à redécouvrir et à lire, La Crise mondiale est un document irremplaçable : à l'appui d'une documentation considérable, Churchill livre sa vision de la Grande Guerre. On y retrouve des jugements bien tranchés sur les politiciens et les militaires de l'époque, une ampleur de vues stupéfiante, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. Il se met aussi en scène, ce que résuma perfidement Arthur Balfour pour qui La Crise mondiale n'est autre que « la brillante autobiographie de Winston déguisée en histoire de l'univers ».

  • La leçon à tirer de l'épidémie de 1918 est à la fois simple et la plus difficile à appliquer : les dirigeants doivent conserver la confiance du public. Pour ce faire, il ne faut rien déformer, ne pas déguiser les faits, ne manipuler personne. Lincoln l'a dit le premier, et le mieux : « Un dirigeant doit rendre concrète toute l'horreur de la situation. C'est la condition pour que les gens soient capables de l'affronter. » Au plus fort de la Première Guerre mondiale, un nouveau virus grippal fait son apparition dans un camps militaire du Kansas. Un an plus tard, il s'est propagé au monde entier, causant la mort d'au moins 100 millions de personnes. Plus que la peste noire en un siècle, plus que le sida depuis sa découverte. Entré dans l'histoire sous le nom de grippe espagnole, ce virus place pour la première fois la science et le pouvoir politique face au défi d'une pandémie.

    Des premiers cas identifiés à la contamination planétaire, John M. Barry nous livre le récit magistral et haletant d'une véritable course contre la montre, ainsi qu'un regard d'une troublante actualité sur le rôle des gouvernements dans un monde en proie à une crise sanitaire sans précédent.

  • Une somme brillante éclairant les méandres politiques autant que sociétaux du régime soviétique de sa naissance à sa chute. En voici le sommaire :

    1. A l'est, le front oublié.
    2. La prise du pouvoir par les bolcheviks.
    3. Les manuscrits censurés de Lénine.
    4. Feliks Dzerjinski, les débuts du KGB.
    5. Les pogroms des guerres civiles russes.
    6. De l'amour libre à l'ordre moral.
    7. Les paysans contre Staline.
    8. Comment Staline a-t-il affamé l'Ukraine ?
    9. Y eut-il un génocide en Ukraine ?
    10. Etre communiste en URSS sous Staline.
    11. La vérité sur la Grande Terreur.
    12. Les 900 jours de Leningrad.
    13. Pourquoi les Soviétiques ont gagné la guerre ?
    14. Goulag : les vrais chiffres.
    15. Les derniers jours du tyran.
    16. URSS 1954: Opération Terres vierges.
    17. Révélations et silences d'un « Rapport secret ».
    18. Le dimanche rouge de Novotcherkassk.
    19. La grande stagnation.
    20. Tchernobyl : enquête sur une catastrophe annoncée.
    21.URSS : les mécanismes de la corruption.
    22. Les ruines de l'Empire.

  • Un moment tragique de l'Histoire russe...

    De 1917 à 1922, la guerre civile a causé des ravages en Russie: des millions de morts, des épidémies de typhus et de choléra, la famine, la misère, des populations terrorisées, déportées, massacrées. À l'abdication de Nicolas II en 1917, les bolcheviks - les Rouges - prennent le pouvoir. Comment les Blancs ont-ils pu perdre une guerre dontils s'étaientvus tant de fois les vainqueurs ?
    Les Blancs, des généraux de l'ancienne armée proscrits - notamment Denikine, Koltchak, Wrangel - organisent la lutte pour le retour du régime tsariste. Leur action prend naissance dans le sud du pays, puis s'étend jusqu'en Sibérie. Le pays est en plein chaos.
    Devant l'ampleur des menaces, le gouvernement bolchévique proclame la mobilisation générale et obligatoire.
    Trotsky prend la direction de l'Armée rouge, et élimine les unes après les autres les armées blanches. Les dernières forces blanches rassemblées en Crimée par le général Wrangel sont battues par l'Armée rouge en novembre1920.
    Ces années d'affrontements, d'exactions et de terreur font des millions de morts parmi les troupes et la populationvictimesde combats,de la famine, des épidémies.
    « Le grand mérite du livre de Jean-Jacques Marie, récit argumenté et documenté aux meilleures sources, est d'apporter de l'intelligibilité à la confusion extrême d'années de troubles et d'affrontement. » Le Figaro

  • john keegan, considéré comme l'un des plus talentueux historiens de la guerre, présente une histoire de 1914-1918 sans équivalent aujourd'hui, celle d'une guerre qui implique africains autant qu'indiens, canadiens ou japonais.
    en même temps, il n'oublie ni les enjeux nationaux ni les tensions sur les lignes de front, et cette perspective lui permet de s'affranchir des stéréotypes couramment répandus, tels que la responsabilité écrasante de l'allemagne dans le déclenchement du conflit, de la guerre fraîche et joyeuse des débuts, les " erreurs " allemandes sur la marne ou à verdun, les mauvais choix stratégiques anglais ou les insuffisances chroniques de la france.
    il replace dans leurs justes proportions le rôle des russes, le poids des autrichiens, des britanniques ou des américains. par son analyse originale, il réussit à donner la mesure mondiale de cette guerre et de ses conséquences.

  • Ils sont porteurs de valises, manutentionnaires, boxeurs, mais aussi avocats ou musiciens de jazz. Tous Noirs américains.
    Le 15 e régiment d'infanterie de la garde nationale de New York, créé en 1916 à Harlem, est une équipe de choc, composée de 2 000 soldats et de quelques officiers noirs, menés par une poignée de hauts gradés blancs idéalistes. Par leur engagement dans la guerre mondiale, ils entendent briser la logique de ségrégationet prouver leur valeur humaine sur les champsde bataille.
    Le 1 er janvier 1918, ils débarquent à Brest en entonnant une Marseillaise jazz, prêts à se battre. D'abord relégué aux travaux manuels, ce régiment atypique combattra à une seule condition : sous commandement français, intégré aux poilus, évitant ainsi à l'US Army le mélange des couleurs dans ses rangs. Surnommés «Hellfighters» par les Allemands, ils multiplieront les faits d'armes dans les tranchées de la Marne. La Grande Guerre sera-t-elle le tremplinespéré vers leur reconnaissance ?
    Thomas Saintourens raconte pour la première fois en France la formidable épopée de ces oubliés de l'Histoire. James Europe, le grand chef d'orchestre, fait vibrer la France au rythme du jazz, le peintre Horace Pippin croque dans ses carnets de bord la vie dans les tranchées et Henry Johnson, le modeste porteur de valises d'Albany, gagne le surnom de « Black Death » après une bataille héroïque. Si le régiment reçoit les plus hautes décorations françaises, l'Amérique blanche, elle, oubliera ses héros, pourtant dignes d'un film d'Hollywood.

  • « L'histoire du corps expéditionnaire russe se situe à la croisée de l'histoire des relations franco-russes, des mutineries et de la révolution de 1917. Comment la révolution a-t-elle pu se frayer un chemin jusque dans les tranchées, loin de l'agitation politique de la Russie, apparemment hors de portée de la propagande bolchévique ? Par quels canaux cette «contagion» a-t-elle innervé l'ensemble du corps expéditionnaire ? Comment est-on passé, d'une «troupe d'élite» dont les hommes et les officiers avaient été sélectionnés avec un soin tout particulier, à la plus importante mutinerie survenue sur le front occidental ? » En 1915, alors que la guerre s'est enlisée, le gouvernement français prend la chair à canon partout où elle se trouve. L'empire colonial y pourvoit largement, mais c'est encore insuffisant. Paris forme alors le projet de puiser dans les immenses réserves d'hommes de l'allié russe, en échange de quelques livraisons d'armes.
    C'est un faible apport militaire, mais un magnifique outil de célébration de l'« amitié franco-russe » - jusqu'au moment où la contagion révolutionnaire vient briser les rêves de la propagande.
    Les deux brigades, arrivées en France en 1916, accueillent la nouvelle de la révolution de février dans le plus grand enthousiaste. La détestation du tsar est unanime parmi les hommes. Après le désastre de l'offensive Nivelle dans laquelle elles sont jetées en avril, les brigades se mutinent et exigent leur rapatriement.
    Elles sont retirées du front, internées à La Courtine, mais rien n'y fait : l'agitation persiste. Elle sera durement réprimée.

  • "En 1914 débutait la première guerre industrielle et technologique de l'histoire de l'humanité, la première guerre totale et planétaire mettant en présence plus de 66 millions d'hommes, issus de nations et d'ethnies du monde entier. Si l'armistice du 11 novembre 1918 y mettait fin, la première guerre mondiale ne s'arrêta officiellement que le 28 juin 1919, avec la signature du traité de Versailles. - Richement illustré et documenté, cet ouvrage offre une vision originale de ces cinq années de conflit puisqu'il dépasse largement les champs de bataille européens. Gilles Vauclair revient sur l'implication des nations indépendantes, de leurs colonies et des pays satellites. Il explique également le rôle ambigu des Neutres, dont, pour certains, la neutralité s'arrêtait au seuil de leurs intérêts. Ainsi, au fil des pages, se dessine le rôle de chaque pays dans ce monde en guerre."

  • Le cycle du Centenaire de la Première Guerre mondiale qui s'achève a été d'une grande intensité. Il s'est traduit à la fois par un net regain d'intérêt et par un foisonnement éditorial. Il prolongeait également deux décennies d'un profond renouvellement des approches historiographiques de la Grande Guerre.
    Ce numéro se propose de rendre accessible à un large public les principaux apports de recherches qui ont désenclavé nos manières de concevoir un conflit mondial qui ne se résume pas au seul paroxysme des années 1914-1918, mais s'étire finalement pendant plus de dix années.

  • Il est indispensable de permettre aux historiens et aux généalogistes de retrouver les souvenirs du "grand-père qui a fait 14". Pas seulement son nom, mais le détail de ce qu'il a pu vivre pendant quatre ans.

    Parce qu'il a disparu, on pourrait croire que ses souffrances ou ses actes d'héroïsme sont oubliés, qu'ils sont partis avec lui. Or, avec toutes les bases de données Internet constituées à l'occasion des commémorations de la Grande Guerre, il n'a jamais été aussi facile qu'aujourd'hui de collecter des informations individuelles précises sur un ancêtre soldat, sous-officier ou officier, sur l'un de ces huit millions de "poilus" de la Grande Guerre, quel que soit son grade. Le ministère de la Défense a mis en ligne des bases de données d'une importance capitale pour les chercheurs. Des associations, des bénévoles et des bibliothèques françaises ou étrangères offrent des sites remarquablement conçus, avec des renseignements de premier plan aux chercheurs : forums d'entraide, historiques régimentaires, documents d'archives...

    Cet ouvrage vous servira de guide dans le foisonnement des fonds et des bases de données. Grâce à lui, vous pourrez retracer en détail la biographie du militaire qui vous intéresse, parfois même son quotidien, jour après jour, attaque après attaque, bombardement après bombardement... C'est l'histoire, mais une histoire qui rejoint la vôtre : celle de votre ancêtre soldat dans les tranchées de 1914-1918.

  • Dès 1915, le gouvernement jeune-turc à la tête de l'Empire ottoman a cherché à présenter l'annihilation du peuple arménien comme un simple projet de déplacement et de réinstallation. À cette fin, des documents accablants ont été très vite détruits et ceux qui ne l'ont pas été sont considérés jusqu'à aujourd'hui par les autorités turques comme des « faux ». Parmi eux figurent des télégrammes de Talaat Pacha et les mémoires de Naïm Efendi, bureaucrate ottoman qui travaillait au bureau des déportations d'Alep pendant les années 1915-1916. Ces documents ont longtemps été controversés, et les historiens, en l'absence de preuves suffisantes, évitaient de les citer. Ce livre rouvre le dossier.
    En véritable enquêteur, Taner Akçam s'est en effet lancé dans une minutieuse analyse de ces mémoires et des télégrammes qu'ils contiennent. En comparant les systèmes de codage de ces câbles avec ceux employés dans d'autres documents conservés dans les Archives ottomanes, en étudiant le papier utilisé et la datation de ces pièces à conviction, en regardant de près les signatures, et en confrontant les événements mentionnés par Naïm Efendi avec d'autres sources, Taner Akçam parvient à démontrer qu'il ne peut y avoir aucun doute sur l'authenticité de ces « ordres de tuer ».
    Apportant ainsi de nouvelles preuves quant aux plans d'extermination de la population arménienne, ce livre rend aussi manifeste la politique de destruction systématique par le gouvernement ottoman de toutes traces relatives à ces atrocités.

  • S'il demeure un « mystère » dans le cours de la Première Guerre mondiale, c'est le déroulement de la mobilisation : comment en quelques heures, au son des cloches, des millions de Français ont quitté les leurs, leur village, parfois pour la première fois, délaissant les récoltes, rejoint, sans incident, leur lieu d'enrôlement, revêtu l'uniforme, pris les armes et sont montés au front.
    Une interprétation aujourd'hui dominante, et que l'on peut qualifier de « culturaliste », veut qu'il y ait eu un « consentement » patriotique du plus grand nombre, préparé notamment par l'école, qui aurait conduit, par une « brutalisation » des hommes et des sociétés en guerre, à prolonger le Grand carnage par la haine de l'ennemi. Frédéric Rousseau mène une lecture différente des sources - journaux intimes et correspondances familiales au premier chef : les stratifications sociales qui constituaient la société française ne se sont pas effacées comme par enchantement, mais au contraire ont tamisé la mise en guerre de chacun, selon sa position sociale. Le regard que la communauté ou le voisinage, relayé par les parents restés à l'arrière, portait sur les potentiels « héros » neutralisa, dans un premier temps, toute possibilité de refuser la guerre ; mais au fil des mois les yeux se décillèrent chez beaucoup, frappés par l'absurdité du sacrifice et la commune humanité des belligérants.
    L'intrication du social, trop largement oublié, et du patriotique donne alors du consentement à la guerre une image bien plus troublée que celle, digne d'Épinal, qui a été diffusée ces dernières années. Le débat entre historiens demeure.

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