• L'arbre en chemin

    Philippe Jones

    • Cormier
    • 1 Octobre 2015

    L'Arbre en chemin s'inscrit dans le sillage de Parenthèses, paru voici deux ans. Dans cette suite alternant poèmes en vers et en prose, il semble que Philippe Jones condense en quelques pages aussi denses que limpides l'expérience de toute une vie en poésie. L'arbre occupe depuis toujours une place privilégiée dans l'imaginaire de l'auteur. Le revoici tel qu'en lui-même, campé dans sa matérialité d'arbre, mais simultanément envisagé dans toutes ses connotations symboliques, et enfin comme une métaphore de l'écriture poétique (« un arbre s'enracine / et se forge l'image »). À l'instar d'un arbre, le livre progresse en se ramifiant, évoquant tour à tour le rapport du poète au monde sensible, la femme, l'amour et le couple (ces deux êtres qui n'en font qu'un), les éléments essentiels d'un paysage intérieur - avant de se clore par le rappel discret d'un épisode tragique fondateur de la vie de l'auteur. La dédicace ouvrant le livre s'éclaire alors, et l'on comprend in fine que ce livre dessine aussi un autoportrait en creux.

  • Vingt et une nouvelles où, à chaque fois, se joue, le temps d'un éclair, le sens de la vie.
    Anecdote, hasard, rencontre, pour qui sait les déchiffrer, projettent un faisceau de lumière sur les mobiles souterrains qui déterminent l'existence. Après L'Embranchement des heures, en 1991, Le Double du calendrier, en 1993, L'Angle de vue, en 1997, Philippe Jones persévère, en orfèvre, dans l'art du bref.

  • Couleurs d'un éveil

    Philippe Jones

    • Cormier
    • 15 Décembre 2010

    La poésie de Philippe Jones est habitée par un imaginaire qui ne cesse de porter la parole depuis l'expérience la plus immédiate vers les rives les plus incertaines de cet inconnu qui nous habite et qui nous environne. Dans "Couleurs d'un éveil", l'alternance entre textes en prose et suites en vers maintient l'équilibre entre la saisie sensible du réel, à juste distance, et l'aspect critique affirmant un rapport au monde devenu plus problématique que jamais.

  • Il n'y a pas d'ombre sans lumière ; ce sont les éclats de cette lumière que Philippe Jones tente de saisir dans les dix-huit récits qui composent ce recueil.
    Instants irradiants dans le cours banal de vies banales, ils projettent sur le temps d'une vie une ombre qui s'élargit dans le passé ou mord sur l'avenir.

  • Au point culminant de la poésie belge contemporaine, Philippe Jones joue un rôle particulier.
    Non point celui d'un phare, de ceux que célébrait Baudelaire : il est trop discret pour revendiquer une situation privilégiée. Mais depuis plus d'un demi-siècle (le poète est né à Bruxelles en 1924) son oeuvre a pris l'extension d'un archipel de corail. Pourtant, si ses branches s'étendent de part et d'autre de la frontière, on ne les remarque pas toujours comme il le faudrait, parce que les critiques sont souvent myopes et que de ce côté-ci, on n'attache pas à la poésie l'intérêt qu'elle suscite dans de nombreux autres pays européens (en Italie ou en Angleterre par exemple).
    Ainsi, alors que cette oeuvre s'est imposée depuis la dernière guerre comme une des plus marquantes du paysage littéraire d'outre-Quiévrain, aux côtés de celles de Marcel Thiry, Albert Ayguesparse, Fernand Verhesen, André Miguel, Liliane Wouters, Jean Tordeur, Achille Chavée, Robert Goffin, sans parler de Norge et d'Henri Michaux (que l'on s'est plu à annexer) il est fort peu et mal représenté dans nos anthologies et nos histoires.
    À la faveur de ce volume qui réunit à présent son oeuvre poétique complète, nous allons enfin pouvoir prendre la mesure d'un homme qui n'a cessé d'être l'exemple de la rigueur dans sa démarche et de la fidélité à une conception de la poésie exempte de toute concession à la mode et aux sirènes médiatiques. Une poésie qui n'est pure que parce qu'elle est vraie, lieu de recherche d'une vérité de l'être nourrie de la recherche d'une vérité du monde.
    Frédéric Nietzsche écrivait : " Notre chasse à la vérité/est celle d'une chasse au bonheur. " Ces deux attitudes ont trouvé leur point de jonction dans l'oeuvre de Philippe Jones, où le bonheur consiste précisément à trouver la vérité de soi, comme celle des autres, la vérité de l'amour dans la vision de la nature. CHARLES DOBZYNSKI

  • Une vocation tardive n'est pas une grâce accordée à tout le monde.
    Il faut bien des réserves d'expérience et de talent pour, dans l'âge mûr, changer de registre. Cela suppose une grande lucidité sur soi-même, bien sûr. Mais aussi du répondant, cette puissance qui permet le second souffle. A Philippe Jones est advenue cette aventure providentielle. Il aurait pu poursuivre dans des trajectoires qu'il maîtrisait, qu'il s'agisse de la critique d'art, qu'il pratiquait et pratique toujours en essayiste, ou de la poésie dont il est l'une des grandes voix contemporaines en langue française.
    Il aurait pu tabler sur l'acquis. Il a décidé d'opter pour l'inconnu. C'est ainsi que s'est révélé un étonnant conteur. Le terme est vague, délibérément. Parce que Jones a préféré appeler " récits " ces proses narratives qu'il a commencé de publier en 1991. En réalité, ces textes ne s'inscrivent que malaisément dans une catégorie connue. Jones innove lorsqu'il écrit ce qu'il réunira à l'enseigne de L'Embranchement des heures, son recueil inaugural.
    Il ne pouvait faire autrement, en raison de ses antécédents d'observateur sagace des phénomènes plastiques et de poète qui, lorsqu'il accomplit ce pas décisif, avait déjà été un célébrant de la poésie depuis presque un demi-siècle. Ces deux vastes espaces devenus si familiers ont influé sur la nouvelle vocation de l'écrivain. Son don presque extra-lucide de décoder les messages visuels n'est pas seulement un des éléments de sa démarche, il la détermine prioritairement.
    Son rapport exigeant au langage, qui a fait de lui un poète à l'économie très rigoureuse, se retrouve dans la préférence gardée à la forme brève. La principale innovation réside dans l'histoire qui se devine derrière chacun de ces textes. Car Jones ne nous la déroule pas de façon linéaire. Il est trop aguerri à l'art de l'ellipse pour cela, et a gardé de l'enseignement des peintres la conviction qu'on ne capture jamais le réel que dans un cadre.
    De ces deux savoirs, il tire un art qu'il ne doit à personne, parce qu'il est tout entier inscrit dans ce qui a été son itinéraire éminemment singulier. Jacques De Decker.

  • Parenthèses

    Philippe Jones

    • Cormier
    • 15 Avril 2013

    Écrivain et historien d'art, Philippe Jones a derrière lui soixante-cinq ans d'écriture poétique, de nombreux recueils, une oeuvre importante réunie en deux volumes à La Différence. Osera-t-on dire qu'avec "Parenthèses" il parvient à nous étonner encore, par sa fraîcheur intacte, sa lucidité toujours aux aguets ? "Parenthèses", c'est la sonate d'automne d'un grand musicien n'ayant plus rien à (se) prouver, qui rentrerait chez lui après un concert et se mettrait à pianoter d'une main une petite mélodie, atteignant sans effort apparent à une liberté et une simplicité souveraines qui donnent l'idée la plus limpide de son art. Pas un mot, pas une note de trop : en quelques pages aussi denses qu'évidentes se révèlent un paysage mental, une manière de voir et d'être au monde, en somme un condensé d'art poétique.

  • Bruegel l'Ancien est le point de convergence du mystère médiéval et de l'humanisme de la Renaissance, un homme ouvert aux échanges entre le Nord et le Sud, en un temps de remous politiques, religieux et philosophiques. Confronté à ces courants par son apprentissage et un voyage en Italie, l'artiste élabore une vision et un style personnels, que Philippe et Françoise Roberts-Jones s'attachent à restituer dans toute leur richesse et leur diversité.
    En effet, si l'on connaît de Bruegel ses paysages d'hiver ou ses scènes rustiques, son pinceau est loin de se cantonner à ces sujets. De La Chute des anges rebelles à La Pie sur le gibet, en passant par les Saisons de l'année, le peintre déploie toutes les facettes de son génie. Mais sa production ne se limite pas à la quarantaine de tableaux qui demeurent. Elle compte également d'admirables dessins où s'expriment une imagination et une créativité débridées - que l'on songe à la série des Péchés capitaux ; le présent ouvrage a su ménager la place qui leur revient. Les gravures sont également étudiées ; elles traduisent plus encore les goûts et les tendances d'une époque, de par leur mode de diffusion.
    Malgré sa renommée, Bruegel est très peu cité dans les sources écrites, et sa vie reste en grande partie dans l'ombre. Son oeuvre n'en prend que plus d'importance, à travers lequel se dessine une personnalité profondément humaniste, un être observateur de ses contemporains, mais aussi de la nature ou des événements du temps.
    Bruegel est un ouvrage multiple : riche par la vision, le sentiment et l'intelligence, il présente une moisson d'idées, une moisson d'images.

  • De La période précédant l'ouverture de La guerre de Succession du duché de Bretagne en 1341, il ne reste que quelques rares documents de nature comptable ou financière. Aussi ce volume entend-il rassembler, pour la première fois, tous les documents de ce type connus aujourd'hui dans une édition conforme aux normes actuelles en la matière. Quelques-uns ont déjà été publiés, principalement aux XVIIIe et XIXe siècles, mais ils sont inédits pour la moitié d'entre eux. Les premiers, chronologiquement, sont les plus vieux comptes abrégés des recettes et dépenses domaniales ducales, fragmentaires et remontant aux années 1260. Leur forme laisse toutefois penser qu'ils ne sont pas les premiers de leur genre : il en existait vraisemblablement depuis les dernières années du XIIe siècle. Les Mauristes dom Lobineau et dom Morice en ont consulté d'autres de la même série et en ont édité certains, aujourd'hui perdus. Il faut ensuite attendre les années 1287-1291 pour trouver de nouveaux documents comptables, en l'espèce ceux entourant l'exécution testamentaire du duc Jean Ier (1237-1286). Les dernières années du règne de Jean II (1286-1305) sont un peu mieux représentées, avec deux comptes domaniaux de recettes (1300, 1303) et le premier compte d'hôtel conservé (1305).

    La mort accidentelle du duc en 1305 fut l'occasion d'une production de documents comptables rendant compte d'une exécution testamentaire complexe et qui dura plus de vingt ans. Ils éclairent l'état de ses ressources et des aspects de la politique qu'il mit en oeuvre. Rien de semblable n'est conservé pour les règnes d'Arthur II (1305-1312) et de Jean III (1312-1341), et il ne reste, pour celui de Charles de Blois et Jeanne de Penthièvre, que deux comptes domaniaux, l'un pour leur vicomté de Limoges (1344-1347), l'autre pour leur châtellenie de Touffou dans le pays de Retz (1348-1352), tous les deux renseignant sur l'administration pendant la guerre de Succession.

    L'édition de ces comptes est précédée d'une introduction générale sur les débuts de l'administration financière ducale et sur quelques aspects des carrières des principaux officiers ducaux autour de 1300. Des cartes et des illustrations la complètent, qui témoignent de l'action des ducs de Bretagne de la maison de Dreux, tandis qu'un index des noms propres (lieux et personnes) et un autre des matières facilitent l'accès aux documents.

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