• " Parti à la recherche des origines de la sociologie mderne, j'ai abouti, en fait, à une galerie de portraits intellectuels... Je me suis efforcé de saisir l'essentiel de la pensée de ces sociologues, sans méconnaître ce que nous considérons comme l'intention spécifique de la sociologie, sans oublier non plus que cette intention était inséparable, au siècle dernier, des conceptions philosophiques et d'un idéal politique. " Raymond Aron Cet ouvrage est constitué de sept études sur les fondateurs de la sociologie - Montesquieu, Comte, Marx, Tocqueville - et sur la génération du tournant du siècle - Durkheim, Pareto et Weber.

  • « Ce livre fait suite aux Dix-huit leçons sur la société industrielle et à La lutte de classes. Il traite de deux régimes typiques de la civilisation moderne, l'un que j'appelle constitutionnel-pluraliste et l'autre que je caractérise par la prétention d'un parti au monopole de l'activité politique.
    La comparaison entre les régimes politiques, à la différence des comparaisons entre les économies, met surtout en lumière des différences. Les régimes apparaissent comme des solutions opposées à des problèmes semblables.
    L'année 1957-1958, celle durant laquelle le cours fut professé, fut celle de la fin de la IVe République et du retour au pouvoir du général de Gaulle. Une préface écrite en 1965, équilibre le chapitre consacré à la République morte par une analyse critique de la République gaulliste. » Raymond Aron.

  • L'opium des intellectuels

    Raymond Aron

    • Pluriel
    • 20 Octobre 2010

    Raymond AronL'opium des intellectuelsIntroduction de Nicolas BaverezPhilosophe, Raymond Aron (1905-1983) a été professeur de sociologie à la Sorbonne, tout en continuant une activité de journaliste commencée pendant la guerre à La France Libre. Il a été élu au Collège de France en 1970. Il est notamment l'auteur, dans la collection « Pluriel », de Essai sur les libertés.Nicolas Baverez, avocat, est l'auteur notamment de Raymond Aron : un moraliste au temps des idéologies (Flammarion).Introduit par Nicolas Baverez qui présente le contexte dans lequel il fut écrit et publié, ce livre est devenu un classique. Raymond Aron y prend vivement à partie les intellectuels compagnons de route du parti communiste, notamment Sartre et le groupe des Temps modernes, et analyse les raisons de leur aveuglement. Il montre comment la volonté de croire en un avenir enchanté peut conduire à refuser de voir la réalité d'un système qui piétine la liberté et la dignité humaines. Ce message peut continuer à nourrir une éthique intellectuelle telle que la définit les dernières lignes du livre : « Si la tolérance naît du doute, qu'on enseigne à douter des modèles et des utopies, à récuser les prophètes de salut, les annonciateurs de catastrophes. Appelons de nos voeux la venue des sceptiques s'ils doivent éteindre le fanatisme. »

  • L'Essai sur les libertés est animé par une tension entre libertés formelles et libertés réelles que Raymond Aron met en scène en confrontant Marx et Tocqueville. Que sont les libertés reconnues par le droit sans les moyens de les exercer? En reconnaissant toute la force de la critique marxiste à l'égard du formalisme juridique, en soulignant même combien cette critique gagne de sa pertinence au temps de la société technicienne contemporaine, l'auteur ne cherche pas moins à maintenir que la revendication de la liberté politique est irréductible à toute vision de la « bonne société ».
    Raymond Aron rappelle la dérive des régimes totalitaires et souligne ainsi la nécessité du libéralisme. Mais il s'agit d'un manifeste en faveur du libéralisme politique, et non d'une apologie de la régulation par le seul marché comme le définissent aujourd'hui les théoriciens du néolibéralisme. À l'heure où ceux-ci cherchent à confondre le combat pour les libertés avec le leur et où leurs adversaires sont parfois tentés de jeter le libéralisme politique avec l'eau du bain, la lecture de cet essai incisif est plus que jamais d'actualité.

  • Raymond Aron montre ici comment Dilthey, Rickert, Simmel et Weber s'interrogent sur l'origine de la valeur (subjective et objective) des formes de la science historique : si toutes les démarches de cette science son solidaires d'une volonté et d'une situation, l'historien peut-il écrire une « histoire qui puisse être vraie pour tous » ? Si la relativité historique semble un « fait », qu'en est-il de la vérité universelle, exigée par la raison ? D'autre part, quel rapport établir entre les perspectives individuelles, partielles, et la totalité de l'évolution ? Cette théorie allemande de l'histoire, fondée sur la relativité de la connaissance, constitue la seule tentative véritable d'une critique de la Raison historique.

  • La vérité scientifique se détache de la conscience qui l'a élaborée puisque, à un certain degré d'approximation, elle vaut éternellement.
    En va-t-il de même pour la reconstitution historique ? l'historien ne s'exprime-t-il pas, lui-même et son époque, dans sa vision du passé ? est-ce l'homme d'un temps ou un moi transcendantal qui est le sujet de cette science ? cette dernière est-elle séparable de toute philosophie ? n'est-elle pas solidaire du présent historique et condamnée à changer avec lui ? en d'autres termes la science historique, comme les sciences de la nature, se développe-t-elle selon un rythme d'accumulation et de progrès ou, au contraire, chaque société récrit-elle son histoire parce qu'elle se choisit et recrée son passé ?
    Cette analyse devenue classique de l'historicité conduit raymond aron à une philosophie historique qui, s'opposant aux synthèses spéculatives en même temps qu'au positivisme, est aussi une philosophie de l'histoire.
    La philosophie de l'histoire, écrit-il, est une partie essentielle de la philosophie, elle en est à la fois l'introduction et la conclusion. introduction, puisqu'il faut comprendre l'histoire pour penser la destinée humaine, d'un temps et de toujours, conclusion, puisqu'il n'y a pas de compréhension du devenir humain sans une doctrine de l'homme.
    Double caractère qui serait contradictoire si l'on se représentait la philosophie selon le schéma des théories déductives, mais qui devient intelligible dès qu'on la rattache à la dialectique de la vie et de l'esprit, qui s'achève dans la conscience de soi de l'être qui se situe dans l'histoire et se mesure à la vérité.

    Près de cinquante ans après sa première parution, cet ouvrage devenu célèbre sans vieillir fait l'objet d'une édition nouvelle, revue et annotée par sylvie mesure.

  • Memoires

    Raymond Aron

    Cette nouvelle édition reprend l'avant-propos de Tzetan Todorov, publié dans une précédente réédition des Mémoires. Elle est préfacée par Nicolas Baverez, disciple d'Aron s'il en est, qui restitue à la réflexion de l'analyste et du philosophe toute son actualité. Elle est en outre enrichie de trois grands chapitres inédits qui permettent de publier les Mémoires de Raymond Aron dans une édition définitive. Le premier texte a pour sujet les élections de 1981 et la victoire de François Mitterrand. Il dénonce le programme conjoncturel de Mitterrand, dont les résultats étaient visibles au bout d'à peine un an, le « renouvellement des erreurs de Léon Blum », le « florilège d'idées fausses » contenues dans ce programme. Aron explique notamment que créer 20 000 postes de fonctionnaires de plus, réduire la durée de travail sans réduire la paye et abaisser l'âge de la retraite tendent à partager le travail et non à créer des emplois. Ces mesures, explique Aron, sont « désastreuses » : « Par quelle aberration la gauche se croit-elle obligée de faire croire aux Français que le salut viendra, par miracle, des changements qui satisfont leurs aspirations égoïstes : travailler moins et gagner plus ? » Le second texte, « Les droits de l'homme à l'épreuve », est consacré à la présidence Carter et au conflit au Moyen-Orient. Il met en cause la politique américaine des droits de l'homme qui, selon Aron, déstabilise les alliés des Etats-Unis plutôt que leurs ennemis ; les réussites partielles, ajoute-t-il, « ne dissimulent pas l'échec de fond ». Aron évoque ensuite le conflit israélo-arabe et dénonce notamment l'attitude adoptée par la France et par la Communauté européenne, qui firent grise mine à la paix séparée entre Israël et l'Égypte. Aron s'avoue inquiet, enfin, de l'avenir d'Israël, « État paria », démocratique et militaire, « sans perspective de paix à l'horizon politique ». Le dernier texte, « Vers l'hégémonie soviétique ? », porte sur des considérations géostratégiques sur fond de guerre froide.

  • « Avant d'écrire « Le temps du soupçon », commentaire de la dernière conférence de presse du Président de la République, j'ai longuement hésité. Si certaines voix s'étaient élevées, si François Mauriac ou André Malraux avaient répondu au général de Gaulle ce qu'ils auraient répondu à tout autre homme d'Etat tenant de pareils propos, je serais resté au dehors d'un débat dans lequel je ne puis m'engager en toute sérénité. Aucun des écrivains, honneur des lettres françaises, n'a parlé. Je me suis donc résolu ou résigné à plaider contre un réquisitoire d'autant plus insidieux qu'il demeure camouflé. J'ai pensé que ce témoignage ne prendrait sa pleine signification qu'à la condition d'y joindre les articles publiés pendant la crise du printemps 1967 et deux études sur Israël et les Juifs, écrites en 1960 et 1962, à l'époque où l'alliance franco-israélienne assurait aux Français d'origine juive une sécurité morale dont les privent, aujourd'hui, les péripéties de l'Histoire. »

  • Ce recueil rassemble dix articles et lettres de jeunesse de Raymond Aron, jamais ou rarement réédités, rédigés à un moment où il pressent l'arrivée de l'âge des tyrannies recouvrant l'Europe. Universitaire à Cologne en 1930 puis à Berlin entre 1931 et 1933 - où il assiste à des autodafés -, il perçoit avec une grande acuité la montée du totalitarisme nazi. De ces textes, parmi lesquels figure la célèbre conférence "Etats démocratiques et Etats totalitaires", le lecteur tire l'impression de revivre la révolution nationale en Allemagne, le basculement dans le totalitarisme des démocraties occidentales et la naissance d'une pensée résistante.
    En même temps, il se donne les moyens de comprendre ce passé tragique aux échos contemporains. A l'heure où l'Europe voit ressurgir ses vieux démons nationalistes et antidémocratiques, relire le jeune Raymond Aron est salutaire et éclairant.

  • " J'ai lu De la guerre pour la première fois il y a une vingtaine d'années, puis je l'ai cité comme tout le monde.
    En 1971-1972, j'étudiais l'ensemble des écrits militaires, politiques, personnels de Clausewitz et crus constater que la pensée du plus célèbre des stratèges restait à découvrir et à comprendre ", écrit Raymond Aron en 1976. La pensée de Carl von Clausewitz retrouve ici sa dimension essentielle : être une théorie en devenir, qui jamais ne trouva sa forme définitive, puisque le général prussien, né en 1780, mourut en 1831, victime du choléra.
    Dans ce premier tome, Raymond Aron reconstruit, avec la rigueur qu'on lui connaît, le système intellectuel de celui qui voulut mettre à jour l'esprit, c'est-à-dire la nature et l'essence, de la guerre, " véritable caméléon ". Formation du système, tendances divergentes, synthèse finale, équivoque irréductible, rapport à Montesquieu, à Kant ou à Hegel - sur tous ces sujets Aron formule ses analyses qu'il confronte aux jugements des critiques allemands.

  • "Le présent ouvrage est le texte des leçons professées par Raymond Aron à l'Ecole Nationale d'Administration en 1952. Il ne constitue pas un exposé de faits ou de doctrines mais une analyse conceptuelle de la démocratie moderne dans ses deux versions antithétiques : institutions représentatives des grands pays occidentaux d'une part, démocraties populaires de l'autre. Il s'attache à définir, au-delà de leurs idéaux proclamés (égalité, liberté, souveraineté populaire, avènement d'une société sans classe), leur réalité essentielle, leur logique interne, en un mot leur principe.
    La conquête du pouvoir résulte pour les premières d'une compétition pacifique ; son exercice fait appel à l'art du compromis : l'expression des mécontentements catégoriels nés d'un état social naturellement imparfait peut s'y donner libre cours. Dans les secondes les gouvernants tirent leur légitimité d'un processus révolutionnaire mené au nom d'une doctrine millénariste qui justifie l'élimination des opposants et l'emprise d'un parti unique sur l'ensemble de la vie sociale.
    Comment, à partir de ces prémisses, discerner leur évolution comme leur devenir ? Telle est, dans la lignée de la pensée politique classique, la question centrale de ce livre où Raymond Aron enseigne avec une rigueur méthodique exemplaire l'art de soumettre à la raison les passions politiques de notre temps."

  • Raymond Aron
    Le Spectateur engagé

    Raymond Aron est inclassable. Intellectuel anticonformiste, il est allé à contre-courant des idées dominantes de l'intelligentsia de gauche. Il a eu raison avant les autres sur la nature du régime soviétique, du stalinisme. Et dans les années 1950, il a eu le courage de tenir sa position, tout en accomplissant une oeuvre scientifique indiscutée.
    A la fois journaliste, sociologue, historien, philosophe, Raymond Aron retrace, dans ces entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, son itinéraire politique et intellectuel. Dans ce dialogue vif, stimulant, il analyse les grands événements qu'il a vécus en un demi-siècle. La montée de Hitler au pouvoir, le Front populaire, Munich, la débâcle, Vichy et la Résistance, le génocide, la guerre froide, ses polémiques avec Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty, la construction européenne, la stratégie nucléaire, l'Algérie et la décolonisation, le gaullisme, Mai 68, l'Union de la gauche.
    On découvre dans cette réédition du Spectateur engagé une conception de l'Histoire qui laisse sa part à la liberté des hommes, un plaidoyer pour la démocratie occidentale, mais aussi une personnalité complexe, lucide et passionnée.

  • Ce tome deuxième prend l'exacte mesure de la place de Clausewitz dans le monde d'aujourd'hui.
    Les grandes écoles d'état-major l'enseignent, Moltke comme Foch, Lénine comme Mao Zedong l'ont lu, étudié ou appliqué. Qui d'entre tous s'y montre le plus fidèle ? Clausewitz peut-il lui-même être tenu pour responsable des massacres militaires et civils de la Première Guerre mondiale ou bien pour le plus farouche procureur contre la guerre d'anéantissement menée par Hitler ? Grâce à son échec dans l'action, Clausewitz, tel Machiavel, a trouvé le loisir et la résolution d'achever au niveau de la conscience claire la théorie d'un art qu'il a imparfaitement pratiqué.
    Son héritage consiste en deux idées maîtresses: le principe d'anéantissement et la suprématie de l'intelligence politique sur l'instrument militaire. L'arme nucléaire confirme la deuxième et modifie le sens de la première.

  • « Jamais les hommes n'ont eu autant de motifs de ne plus s'entretuer. Jamais ils n'ont eu autant de motifs de se sentir associés dans une seule et même entreprise. Je n'en conclus pas que l'âge de l'histoire universelle sera pacifique. Nous le savons, l'homme est un être raisonnable mais les hommes le sont-ils ? » Raymond Aron.
    « L'héritage d'Aron, c'est un état d'esprit, une éthique intellectuelle, un engagement de citoyen. L'état d'esprit réside dans la volonté de comprendre avant de juger en pensant le monde tel qu'il est et non tel qu'on le rêve. L'éthique intellectuelle passe par le respect des faits et l'impartialité dans la discussion. La posture mêle indissociablement le savant et le combattant de la liberté politique, qui "contribue à rendre les hommes dignes d'elle, à en faire des citoyens, ni conformistes ni rebelles, critiques et responsables". » Nicolas Baverez.

  • Parce qu'il a su combiner la distance du philosophe et le regard de l'éditorialiste, Raymond Aron est devenu l'une des références intellectuelles de son temps.
    D'où l'importance de cette publication : une histoire du XXe siècle par son plus vigilant analyste. Dans ce second tome se découvre la pensée d'Aron sur l'impérialisme économique, la fin des empires coloniaux, les problématiques liées au développement ou encore la IVe et la Ve République. Des textes indispensables et d'une lucidité étonnante pour comprendre le siècle dernier.

  • A travers les Dimensions de la conscience historique, Raymond Aron s'impose comme l'un des penseurs majeurs de l'histoire au XXe siècle.
    Après les bouleversements issus du second conflit mondial, Raymond Aron pense le monde à l'aune de l'installation durable du communisme à l'Est de l'Europe, de la fin de la colonisation, des mutations que signale une phase de progrès technique encore inconnue dans les sociétés développées. Il prend acte du changement radical que marque pour la condition humaine l'avènement de l'ère nucléaire. Face à ces mutations, le philosophe a plus que jamais le devoir de penser l'histoire et la liberté de l'homme face à l'événement.
    Dialoguant avec Thucydide, combattant l'idée d'une fin de l'histoire avancée par Spengler et Toynbee et plus encore par la téléologie marxiste, il poursuit la réflexion sur les limites de l'objectivité historique engagée au cours des années 1930. Les Dimensions de la conscience historique n'ont cessé de nourrir les débats sur l'histoire. Il demeure aujourd'hui un ouvrage indispensable pour réfléchir à notre condition historique.

  • Raymond Aron résista à la fascination de Mai  68. Là où la plupart virent une révolution, il dit dans La Révolution Introuvable qu'il ne s'est agi que d'un «  psychodrame  », un «  marathon de palabres  », une «  négation utopique de la réalité  ». Publié dès le mois d'août, le livre rassemble une interview du philosophe par Alain Duhamel et quelques textes publiés dans le feu des événements. Observateur engagé et lucide, il explique pourquoi l'équilibre des forces politiques interdisait que les événements finissent en révolution.
    Son analyse des causes de la crise universitaire reste d'une troublante actualité, ainsi que celles des racines profondes de Mai  68  : la difficulté des sociétés libérales et productivistes à proposer un projet et un sens commun. Il s'interroge sur la nature d'un pouvoir politique capable de s'effondrer aussi brusquement en face d'une contestation si fragile sur les plans tant politique qu'intellectuel. Et il met en accusation une France excessivement hiérarchique et centralisée. Il pointe l'uniformité stérilisante du système d'enseignement universitaire. Il pointe aussi, après Tocqueville, le paradoxe d'une société tout entière prise entre une idéologie proclamée, égalitariste, et la réalité de son fonctionnement, qui demeure hiérarchisé à l'extrême, à travers un système de grades et de statuts, dignes de l'Ancien Régime. La lucidité du diagnostic qu'il fit des causes à l'origine des mouvements de révolte, des étudiants d'abord, des salariés ensuite, ne fait que rappeler que les questions de Raymond Aron en 1968 sont bien toujours celles de la France de 2018.

  • Dissuasion, subversion, persuasion. Ce sont les trois concepts qui désignent les composantes principales des diplomaties-stratégies. Au terme de son enquête, Raymond Aron tente de définir la morale de l'action diplomatique, la stratégie qui donne la meilleure chance de sauver la paix sans sacrifier la liberté. Enfin en un exercice de pensée utopique, il cherche les conditions de paix par la loi.
    En 1962, lorsque cet ouvrage paraît, ces conditions ne sont pas réalisées et la paix se résume à l'absence ou à la limitation des guerres. L'analyse de Raymond Aron prend place en pleine guerre froide et explicite les rapports de force qu'impose l'arme nucléaire détenue par quelques puissances militaires.
    C'est aussi une réflexion sur le devenir de l'humanité.

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  • " II y a une quarantaine d'années, sur les bords du Rhin, alors que je lisais passionnément Hegel, Marx et Max Weber, j'ai conçu le projet qui est resté le mien, penser l'Histoire en train de se faire, en assumer les servitudes avec autant de lucidité que possible, en déchiffrer la signification sans jamais oublier que cette signification n'est ni inscrite dans les faits ni déterminée à l'avance ", écrivait Raymond Aron en 1965.
    Publiée en 1996, son Histoire du XXe siècle rassemble et ordonne ses meilleures pages à travers ses réflexions sur les deux guerres mondiales, les Etats totalitaires, les rapports Etats-Unis/URSS ou encore la bombe atomique. Aron nous livre une analyse brillante du siècle dernier, dont il est incontestablement devenu l'une des références intellectuelles.

  • Le livre. Raymond Aron, le grand penseur du libéralisme français au XXe siècle, est issu d'une famille de juifs lorrains assimilés et profondément patriotes. Comme Durkheim et Bergson, il fut l'un des représentants de la culture à visée universelle, agnostique, de la IIIe République. C'est en 1933, lors de ses études de philosophie en Allemagne, qu'il rencontra la « question juive » en même temps que le tragique de l'histoire et de la pensée allemande. Depuis lors, sa propre philosophie ne pouvait lui permettre d'écarter de sa réflexion sur l'histoire l'aventure du « peuple » juif. La brochure « De Gaulle, Israël et les juifs », le plus célèbre texte publié dans le présent recueil, fut publiée en 1968, suite à la conférence de presse du 28 novembre 1967, où le Général décrivit les juifs comme « un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur, [...] en dépit du flot tantôt
    montant, tantôt descendant, des malveillances qu'ils provoquaient, qu'ils suscitaient plus exactement dans certains pays et à certaines époques ». Aron s'en indigna : « Les antisémites (et M. Xavier Vallat n'a pas eu un instant d'hésitation) recevaient du chef de l'État l'autorisation de reprendre la parole et d'user du même langage qu'avant le grand massacre. » Elle est accompagnée de nombreux textes inconnus ou méconnus - sur Marx, sur Bergson, sur Vichy, sur le terrorisme, sur Israël et la diaspora, sur l'affaire Barbie... - qui tous témoignent de l'interrogation et de l'inquiétude de toute une vie. Dans ses conférences, ses entretiens et ses articles, Aron n'a cessé de s'interroger sur l'histoire et l'avenir incertain de l'État d'Israël, et sur les liens qu'un citoyen français pouvait garder avec ce pays singulier.

    L'auteur Raymond Aron (1905-1983) fut l'un des penseurs les plus marquants du XXe siècle. Philosophe et sociologue, il a professé dans tous les temples de l'enseignement supérieur, de la Sorbonne au Collège de France. Journaliste engagé, il a mis sa plume et sa parole au service de Combat, des Temps modernes, du Figaro, d'Europe no 1 et de L'Express. On lui doit, entre autres essais, L'Opium des intellectuels (1955), Paix et guerre entre les nations (1962) et Penser la guerre, Clausewitz (1976).

  • Dans ce recueil de textes, dont certains sont inédits ou peu accessibles, le lecteur trouvera tous les grands thèmes de la pensée sociologique de Raymond Aron : le sens de la sociologie face aux idéologies et à la conscience des sociétés modernes, la question de la croissance et du progrès, le rôle des élites, les inégalités et les classes sociales, la comparaison des régimes politiques, l'étude des relations internationales et des conditions de la paix. Ces études s'inscrivent dans la réflexion sur les auteurs classiques de la sociologie avec lesquels Aron a dialogué tout au long de sa vie : Marx, Weber, Veblen...

  • Tome I :
    «J'ai lu De la guerre pour la première fois il y a une vingtaine d'années, puis je l'ai cité comme tout le monde. En 1971-1972, j'étudiais l'ensemble des écrits militaires, politiques, personnels de Clausewitz et crus constater que la pensée du plus célèbre des stratèges restait à découvrir et à comprendre», écrit Raymond Aron en 1976.
    La pensée de Carl von Clausewitz retrouve ici sa dimension essentielle : être une théorie en devenir, qui jamais ne trouva sa forme définitive, puisque le général prussien, né en 1780, mourut en 1831, victime du choléra.
    Dans ce premier tome, Raymond Aron reconstruit, avec la rigueur qu'on lui connaît, le système intellectuel de celui qui voulut mettre à jour l'esprit, c'est-à-dire la nature et l'essence, de la guerre, «véritable caméléon». Formation du système, tendances divergentes, synthèse finale, équivoque irréductible, rapport à Montesquieu, à Kant ou à Hegel ? sur tous ces sujets Aron formule ses analyses qu'il confronte aux jugements des critiques allemands.

    Tome II :
    Ce tome deuxième prend l'exacte mesure de la place de Clausewitz dans le monde d'aujourd'hui. Les grandes écoles d'état-major l'enseignent, Moltke comme Foch, Lénine comme Mao Zedong l'ont lu, étudié ou appliqué. Qui d'entre tous s'y montre le plus fidèle? Clausewitz peut-il lui-même être tenu pour responsable des massacres militaires et civils de la Première Guerre mondiale ou bien pour le plus farouche procureur contre la guerre d'anéantissement menée par Hitler?
    Grâce à son échec dans l'action, Clausewitz, tel Machiavel, a trouvé le loisir et la résolution d'achever au niveau de la conscience claire la théorie d'un art qu'il a imparfaitement pratiqué.
    Son héritage consiste en deux idées maîtresses : le principe d'anéantissement et la suprématie de l'intelligence politique sur l'instrument militaire. L'arme nucléaire confirme la deuxième et modifie le sens de la première.

  • Tome I :
    «J'ai lu De la guerre pour la première fois il y a une vingtaine d'années, puis je l'ai cité comme tout le monde. En 1971-1972, j'étudiais l'ensemble des écrits militaires, politiques, personnels de Clausewitz et crus constater que la pensée du plus célèbre des stratèges restait à découvrir et à comprendre», écrit Raymond Aron en 1976.
    La pensée de Carl von Clausewitz retrouve ici sa dimension essentielle : être une théorie en devenir, qui jamais ne trouva sa forme définitive, puisque le général prussien, né en 1780, mourut en 1831, victime du choléra.
    Dans ce premier tome, Raymond Aron reconstruit, avec la rigueur qu'on lui connaît, le système intellectuel de celui qui voulut mettre à jour l'esprit, c'est-à-dire la nature et l'essence, de la guerre, «véritable caméléon». Formation du système, tendances divergentes, synthèse finale, équivoque irréductible, rapport à Montesquieu, à Kant ou à Hegel ? sur tous ces sujets Aron formule ses analyses qu'il confronte aux jugements des critiques allemands.

    Tome II :
    Ce tome deuxième prend l'exacte mesure de la place de Clausewitz dans le monde d'aujourd'hui. Les grandes écoles d'état-major l'enseignent, Moltke comme Foch, Lénine comme Mao Zedong l'ont lu, étudié ou appliqué. Qui d'entre tous s'y montre le plus fidèle? Clausewitz peut-il lui-même être tenu pour responsable des massacres militaires et civils de la Première Guerre mondiale ou bien pour le plus farouche procureur contre la guerre d'anéantissement menée par Hitler?
    Grâce à son échec dans l'action, Clausewitz, tel Machiavel, a trouvé le loisir et la résolution d'achever au niveau de la conscience claire la théorie d'un art qu'il a imparfaitement pratiqué.
    Son héritage consiste en deux idées maîtresses : le principe d'anéantissement et la suprématie de l'intelligence politique sur l'instrument militaire. L'arme nucléaire confirme la deuxième et modifie le sens de la première.

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