• Bien que la communauté juive soit de plus en plus attaquée sur le sol français, Yann Boissière veut croire qu'elle a toute sa place dans la vie de la nation et qu'elle a les atouts pour apporter sa contribution à notre vivre-ensemble.
    Passant en revue les grands enjeux qui interrogent les juifs de France - l'antisémitisme, la laïcité, le rapport à Israël, le dialogue interreligieux -, l'auteur montre comment le judaïsme peut aujourd'hui faire oeuvre de paix et de liant au sein du cadre républicain.
    Un essai enthousiaste et roboratif, un cri d'amour pour la France.

  • Contrairement à ce qu'affirment tous les fondamentalismes, la transmission d'un héritage ne doit pas être une réplication à l'identique. Elle dépend d'une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd'hui comme hier.
    Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu'en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d'autres. Delphine Horvilleur illustre brillamment cette vision ouverte de la religion et revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique.
    Procédant avec clarté et humour, elle aborde successivement trois thèmes : comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir.
      Pétillant d'intelligence. Jean-François Birker, La Croix.

  • Comment lire la Torah ? Toute lecture fondamentaliste d'un livre saint met en péril la liberté, en le figeant dans une vérité immuable. Toute lecture historique et critique comprend ce livre en fonction de son contexte historique d'écriture, mais en omettant la question du sens de ce livre pour les lecteurs d'aujourd'hui. Le présent ouvrage montre comment une lecture spirituelle selon la tradition juive permet de sortir de cette impasse : la langue des textes étudiés porte des significations à déployer dans le temps, grâce à leurs innombrables lecteurs ; elle ne sépare jamais la quête de la vérité d'un travail exigeant sur soi-même. Dès lors, lire la Torah, c'est aussi voyager dans l'histoire, avec d'autres hommes et femmes. La Torah parle bien de notre présent, et ne donne pas de solutions.

  • À côté de la Bible - la Loi écrite -, le Talmud constitue la Loi orale, l'enseignement jamais interrompu de la tradition juive, sa mémoire et les racines de sa culture.

    Réflexion à partir de ce texte sacré, Le Livre brûlé se déploie en trois livres : le premier présente une introduction à l'univers talmudique ; le deuxième commente deux textes importants de la Michna et de la Guémara, qu'il confronte aux réflexions philosophiques contemporaines ; le troisième, enfin, interroge la figure énigmatique d'un maître hassidique, Rabbi Nahman de Braslav, qui, sentant la mort venir, détruisit par le feu un de ses écrits...

    Ces trois livres en suscitent d'autres, à l'infini, et posent la même question : ne faut-il pas « détruire » les livres pour donner naissance à la pensée, pour créer le renouvellement du sens ? Pour que la fidélité aux écritures ne se pétrifie pas en refus aveugle du temps et de l'Histoire ?

  • Nos racines juives

    Antoine Nouis

    • Bayard
    • 21 Février 2018

    « Je crois aux racines juives parce que je crois que Jésus de Nazareth est la réalisation d'une attente qui a été portée par des générations de croyants. Si Jésus n'est pas le fruit de cette attente, tout le Nouveau Testament est mensonge. » Le christianisme a vite fait de renvoyer l'ancien testament au passé, comme le brouillon du nouveau qui serait l'ultime témoignage.
    En retrouvant « nos racines juives », le bibliste Antoine Nouis nous révèle toute l'importance du premier testament, véritable fondation des évangiles.
    Plus encore : la connaissance de la tradition juive, du talmud et de la pensée rabbinique font entrer dans un formidable héritage qui vient nourrir notre pensée, notre humanité, notre foi.

  • 'Au-delà des images toutes faites ou des seules pratiques religieuses extérieures, comment appréhender en profondeur l'esprit du judaïsme, son essence même ?
    Comment comprendre cette tradition qui à la fois s'enracine fermement dans le texte de la Torah et se déploie dans la polyphonie souvent discordante du Talmud, du Midrash et de la Cabbale ?
    Pour Bernard Hadjadj, son enjeu fondamental est de « réparer » une âme humaine blessée et éloignée de son Dieu, non pas pour la « soumettre », mais pour la rendre à sa responsabilité. L'héritage de Moïse témoigne de ce mouvement de libération en vue d'une liberté assumée comme une mission pour la Création tout entière. Moïse n'est pas seulement l'éclaireur de la sortie d'Égypte, il est aussi l'accompagnateur de l'épreuve au désert et l'accoucheur du peuple d'Israël à la fidélité de la Loi, en dépit de ses multiples révoltes.
    Toujours vivant, l'esprit du judaïsme invite à approfondir de manière positive la relation entre don de Dieu et autonomie humaine, sens de la justice et ouverture à la vie.

  • Comme le Baal Chem Tov, fondateur du hassidisme, un siècle avant lui, Rabbi Leiner cherche à penser comment l'âme humaine peut parvenir à se réconcilier avec sa source divine. C'est pour lui l'essentiel face à la violence qui prévaut en ce monde.
    Son livre, dont certains jugèrent les audaces hérétiques, est le premier livre hassidique publié sans les approbations traditionnelles. De quel ordre est la rivalité entre les deux fils de Jacob, Juda et Joseph ?
    Juda, porte une pure grâce à la « racine de sa vie » : il reçoit la révélation de toujours « regarder vers l'Éternel ». Joseph, atteste au contraire de la primauté absolue de la Loi (halakha). Comme Juda, R. Leiner propose une approche individualiste de la spiritualité.
    Selon lui, Dieu reste absent pour la plupart des humains, qui ne sont jamais directement éclairés par Lui ; mais il est présent aussi, car la Torah et les rites restent un guide sûr pour vivre en ce monde-ci sans avoir à faire des choix. Ne plus ressentir le besoin de la Loi ne dispense donc pas de la nécessité de lui rester fidèle. Le risque est de se faire des illusions sur l'illumination dont on jouit.
    L'assassinat de Rabbi Mordechai Joseph Eleazar de Radzyn, dernier descendant de Rabbi Leiner, bouleversa les juifs du Ghetto de Varsovie. R. Leiner n'a jamais soutenu que la malignité humaine est voulue par Dieu. Il enseigne qu'unir sa volonté propre à la Sienne et pressentir sa puissance au plus secret de soi constitue la voie d'une libération de ses illusions sur Lui, sur soi et sur le monde. C'est t(rès différent.

  • Le rythme frénétique de notre société laisse peu de place aux questionnements sur le sens de la vie. S'inspirant de textes millénaires et contemporains de la sagesse juive, le rabbin Pauline Bebe propose une véritable philosophie du quotidien, à la fois spirituelle et concrète, afin de vivre pleinement sa vie et non de la rêver.
    Avec finesse et clarté, elle interroge les grands thèmes de l'existence : le bonheur, la liberté, le travail, le rire, l'amour, la science, le pardon, l'indifférence, l'ennui... Sa lecture non conventionnelle de ces sujets amène à réfléchir par nous-même. Loin des réponses toutes faites, sans dogmatisme, ce message universel qui allie tradition et modernité s'adresse à tous ceux qui, croyants et non-croyants, aspirent à une vie pleine de sens.

  • Coeur historique de l'Europe depuis le haut Moyen Âge, l'Alsace et la Lorraine constituent un foyer juif plus que millénaire devenu, depuis la Révolution française, un étonnant laboratoire de la modernité. De l'Émancipation à nos jours en passant par la guerre de 1870 et les deux conflits mondiaux, les juifs d'Alsace et de Lorraine ont su se forger une identité distincte, à la fois très particulière et ouverte sur l'universel, qui a exercé une influence décisive sur le judaïsme français. Aujourd'hui, si les communautés rurales traditionnelles sont en voie de disparition, cette culture entretient fièrement sa spécificité.
    C'est cette histoire singulière que nous retrace son plus grand spécialiste, le sociologue Freddy Raphaël.

  • Le premier monothéisme  En 1760 avant notre ère, Abraham, venu de Mésopotamie, part en quête de la fameuse "Terre de Canaan" que Dieu a promise à sa postérité. Après y avoir vécu sous la conduite des patriarches, les Hébreux, ses descendants en sont chassés par la famine et s'installent en Égypte, où pendant des siècles ils vont subir l'asservissement. Sur le chemin du retour en Israël, ils reçoivent de Dieu leur loi, la Torah.
    La tumultueuse histoire des Hébreux va continuer de s'écrire tout au long des siècles, alternant les périodes de gloire et de décadence, les changements de régimes politiques, les périodes d'occupation étrangère et les sursauts révolutionnaires. Dans cet ouvrage, Bernard Baudouin aborde toutes les facettes du judaïsme, sa doctrine, ses rites et ses pratiques cultuelles, les épisodes de sa longue histoire, jusqu'à la constitution de la nation d'Israël. Et, bien sûr, l'étude de la Bible (l'Ancien Testament), le livre sacré, qui occupe une place centrale dans l'histoire du peuple hébreu.

  • Dans le champ intellectuel du judaïsme français, Gérard Haddad occupe une place originale et témoigne d'un parcours atypique. Né en Tunisie, il fait des études d'agronomie, pour se tourner ensuite vers la psychiatrie et la psychanalyse grâce à la rencontre décisive de Jacques Lacan. Profondément marqué par la figure de Yeshayahou Leibowitz, il est aujourd'hui très critique de la politique sécuritaire d'Israël et de l'évolution identitaire du judaïsme français.
    En évoquant son itinéraire, Gérard Haddad partage sa quête de vérité, son regard sur les grands monothéismes, sa redécouverte d'un judaïsme centré sur la confrontation au texte, au rebours de tout fondamentalisme. Il aborde aussi l'apport de la psychanalyse, si souvent décriée aujourd'hui, et qui est appelée à renouveler en profondeur ses intuitions premières.
    Interrogé ici par Marc Leboucher, il revient en particulier sur ce qu'il nomme le « silence des voix juives » et le profond affadissement de la tradition prophétique que celui-ci révèle.

  • L'humour yiddish

    ,

    • Eyrolles
    • 21 Février 2019

    Rire, sourire, méditer.

    Ce recueil de vitsn, ou histoires drôles, invite le lecteur à un voyage à travers le temps et l'espace, du Yiddishland englouti d'autrefois au monde juif d'aujourd'hui. L'originalité de cet ouvrage réside dans un agencement thématique des histoires, introduites par un texte explicatif et retranscrites en yiddish, translittéré et français. On y retrouve la richesse du patrimoine culturel et folklorique juif. Certaines histoires ont valeur de fables et à l'instar des proverbes yiddish, elles expriment une sagesse ancestrale. Et l'humour n'est-il pas aussi un moyen de transmettre ?

  • La déclaration de l'évangéliste Jean « Le salut vient des juifs » semble s'opposer à l'idée selon laquelle, pour les chrétiens, c'est de Jésus-Christ que vient le salut.
    Contradiction apparente qui ne peut être dépassée que par une meilleure connaissance du judaïsme.
    C'est ce que l'auteure propose ici : une présentation claire, accessible et très documentée de la plus ancienne religion monothéiste. Ses traditions, sa liturgie, sa référence à la Torah, ses fêtes, ses rites.
    Toutefois, le propos de cet ouvrage n'est pas tant de répondre à la question Qu'estce que le judaïsme ? que de répondre à celle-ci : Que représente un juif pour un chrétien ?
    Car il s'agit, comme l'explique l'auteure d'entrée de jeu, de « «percer l'abcès» qui empoisonne les relations entre juifs et chrétiens depuis deux mille ans », en remontant à la source de cet antagonisme et en relatant l'histoire tragique des relations entre juifs et chrétiens, jusqu'au retournement que représente le concile Vatican II qui engage les chrétiens à redécouvrir « le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament avec la lignée d'Abraham » : re-connaître « nos frères aînés dans la foi », selon la formule de Jean-Paul II, c'est ce à quoi invitait Vatican II, c'est ce à quoi s'attache cet ouvrage.

  • Jean, Marie, Jacques, Daniel, Anne... Des dizaines de prénoms parmi les plus courants puisent leurs racines dans l'histoire biblique. Des centaines d'autres, aux sonorités merveilleuses, sont issus des grands textes de la tradition juive ou témoignent du renouveau de l'hébreu en Israël : noms de fleurs, d'animaux, de pierres précieuses, de grands personnages... Le rabbin Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer en ont étudié plus de 1500. Ils sont ici répertoriés, accompagnés de tous les éléments nécessaires à la compréhension de leur sens profond.
    Mais ce livre n'a pas seulement pour but de faire découvrir l'origine d'un prénom ou d'en choisir un pour son enfant. A la lumière des mille richesses de la langue hébraïque, il nous introduit aussi dans une philosophie du nom, enracinée dans une tradition qui a déclaré absolument imprononçable le Nom suprême, YHWH par lequel Dieu s'est révélé à Moïse.
    Edition avec nouvelle couverture.

  • Longtemps on n'a vu dans la méditation hébraïque qu'une invention ou une importation d'autres cultures ; elle a pourtant toujours existé, son représentant le plus connu étant sans doute le kabbaliste du XIII e siècle Abraham Aboulafia.
    Prolongeant les travaux de Gershom Scholem et de Moshé Idel, Aryeh Kaplan montre que cette pratique trouve ses racines dans la Bible elle-même. Transmise de maître à disciple depuis les Patriarches jusqu'à nos jours, cultivée par les prophètes, elle se fonde sur l'interprétation symbolique de textes comme la vision d'Ezéchiel. L'auteur insiste également sur la valeur des Psaumes, qui fonctionnent comme des « mantras » aidant à la concentration et à l'élévation.
    Devenu un classique aux Etats-Unis, ce livre fondamental ouvre, comme le souligne Marc-Alain Ouaknin, de nouvelles pistes pour la lecture de la Bible.

  • Élément décisif de la compréhension juive de l'Histoire, l'attente messianique a connu au cours des temps les expressions les plus diverses. Gershom Scholem étudie dans cet ensemble d'essais les mutations profondes qu'elle a subies, l'apparition des nombreuses utopies qu'elle a suscitées, et s'interroge sur le sens de cette idée dans l'oeuvre des maîtres du judaïsme contemporain, comme Buber ou Rosenzweig. À travers ce thème privilégié, il propose une formidable ouverture à la grande tradition culturelle juive.

  • Dans la tradition du Midrash, ensemble d'histoires tissées de paraboles, d'allégories et de fables qui accompagnent au cours du temps la révélation de la Torah, François Ardeven médite sur de grandes figures bibliques.
    À la lumière de la psychanalyse, de la littérature et de la philosophie - convoquant Freud, Goethe, Lévinas... -, il aborde quatre dimensions de l'expérience humaine, brosse quatre portraits avec leur couleur et leur douleur propres : Job et sa longue plainte, Jonas coupable d'avoir raison, Esther qui pérennise l'exil, et Joseph, plus heureux en Égypte qu'avec les siens.
    Érudites et inspirées, ces quatre lectures - issues de séminaires tenus dans le cadre du Centre Medem, centre tout à la fois juif et laïc - se déploient dans un style alerte, gardant la trace de la spontanéité propre à l'oralité et à la pratique du libre commentaire de la Bible.
    Professeur de lettres classiques et psychanalyste, François Ardeven a étudié la philosophie et les mathématiques, et il est docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse.

  • Moïse fragile

    Jean-Christope Attias

    Porteur des Tables de la loi qu'il brise, prophète bègue, guide vers une Terre promise dont l'accès lui est interdit... Moïse surprend, déconcerte ! C'est ce personnage paradoxal dont Jean-Christophe Attias suit les métamorphoses à travers les âges et les traditions et nous découvre un Moïse fragile, maître d'un judaïsme de l'esprit, de l'errance et de l'inachèvement. Un judaïsme qui parle aux croyants et aux autres, invitant à en finir avec l'orgueil de la tribu, la violence des armes et la tyrannie du Lieu.

  • « En ce qui me concerne, je n'ai jamais cherché de preuves de l'existence de Dieu, je n'en ai pas besoin. Mais j'ai plutôt cherché des preuves de son inexistence, je n'en ai pas trouvées ! » Poésie, inspiration et humour dominent dans la « quête enquête » menée par Marc-Alain Ouaknin.
    Il reprend ici au vol la question de l'existence de Dieu et nous fait entrer dans un dialogue entre maître et disciple où sont abordés divers sujets de connaissance à partir de points de vue étranges, dont on ne voit pas immédiatement le lien avec le sujet proposé, mais qui finalement y ramènent. Il nous introduit dans la pensée juive et le Talmud.
    Des phrases lapidaires, expressions de Sagesse, jaillissent à la faveur de la conversation. Issues de lectures modernes ou d'histoires hassidiques anciennes, elles font rebondir la pensée, tout autant que les anecdotes ou les récits imaginaires qui parsèment les réparties des interlocuteurs et qui déroutent le lecteur.
    Dieu est insaisissable. Au fil de sa lecture, le lecteur se découvre comme un pêcheur à la ligne: ce sage qui relance sans cesse l'hameçon de sa quête dans les eaux d'une patiente méditation où les images se succèdent au hasard des rencontres.

  • écrits juifs

    Moise Mendelssohn

    • Verdier
    • 5 Avril 2018

    Moses Mendelssohn (1729-1786) fut un penseur "d'entre les mondes" ; philosophe, remarquable écrivain de langue allemande, traducteur de Rousseau et de la Bible, il fut encore, en langue hébraïque, un exégète affûté, sensible aux aspérités de la lettre scripturaire comme aux idées. Il se soucia, sans sacrifier l'un pour l'autre, des deux mondes, du juif et de l'allemand (et, au-delà, de l'européen) ; souvent, il dut s'interposer entre eux.
    Inquiet de la pérennité de son peuple, de son bonheur et de son honneur, il fut encore soucieux du "salut universel", du bonheur des hommes à la lumière de la raison ; il ne balança pas entre elle et la révélation, mais voulut les voir réconciliées, alliées. Le "Socrate de Berlin" - comme on le surnomma après la parution de son Phédon (1767) - fut le même qui se consacra des années durant à traduire la Bible hébraïque en allemand avec un commentaire ; le même enfin qui fit paraître Jérusalem, ce livre majeur qui inaugura la pensée juive moderne.
    "Entre les mondes" - c'est dire aussi qu'il s'exposa aux critiques et récriminations, les uns l'accusant d'opiniâtreté judaïque, les autres au contraire de promouvoir l'assimilation des Juifs à l'Europe des Lumières. Quoiqu'il répugnât à la polémique, il dut se défendre. Ce sont ces visages de Mendelssohn que nous présentons ici ; l'un, farouche, à travers la correspondance polémique avec Lavater et Bonnet ; un autre, hospitalier mais sévère, à travers la correspondance sur le noahisme avec Jacob Emden ; un dernier enfin, plus serein, presque paternel, qui se dessine tout le long de l'introduction à sa traduction de la Bible mosaïque.

  • Comment la Révélation d'essence divine peut-elle s'inscrire dans la conscience humaine ? Comment un univers religieux, le judaïsme, a-t-il pu, au fil des siècles, entrer en relation avec ce que le monde des idées a produit de plus moderne ?
    De la Révélation sinaïque à nos jours, en passant par les pré-socratiques, Platon, Aristote, Épicure, Thomas d'Aquin, les penseurs de la Renaissance et bien d'autres, Raphaël Sadin analyse et commente le dialogue ininterrompu entre la Torah et la pensée occidentale. Ce livre est aussi une réflexion magistrale sur la modernité : sont ainsi passés en revue les écrits de Franz Rosenzweig, Walter Benjamin, Guershom Scholem, Martin Buber ou encore Levinas, que l'auteur confronte avec les études hébraïques les plus rigoureuses.
    /> Somme éblouissante, cet ouvrage est la démonstration flamboyante qu'il n'y a pas d'Europe lumineuse sans judaïsme.

  • En 1949 le diplomate retraité Paul Claudel voulut célébrer la création de l'État d'Israël en extrayant cent pages assez brûlantes de l'Évangile d'Isaïe à laquelle il travaillait :
    « Tout de même c'est arrivé ! c'est arrivé sous nos yeux et cela sent encore, cela fume encore ! » Alors que les armées arabes et juive viennent à peine de cesser le feu, à un moment où l'on ne s'apitoie guère sur la tribulation de rescapés des « infatigables cheminées d'Auschwitz », où le principe d'un nouveau concile et la responsabilité de l'antisémitisme chrétien sont encore peu évoqués, quarante ans avant la reconnaissance de l'État juif par l'Église, Claudel veut célébrer « ce perpétuel Mercredi des Cendres » dont « Israël a fait son habitation » : « Je songe à ces flocons de suie humaine répartis par les quatre vents à tous les peuples d'Europe ».
    Avec la franchise un peu rugueuse qui caractérise le grand poète, il évoque « la promesse à Abraham » et « Israël par sa seule force reprenant possession de la terre de ses pères, refoulant les occupants, reconnu comme une nation autonome » car : « Ici tu es chez toi. Il n'y a pas prescription. Il n'y a jamais eu un acte juridique pour te déposséder ».
    « Leur retour à la Terre promise n'a pas eu le caractère d'un accident, écrit-il, mais d'une nécessité. Il n'y avait pas profanation idolâtrique du véritable Israël que nous devrions être, nous chrétiens ».

  • Comment comprendre le monothéisme aujourd'hui, alors que le terme et le projet qui lui sont attachés s'effacent ? Comment définir son essence, ou plus modestement sa raison d'être, dans un monde où les religions paraissent désuètes, dangereuses, ou même absentes ?
    Pour les auteurs, c'est un retour aux sources du monothéisme juif qu'il s'agit d'opérer. Alors que les textes fondateurs du judaïsme, la Bible et le Talmud, autant que les corpus juridiques visent à en garantir l'expression pratique et la pérennité, le coeur du projet reste opaque. Ce livre s'attache précisément à en éclaircir les enjeux de la plus simple des façons : en revenant aux origines.
    Un ouvrage indispensable pour comprendre les fondements de notre culture, les raisons de sa complexité et celles pour lesquelles elle est, en fait, si proche de nous.

  • « Quiconque rencontre le Christ rencontre le judaïsme. » JEAN-PAUL II Séjourner à Jérusalem pour une année sabbatique est toujours une expérience unique et personnelle. Pour soeur Sofie, dominicaine, ce fut la découverte en profondeur du judaïsme. Introduite à ces « rencontres » avec Dieu par les fêtes juives, elle côtoya aussi les Églises chrétiennes d'Orient et l'Islam puisque les trois grandes religions monothéistes y convergent sur une surface qui ne dépasse pas 0,86 km2.

    Son séjour lui a aussi ouvert les yeux sur le passé douloureux de l'Église, et le conflit politique l'a projetée dans un tiraillement constant entre des interprétations de la réalité apparemment contradictoires. Cependant, elle fit aussi la rencontre de personnes courageuses, de toute confession, qui sont passées sur « l'autre rive » pour y rencontrer un frère.

    Ce récit est un témoignage vivant composé de théologie et de contes, de commentaires bibliques et d'incidents pris sur le vif, dans un style personnel teinté d'humour et de poésie.

empty