• Juin 1940. Il faisait beau mais les temps étaient couverts. C'est la débâcle de l'armée française et l'exode pour de nombreux civils. À travers le destin d'un simple bidasse, Rabaté signe, 18 ans après Ibicus, un grand récit sur une période trouble où tous les repères quotidiens ont sauté...

  • Chaque jour, Edmond et Pierre, deux petits vieux (ou deux « seniors », pourront dire les plus ancrés dans la modernité), s'installent au bord de la rivière pour pêcher. Ils font de temps à autre des pauses pour casser la graine ou boire un coup de blanc. Parfois ça mord un peu.
    Le temps s'écoule ainsi, au rythme des prises. Le soir, chacun rentre chez lui. Edmond retrouve son chat, et Pierre parle à la photo de sa femme décédée d'un cancer.
    Un jour, Edmond apprend à son ami qu'il a rencontré quelqu'un, grâce aux annonces qu'il lit depuis quelques temps. Et là, il semble que ce soit la bonne. « C'est pas parce que l'on a passé l'âge de la gaudriole épicée qu'il faut faire maigre jusqu'au trou ! »
    À la surprise de Pierre, Edmond lui montre aussi son violon d'Ingres, la peinture. Il s'y est mis après le divorce d'avec sa femme. Il dessine des nus féminins. D'après les pages centrales de Playboy. Pour Pierre, c'est un choc. Impensable d'imaginer faire la même chose. Le souvenir de sa femme, l'âge... autant de freins à une vie aussi active. Alors qu'il rumine ces sombres pensées, de retour chez lui Edmond meurt, terrassé par une crise cardiaque.
    Pierre, remué par ces événements et la mort de son ami, décide alors de reprendre sa vie en main...

  • François Morel s'attaque à la philosophie. Il affronte à mains nues les citations célèbres de Socrate, Camus, Judith Butler, Nietzsche ou Simone Weil. Il les tord, les décortique, les détourne et les renverse, jusqu'à les rendre méconnaissables. Heureusement, Victorine de Oliveira passe derrière lui et remet les morceaux, et aussi les idées, en place. Voici donc à la fois un traité de déconstruction et de reconstruction philosophique.

  • Didier vit avec sa soeur Soazig dans une petite ferme bretonne. Il est très malheureux : à 45 ans, ce passionné du tour de France, n'a toujours pas connu le grand amour. Alors qu'il doit acheter une moissonneuse à la vente aux enchères du matériel agricole de Régis, copain de beuverie et fermier en faillite, il revient sans matériel mais avec son copain. Soazig est furieuse, mais pourtant le courant passe entre Régis et elle, soufflant un vent de liberté sexuelle. Consciente des malheurs de son frère, elle l'inscrit à son insu sur un site de rencontres. Rapidement, le profil de Didier fait une touche : la très entreprenante " Coquinette "...

  • Juin 1940. Videgrain, soldat du 11e régiment, est sur les routes. Les Allemands ont enfoncé tous les fronts, c'est la débâcle. Les Stukas viennent faire des incursions meurtrières sur les colonnes de réfugiés qui fuient l'avancée allemande. Et voilà Videgrain chargé de veiller sur ses camarades morts lors du dernier passage des avions et sur le trou fait par un obus en plein milieu de la chaussée. Une fois l'ambulance et les dernières troupes passées, Videgrain veut rejoindre son régiment. Mais le réservoir de sa bécane, percé par une balle ennemie, est vide. Commence alors pour Videgrain un voyage en terre inconnue, où tous les repères habituels ont explosé en même temps que la défaite éclair de l'armée française.

  • C'est les vacances ! Sur la route ou par le train, les vacanciers sont en route ! Bouchons, passages à niveau, rien ne doit entamer la bonne humeur estivale ! D'ailleurs, ça sent les embruns, la mer est proche ! Ça y est, elle apparaît au détour d'un virage ! « Sus à l'iode, chérie ! » Enfin, plutôt le sable de la plage. car c'est marée basse ! « Deux kilomètres pour se tremper les pinceaux. » Madame met son maillot à l'abri de sa serviette avant de se faire bronzer « seins nus ou pas seins nus ? Allez, seins nus. ». Monsieur prépare son matériel de pêche. les crabes et les crevettes n'ont qu'à bien se tenir. « Junior, tu prends ton filet, ta bourriche, tu me suis. Je le sens bien, le plateau de fruits de mer ! » Les enfants sont déjà dans l'eau, le chien à leurs trousses. « Il est en forme aujourd'hui, il est joueur. » Et la journée se passe ainsi. chacun absorbé par ses petits détails, ces petits moments qui font le sel de la plage.

  • La deconfiture t.2

    Pascal Rabaté

    Juin 1940. Videgrain, soldat du 11e régiment, est sur les routes... Les Allemands ont enfoncé tous les fronts, c'est la débâcle. Les Stukas viennent faire des incursions meurtrières sur les colonnes de réfugiés qui fuient l'avancée allemande. Videgrain, qui a été séparé de son régiment, le rejoint à temps pour être fait prisonnier par l'armée allemande avec tous ses camarades. Au fil du chemin qui les emmène vers leur camp de détention, leur nombre s'accroît de jour en jour, confirmant l'étendue de la défaite française. Videgrain, son copain Marty et quelques autres soldats, veulent profiter de la pagaille créée par cette colonne de prisonniers qui s'étire de plus en plus, pour s'évader...

  • Ibicus ; intégrale

    Pascal Rabaté

    Siméon Nevzorov croupit dans une vie d'ennui peuplée de rêves de gloire et de fortune. Sa route croise un jour celle d'une vieille tsigane. Elle lui révèle qu'il est né sous le signe du crâne qui parle, l'Ibicus, et lui prédit : « Quand le monde s'écroulera dans le feu et le sang, tu vivras des aventures extraordinaires, mais tu seras riche ! » Aussi invraisemblable qu'il y paraît, le petit cloporte sans envergure va profiter sans vergogne des affres chaotiques qui ébranlent le monde et accomplir sa prophétie.

    Géniale adaptation du roman d'Alexis Tolstoï, fable corrosive sur la condition humaine teintée d'humour noir, Ibicus est l'oeuvre qui a consacré Rabaté comme l'un des plus grands auteurs de sa génération. Cette nouvelle et belle intégrale cartonnée, bénéficiant d'une illustration de couverture inédite et d'un cahier d'illustrations couleurs de 16 pages, vous permettra de découvrir ce chef-d'oeuvre de la BD expressionniste, ou de vous y replonger avec plaisir.

  • Entrez dans la fabrique d'une bande dessinée de référence !

  • L'ex-privé C.W. Sughrue s'occupe désormais d'un bar à plein temps, ce qui ne l'empêche pas d'avoir de gros soucis d'argent. Assailli de procès, il se met au vert chez son vieil ami Solly, un avocat toxico qui lui trouve une mission bizarre : récupérer des poissons tropicaux rares auprès d'un mauvais payeur, le chef d'un gang de bikers connu sous le nom de Norman l'Anormal.
    Après une confrontation musclée à coup de mitrailleuse, tout ce petit monde se réconcilie et Norman engage Sughrue pour rechercher sa mère. C'est le début d'une course effrénée qui le mènera des montagnes du Montana aux déserts du Nouveau-Mexique.

  • « Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes, arpentant les chemins et les villes, de terre ou de bitume, par vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie ». Refusant la servitude moderne, Alexandrin a choisi de ne s'exprimer qu'en rimes et de gagner sa vie en vendant en porte-à-porte ses poèmes photocopiés. Inutile de préciser qu'il ne roule pas sur l'or, mais cette vie lui réserve des petits plaisirs, comme celui de ne payer ses achats qu'avec des pièces jaunes.

    Rencontrant Kevin, un jeune adolescent fugueur, il décide de le prendre sous son aile, et le nomme auxiliaire en Contrat Indéterminé en Mendicité. Il va lui faire découvrir que la poésie ce n'est pas que des rimes, c'est aussi une façon de voir et d'interpréter les choses.

    Amis de longue date, Alain Kokor et Pascal Rabaté ont attendu plus de 25 ans avant de se lancer dans un projet commun.
    Chacun des deux artistes est allé puiser dans la fantaisie de l'autre pour nous offrir un authentique petit bijou intemporel.

  • Il commençait à sérieusement nous manquer !!
    Après Les petits ruisseaux et La Marie en plastique, Pascal Rabaté revient à ses chroniques provinciales, observant avec malice, mais sans moquerie, les gens ordinaires. «J'aime les petites gens. Ils sont à ma hauteur, je suis issu d'un milieu campagnard, je raconte le milieu dans lequel j'ai grandi, les gens que j'ai croisés, qui vivent et pensent au premier degré, comme moi.» À l'instar de Charles Trenet, qui sur l'air de Je Chante, fit fredonner joyeusement la France entière avec l'histoire d'un artiste qui finit par se pendre, Pascal Rabaté nous raconte avec jubilation les faits et gestes d'un garçon triste à mourir, dans une province cafardeuse, sur fond de suicide, de conflit social et de délocalisation. Y'a de la joie!
    Patrick possède une boutique de farces et attrapes en province, «Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune». Ici tout est rigolade, poilade, farce... Mieux vaut faire abstraction du bon goût, les étrons en plastiques côtoient les tabliers de cuisines assortis de faux seins, sous le regard jubilatoire des masques de Johnny ou Sarkozy. La boutique est tenue par Patrick, clown devenu triste sire depuis le départ de son épouse (« Ma femme m'a quitté parce que je suis une vraie m***e qui vend des fausses en m***** en plastique »). La vie de Patrick va basculer au cours d'une soirée entre amis. Notre petit commerçant va faire connaissance d'une artiste, une acrobate travaillant pour le cirque Nuage, de passage en ville... Une étoile brillante dans la nuit sombre qui va de nouveau éclairer le chemin de sa vie.

  • « C´est pas contre vous hein, c´est juste que la politique. Beurk ». Qu´est devenue la politique pour que cette mise à distance apparaisse à ce point inévitable? Comment le terme «apolitique» s´est-il trouvé brandi et revendiqué comme la garantie positive d´une forme de pureté ? Face à ce phénomène, la gauche est tétanisée. Cette expérience, je l´ai vécue à Corbeil-Essonnes, où Serge Dassault a renversé la micro-société du communisme municipal par un système qui exploitait en premier lieu la rupture entre la gauche et les quartiers populaires. Mon combat contre la corruption a été un chemin initiatique : la démystification de l´ordre symbolique de la gauche a fait apparaître des formes nouvelles d´engagement. J´ai voulu reconstituer les histoires individuelles et collectives de ce paradoxe, les liens plus ou moins rompus, les continuités qui se cachent derrière les ruptures. Et si contre toute attente, la politique s´était peu à peu réinventée comme une culture populaire ?

  • À partir de l´élaboration de Freud sur le rire, notamment dans Les mots d´esprit et ses rapports avec l´inconscient et de la notion de « plus-value » extraite de Marx, l´auteur fait un parcours sérieux autour de la distinction entre le rire et le comique dans une série d´ouvrages fondamentaux de littérature et de psychanalyse. C´est ainsi qu´on passe de Bergson et Lipps à Freud, et de Marx à Lacan mais en gardant comme perspective littéraire des textes de Kafka. Le rapport au rire est cerné pour chacun de ces auteurs à partir de leurs lettres notamment de jeunesse, mais aussi dans ce qu´ils ont révélé à travers leurs oeuvres.

  • 1962. L'abbé Ferra débarque à Restigné, petite bourgade viticole à première vue sans histoires, pour y administrer la paroisse. Mais le village est alors le théâtre d'un événement sordide :
    L'un des principaux propriétaires de vignes meurt dans une terrible explosion. Il n'en faut pas plus pour alimenter commérages et rumeurs de la pire espèce. C'est donc entre querelles de clocher et lettres anonymes que le jeune prêtre va devoir s'acclimater à sa nouvelle vie de campagne, finalement moins tranquille qu'il ne s'y attendait.

  • Didier est très contrarié. Sandrine, son épouse, le trompe avec leur meilleur ami, Éric. Cela fait au moins un an que cela dure, depuis les vacances passées. Le boucher ne supporte plus les mensonges de sa femme, ni les moindres propos de son ancien ami. Pour assouvir sa vengeance, Didier organise les vacances des deux couples sur l'île de Noirmoutier. Le cocu magnifique prend les choses en main, empêchant par tous les moyens les deux amants de se retrouver ensemble. Il s'arrange même pour se retrouver seul à seul avec Éric, bien décidé à se débarrasser de lui, grâce à une méthode trouvée dans un classique de la bande dessinée franco-belge.

  • Ce livre cherche à faire entendre une énergétique du roman. Car la forme romanesque doit se lire comme une négociation des forces qui mobilisent l'écriture, dans une transaction incessante où l'écrivain suit le mouvement qui le porte selon un vouloir-dire qui est autant celui de l'auteur que celui du livre.
    Cette dialectique sans résolution de la force et de la forme interdit de produire une typologie du roman. Elle ouvre plutôt à un plaisir du commentaire que l'on suivra sur une vingtaine de romans écrits en France entre 1930 et aujourd'hui. Ce sont ces tensions irréductibles que je désigne sous le terme de physique du roman. Pour chaque commentaire, c'est donc la tension plus ou moins grande du fil narratif que je voudrais faire éprouver, en restant attentif à ce qui donne à ce fil son tranchant et son allant.
    Envisager ainsi la création romanesque, c'est rappeler qu'on n'écrit et qu'on ne lit que poussés par une impulsion dont les ressorts demeurent largement obscurs, et que la poursuite du récit a pour mission d'éclairer.
    Restituer au roman ses dynamiques plurielles, c'est affirmer un principe critique, plutôt qu'une véritable méthode. Le parcours que j'ai voulu dessiner témoigne aussi, contre une certaine doxa, que l'art du roman reste bien vivant et qu'il faut justement le mettre dans une perspective assez longue. C'est une série de solutions romanesques inédites et originales que j'ai voulu rassembler, depuis le trop méconnu Jim Click de Fleuret jusqu'à des tentatives très récentes, en ouvrant le spectre au roman d'aventure ou au roman policier.
    Organisé de façon chronologique, de Guilloux et Bataille à Houellebecq, Mauvignier ou Kerangal, en passant par Camus, Simon, Duras, Perec, Manchette, Modiano, Quignard et NDiaye, ce livre dessine un continuum qui réintègre le Nouveau Roman dans le mouvement d'une réinvention permanente, où je vois le gage de la vitalité de l'art romanesque.

  • L'objectif de ce livre est de comprendre pourquoi et comment une certaine histoire de la modernité littéraire s'est jouée en France dans un rapport paradoxal mais fé- cond avec l'idée d'une littérature impossible. Amorcée par Mallarmé et Rimbaud du côté de la poésie, c'est dans la prose narrative que cette recherche se poursuit selon le double patronage de Monsieur Teste de Valéry et de Paludes de Gide. Dans ce sillage, c'est une histoire du « récit » qui se dessine puisque nombre d'écrivains de premier plan se détournent bien du roman, dont ils aggravent la crise, mais sans renoncer à une forme de relation de ce qui interdit une narration classique ou heureuse. C'est cette relation à l'impossible, qui se fait même relation de l'impossible, que cet essai envisage sur l'ensemble du vingtième siècle.
    Il s'agit donc de dégager un paradigme de ce qu'on nommera « récit » (anagramme révélateur du mot « écrit »), d'en suivre les formes riches et différentes - à travers le surréalisme, selon l'inflexion que lui imposent Bataille et Blanchot, ou dans les vertiges de la voix du côté de Beckett - jusqu'à une sorte d'épuisement de cette recherche qui aura marqué le vingtième siècle, quand le poncif et le pathos de l'impossible se font clichés d'une modernité absorbée par son miroir réflexif. Nous sortons sans doute d'une certaine manière de cette époque dont il faut alors justement mesurer le chemin, les impasses comme les extraordinaires ambitions, pour comprendre le legs dont hérite notre temps.
    Après avoir posé l'hypothèse du récit, j'en retrace, dans la première partie, le par- cours dans une histoire qui en propose les scansions essentielles et les éléments de définition négative. La deuxième partie s'attache à une suite d'études de cas (Bataille, Thomas, Blanchot et Beckett) qui s'intéressent à l'espace paradoxal de l'énonciation de ces textes.

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