• Portraits d'automne

    Roger Wallet

    Au début des années 60, Marc Jimenez, un jeune instituteur de l'Aude, s'installe en Picardie. Il y découvre les paysages du Nord, le gris et la brume, l'humidité et les visages rubiconds sous les casquettes mouillées... Mais aussi le corps chaud des femmes, la photographie et l'amour qui le retient dans ce paysage mélancolique.
    Un récit dense, émouvant et sensuel.

  • 33 tours

    Roger Wallet

    33 tours, 17 nouvelles qui tirent leurs titres d'autant de chansons.
    Nul besoin pour autant d'être fan de Brassens, Brel, Barbara, Piaf, Trenet, Brecht, Aragon, Gainsbourg et quelques autres pour apprécier ces histoires souvent tendres, parfois cruelles, toujours belles. L'auteur excelle à évoquer l'enfance, l'adolescence et les premiers émois amoureux. Mais il sait aussi animer des personnages plus âgés, et composer des manières de biographies miniatures... On trouvera dans ce recueil plusieurs éléments récurrents et qui lui donnent pour partie sa cohérence : paysages ruraux des bords de la Loire, période de la deuxième guerre mondiale (ou juste avant, ou juste après, selon les récits), et encore " engagements " (guerre d'Algérie, Mai 68)...
    Bref, toute l'épaisseur d'un monde, ce monde que nous reconnaissons car il fut, il est aussi le nôtre.

  • " Sonneries du téléphone, ne décroche pas.
    La voix dit " 0 Vicente nâo venhas buscur-me torde ", Vincent ne viens pas me chercher trop tard. Il met la casserole sur la gazinière, pose du cafetière au coin du buffet, prend le paquet entamé sur l'étagère. Cuiller à la main, soudain les larmes l'envahissent. L'arabica, fine pluie noire. Plein l'évier. " Ce soir il sait qu'il est temps. Après il n'aura plus le courage. Le voyage lui fera peur. Le mot fantômes.
    Il a laissé en France toute une vie, pas plus dur que ça, des amours, des sentiments, une haleine sur vous le matin, des rires d'enfant. Un coin de terre pleine de silex dons un cimetière de Picardie. "

  • roger wallet est resté fidèle aux cieux, un peu gris et pluvieux, de la picardie, où il a passé le plus " clair " de sa vie.
    il y a mené une double carrière dans l'enseignement et dans l'action culturelle. l'écriture romanesque est chez lui une vocation assez tardive, abordée entre quadra et quinqua. au début des années quatre-vingt-dix, il découvre l'écriture, dans le parage amical de jean-pierre cannet (" gueules d'orage ", " bris de guerre ", " la grande faim dans les arbres ", " little boy "...). quelques nouvelles plus tard, il publie son premier roman, portraits d'automne (le dilettante, 1999; folio, 2002).
    son second texte long (ce silence entre nous, denoël, 2000) confirme son goût des univers quotidiens, des vies simples, des gens " de peu ", de ces existences oit " le chagrin trouve à s'employer ". ce premier roman, portraits d'automne, paru au dilettante en 1999 et aujourd'hui en poche (folio), lui vaut une critique unanimement élogieuse et un passage à " apostrophes ", l'émission mythique de bernard pivot.

  • L'album retrace l'univers impressionnant des carrières du Sud de l'Oise et est destiné aux 9-13 ans. Juillet 1947. Saint-Maximin a été rasée par les bombardements. Quelques cités, avec des baraquements provisoires, ont été aménagées pour permettre le retour des habitants. Georges vient de réussir son certificat d'études et il entre comme apprenti dans la carrière de Saint-Vaast-les-Mello où travaille son père.
    Il découvre un univers impressionnant, rude et dangereux. Il observe tout, il décrit avec précision ce qu'il voit, il s'intéresse aux tâches et aux gens. À travers les souvenirs de son grand-père, qui habite à Cramoisy une maison troglodytique, il remonte l'histoire des carrières jusqu'à la fin du XIXe siècle, quand son bisaïeul Ange était « pierreux ». On voit évoluer les techniques d'extraction, les camions succéder aux chevaux, l'électricité faire son apparition. Après la guerre apparaissent les hâveuses (très grandes scies électriques) qui remplacent le travail des pics, des lances, des taillants et des bouchardes.

  • « Tout avait pourtant commencé comme il était convenu : on sortait des ruines de la guerre, on faisait du neuf, du propre, on voyait apparaître peu à peu le confort du formica et du plastique, de la télé et de la voiture. On la devinait bien cette vie, c'était à ces détails près la même que celle de nos parents.
    Et puis. il y eut mai 68. J'avais vingt et un ans. Autant dire que ce fut une révélation qu'un premier amour. L'éblouissement durable de l'engagement social et culturel, et enfin, en 1977, la possibilité de « changer le monde ». Rien de moins. »

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