• Après «24 Heures dans l'Égypte ancienne», de Donald P. Ryan (Payot, oct. 2019), voici de nouveau 24 chapitres et un personnage par chapitre, cette fois pour raconter chacune des 24 heures d'une journée à Athènes en 416 av. J.-C., lors d'une pause dans la guerre du Péloponnèse. En ce temps-là se trouvaient réunies dans la cité plusieurs grandes figures du monde grec, dont Alcibiade, Aristophane, Sophocle, Euripide, Hippocrate, Platon et bien sûr Socrate. Mais l'historien britannique Philip Matyszak n'oublie pas les Athéniens ordinaires, qui ont contribué eux aussi à forger une civilisation dont nous sommes les héritiers. Mieux, c'est à travers le regard et le quotidien de ces petites gens qu'il fait revivre les célébrités de l'époque.

  • « Dans ce livre j'ai tenté de livrer directement de bouche à oreille un peu de cet univers grec auquel je suis attaché et dont la survie en chacun de nous me semble, dans le monde d'aujourd'hui, plus que jamais nécessaire. Il me plaisait aussi que cet héritage parvienne au lecteur sur le monde de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à la façon de ce qui passe d'une génération à la suivante en dehors de tout enseignement officiel.
    J'ai essayé de raconter comme si la tradition de ces mythes pouvait se perpétuer encore. La voix qui autrefois, pendant des siècles, s'adressait directement aux auditeurs grecs, et qui s'est tue, je voulais qu'elle se fasse entendre de nouveau aux lecteurs d'aujourd'hui, et que, dans certaines pages de ce livre, si j'y suis parvenu, ce soit elle, en écho, qui continue à résonner. »

  • À la fin du Ve siècle avant notre ère, la guerre du Péloponnèse aboutit à la défaite d'Athènes. Profitant de la débâcle, une commission de trente Athéniens abolit les institutions démocratiques qui régissaient la vie politique de la cité depuis un siècle : c'est le début d'une guerre civile sanglante qui dure un peu plus d'un an. Car les démocrates ne restent pas sans réagir face aux oligarques : dès la fin de l'année 404, Thrasybule rassemble une armée de volontaires et, après plusieurs victoires retentissantes et des négociations difficiles, la réconciliation est conclue au début de l'automne 403, et la démocratie rétablie.
    À partir du destin de dix personnages singuliers, ce livre aborde l'événement sous un angle inédit. S'inspirant du modèle du choeur antique, il entend proposer une description renouvelée de la société athénienne, à rebours des classifications figées dissociant citoyens, métèques et esclaves. Par sa brutalité, la guerre civile fait en effet émerger des collectifs multiples et mouvants, organisés autour de figures clés tels l'inclassable Socrate, l'oligarque Critias, le rhéteur Lysias, mais aussi le scribe Nicomachos, l'ancien esclave Gèrys ou la prêtresse Lysimachè. En scrutant ces choeurs, l'enquête dévoile les hiérarchies et les tensions qui les traversent, mais surtout les pratiques et les émotions qui les soudent. Se dessine alors une nouvelle cartographie de la communauté athénienne, placée sous le signe de la pluralité et de la contingence.
    Cette histoire chorale s'interroge en définitive sur la façon de « faire société » : par quels processus une communauté en vient-elle à se déchirer, voire à se désintégrer, puis à se refonder ? Une réflexion indispensable, qui fait écho à notre présent tourmenté.

  • U'y a-t-il dans le nom d'un dieu ? « Zeus tonnant », « Lune aux trois visages », « Baal de la Force » ou l'énigmatique « YHWH » recèlent dans leur simple énoncé le surgissement d'une forme, l'éveil d'une puissance surhumaine.

    De la Grèce à Palmyre, Tyr ou Babylone, les appellations des dieux manifestent leurs domaines de compétence et leurs capacités d'action aussi bien que les usages qu'on en fait dans les sociétés polythéistes.
    À travers l'étude de ces noms, les douze chapitres de cet ouvrage déploient ainsi une galerie de portraits de divinités qui nous convie à la découverte des aspects changeants du divin sur tout le pourtour de la Méditerranée antique.

  • Au-delà de la rivalité entre Athènes et Sparte, cet atlas présente la diversité et la richesse du monde grec à l'époque classique et explique en quoi cette civilisation fut fondatrice.

    - Ressources, population, productions et échanges, dans un espace insulaire et semi-aride.
    - Une multitude de cités indépendantes et singulières : Athènes, Sparte, Corinthe, Thèbes, Argos, Métaponte, Syracuse...
    - Puissance, rivalités et conflits : de la victoire athénienne sur les Perses à Marathon (490) aux conquêtes d'Alexandre le Grand.
    - Un âge d'or des arts, des sciences et de la culture, dans les cités et les sanctuaires.

    Les 90 cartes et schémas originaux éclairent l'histoire de ces deux siècles considérés comme l'apogée de la Grèce antique.

  • «Puissant Alcinoos, très remarquable parmi tous les hommes, Oui, cela est beau, écouter un chanteur Comme celui-ci, pareil aux dieux par la voix».

    Qui est Homère? A-t-il seulement existé? Il y a ses poèmes, l'Iliade et l'Odyssée, composés sous une première forme en Grèce d'Asie Mineure au VIIIe siècle avant J.-C. Mais lui? Les Anciens, qui croyaient en son existence, ont multiplié les récits sur sa vie, sa naissance (de père inconnu, ou est-ce un fleuve, ou Apollon?), son apprentissage, sa cécité, ses voyages, sa gloire et aussi ses faiblesses : il meurt de ne pas avoir su résoudre une énigme enfantine qui portait sur des poux. Un mythe s'est créé, très tôt, étonnant, enjoué et magnifique. Le livre en suit les lignes en partant de l'idée que ce mythe qui parle d'un artiste sans patrie, mutilé mais créateur de merveilles, comme le dieu Héphaïstos, nous en apprend beaucoup sur le choc poétique et religieux qu'a provoqué l'apparition des poèmes homériques. Non pas un auteur, mais un événement révolutionnaire.

  • Les catastrophes naturelles ne sont pas, dans l'Antiquité, très différentes de ce qu'elles sont de nos jours. Le temps géologique est un temps long.
    Ce qui change, c'est l'environnement humain, le rapport de l'homme à la nature, les façons, différentes, d'habiter celleci et de l'exploiter. Toutes choses qui entraînent que les mêmes catastrophes, de nos jours, peuvent être parfois beaucoup plus meurtrières, beaucoup plus dangereuses que dans l'Antiquité.

  • Le monde des mythes révèle une pensée intimement articulée au quotidien. Omniprésents à Athènes, ils surgissent dans tous les espaces du paysage grec pour construire le passé comme le présent politique. Grâce à la mythologie, les Athéniens s'ancrent et se réinventent en permanence. Au banquet, les vases à boire circulent entre les buveurs, entrainant une cohorte d'images qui voyage de main en main. Sur les décrets de l'Assemblée du peuple, c'est Athéna qui, en image, fait écho au texte des hommes. Sur la porte de la maison, le père accroche, à la naissance de son fils, une couronne d'olivier, qui inscrit le nouveau-né dans la communauté de ses frères athéniens. Au théâtre et au tribunal, les mythes dramatisent la condition humaine face aux citoyens assemblés. Quant aux pièces de monnaie athéniennes, frappées de l'effigie d'Athéna et de ses symboles, elles véhiculent parfaitement combien il est difficile de tracer une frontière entre mythe et politique.

    C'est tout le propos de l'auteur, qui a choisi de retracer une histoire d'Athènes entre mythe et politique, en racontant les discours et les images qui contribuent à façonner les grands enjeux de la cité.

  • L'oeuvre de la grande helléniste que fut Jacqueline de Romilly a enchanté d'innombrables lecteurs en leur révélant la grâce et la beauté d'une civilisation sans pareille.
    Ce volume rassemble l'essentiel des textes qui jalonnent cette fresque narrative. Jacqueline de Romilly y promène le reflet grec de ses lectures sur toutes choses, animée sans cesse par le sentiment que se joua là, pour l'homme en général et pour son destin personnel de femme de tête, de coeur et de culture, une révélation intime. Expérience qui a nourri son idéal humaniste.
    Ses émerveillements constants devant la richesse et la splendeur du patrimoine qu'elle fait découvrir ici à travers les figures de la Grèce mythologique, historique et littéraire - Homère, Hector, Achille et Alcibiade, Périclès, Platon et Socrate - sont indissociables de son approche savante. En sa compagnie, nous suivons l'invention progressive des valeurs qui nous ont façonnés : douceur, tolérance, liberté, démocratie... Car pour Jacqueline de Romilly, « ce qu'a semé la Grèce ne cesse de revenir, de resurgir ». Sa pensée est aussi celle d'une femme qui plaida pour l'enseignement des humanités afin de lutter contre toutes les formes d'obscurantisme.
    Ce volume contient : Hector - Homère - L'Amitié de Giraudoux avec l'hellénisme : Elpénor - L'Humanité d'Homère et les humanités - Alcibiade - La Grèce antique à la découverte de la liberté - La Littérature, ou le Passé vivant - La Douceur dans la pensée grecque - « Patience, mon coeur ! » - Ne me dis pas comment cela finit... Réflexions sur la tragédie grecque.

  • Comment lire un mythe ? Quel rapport la philosophie entretint-elle avec la tradition ? Comment s'est formée la pensée positive en Grèce ?
    La tâche de l'historien n'est pas d'opposer mythe et raison, mais d'explorer, puis de confronter le discours théologique des poètes et les écrits postérieurs des philosophes et des historiens, de repérer les divergences dans les modes de composition, le vocabulaire, l'outillage conceptuel, les logiques de la narration.
    En relisant ainsi les grands textes mythiques et philosophiques, Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet ont éclairé de façon décisive l'univers mental des anciens Grecs.

  • Les Grecs et des Romains nous ont légué toutes sortes de récits, merveilleux ou effrayants, toujours énigmatiques et fascinants. Les lectures ne cessent de s'ajouter aux lectures, les critiques aux explications, les déconstructions aux déconstructions. Nous ne cessons de recevoir et de nous approprier cette mythologie.
    Il ne s'agit pas d'en proposer une nouvelle interprétation.
    Il s'agit d'examiner comment les Grecs et les Romains euxmêmes la recevaient. Sans rien concéder au vertige de la distance ethnologique, on vérifiera sans précautions que les récits mythiques de l'Antiquité s'accommodent d'une proximité aujourd'hui oubliée, peut-être perdue, mais possible.

  • Le livre qui contient les ultimes réflexions de la célèbre helléniste sur le thème qui lui tient à coeur : la grandeur de l'homme, ce qui fait les héros.

    À travers la lecture des grands écrivains grecs, Jacqueline de Romilly tente de nous faire mieux comprendre cette théorie de la grandeur de l'homme qui apparaît, pour la première fois peut-être, au V e siècle avant Jésus-Christ à Athènes. Pour la première fois, les dieux n'ont plus de têtes d'oiseaux ou d'animaux, ne sont plus des faucons, des béliers, des chiens ou des vaches, ni des êtres impossibles aux attributs terrifiants, comme en Asie, ni des divinités, aux milles bras, comme en Inde. Pour la première fois, ce sont tout simplement des humains.
    Mais cet essai ne conduit pas à un optimisme naïf.
    Les Grecs ne croient pas que tout va bien pour l'homme. La tragédie et l'histoire nous montrent au contraire qu'ils sont parfaitementconscients des défaites, des malheurs, des souffrances auxquellesl'humanité est exposée.
    « Le lumineux mérite de la pensée de la Grèce d'alors est d'avoir eu le désir passionné de dominer cette situation, et de se vouer à un idéal supérieur qui serait quelque chose de durable et de beau. Le sens de la grandeur humaine est un but, une conquête, un effort toujours renouvelé auquel un homme digne de ce nom doit consacrer toutes ses forces : là résident les chances de succès, comme on l'a vu à Athènes, à ce moment-là... »

  • Pour un Grec de l'Antiquité, qu'est-ce qu'être soi-même ? La Grèce des cités a largement ouvert la voie au développement de l'individu dans la vie sociale ; pourtant l'être humain n'y apparaît pas encore comme une personne, au sens moderne, une conscience de soi dont le secret reste inaccessible à tout autre que le sujet lui-même. La religion civique n'a pas non plus doté chaque individu d'une âme immortelle qui prolongerait son identité dans l'au-delà.
    C'est que dans une société de face à face, une culture de la honte et de l'honneur, l'existence de chacun est sans cesse placée sous le regard d'autrui. Pour se connaître il faut contempler son image reflétée dans l'oeil de son vis-à-vis.
    Parmi les formes diverses que l'autre a revêtues aux yeux des Grecs, il en est trois qu'en raison de leur position extrême dans le champ de l'altérité J.-P. Vernant a retenues pour focaliser sur elles son enquête : la figure des dieux, le masque de la mort, le visage de l'être aimé. Ces trois types d'affrontement à l'autre servent comme de révélateurs pour dégager les traits de l'identité telle que les Grecs l'ont conçue et assumée.

  • Admiré depuis près de 2500 ans, le Parthénon a traversé une histoire d'épreuves et de passions. Modèle classique, il est une des plus parfaites réalisations du miracle grec. Conçu au Ve siècle dans l'Athènes de Périclès, le Parthénon se dresse sur l'Acropole, le haut lieu le plus sacré de la cité. Sa décoration, avec ses frises et ses frontons sculptés, aujourd'hui en grande partie au British Museum à Londres, exalte d'antiques légendes qui rattachent les Athéniens au sol sacré de la patrie. Tout concourt à célébrer la déesse Athéna.
    François Queyrel revient sur la construction du monument lui-même et sur la signification des décorations qui l'ornent. Puis il raconte les péripéties, les mutilations et les renaissances de cet étonnant bâtiment. Dès l'origine lieu saint d'Athènes, le Parthénon fut successivement une église, puis une mosquée sous le joug de l'Empire ottoman, mais aussi une poudrière qui explosa sous les bombes des troupes vénitiennes. Passage obligé des voyageurs romantiques au XIXe siècle, avant d'être protégé et restauré au cours du XXe siècle, il demeure aujourd'hui au centre de nombreux enjeux culturels et politiques, avec les revendications sur les «marbres d'Elgin».

  • «Ainsi Romulus, resté seul, s'empara-t-il du pouvoir ; et la ville qu'il fonda prit le nom de son fondateur.» De la poésie épique au théâtre, du roman à l'histoire, d'Homère à Augustin en passant par Sophocle et Ovide, ce recueil, idéal pour découvrir les textes fondateurs de la mythologie gréco- romaine, réunit les incontournables du patrimoine antique.
    Chaque lecteur pourra y trouver son fil d'Ariane et croiser le trident de Poséidon, les foudres de Zeus, les ailes d'Icare, la naïade Eurydice - et, qui sait?, peut-être percer le mystère du monde disparu de l'Atlantide...

  • Vous trouvez que la statuaire, la céramique ou la mosaïque antiques sont splendides, mais vous ne savez pas toujours ce qu'elles représentent ? Au musée, vous aimeriez percer certaines énigmes des tableaux inspirés de l'antique ? Vous aimeriez lire Homère ou Sophocle, mais vous avez peur de ne pas saisir leur langage symbolique ? Vous connaissez les grandes légendes de la mythologie, mais vous n'en comprenez pas toujours le sens caché ? Vous vous apprêtez à visiter des ruines antiques, mais vous avez peur de passer à côté de leur signification ?
    Munissez-vous de ce guide : il vous permettra de savoir à quoi sert un caducée ; ce qu'il faut comprendre si, dans un mythe, vous croisez un aigle, un cerf ou un dauphin ; quels sont les vertus ou les dangers du lierre, de la jacinthe, du lotus ou de la menthe ; quel rôle symbolique jouent une balance, un coffre ou une lampe à huile ; ce que nos ancêtres voyaient dans la Lune, la Voie lactée ou au détour d'un labyrinthe...

  • Comment la civilisation grecque a-t-elle émergé au IIIe millénaire avant J.-C. ? Dans quels contextes historique et politique l'Iliade et l'Odyssée ont-elles été écrites ? Qui furent les grands personnages qui ont marqué l'histoire de la Grèce antique ? De l'empire indo-européen à la soumission, comment le monde grec s'est-il étendu jusqu'aux confins du monde grâce à Alexandre le Grand avant de s'effacer devant la puissance montante de Rome, victorieuse à Leucoptera ?
    Abordant la période qui s'étend des prémices de la civilisation mycénienne jusqu'au déclin de la Grèce hellénistique au IIe siècle avant J.-C., cet ouvrage est un manuel de référence qui couvre les principaux événements de l'histoire grecque. Il est destiné à tout lecteur curieux de découvrir l'histoire d'une civilisation qui a massivement influencé la culture occidentale postérieure.

  • 404 avant J.-C. : Athènes fait l'épreuve de la guerre civile. Un an plus tard, en 403, la démocratie est restaurée. Les démocrates font alors le serment que personne ne devra revenir sur le passé, rappeler les morts, les violences de la guerre. Bref, il est demandé à tous les citoyens d'oublier la division de la cité. Faudrait-il donc oublier pour se réconcilier et former une nation unie ? Quel est le bon usage de la mémoire ? Que voulaient réellement oublier les Athéniens ? En quoi le conflit est-il central à la démocratie ?

  • L'époque archaïque grecque fut longtemps l'équivalent de notre Moyen Âge, considérée comme des siècles obscurs, rigides et figés. Or, grâce aux progrès de l'archéologie, à une lecture très fine des textes, Claude Mossé a rendu toute sa place à cette période qui, du coup, s'anime sous nos yeux : on assiste au passage du combat singulier à la bataille rangée, de la dépendance à la démocratie au sein de la cité, de la piraterie à l'établissement des colonies lointaines, de l'univers des héros et des dieux au monde des hommes - paysans, sages législateurs et tyrans qui menèrent la Grèce des temps héroïques à l'âge classique. Un voyage en Grèce où Mycènes, Sparte, Athènes et les îles grecques revivent un lointain passé dont les traces nous sont désormais intelligibles et familières.

  • Tout le monde a entendu prononcer le nom d'homère, tout le monde connaît les principaux personnages de l'iliade et de l'odyssée, ces deux livres qui sont la première pierre de notre culture européenne et à l'origine de notre littérature- la tragédie via l'iliade, la comédie via l'odyssée.
    Pierre vidal-naquet explique le mystère du (ou des) homère(s) ; il établit la cartographie des lieux de bataille, d'étape ou de voyage ; il montre comment homère décrit les prémices de la société démocratique, les rapports entre citoyens libres et esclaves, entre " grecs civilisés " et " barbares ", entre hommes et dieux ; il décèle ce que les textes nous disent du combat, de la mort, de l'au-delà, du pouvoir et de ses sortilèges.
    Le livre de pierre vidal-naquet n'est pas seulement la leçon d'un historien familier depuis un demi-siècle de l'univers grec, mais la meilleure et la plus simple façon de comprendre d'où nous venons.

  • " il n'était pas écrit dans les astres que nous nous rencontrerions, jean-pierre vernant et moi, et qu'une part de notre oeuvre deviendrait commune.
    Pour que la rencontre se fasse, il fallait que le philosophe (lui) rompe avec l'idée qu'il existe des catégories abstraites : l'espace, le temps, il fallait que l'historien (moi) recherche les chemins d'une autonomie de l'histoire intellectuelle. oú se situait le terrain de la rencontre ? très précisément, je crois, au niveau du politique. il s'agissait pour lui de montrer que la science grecque (l'astronomie par exemple) était, comme la raison grecque dans son ensemble, "fille de la cité".
    Il s'agissait pour moi de prouver que la grèce n'avait pas été enfermée, comme les sociétés dites primitives décrites par mircea éliade, dans l'éternel retour d'un cycle. un temps linéaire avait existé, au ve siècle singulièrement. il exprimait l'affranchissement de la cité par rapport à la nature, aux dieux et aux rois de l'orient. ainsi commença, il y a plus de trente ans, un dialogue sur l'espace et le temps, dont les sept articles ici réunis portent témoignage.
    ".

  • En Grèce, dès l'époque hellénistique, la rhétorique a constitué un élément central dans l'éducation des adolescents. En se livrant à des exercices préparatoires de rhétorique (les progymnasmata), les jeunes Grecs se confrontaient progressivement à un large spectre de formes d'expression, de la fable à la défense d'un projet de loi ; ils enrichissaient leurs connaissances, amélioraient leur pratique de la langue, apprenaient à exprimer des affects et à maîtriser l'argumentation.
    Ces exercices ont été transmis et pratiqués à Rome, à Byzance, en Occident à la Renaissance - en tout sur près de deux millénaires - avant de disparaître des écoles européennes vers la fin du XIXe siècle, en même temps que la rhétorique.
    Pourtant accessibles à tous, les exercices rhétoriques d'hier s'avèrent une mine d'or pour les citoyens d'aujourd'hui et de demain. Des petites aux grandes écoles, on redécouvre actuellement leur potentiel. On constate que cette formation, à la fois culturelle et politique, est corroborée par la neuropédagogie et aisément adaptable aux nouveaux moyens d'information et de communication contemporains.
    Avec ce petit livre synthétique, surprenant et ludique, Pierre Chiron, nous livre les secrets d'une éducation réussie, à tous les âges.

  • Les mots de la poésie exercent un pouvoir hors du commun sur l'auditeur. Introduits dans la prose par l'intermédiaire de la tragédie, les procédés poétiques ont joué un rôle de premier plan dans la naissance et le développement de la rhétorique. Plus que tous ses contemporains, le sophiste Gorgias a utilisé les rythmes et les styles poétiques pour conférer à ses discours en prose le pouvoir de captiver le public et de l'émouvoir, mais aussi celui de le charmer à la manière des sortilèges d'un magicien.
    Cet usage du discours pour charmer les auditeurs fut au coeur des critiques de Platon contre les sophistes et les orateurs. Pour Platon, la rhétorique est un art de l'illusion qu'il convient de classer parmi les faux arts.
    Remettant en cause la vision de Platon, Isocrate et Aristote tentèrent de séparer le discours non-poétique de l'inspiration et de la magie, mais ce faisant ils transformèrent l'art du discours en science.

  • « Quand on aura suivi Paul Diel dans les associations de mythes, on comprendra que le mythe couvre toute l'étendue du psychisme mis à jour par la psychologie moderne. Tout l'humain est engagé dans le mythe. » (Gaston Bachelard)

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