• La violence et le sacré

    René Girard

    • Pluriel
    • 18 Juillet 2011

    Dans La Violence et le sacré, René Girard a entrepris de remonter aux origines de l'édifice culturel et social qui est au coeur de notre civilisation.
    S'appuyant à la fois sur une relecture très personnelle des tragiques grecs et sur une discussion serrée des principaux systèmes d'explication, en particulier la psychanalyse, cette enquête originale met l'accent sur le rôle fondamental de la violence fondatrice et de la victime émissaire. Le religieux, secrètement fondé sur l'unanimité violente et le sacrifice, trouve ainsi dans cet essai majeur une définition inédite.

  • René Girard Le Bouc émissaire Dans le droit fil de Des choses cachées depuis la fondation du monde, René Girard continue sa réßexion sur le « mécanisme sacrificiel ». Les persécutions, le Mal sont-ils une fatalité ? Les sociétés humaines sont-elles vouées à la violence ? Un commentaire subtil de l'histoire et des Evangiles propose les éléments d'une réponse.

  • Nous nous croyons libres, autonomes dans nos choix, que ce soit celui d'une personne ou d'un objet. Illusion romantique ! En réalité nous ne choisissons que des objets désirés par l'autre, mus le plus souvent par ce que Stendhal appelle les sentiments modernes, fruits de l'universelle vanité : " L'envie, la jalousie et la haine impuissante. " Partant d'une analyse entièrement renouvelée des plus grands chefs-d'oeuvre de la littérature, René Girard retrouve partout ce phénomène du désir triangulaire : dans la coquetterie, l'hypocrisie, la rivalité des sexes et des partis politiques... Ce grand livre écrit avec une rare subtilité, contribue à élucider un des problèmes majeurs de la conscience humaine : la liberté de choisir.

  • Sous la forme d'entretiens avec deux universitaires qui l'interrogent sur son parcours, René Girard livre ici les principales étapes de son autobiographie intellectuelle.
    Il évoque l'accueil de son oeuvre en France et dans le monde, réplique à certaines critiques, et propose de nouveaux développements de sa pensée, à propos de l'Inde védique ou contre la thématique commune du retour du religieux. Ces entretiens constituent une introduction remarquable à la pensée de René Girard.

  • René Girard Des choses cachées depuis la fondation du monde Un ouvrage qui révolutionne les sciences humaines. Parallèlement à une analyse approfondie des mécanismes qui règlent la vie des sociétés, René Girard développe et commente magistralement ce qu'il estime être l'antidote de la violence : la parole biblique. Une lecture et une réßexion stimulantes des grands mystères de notre monde. Le « système Girard » ne laissera personne indifférent.

  • Le cheminement du désir n'est point rectiligne. Il emprunte des tangentes, il esquisse des triangles, il s'enfonce dans des cercles vicieux. Dans les essais réunis ici par Mark Anspach et présentés pour la première fois en France, René Girard montre que les plus grands écrivains sont aussi des géomètres du désir.
    Chez Chrétien de Troyes, Dante, Racine ou Marivaux, le jeu de l'amour ne doit rien au hasard mais obéit à des lois implacables qui s'éclairent à la lumière de l'hypothèse mimétique. La coquette, le masochiste, le Don Juan, le voyeur, tous se laissent entraîner dans un ballet fascinant dont la chorégraphie leur échappe.
    Tantôt léger, tantôt grave, toujours perspicace et iconoclaste, l'auteur de Mensonge romantique et vérité romanesque apporte avec ce volume un nouveau volet à sa fresque historique de l'amour en Occident.
    L'introduction est signée de Mark Anspach, auteur du Carnet OEdipe mimétique paru en avril 2010 et directeur du Cahier Girard publié en 2008.

  • René Girard Je vois Satan tomber comme l'éclair «Merci mon Père de révéler aux petits ce que vous avez dissimulé aux sages et aux intelligents.» Les sages et les intelligents, depuis, se sont bien vengés : à force de concasser les Evangiles, ils en ont fait un petit tas de pièces et de morceaux trop hétéroclites pour signifier quoi que ce soit...
    Mais ils n'auront pas le dernier mot ! René Girard pense, comme Simone Weil, que les Evangiles sont une théorie de l'homme avant d'être une théorie de Dieu. Une carte des violences où son orgueil et son envie enferment l'humanité.
    Découvrir cette théorie de l'homme et l'accepter, c'est rendre vie aux grands thèmes évangéliques relatifs au mal, oubliés et évacués par les croyants - de Satan à l'Apocalypse. C'est également ressusciter l'idée de la Bible tout entière comme prophétique du Christ.
    Ainsi les Evangiles, loin d'être «un mythe semblable à tous les autres», comme on le répète à l'envi depuis deux siècles, seraient la clef de toute mythologie derrière nous, et, au-devant de nous, de l'histoire inouïe qui nous attend. Dans le dépérissement de toutes les pensées modernes, est-ce que seules les Ecritures Saintes tiendraient debout ?

  • La violence semble aujourd'hui prise dans un processus d'escalade qui rappelle la propagation du feu, ou celle d'une épidémie ; mais, en dehors des grandes images mythiques qui ressurgissent, les mots manquent pour dire ou décrire ce qui risque de nous submerger.
    Le présent ouvrage s'élève ainsi contre le relativisme qui mine les pensées contemporaines, incapables de saisir la violence à la racine de tout ordre symbolique. Car la violence n'est pas politique, encore moins biologique, mais mimétique : qui n'a pas compris les ressorts de l'imitation s'interdit de pouvoir comprendre les menaces qui sont en train de poindre. René Girard revient sur sa conviction que seuls la théologie de la Croix de saint Paul, les Evangiles et l'Apocalypse de Jean, prophétisés par la Bible, sont à même de dévoiler l'origine cachée des institutions humaines.
    Il révèle également les grandes lignes de son travail en cours : un darwinisme revisité, une anthropologie qui, ne pouvant rester sourde à la Révélation, se conforme aujourd'hui à une théologie. Il précise enfin les points qui l'attachent à la fois et l'opposent à l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss. Alerte, toujours en devenir, quitte à réviser d'anciennes analyses pour mordre sur les problèmes les plus contemporains, cette pensée foisonnante réserve au lecteur de belles surprises.

  • Cet essai de René Girard présente et résume les concepts clés de sa théorie : le désir mimétique, le mécanisme victimaire et la révélation judéo-chrétienne.
    Comparant l'histoire de Milomaki, héros des Indiens yahunas, avec la légende d'OEdipe et les textes de persécution du Moyen Âge, l'auteur démontre l'origine persécutrice de tous les mythes et l'universalité du phénomène du bouc émissaire. Pour la seule fois dans toute son oeuvre, René Girard débat ensuite avec trois anthropologues : Walter Burkert, Renato Rosaldo et Jonathan Z Smith. Cette discussion concerne le sacrifice et la domestication, mais aussi les " chasses aux têtes " et aux animaux sauvages.
    Répondant de façon très convaincante aux objections que soulève sa théorie, l'auteur éclaire d'un nouveau jour les origines sacrificielles de l'humanité. À l'heure où l'anthropologie connaît un regain d'intérêt, notamment dans le sillage du centenaire de Claude Lévi-Strauss, la traduction de ce texte majeur s'imposait. René Girard aura en effet remis l'anthropologie religieuse au premier plan en révélant le mécanisme victimaire au fondement de la culture.
    On se persuadera sans mal, en le voyant ici défendre son hypothèse, qu'elle constitue un apport scientifique essentiel.

  • A travers un commentaire stimulant du texte le plus étrange que contient la Bible, Le Livre de job, René Girard nous convie à une formidable méditation sur le fonctionnement social. La Violence, l'Innocence, le Religieux, le Totalitarisme, le Sacrifice... Autant de problèmes qui jalonnent La Route antique des hommes pervers.

  • "Le présent ouvrage rassemble huit essais, qui s'échelonnent du début des années 1950 à la fin des années 1980.
    Les cinq premiers sont des écrits de jeunesse. Ils témoignent des questions qui étaient les miennes au moment où je quittai l'Europe, lecteur passionné de Saint-John Perse et de Malraux. Les autres articles suivent le fil de mes réflexions sur l'histoire du roman bientôt achevée, et qui n'allait faire qu'un pour moi avec celle du désir. "L'hypothèse mimétique apparaît dans ma critique de Valéry, auquel je préfère très vite Stendhal.
    Déterminante dans ces années de formation, la question du "pseudo-narcissisme" oriente alors ma critique de l'illusion d'autonomie, que des articles plus tardifs sur Freud et Proust (1978), puis sur Nietzsche et Wagner (1986), continueront de creuser. Ces études figurent avant le texte d'une conférence sur Wagner donnée en 1983. " Je ne voudrais pas qu'on prenne ce livre pour un simple essai d'esthétique.
    Cette jouissance m'est étrangère. Van ne m'intéresse en effet que dans la mesure où il intensifie l'angoisse de l'époque. Ainsi seulement, il accomplit sa fonction qui est de révéler. "

  • A travers des arrière-plans philosophiques et des arguments différents, les deux auteurs soutiennent que sécularisation et laïcité sont des produits du christianisme, et que le christianisme est à l'origine des valeurs de nos sociétés occidentales, y compris la démocratie.

  • René Girard La Voix méconnue du réel « Coeest bien la voix méconnue du réel que, toute ma vie, je me suis efforcé d?écouter et de transcrire. Ces mots disent si bien ce que joeai voulu faire quoeils moeobligent à me demander si je loeai vraiment fait. Mais il y a pour moi, dans ce recueil, une raison de fierté moins écrasante que l?étreinte directe du réel, plus modeste si loeon peut dire : les essais rassemblés ici ne reßètent pas les modes tapageuses de notre dernière fin de siècle, les divers avatars de la « French theory » qui, à l?époque de leur composition, caracolaient aux avant-scènes dans les universités américaines.
    Toutes ces théories étaient des destructions illusoires du réel. Ce qui moeen a protégé, coeest le réalisme de la théorie dite mimétique, dont je ne sais pas très bien si coeest moi qui loeai faite ou si coeest elle qui moea fait.
    Les disciplines qui noeont pas de statut scientifique, les sciences de loehomme et de la société, ne peuvent pas se passer doehypothèse théorique. La variété des sujets traités dans le présent livre donne à la table des matières une allure presque impressionniste, mais ceux qui me connaissent ne soey tromperont pas. Coeest la théorie mimétique qui inspire tous ces essais. » R. G.

  • Quand ces choses commenceront

    René Girard

    • Arlea
    • 16 Octobre 1996

    Sans doute peut-on compter sur les doigts d'une main les " intuitions " comme celle de René Girard qui, en un siècle ou peut-être même en un millénaire, déchirent et restructurent le ciel des idées. Ces entretiens avec Michel Treguer montrent à quel point les événements qui secouent la planète confortent les thèses de René Girard. Les " choses " auraient-elles vraiment commencé ?...

  • Mensonge romantique et vérité romanesque L'homme est incapable de désirer par lui seul : il faut que l'objet de son désir soit désigné par un tiers. Ce tiers peut être extérieur à l'action romanesque : comme les manuels de chevalerie pour Don Quichotte ou les romans d'amour pour Emma Bovary. Il est le plus souvent intérieur à l'action romanesque : l'être qui suggère leurs désirs aux héros de Stendhal, de Proust ou de Dostoïevski est lui-même un personnage du livre. Entre le héros et son médiateur se tissent alors des rapports subtils d'admiration, de concurrence et de haine : René Girard fait un parallèle lumineux entre la vanité chez Stendhal, le snobisme chez Proust et l'idolâtrie chez Dostoïevski. Mais René Girard ne renouvelle pas seulement la compréhension des plus grands chefs-d'oeuvre de la littérature romanesque, il nous fait avancer dans la connaissance du coeur humain. En réalité nous ne choisissons que des objets déjà désirés par un autre. René Girard retrouve partout ce phénomène du désir triangulaire : dans la publicité, la coquetterie, l'hypocrisie, la rivalité des partis politiques, le masochisme et le sadisme, etc. Un grand livre, conduit avec une subtilité minutieuse. La Violence et le sacré René Girard se propose de remonter jusqu'aux origines de tout l'édifice culturel et social qui est au centre de notre civilisation. L'enquête s'appuie à la fois sur une lecture très personnelle des tragiques grecs et sur une discussion serrée des principaux systèmes sociologiques, ethnologiques, psychanalytiques, qui ont tenté de donner une explication globale des premiers rites et des premières institutions culturelles et sociales. Freud en particulier est pris vivement à partie, ou plutôt ses successeurs, peu clairvoyants au sujet de certains intuitions de Totem et tabou. René Girard, après avoir critiqué les insuffisances de la théorie du complexe d'oedipe, met l'accent sur le rôle de la « violence fondatrice » et sur celui de la « victime émissaire », négligés jusqu'à présent par tous les chercheurs, et pourtant fondamentaux. Des choses cachées depuis la fondation du monde On savait, depuis La violence et le sacré, que toute société humaine est fondée sur la violence, mais une violence tenue à distance et comme transfigurée dans l'ordre du sacré. Dans ce nouveau livre, René Girard applique cette intuition originaire au grand recueil mythique de la mémoire occidentale, c'est-à-dire à la Bible qui est tout entière, selon lui, le cheminement inouï vers le Dieu non violent de notre civilisation. Il s'ensuit une relecture critique et proprement révolutionnaire du texte évangélique qui apparaît du coup comme un grand texte anthropologique, le seul à révéler pleinement le mécanisme victimaire. Il s'ensuit aussi la fondation d'une nouvelle psychologie fondée sur un mécanisme simple et universel que Girard appelle la « mimésis » et qui permet de faire le partage entre les processus d'appropriation, générateurs de violence , et les antagonismes, producteurs de sacré. Chemin faisant, on assiste à de magistrales analyses comparatives de Proust et de Dostoïevski, de Freud et de Sophocle, à la lumière de cette notion nouvelle et qui se révèle particulièrement féconde de « désir mimétique ». Le bouc émissaire oedipe est chassé de Thèbes comme responsable du fléau qui s'abat sur la ville. La victime est d'accord avec ses bourreaux. Le malheur est apparu parce qu'il a tué son père et épousé sa mère. Le bouc émissaire suppose toujours l'illusion persécutrice. Les bourreaux croient à la culpabilité des victimes ; ils sont convaincus, au moment de l'apparition de la peste noire au XIV siècle, que les juifs ont empoisonné les rivières. La chasse aux sorcières implique que juges et accusés croient en l'efficacité de la sorcellerie. Les Evangiles gravitent autour de la passion comme toutes les mythologies du monde mais la victime rejette toutes les illusions persécutrices, refuse le cycle de la violence et du sacré. Le bouc émissaire devient l'agneau de Dieu. Ainsi est détruite à jamais la crédibilité de la représentation mythologique. Nous restons des persécuteurs mais des persécuteurs honteux.

  • De Shakespeare, René Girard nous propose une lecture neuve inspirée de la théorie dont il est le père : la théorie "mimétique" - ou théorie de la triangularité du désir. Mais, loin d'appliquer à Shakespeare les principes du mimétisme, il s'attache à montrer que Shakespeare était un "miméticien" avant la lettre et que toute la théorie mimétique était contenue, dès les premières pièces, dans son oeuvre théâtrale. Au-delà de Shakespeare, René Girard nous interroge sur nous-mêmes, sur la dimension tragique de nos désirs, et nous propose un tableau à la fois sombre et plein d'espérance de l'humanité de toujours et de l'humanité d'aujourd'hui. Par ailleurs, il fait oeuvre de polémiste et s'attaque à la critique littéraire contemporaine ; mais son livre est moins un retour à la tradition que l'apparition d'un classicisme critique "nouvelle manière" face à un modernisme exténué.

  • La réflexion anthropologique a longtemps perçu dans le sacrifice sanglant une espèce d'énigme qu'elle s'est efforcé de résoudre, mais sans y parvenir.
    On s'est dit alors que le sacrifice en général, le sacrifice en soi, n'existe peut-être pas. L'hypothèse d'une illusion conceptuelle est légitime en tant qu'hypothèse mais, dans la seconde moitié du XXe siècle, elle s'est durcie en un dogme, la majorité des chercheurs a rejeté la théorie mimétique, qui réaffirme la nature énigmatique du sacrifice et enracine son universalité dans la violence mimétique de tous les groupes archaïques.
    Pour illustrer la théorie mimétique, René Girard interroge la plus puissante réflexion religieuse sur le sacrifice, celle de l'Inde védique, rassemblée dans les vertigineuses Brahmanas. On trouve dans la Bible des violences collectives semblables à celles qui engendrent les sacrifices mais, au lieu de les attribuer aux victimes, la Bible et les Evangiles en attribuent la responsabilité à leurs auteurs véritables, les persécuteurs de la victime unique.
    Au lieu d'élaborer des mythes, par conséquent, la Bible et les Evangiles disent la vérité : on y trouve l'explication du processus sacrificiel, le processus victimaire ne peut donc plus servir de modèles aux sacrificateurs. En reconnaissant que la tradition védique peut conduire elle aussi à une révélation qui discrédite les sacrifices, loin de privilégier indûment la tradition occidentale et de lui conférer un monopole sur l'intelligence et la répudiation des sacrifices sanglants, l'analyse mimétique reconnaît des traits comparables mais jamais vraiment identiques dans la tradition indienne.
    Même si nous restons incapables de débrouiller vraiment le rapport qui unit et sépare ces deux traditions, ces trois conférences nous permettent d'apprécier un peu mieux leur richesse et leur complexité.

  • Pourquoi l'anorexie frappe-t-elle certaines femmes plus que d'autres ? Les individus sont plus ou moins rivalitaires, il n'en va pas autrement dans le cas de la minceur que dans d'autres domaines. Les femmes anorexiques veulent être championnes de leur catégorie. C'est pareil dans le monde de la finance. La différence, c'est que le désir d'être plus riche que les autres n'apparaît pas comme pathologique. Par contre, le désir d'être plus mince, s'il est poussé à l'extrême, a des effets funestes visibles sur le plan physique. Mais une fois qu'une fille est anorexique, cela signifie qu'elle a choisi ce domaine de concurrence, et il est difficile d'abandonner avant la victoire, ce serait renoncer au championnat. Le résultat final est tragique dans les cas extrêmes, mais cela ne doit pas nous faire perdre de vue le fait que l'obsession de la minceur caractérise toute notre culture, ce n'est nullement quelque chose qui distingue ces jeunes filles. L'impératif qui pousse ces femmes à se laisser mourir de faim vient de toute la société. C'est un impératif unanime. De ce point de vue, donc, c'est organisé comme un sacrifice. Et le fait qu'il soit inconscient montre, de manière assez effrayante, qu'il y a une espèce de retour à l'archaïsme dans notre monde.

  • René Girard a rassemblé, dans ce recueil d'une exceptionnelle qualité, neuf textes qui revisitent l'ensemble de son oeuvre. A l'origine, ces contributions ont été publiées en anglais dans de prestigieuses revues universitaires américaines.
    La voix méconnue du réel est à la fois une introduction à la pensée de René Girard, et un approfondissement de ses thèmes de réflexion : le désir mimétique ; la pensée mythique ; les grands textes sacrés, etc.
    Un deuxième volume est en préparation autour des « mythes fondateurs non-chrétiens ».
    Sommaire :
    Violence et Représentation dans le texte mythique ; Différenciation et Réciprocité chez Lévi-Strauss et dans la Théorie contemporaine Stratégies de la Folie ; Nietzsche, Wagner et Dostoïevski ; Nietzsche contre le Crucifié ; La Question de l'Antisémitisme des Evangiles ; Le Désir mimétique dans le Souterrain ; La Peste dans la Littérature et le Mythe ; Un Equilibre périlleux. Essai d'interprétation du Comique ; Innovation et Répétition.

  • Avec deux hypothèses, l'une sur le désir mimétique, l'autre sur le bouc émissaire, René Girard a bouleversé, depuis quarante ans, le champ des sciences humaines. Sa théorie, qui a replacé le christianisme au coeur de l'anthropologie, est aussi l'une des rares, depuis Durkheim, à tenter d'expliquer les phénomènes culturels et sociaux en remontant à leur origine. Au point que c'est de la ritualisation de cet événement premier que seraient nés les groupes sociaux et les mécanismes qui les protègent : tabous, normes, institutions. Mais seul le sacrifice du Christ, affirme René Girard, dévoile le meurtre fondateur.
    Répondant aux questions de Pierpaolo Antonello et de João Cezar de Castro Rocha, l'auteur de La Violence et le Sacré éclaire la nature de son entreprise : une théorie du chaos appliquée à l'anthropologie. Il revient pour cela sur les grandes étapes de sa vie et de sa carrière, évoque la réception de son oeuvre en France et dans le monde, et ses chantiers en cours. Face aux critiques qu'on n'a pas manqué de lui faire, mais aussi aux questions brûlantes de l'actualité, il formule différemment ses thèses (sous la forme d'un darwinisme revisité) et propose des analyses inédites : ainsi des pages sur l'Inde védique ou d'autres, plus polémiques, contre Régis Debray et ce qu'il est convenu d'appeler le " retour du religieux ".
    Cette autobiographie intellectuelle apporte un éclairage singulier sur l'une des pensées les plus stimulantes de notre époque. L'itinéraire de ce chercheur totalement indépendant apparaît de fait exemplaire. En restant à l'écart des écoles de pensées, des modes académiques, voire des compromis institutionnels, René Girard a su se ménager un surprenant espace de liberté. Le prouvent le nombre et la qualité des recherches interdisciplinaires que cette oeuvre suscite : autant de prismes nécessaires pour penser l'origine.

  • Achever Clausewitz

    René Girard

    René girard aborde ici l'oeuvre de cari von clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du de la guerre.
    Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. on en a retenu un axiome essentiel : " la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. " clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. observateur des campagnes napoléoniennes, clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de "duel", d'" action réciproque " ou de " montée aux extrêmes " désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire.
    Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. rené girard fait de clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu'aucun autre, le mouvement qui va détruire l'europe. "achever clausewitz ", c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé.
    Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière.

  • Dès la fin du XVIIIe siècle les Auvergnats étaient nombreux à Paris et leur nombre n'a cessé de s'accroître jusqu'à nos jours. Ils ont exercé toutes sortes d'humbles et durs métiers : ferrailleurs, frotteurs de parquets, laitiers, porteurs d'eau. Mais peu à peu ils ont trouvé leur voie : celle du petit commerce où leur travail et leur sens de l'économie pouvaient faire merveille. Leur domaine d'élection a été le commerce des ""vins et charbons"" ; le ""bougnat"" auvergnat est devenu un personnage essentiel de la vie des quartiers de Paris. Leurs ambitions se sont naturellement accrues ; ils ont investi tout le secteur de la ""Limonade"" ; c'est à eux que Paris doit ces cafés grands et petits, ces brasseries, ces restaurants qui font partie de son charme incomparable.
    Les Auvergnats de Paris n'oubliaient pas le pays natal où ils comptaient bien se retirer un jour. Ils se sont organisés en amicales, ont créé leurs propres journaux et ont maintenu le folklore auvergnat : les bourrées dansées au son de la cabrette dans les bals-musettes. Leurs enfants continuent souvent l'activité paternelle, mais on les retrouve aussi dans les professions libérales ou à la tête de grandes entreprises. Avec eux, l'épopée auvergnate, celle des montagnards qui sont partis conquérir Paris, se continue sous nos yeux.


    Roger Girard, fils de bougnats devenus buralistes, est professeur agrégé d'Histoire.

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