Tallandier

  • Le livre. Raymond Aron, le grand penseur du libéralisme français au XXe siècle, est issu d'une famille de juifs lorrains assimilés et profondément patriotes. Comme Durkheim et Bergson, il fut l'un des représentants de la culture à visée universelle, agnostique, de la IIIe République. C'est en 1933, lors de ses études de philosophie en Allemagne, qu'il rencontra la « question juive » en même temps que le tragique de l'histoire et de la pensée allemande. Depuis lors, sa propre philosophie ne pouvait lui permettre d'écarter de sa réflexion sur l'histoire l'aventure du « peuple » juif. La brochure « De Gaulle, Israël et les juifs », le plus célèbre texte publié dans le présent recueil, fut publiée en 1968, suite à la conférence de presse du 28 novembre 1967, où le Général décrivit les juifs comme « un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur, [...] en dépit du flot tantôt
    montant, tantôt descendant, des malveillances qu'ils provoquaient, qu'ils suscitaient plus exactement dans certains pays et à certaines époques ». Aron s'en indigna : « Les antisémites (et M. Xavier Vallat n'a pas eu un instant d'hésitation) recevaient du chef de l'État l'autorisation de reprendre la parole et d'user du même langage qu'avant le grand massacre. » Elle est accompagnée de nombreux textes inconnus ou méconnus - sur Marx, sur Bergson, sur Vichy, sur le terrorisme, sur Israël et la diaspora, sur l'affaire Barbie... - qui tous témoignent de l'interrogation et de l'inquiétude de toute une vie. Dans ses conférences, ses entretiens et ses articles, Aron n'a cessé de s'interroger sur l'histoire et l'avenir incertain de l'État d'Israël, et sur les liens qu'un citoyen français pouvait garder avec ce pays singulier.

    L'auteur Raymond Aron (1905-1983) fut l'un des penseurs les plus marquants du XXe siècle. Philosophe et sociologue, il a professé dans tous les temples de l'enseignement supérieur, de la Sorbonne au Collège de France. Journaliste engagé, il a mis sa plume et sa parole au service de Combat, des Temps modernes, du Figaro, d'Europe no 1 et de L'Express. On lui doit, entre autres essais, L'Opium des intellectuels (1955), Paix et guerre entre les nations (1962) et Penser la guerre, Clausewitz (1976).

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