• C'est l'un de ces petits villages qui n'a jamais eu droit à sa carte postale. Et pourtant... L'endroit fait parler de lui jusqu'au sommet de l'État, la zone est quadrillée, ses 80 habitants surveillés. À Bure, 85 000 mètres cubes de déchets radioactifs doivent être enfouis à 500 mètres sous terre et y passer les cent mille ans à venir. Pour l'État français, l'enjeu est colossal : il en va de la survie de l'industrie nucléaire. De gré ou de force, ce projet titanesque doit aboutir.

    Face à ce rouleau compresseur, la Meuse n'était pas censée résister. Les millions d'euros déversés sur le territoire devaient faire taire la contestation. En vain. À mesure que celle-ci s'intensifiait, Bure est devenu le théâtre d'une sidérante répression. Entre clientélisme et autoritarisme, le plus grand projet industriel d'Europe avance au mépris de la démocratie.

    C'est ce que révèle l'enquête implacable des journalistes Pierre Bonneau et Gaspard d'Allens mise en scène par Cécile Guillard.

  • Après plusieurs décennies de retrait de la vie politique, certains courants catholiques remobilisés dans les rangs de la « Manif pour tous » ont trouvé une capacité nouvelle à façonner le débat public et les imaginaires collectifs. Face aux évolutions rapides de la société française et aux incertitudes qu'elles génèrent, les chrétiens n'auraient-ils d'autres cartes à jouer que celle d'un conservatisme érigeant le catholicisme comme une contre-culture confinée dans une vision sécurisante et ordonnée de la vie en commun ? Jeunes et chrétiens, les auteurs de ce livre refusent cette vision étriquée.

    Au contraire, ils proposent un christianisme imprégné du souci évangélique de compréhension du monde. Interpellés par la complexité des expériences qui travaillent leurs contemporains et attentifs à la vitalité de leurs interrogations, ils contestent une posture moralisatrice et intransigeante qui condamne sans concession la modernité. Bien loin de bénir l'ordre des choses, les Évangiles interpellent, façonnent, déplacent ceux qui les lisent : s'en réclamer ne peut consister à en geler l'élan dans un corpus de valeurs achevé.
    À l'opposé de cette conception surannée, ce livre propose aux chrétiens d'investir vigoureusement les enjeux fondamentaux qui manquent radicalement de visibilité dans l'espace politique, alors même qu'ils constituent l'origine profonde de nos maux : le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques d'une part, la dégradation continue des écosystèmes d'autre part. Affronter ces défis requiert de défendre une nouvelle hiérarchie des priorités, de sorte que les énergies collectives soient orientées vers la construction d'un projet commun ambitieux et désirable : celui qui permettra le libre développement de chacun sur une Terre habitable pour tous.

  • À Paris, suite à une agression, un artiste-peintre perd l'odorat (anosmie) et le goût (agueusie).
    Cette privation des sens va affecter son quotidien et son processus créatif. Sous vide est le journal de bord de ses 14 premiers mois à la recherche de sensations perdues. Tour à tour dramatique, de par la situation, mais souvent drôle, grâce à la verve du narrateur, le récit fait appel aux souvenirs gustatifs et charnels de l'auteur. Bréviaire du goût et de notre rapport à l'alimentation et aux odeurs plutôt que récit clinique, Sous vide se clôt alors que l'espérance renaît chez le narrateur. Un épilogue nous indique qu'il a recouvré, deux années plus tard, 80% du goût et 15% de l'odorat.
    Jean-Pierre Guillard est né en 1960 à Courbevoie. N'est pas devenu parfumeur ni marin ni musicien professionnel mais artiste-peintre, coloriste et scénographe. Il vit et travaille à Paris. Sous vide est son premier livre publié.
    Le texte est agrémenté de « Dessins anosmiques » réalisés pendant la maladie.
    Ces dessins, ainsi qu'une série de peintures sur le même thème, peuvent faire l'objet d'une exposition parallèlement à une présentation du livre.
    L'auteur est disponible pour parler de son livre lors de rencontres et de lectures. Il dispose d'un vaste réseau dans les milieux artistiques (arts plastiques, théâtre, musique...).
    De courts extraits de ce récit ont été publiés par la revue Vacarme (n°21, automne 2002) sous le titre Bernique.
    Journal d'une anosmie.

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