• La cartographie et ses conventions sont universelles : orientation, projections, échelle, utilisation des couleurs ou des symboles, représentation du relief... Les normes et nomenclatures sont devenues communes, mais ça n'a pas toujours été le cas !
    Magnifiquement illustré par plus de 100 cartes du Moyen Âge à la période contemporaine, cet ouvrage raconte l'histoire des conventions cartographiques. C'est aussi, et surtout, l'histoire d'un langage partagé, celui de la représentation du monde.

  • Dans ce livre, l'auteur s'intéresse à la façon dont l'imagination travaille l'activité cartographique non seulement à ses débuts mais aujourd'hui encore où, grâce à des instruments perfectionnés, les cartes ont acquis un statut scientifique indéniable. C'est dans l'irréductible écart entre les cartes et le monde que s'exerce l'imaginaire de ceux qui les fabriquent comme de ceux qui les consultent. Si bien que les Atlas, aussi exhaustifs soient-ils, demeurent pour nous des machines à rêver et ne laissent personne indifférent. Et moins que quiconque les voyageurs et les artistes qui nous ont souvent révélé certaines dimensions inaperçues des cartes.

  • La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l'environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c'est chose entendue depuis l'Antiquité - Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L'Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l'exploitation tactique du terrain dans la manoeuvre. Il a fallu cependant attendre le xixe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d'une géographie purement militaire : elle devient, parmi d'autres, un moyen de lutter contre l'occupation de territoires par les armées napoléoniennes.
    Engagements militaires sur plusieurs théâtres d'opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales... Aujourd'hui au coeur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie - comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel -, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
    Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l'historien, revenant sur l'invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir.

  • Cet ouvrage prsente des gographes aux itinraires singuliers. Positionns aux marges de l'institution, ce ne sont pas pour autant des marginaux, mais des hommes libres qui inventent leur parcours professionnel au fil du temps, des engagements, des projets. Pour la plupart d'entre eux, ces vies nomades sont tributaires d'une conjoncture tragique : la Premire Guerre mondiale. Ils sont aussi parmi les premiers saisir la mutation que constitue la mondialisation.

  • Naturalistes et penseurs politiques, tels sont Alexander von Humboldt, Henry David Thoreau et Élisée Reclus en leurs essais. Décrivant la Terre et les hommes comme un tout universel qui n'écrase pas les singularités, leurs sciences sont écrites pour tous, esquissant une écologie encore inédite.

  • Les entraves posées aux circulations des chercheurs dans les contextes de guerre et les rivalités ouvertes en périodes de paix pourraient laisser supposer une moindre circulation internationale des idées entre les géographies universitaires françaises et allemandes de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle. Pourtant, la «référence allemande» dans le champ scientifique français en général et dans le champ de la géographie en particulier n'en est pas moins forte à partir de la fin de la guerre de 1870 - au contraire.

    Partant de ce constat, ce numéro thématique de la Revue germanique internationale vise à interroger le rôle et les formes prises par les circulations scientifiques transnationales dans la production géographique. Les textes réunis dans ce numéro n'ont pas pour prétention d'englober la totalité de la recherche internationale, ni de dresser un panorama exhaustif des études relatives à l'histoire des géographies françaises et allemandes. Ils mettent en revanche l'accent sur la diversité des mécanismes et des opérations sociales impliqués par les circulations de textes, de notions et de pratiques ainsi que sur l'ambivalence des relations intellectuelles entretenues entre géographes des deux pays à cette époque.

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