• Deuxième moitié du xx e siècle, en province. Une famille bien française, avec père mère grand-mère fille et fils. Tout tourne autour du fils aîné - qui a sur- vécu contrairement au cadet tant aimé, mort si jeune.
    Le père est cheminot et frustré d'en être resté là.
    Qu'à cela ne tienne, le fils fera le chemin que le père a manqué.
    Difficile de réaliser les espérances paternelles quand on subit depuis toujours reproches, rebuffades, mépris. On ne parle pas de maltraitance - quelques gifles et alors ? N'était-ce pas finalement à lui, le bon à rien, de disparaître ?
    Des années plus tard, la mort du père sera une déli- vrance. Après quelques écarts, quelques menues folies, le fils rentrera dans le rang : une femme et un travail dans l'Administration. Et puis il y a l'enfant qui s'annonce.
    Par lui, il croit tenir sa revanche...

    Mal parti est le roman d'une vie minuscule. La nar- ratrice - la soeur, le dernier témoin - évoque avec jus- tesse une époque, si proche et déjà révolue.

  • Finir

    Monique Jouvancy

    Une femme raconte : son mari est atteint d'une maladie incurable. La paralysie gagne peu à peu tout son corps, il ne peut plus parler, bientôt il ne pourra plus rien. Il a décidé de mettre fin à ses jours avant d'en arriver là, et c'est de sa femme qu'il attend assistance. Elle lui a promis d'être avec lui jusqu'au bout.
    Quand il semblait impossible que tes gestes, tes regards, ce pauvre filet de voix qui subsistait s'amenuisent, ils s'amenuisaient pourtant. Ta fin n'en finissait pas.
    Il y a dix ans j'avais joué dans Fin de partie, et toute la famille s'était mise à parler au quotidien avec des répliques de Beckett.
    « Quelle heure est-il ?
    - La même que d'habitude. » « Ça va ?
    - Ça avance. » Et puis bien sûr la première réplique que nous citions souvent : « Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. » Monique Jouvancy est comédienne, interprète des mots des autres avant que naisse son premier livre. Quatre ouvrages publiés avant celui-ci. À Clermont-Ferrand, elle anime la compagnie « Lectures à la carte » qui organise des lectures-spectacles.

  • L'air de riens

    Monique Jouvancy

    On y croise des êtres étranges qui prennent mal la mesure du temps, trimbalent des morceaux d'enfance loin de leur vie ou se trouvent dans leur vieillesse, comme face à un gouffre. Désemparés.
    De ces êtres curieux qui échappent au poids des ans, et dont on ne saura jamais s'ils sont totalement demeurés ou parfaitement sincères. Ils déroutent. Dérangent.
    Quand ils se cassent la figure.

  • Elle a des rendez-vous avec des inconnus. Loin. Elle s'y rend, exaltée par l'idée du danger, de le frôler un peu, pas trop. Décharge d'adrénaline, trac différent de celui du théâtre, meilleur, qu'elle voudrait faire durer. Et puis le passage au réel. Rude chaque fois.

  • La cour

    Monique Jouvancy

    À l'heure d'Internet, il est encore des lieux clos où le temps semble s'être arrêté...
    La cour dont il est question ici en est un, recroquevillé sur ses souvenirs et ses traditions rurales en voie de disparition. Les habitants de ce hameau vivent (survivent ?) au rythme du volcan qui le surplombe - dans une lenteur de cauchemar géologique. Quelques échos de la rumeur confuse du monde extérieur suffiront à susciter un drame villageois et à bouleverser des destinées pour le meilleur et pour le pire.
    En toute discrétion, la plume subtile de l'auteur nous restitué une galerie de portraits hauts en couleur où la finesse d'observation ne cède jamais à la facilité de la caricature. Un roman parfaitement maîtrisé par son auteur, qui s'était déjà frottée aux genres difficiles de la nouvelle et du récit d'inspiration autobiographique.

  • Monique jouvancy convoque ici la mémoire de son père et celle de ses années d'enfance au sein d'une famille de cheminots.
    Son style caractérisé par un lyrisme discret, tout en sobriété, excelle à évoquer ces années d'avant l'eau courante et le téléphone automatique. tout un monde disparu resurgit sous nos yeux, raconté par une fillette qui s'applique à concrétiser les aspirations de son père à la réussite sociale. un beau chant d'amour filial, doublé d'une forte évocation de ce pays d'où nous venons.

  • La part de l'ange

    Monique Jouvancy

    J'empaquette sa mémoire dans des cartons.
    Elle déménage. Ainsi elle disait d'une tête perdue.
    Ses yeux pleins de vide suivent mes mains qui plient ses draps, son linge. Je repère les cartons; certains iront à la maison de retraite, d'autres chez moi, tous dans sa nouvelle ville, la mienne.
    Ce qui vacille en elle s'acharne encore à subsister. Elle est debout, comme en alerte, prête à vaquer mais impuissante. Son corps embarrassant m'embarrasse, je la contourne sans cesse.
    "Quel travail je te donne ma pauvre petite !" Elle ne peut rester assise dans mon agitation.
    Et je m'agite un peu plus qu'il n'est nécessaire.

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