Littérature traduite

  • Hans Castorp rend visite à son cousin dans un luxueux sanatorium de Davos, en Suisse. Piégé par la magie de ce lieu éminemment romanesque, captivé par des discussions de haut vol, il ne parvient pas à repartir. Le jeune Allemand découvre son attirance pour un personnage androgyne et, au mépris du danger, se laisse peu à peu envoûter par cette vie de souffrances, mais aussi d'aventures extrêmes en montagne et de dévergondage, où fermentent des sentiments d'amour et de mort.
    Écrite entre 1912 et 1924, La Montagne magique est l'un des romans majeurs du vingtième siècle. Cette oeuvre magistrale radiographie une société décadente et ses malades, en explorant les mystères de leur psychisme. Évocation ironique d'une vie lascive en altitude, somme philosophique du magicien des mots, ce vertigineux « roman du temps » retrouve tout son éclat dans une nouvelle traduction qui en restitue l'humour et la force expressive.

  • Thomas Mann Les Buddenbrook Les Buddenbrook, premier roman de Thomas Mann, devenu l'un des classiques de la littérature allemande, retrace l'effondrement progressif d'une grande famille de la Hanse au xixe siècle, de Johann, le solide fondateur de la dynastie, à Hanno, le frêle musicien qui s'éteint, quarante ans plus tard, dans un pavillon de la banlieue de Lübeck.
    Le style, tout en nuances, où l'émotion se teinte de connivence et d'ironie, d'affinités et de détachement, traduit parfaitement la relation que l'auteur entretient avec la réalité et accentue subtilement la transcription du lent processus de décadence.
    Les Buddenbrook ou le grand livre de la dégénérescence.

  • " L'un des plus grands romans de Thomas Mann, composé aux Etats-Unis de 1943 à 1947, et dont la trajectoire trouve un écho flamboyant et tragique dans l'histoire contemporaine, le triomphe et l'apocalypse de l'Allemagne hitlérienne.
    Brassant les mythes, renouant avec le démoniaque, paraphant son véritable testament spirituel d'artiste, Mann nous livre la biographie imaginaire d'un artiste qui, comme Nietzsche, braverait la folie pour porter la souffrance d'une époque dans son orgueil de créateur et, comme Schsnberg, serait l'inventeur de la musique sérielle.
    " Jamais, disait-il, je n'ai autant aimé un personnage imaginaire. " Texte intégral "

  • Thomas Mann Tonio Kröger Peintre puissant de la bourgeoisie allemande avec Les Buddenbrook, Thomas Mann publie à vingt-huit ans ce bref roman, une de ses oeuvres les plus révélatrices de son débat intérieur.
    Jeune écrivain prisonnier de l'introspection et de la réflexion sur son art, Tonio Kröger est fasciné par son contraire : ceux qui vivent sans réfléchir, abandonnés à leurs instincts vitaux, comme son camarade Hans et la belle Ingeborge, dont il s'éprend. L'art et la pensée seraient-ils morbides ? La vraie vie résiderait-elle dans la sérénité heureuse et terre à terre des gens « normaux » oe Dans cet étonnant portrait d'un homme qui ne parvient pas à s'approuver, le grand romancier, prix Nobel de littérature en 1929, mêle la réflexion philosophique à l'analyse des tourments de l'âme, avec une lucidité et un dépouillement qui font de ce roman une oeuvre classique au meilleur sens du terme.

  • Le jeune joseph

    Thomas Mann

    Dans l'histoire de joseph, vendu par ses frères aux ismaélites qui l'emmènent en egypte, c'est un admirable développement que nous donne thomas mann sur le thème de la jalousie et de la provocation.
    En effet, la prédilection que lui témoigne son père et l'élection divine qui se manifeste dans ses rêves, loin d'inciter joseph à la modestie, semble le pousser à une conduite d'enfant gâté. revêtu du voile nuptial de rachel, il parade devant ses frères, qui, poussés à bout, le jettent dans une citerne. c'est grâce à l'intervention de juda qu'il en réchappe, et, tandis que jacob le croit mort, il prend le chemin de l'exil.
    Comme dans les histoires de jacob, la faveur divine se double ici de la punition des fautes.
    Avant que la prédiction s'accomplisse, l'initiation sera longue et douloureuse. mais une autre initiation commence dans ce livre, celle qui conduira joseph de l'adolescence à l'âge d'homme. les luttes et les affrontements avec ses frères, les fils de lia, les fils des servantes, qui tantôt s'allient, tantôt se disputent, dessinent une évolution au terme de laquelle il se retrouvera seul. c'est ce parallèle entre les voies de dieu et l'infinie diversité des êtres qui donne à ce livre la profondeur où l'on reconnaît l'art de thomas mann.

  • Le roman s'ouvre sur une rencontre de nuit, auprès d'un puits sur la colline d'hébron, entre le vieillard jacob et joseph, son fils préféré, adolescent d'une grande beauté, d'une grâce presque féminine, charmeur, parfois arrogant, et d'une curiosité sans cesse en éveil.
    Cette image à la fois solennelle et familière marque, dans une histoire dont l'origine remonte à la nuit des temps, l'un de ces points de passage où la tradition se transmet d'une génération à l'autre, afin que chacun se reconnaisse et reconnaisse son appartenance.
    Les histoires de jacob reprennent des événements racontés dans la bible : la colère d'esaü dépouillé de son droit d'aînesse, la fuite de jacob et son rêve prémonitoire, son séjour chez laban, sa servitude, ses mariages, jusqu'à son départ avec sa nombreuse famille, suivi de la mort de rachel, la bien-aimée, mère de joseph, à la naissance de son second fils, benjamin.
    Replacé dans un contexte historique où se manifestent les influences sur les juifs nomades, des civilisations assyrienne, babylonienne, égyptienne, le roman se déroule à la fois sur le plan du mythe, qui est éternel, et sur celui de l'histoire très particulière des rapports privilégiés d'un peuple avec son dieu, où se répètent en même temps que se renouvellent, de père en fils, la faute, l'épreuve, l'alliance.

  • Joseph, captif dans la forteresse où l'a envoyé putiphar, se rend célèbre par son art d'interpréter les songes.
    C'est ainsi qu'il est appelé à la cour du pharaon, dont le rêve des vaches grasses et des vaches maigres prédit les années de disette. une nouvelle fois, joseph peut mettre en valeur ses qualités d'organisateur. seule l'egypte échappera à la famine tandis que les pays voisins paieront très cher son blé. c'est là l'occasion de la rencontre entre joseph et ses frères que jacob lui a envoyés en émissaires et qui ne reconnaissent pas dans ce grand seigneur égyptien, marié avec la fille du prêtre d'amon, le jeune garçon qu'ils ont fait passer pour mort.
    Plus tard viendra le temps du pardon, de la réconciliation et des retrouvailles, avec la réception d'ephraïm et de manassé, fils de joseph, dans le royaume des douze tribus.
    Avec ce quatrième roman se termine joseph et ses frères. le titre général résume bien le sens profond de l'oeuvre, où l'histoire familiale est en même temps celle d'un peuple souvent divisé, incrédule et querelleur, auquel finit par s'imposer, dans une filiation à la fois familière et mystérieuse, la toute-puissance de la parole.
    Thomas mann illustre ainsi l'ambiguïté du langage qui ne semble avoir été " donné " à l'homme qu'afin de l'obliger éternellement à choisir entre la lettre et l'esprit.

  • Septembre 1816, weimar.
    Une paisible matrone arrive à l'hôtel de l'éléphant. elle est très vite identifiée comme étant, à quarante-quatre ans de distance, la lotte de werther. toute la petite ville est alertée et charlotte assaillie de visites. elle reçoit enfin l'invitation tant attendue de goethe lui-même. la visite de lotte au vieux goethe comblé d'honneurs est l'occasion pour thomas mann de reconstituer dans le détail et avec humour, à travers le prisme des divers points de vue, des conversations, des monologues prêtés à goethe, l'atmosphère dans laquelle celui-ci a écrit le second faust, au moment oú il était l'objet de la plus grande glorification littéraire de tous les temps.

  • Thomas Mann écrivit son roman Docteur Faustus entre 1943 et 1946. Dans ce roman
    philosophique, il exprime par l'intermède de son héros les souffrances de l'Allemagne humiliée de
    l'après première guerre mondiale. Le journal du Docteur Faustus, qui rassemble des notes
    chronologiques sur cette période, constitue le pendant de cet ouvrage. A cette époque, Thomas
    Mann était l'exilé allemand le plus célèbre des Etats-Unis. Il rencontrait tout le monde : des
    hommes politiques de premier plan, des savants comme Einstein, de grands musiciens tels que
    Schoenberg et des philosophes comme Adorno. Le journal du docteur Faustus constitue aussi le
    récit et le témoignage d'une grande aventure intellectuelle et politique par un écrivain au sommet
    de son art et de sa notoriété.
    L'auteur
    Né en 1875 à Lubeck et issu de la bourgeoisie munichoise, Thomas Mann a été un témoin privilégié
    de la chute de son milieu ainsi que de bouleversements historiques. Il a d'abord travaillé dans une
    compagnie d'assurances mais a vite abandonné ce métier qu'il juge bourgeois pour se consacrer à
    l'écriture. Il se fait d'abord remarquer grâce à un recueil de nouvelles, puis 'Les Buddenbrook',
    publié en 1901, le porte au devant de la scène littéraire et sera considéré comme 'l'un des
    classiques de la littérature contemporaine'.
    Arguments commerciaux
    "Publié pour la première fois en France, il y a plus de trente ans, le Journal du Docteur Faustus,
    loin de ne concerner que les exégètes de Thomas Mann, ne cesse de nous surprendre par sa
    richesse. De l'Amérique des années 40 à l'Europe en ruine de l'après-guerre, c'est tout un pan de
    l'histoire intellectuelle et politique européenne qu'il nous invite à redécouvrir et à méditer. A la
    condamnation sans appel de l'Allemagne que les critiques y virent jadis, on y trouvera aujourd'hui
    plutôt ce qui constitue la chair même du livre : des notes tissées d'angoisse, de souffrance, de
    révolte et qu'accompagne une immense pitié." (Jean-Michel Palmier, 1994)

  • Siegmund et Sieglind, frère et soeur, sont les personnages de {Sang réservé }(1921), ils s'attirent mutuellement par un vertige sensuel. Mann mêle ici satire et poésie, se fait censeur et complice d'un esthétisme fin de siècle. {Désordre }(1925) est le croquis d'une période troublée et le récit du premier amour d'une enfant. Enfin, {Maître et chien }(1918) décrit les rapports subtils de l'homme et de l'animal.

  • " L'histoire de Sita aux belles hanches - fille de Sumantra, l'éleveur de vaches issu d'une lignée guerrière - et de ses deux époux (si l'on peut dire !) est tellement sanglante et si propre à confondre les sens qu'elle met à rude épreuve la force d'âme de l'auditeur et sa faculté d'accueillir à la fine pointe de son entendement les cruelles facéties de Maya.
    Souhaitons-lui de prendre exemple sur la fermeté du narrateur car l'entreprise de conter pareille histoire requiert presque plus d'intrépidité qu'il n'en faut pour l'ouïr. " Thomas Mann.

  • La mort à Venise

    Thomas Mann

    • Stock
    • 30 Avril 2003

    La fascination mortelle que peut exercer la beauté, tel est le sujet de La mort à Venise, ce chef-d'oeuvre d'inspiration très romantique où l'on retrouve l'essentiel de la pensée de Thomas Mann.

    Gustav Aschenbach, romancier célèbre et taciturne, voit sa vie bouleversée par la beauté divine et la grâce d'un adolescent. Sous le regard interrogateur du jeune Tadzio, la descente aux abîmes de ce veuf respectable, dans une Venise au charme maléfique rongée par le choléra, est un des récits les plus troublants de cet auteur.

    Le désordre passionnel qui s'empare de Gustav Aschenbach révèle une part des tourments intimes de l'immense écrivain que fut Thomas Mann dont l'autobiographie à peine voilée a inspiré toute l'oeuvre.

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    La mort à Venise est suivi de Tristan, dont l'univers glacé de la montagne et la gaieté factice du sanatorium composent une sorte de prélude à La montagne magique, un de ses grands romans. Dans ce monde qui déjà échappe aux vivants s'affrontent l'artiste, voué aux rimes morbides et à la métaphysique, et le bourgeois, homme d'action à la santé et aux affaires florissantes.


    Une nouvelle brève mettant en scène un pauvre veuf alcoolique , Le chemin du cimetière, clôt ce recueil de façon poignante.

  • La Mort à Venise et Tristan comptent parmi les meilleurs récits de Thomas Mann. Malgré leur brièveté, ces deux chefs-d'oeuvre d'inspiration très romantique contiennent l'essentiel de la pensée du grand écrivain allemand. On y retrouve le pessimisme foncier hérité de Schopenhauer, la clairvoyance, la perspicacité et l'extraordinaire raffinement psychologique que Thomas Mann admirait chez Nietzsche, ainsi que les quatre notions fondamentales qui, à travers la littérature, ont pendant des siècles défini l'âme allemande: culture, musique, protestantisme et sens du devoir.

    La fascination mortelle que peut exercer la beauté physique, tel est le sujet de la Mort à Venise: justement parce qu'il n'est plus jeune, et qu'il a une sensibilité d'artiste, le romancier Gustav Aschenbach sera plus qu'un autre sujet à ces brusques déraillements qui conduisent à la mort.

    Univers glacé de la montagne, gaieté factice du sanatorium, Tristan est en quelque sorte un prélude à la Montagne magique. Dans ce monde qui déjà échappe aux vivants s'affrontent l'artiste, voué aux rêves morbides et à la métaphysique, et le bourgeois, l'homme d'action à la santé et aux affaires florissantes.

    Nouvelle brève, infiniment poignante, le Chemin du cimetière clôt sur un point d'orgue la réédition de ces deux joyaux de la littérature allemande.

  • Le riche prince d'un grand-duché tombe amoureux d'une Américaine argentée. Elle lui fait découvrir la vie dont on le tenait éloigné. Il l'épouse et grâce à son argent peut rendre son peuple heureux. Derrière ce qui semble être un conte de fées léger et nostalgique se profile une allégorie bien dans la manière de l'auteur.

  • Etudes

    Thomas Mann

    « Avec Goethe et Nietzsche, Thomas Mann aborde les deux grandes figures allemandes antithétiques qui n'ont cessé de le fasciner, d'autant plus qu'il avait en lui-même de l'un et de l'autre. L'Improvisation sur Goethe est un remarquable portrait biographique et le témoignage d'une compréhension profonde des contradictions secrètes qui font la singularité de ce génie. Les réflexions sur Nietzsche ont la même acuité et la même pertinence.
    Quant aux quelques pages où Thomas Mann explique pourquoi, et dans quel esprit, il a risqué la vaste entreprise des quatre volume de Joseph et ses frères, non seulement elles éclairent avec une sorte d'alacrité ce chef-d'oeuvre, mais elles débouchent sur une profession de foi en l'homme, alors à peine sorti des épreuves de la Seconde Guerre mondiale, où l'on retrouve la hauteur d'esprit du grand romancier. »
    Philippe Jaccottet.

  • Lorsque commence cette deuxième partie du Journal, Thomas Mann a soixante-cinq ans.
    Il s'agit donc ici des quinze dernières années de l'écrivain. Installé aux Etats-Unis, dont il ne tardera pas à devenir citoyen, il se fait construire la grande et belle maison de Pacific Palisades, tout près d'Hollywood. Malgré son dépit face à la fortune réalisée par d'autres émigrés comme Werfel, il vit à son aise et en accord avec la politique de Roosevelt. Ce n'est qu'au plus fort de la guerre froide qu'il exprimera de vives réticences à l'égard de la politique américaine, et ce sera l'un des éléments qui détermineront son retour en Europe, puis son installation en Suisse.
    Il a depuis longtemps accédé à la gloire mondiale. Son premier souci est de terminer son oeuvre dans la dignité, car il a une haute idée de lui-même et de sa mission. Pendant les années de la guerre, qu'il vit avec une passion anti-hitlérienne de tous les instants, il termine la vaste fresque de Joseph et ses frères et rédige Le docteur Faustus. Ensuite viendront L'élu et Les confessions du chevalier d'industrie Félix Krull, qu'il reprend après des années et qui connaîtra un énorme succès dans l'Allemagne d'après-guerre.
    Le Journal nous montre un homme vieillissant mais encore plein de vitalité, avec ses faiblesses - vanité tirée de sa réception à la Maison-Blanche ou de son audience privée chez le pape, amourette de vieillard avec Franzl, le dernier de ses " jouvenceaux divins " - mais aussi avec ses grandeurs face à la souffrance collective et personnelle - la guerre, bien sûr, le suicide de son fils Klaus et la mort de son frère Heinrich.
    Un témoignage passionnant sur les dernières années d'un grand écrivain.

  • Cette guerre

    Thomas Mann

    Thomas Mann avait anticipé la montée du nazisme dès 1930, avec la publication de Mario et le magicien. Il ne cessa de lutter contre le régime nazi et ses dirigeants, par le biais de multiples pamphlets, conférences et appels, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avec Cette Guerre, publié à New York (Knopf) et à Londres (Secker & Warburg) en 1940, Mann gagne avec panache ses galons de pamphlétaire. C'est un texte de guerre, c'est-à-dire un texte de lutte pour dénoncer la guerre et ramener les Allemands à la raison. D'une qualité littéraire irréprochable, il contient une critique lucide du nazisme, une réflexion sur la psyché allemande et développe une vision de l'Europe à venir, qui s'est à bien des égards réalisée. Inédit en France.
    Avec une postface de la traductrice.

  • Ce volume contient:


    Déception / Paillasse Tobias Mindernickel / Louisette L'Armoire à vêtements / Les Affamés Gladius Dei /Tristan Tonio Kröger / Les Buddenbrook.

  • Maître et chien / Désordre Mario et le magicien Les Têtes interverties Le Docteur Faustus / L'Élu.

  • " Thomas Mann était un écrivain du matin. C'était entre neuf heures et midi qu'il travaillait à ses romans et nouvelles. Dans l'après-midi, s'il reprenait la plume, c'était pour satisfaire à ce qu'il appelait les "exigences du jour" : réponses à des lettres, rédaction d'études critiques, déclarations sur des sujets divers. Il a publié plusieurs recueils d'écrits de circonstance. L'un d'eux était intitulé Die Forderung des Tages. Il parut en 1930 et contenait des essais datant des années 1925 à 1929. Le présent recueil n'est donc pas la traduction de ce livre. Nous n'avons repris que le titre. Il nous a paru convenir à un ensemble d'écrits engagés dont nous avions établi le plan, avec Louise Servicen, lorsque nous préparions l'édition française des Considérations d'un apolitique. Ce volume constitue la suite des Considérations. Il en est la contrepartie, au sens musical et au sens figuré.
    Dès sa jeunesse, Thomas Mann a été hanté par l'idée de décadence. Son premier roman raconte "le déclin d'une famille". Ce qu'il allait observer tout au cours de sa vie, ce fut le déclin de l'Europe elle-même, et dans tous les domaines. Il n'éprouva jamais l'impression que les hommes aient fait beaucoup de progrès depuis le siècle dernier. Il haussait les épaules quand on lui parlait du "stupide XIXe siècle", il le considérait comme très supérieur au nôtre sur le plan de la culture et de la conscience morale. Le nôtre est tout absorbé par la technique et par le sport, et son langage s'encanaille de plus en plus, ce qui est un terrible signe. Thomas Mann était un fier individualiste et ne voyait pas non plus d'un bon oeil l'attirance de la jeunesse pour une vie communautaire, désignée par lui comme la sphère de la facilité. Les hommes en groupe lui apparaissaient comme des troupeaux et il craignait que la personne humaine ne se transforme en robot. " Jacques Brenner.

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