Grasset Et Fasquelle

  • Thomas Mann, que ses enfants et ses proches appelaient « le magicien » et qui s'intéressait à tout, s'est naturellement intéressé à la magie. Le magicien dont on trouvera le portrait dans Mario et le magicien est un inquiétant hypnotiseur de foire. Il exerce sur son petit public un pouvoir comparable à celui des dictateurs sur les foules. Aussi cette nouvelle, qui raconte des vacances familiales dans l'Italie mussolinienne, a-t-elle pu apparaître comme une satire du fascisme. Elle est, plus généralement, une interrogation sur la nature de la volonté et sur les limites de la liberté individuelle.
    Les récits qui suivent l'apologue du magicien : Expériences occultes, Doux sommeil, Seize ans, entre autres, prolongent cette exploration de l'inconnu où l'auteur de la Montagne magique est vraiment dans son élément.

  • Les maitres

    Thomas Mann

    {Les Maîtres} rassemble les derniers grands textes de Thomas Mann: il y rend hommage à tous ceux qu'il admire: Goethe, Gide, Musil et quelques autres. Il nous livre aussi une grande étude sur Frédéric II, et des réflexions philosophiques autour de Nietzsche et Schopenhauer.

  • Siegmund et Sieglind, frère et soeur, sont les personnages de {Sang réservé }(1921), ils s'attirent mutuellement par un vertige sensuel. Mann mêle ici satire et poésie, se fait censeur et complice d'un esthétisme fin de siècle. {Désordre }(1925) est le croquis d'une période troublée et le récit du premier amour d'une enfant. Enfin, {Maître et chien }(1918) décrit les rapports subtils de l'homme et de l'animal.

  • Le riche prince d'un grand-duché tombe amoureux d'une Américaine argentée. Elle lui fait découvrir la vie dont on le tenait éloigné. Il l'épouse et grâce à son argent peut rendre son peuple heureux. Derrière ce qui semble être un conte de fées léger et nostalgique se profile une allégorie bien dans la manière de l'auteur.

  • " Thomas Mann était un écrivain du matin. C'était entre neuf heures et midi qu'il travaillait à ses romans et nouvelles. Dans l'après-midi, s'il reprenait la plume, c'était pour satisfaire à ce qu'il appelait les "exigences du jour" : réponses à des lettres, rédaction d'études critiques, déclarations sur des sujets divers. Il a publié plusieurs recueils d'écrits de circonstance. L'un d'eux était intitulé Die Forderung des Tages. Il parut en 1930 et contenait des essais datant des années 1925 à 1929. Le présent recueil n'est donc pas la traduction de ce livre. Nous n'avons repris que le titre. Il nous a paru convenir à un ensemble d'écrits engagés dont nous avions établi le plan, avec Louise Servicen, lorsque nous préparions l'édition française des Considérations d'un apolitique. Ce volume constitue la suite des Considérations. Il en est la contrepartie, au sens musical et au sens figuré.
    Dès sa jeunesse, Thomas Mann a été hanté par l'idée de décadence. Son premier roman raconte "le déclin d'une famille". Ce qu'il allait observer tout au cours de sa vie, ce fut le déclin de l'Europe elle-même, et dans tous les domaines. Il n'éprouva jamais l'impression que les hommes aient fait beaucoup de progrès depuis le siècle dernier. Il haussait les épaules quand on lui parlait du "stupide XIXe siècle", il le considérait comme très supérieur au nôtre sur le plan de la culture et de la conscience morale. Le nôtre est tout absorbé par la technique et par le sport, et son langage s'encanaille de plus en plus, ce qui est un terrible signe. Thomas Mann était un fier individualiste et ne voyait pas non plus d'un bon oeil l'attirance de la jeunesse pour une vie communautaire, désignée par lui comme la sphère de la facilité. Les hommes en groupe lui apparaissaient comme des troupeaux et il craignait que la personne humaine ne se transforme en robot. " Jacques Brenner.

  • Les Considérations d'un apolitique sont le journal de Thomas Mann pendant la première guerre mondiale. Pour la première fois, il s'engageait dans le combat idéologique pour exalter les valeurs qui lui paraissaient menacées.
    Thomas Mann défend ici une "certaine idée de l'Allemagne" qui lui tenait fortement à coeur. Il s'en prend aux lieux communs vertueux de la propagande des Alliés, champions de la démocratie, et il affirme qu'il existe une opposition irréductible entre la culture telle qu'il l'entend et la "civilisation" de ses adversaires.
    La culture s'occupe de l'âme, elle est propre à un pays et s'adresse à l'individu. La civilisation, soucieuse de progrès matériel et technique, est internationale et ne s'intéresse qu'aux masses. Elle nous conduit tout droit vers le règne de la termitière.
    Ce pamphlet antidémocratique se transforme parfois en une défense très contestable du nationalisme allemand, mais il contient aussi un éloge de l'ironie, et des pages impressionnantes sur des philosophes comme Schopenhauer et Nietzsche, des musiciens comme Wagner et Bizet, des écrivains comme Tolstoï, Dostoïevsky, Flaubert, Claudel, Romain Rolland - et sur Thomas Mann lui-même, qui confie quelles étaient ses intentions en écrivant les Buddenbrook, Tonio Kröger, Altesse royale et La mort à Venise.
    Au total, un livre qui prête à la discussion et à la contestation, un document capital sur une crise de civilisation.

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