• Une guerre oubliée quelque part en Europe... Un journaliste français qui découvre une communauté frustrée de ne pas avoir eu la chance de participer, "comme les autres ", au grand festin de la société de consommation et du frisson médiatique. Des rats qui proposent à l'humanité un pacte métaphysique pour l'aider à sortir de son plus grand dilemme : comment continuer à vivre l'abondance sans finir engloutie par ses propres déchets...
    La Mémoire des serpillères est une pièce sur l'hypnose médiatique. Elle n'en reste pas moins une comédie. Pour faire du rire une résistance.

  • Recueil de modules théâtraux, Du paillasson considéré du point de vue des hérissons pourrait avoir comme sous-titre « Scènes de la folie et de la tendresse dans le monde d'aujourd'hui et depuis toujours. » On y trouve une suite de tableaux, de situations dramatiques, de miroirs humains brisés où l'auteur a laissé aux metteurs en scène la liberté de choisir les « modules » qui leur parlent le plus. Certaines de ces micro-pièces sont une exploration de ce que l'auteur appelle « théâtre vague » : un instrument capable de sonder nos imprécisions existentielles, nos égarements par rapport à ce que devrait être l'homme, et qui en fin de compte lui apparaît plutôt comme un homme vague dans un monde vague dont l'avenir est vague...

  • Migraaaants

    Matéi Visniec

    Aujourd'hui, dans le monde globalisé, nous sommes tous des migrants... Mais avons-nous la sagesse de comprendre notre nouvelle identité ? Avons-nous l'intelligence d'imaginer un nouveau modèle de société pour que la vie devienne vivable pour tous ? Et surtout, trouverons-nous les moyens d'imposer la paix globale et un état de droit universel pour que les migrations ne poussent pas à des nouvelles violences et à un repli inhumain sur soi ?
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  • Occident express

    Matéi Visniec

    À travers la métaphore d'un train de luxe qui ne circule plus (c'est le célèbre Orient Express), l'auteur nous fait découvrir les fantasmes de ceux qui, à l'Est, ne pensent qu'aux « merveilles » de l'Ouest, de l'Occident, de la démocratie accomplie... Oh, l'Occident, cet Eldorado tant rêvé !
    Avec tendresse et humour, Matéi Visniec nous propose une galerie de personnages qui ne pensent qu'à partir, goûter à l'abondance occidentale, profiter de la société de consommation, sentir enfin (au moins une fois dans leur vie) l'extase de la liberté et de la réussite... Ainsi ce vieillard aveugle ayant connu tous les camps d'internement à l'Est et qui nous entraîne dans un inventaire post-communiste où se mêlent la nostalgie de l'Orient Express, l'affairisme et le proxénétisme d'une base militaire américaine, l'envie de pisser sur toutes les frontières qui l'ont empêché de vivre, l'importance idéologique des emballages occidentaux dans la chute du Mur et la notion révolutionnaire de « peuple fluide » imaginée par un doctorant chaque fois recalé...
    Occident Express est d'abord un voyage initiatique dans les Balkans (si loin, si méconnus et si malaimés), mais aussi la radiographie lucide du capitalisme sauvage qui a remplacé à l'Est l'utopie communiste. Cette pièce est enfin une reflexion sur le difficile rapprochement entre les deux Europes séparées par un demi-siècle d'histoire mouvementée.

  • Sept pièces hétéroclites réunies autour de l'amour et de ses correspondances, de la société, de l'engagement politique, de l'art et, pour finir, de la mort.

    Comment j'ai dressé un escargot sur tes seins ouvre la composition par les monologues de Gérard, écrivain. Il nous raconte les épisodes de son histoire d'amour avec Madame, de leur rencontre à la dégradation de leurs rapports emmêlés dans un érotisme fétichiste. C'est seul qu'il réalise enfin que son inspiration était en elle.
    A l'occasion d'un mariage impérial chinois, à travers cette fois-ci, un échange épistolaire à deux voix, Lettres d'amour à une princesse chinoise raconte deux sociétés qui se disputent l'habillage floral des festivités. Elles vont alors confronter violemment leurs positions, l'une se revendiquant de la tradition pure, l'autre proposant des innovations par la manipulation de la nature. Mais finalement elles fusionnent pour assurer ensemble la prestation.
    Viennent ensuite Le Voyageur dans la pluie et Les Yeux de la falaise, sortes de contes mélancoliques à plusieurs voix qui évoquent les confrontations d'une petite fille, d'abord avec la question de la mort à travers sa rencontre avec un vagabond, puis avec l'art et sa transmission au cours d'un rendez-vous avec un sculpteur solitaire.
    Cette forme d'émotion qui est l'acquisition temporaire d'une paire de chaussures fait revenir l'érotisme présent dans la première pièce avec le monologue d'un marchand de chaussures. Il propose à une acheteuse imaginaire de louer des modèles uniques portés par des célébrités. On ne vend pas, on échange le port provisoire d'une paire de chaussures contre un sacrifice sensuel, chaque paire ayant son prix. La cliente muette semble se plier à la règle et accepte d'entrer, nue, dans la première cabine, où le vendeur va la rejoindre.
    La mort fait son retour dans les deux dernières pièces. Une baignoire révolutionnaire s'ouvre sur un chant rebelle ; deux hommes et une femme sont dans une baignoire et mettent en scène la vanité des révolutions. Repas avec la mort termine cet ensemble théâtral en compagnie de cinq enfants et d'un choeur d'ombres qui croisent leur perception de la mort, tout en caressant l'espoir qu'elle trépasse elle-même un jour.
    Matéi Visniec revient avec un ensemble de courtes pièces aux allures de recueil de nouvelles. Il nous livre un patchwork de tableaux aux procédés divers. Monologues, scènes, choralité et mêlées épistolaires entourent les êtres de cette partition tant engagée que poétique.

  • Paparazzi : nous sommes à l'aube de la fin du monde (de la fin d'un monde ?), à l'aube de la "fin de chacun", qu'il ait été gangster, star de ciné, paparazzo, chercheur, fonctionnaire, musicien, clochard, etc.
    Les personnages, perdus dans un monde oú la pensée n'existe plus, vont glisser petit à petit, au fil des heures, d'une nuit sans fin vers le chaos d'un jour. peurs, lâchetés, mensonges : paroles vides pour certains, et ceux pour qui la vie prend sens ne sont pas ceux qu'on croit.
    La femme comme champ de bataille : face-à-face de deux femmes après le conflit bosniaque. deux vies qui se croisent : le médecin américain et la femme violée essayent de se raconter l'une à l'autre, de trouver après la tragédie guerrière la force de continuer leurs parcours.
    Portraits de femmes brisées, meurtries, qui tentent de comprendre, de reconstruire un équilibre.

  • Petit boulot pour vieux clown Trois clowns attendent d'être reçus pour une audition.
    C'est l'occasion de se remémorer leur passé mais aussi de prouver encore leur talent. Drôle et pathétique. L'Histoire des ours pandas... Il demande à Elle de lui accorder neuf nuits. Le pacte aura lieu et se constituera alors un monde à part, peuplé d'un langage imagé, de situations codées et d'un profond mystère.

  • Dupa in plein les poches : deux hommes se chamaillent au-dessus d'un puits oú un chien est tombé.
    Ils veulent savoir qui a fait ça, pourquoi et comment le sauver. paralysés par l'indécision, la nuit tombe, ils se couchent près du puits. il se met à pleuvoir du pain blanc. le dernier godot : beckett et son dernier spectateur se retrouvent tous les deux à la rue le jour oú les acteurs de la pièce refusent de jouer et ferment le théâtre. le dernier spectateur s'avère être godot lui-même, furieux contre cet auteur qui l'a privé à jamais de toute réplique.
    L'araignée dans la plaie : le christ et deux voyous croupissent sur leurs croix respectives. les deux voyous voudraient bien croire, pour ne pas mourir, mais le christ ne fait rien, pas un seul miracle. le deuxième tilleul à gauche : un homme et une femme se livrent à un manège de gestes à distance tous les jours depuis des années, chacun croyant être le maître, le marionnettiste de l'autre.

  • Pourquoi Hécube

    Matéi Visniec

    Dans cettepièce, certainement l'une des plus sombres écrites par Matei Visniec, Hécube, reine tragique dépeinte par Euripide, mère meurtrie, symbole de la douleur infinie, interpelle encore.
    Parce que le monde n'a pas vraiment beaucoup changé : les hécubes se sont, en effet, multipliées et, par une sorte de malédiction historique, exactement dans les régions où autrefois avait lieu la guerre de Troie, le sang continue à couler, les mères enfantent sans cesse des guerriers.
    Matéi Visniec n'actualise rien. Mais il pousse Hécube à apostropher les dieux. Quand elle frappe à la porte de l'Olympe pour poser cette question simple mais essentielle : « pourquoi ? », furieux, irrité par son insistance, Zeus s'indigne: « comment une mortelle a-t-elle pu avoir la force de venir jusqu'ici pour nous interpeller ? » L'un des dieux répond: « lors de la création du monde, cette règle fut inscrite dans ses fondations : lorsque le poids de la douleur d'une mère devient plus lourd que le poids du monde, elle a le droit de demander des comptes. » Pourquoi Hécube, souvent jouée, jamais publiée jusqu'à aujourd'hui, est le cinquième livre de Matei Visniec aux Éditions Non Lieu.

  • Richard III n'aura pas lieu

    Matéi Visniec

    • Lansman
    • 15 Décembre 2005

    Meyerhold a reçu l'autorisation de monter "Richard III" car Shakespeare n'est pas un auteur censuré dans ce pays où la révolution s'efforce de créer l'homme nouveau. Oui, mais... la Commission qui supervise l'art mis au service de la révolution trouve que certains signes théâtraux sont confus, voire dangereux. Les comédiens cherchent trop le regard du public, certains accessoires doivent être nettoyés du point de vue idéologique... C'est donc à la démarche artistique du metteur en scène qu'on s'attaque, et aux allusions que cette démarche pourraient susciter...

  • L'homme contemporain, devenu un mutant de la société de consommation, est de plus en plus obsédé par les commencements. Il a faim de tout commencer et recommencer sans cesse. Un certain Guy Courtois en a d'ailleurs fait son gagne-pain et se propose de choisir pour les écrivains en mal d'inspiration - ce qui est le cas de notre héros - la première phrase de leur livre, puisque le plus important est de commencer. Entre les deux hommes s'engage alors une correspondance dans laquelle Guy Courtois révèle dans quelles conditions les plus fameuses "premières phrases" de la littérature mondiale virent le jour.

  • Croyez-moi sur parole, la vie des mots est très agitée. Il y en a qui sont très bavards, d'autres sont menteurs, fuyants ou ambigus... Ou encore des faux amis. Il y en a qui adorent dire du mal des autres... Certains mots se protègent derrière une carapace énigmatique... Il y en a beaucoup qui ne cessent de se bagarrer... Par exemple, lorsque le mot bien et le mot mal s'approchent trop l'un de l'autre ça commence à sentir la poudre... Messieurs, je vous en prie, un peu de courtoisie ! Dans la République des mots il y a certaines consignes à respecter. Chaque mot doit ôter son chapeau lorsqu'il passe à côté d'un autre. Et l'inverse.

  • Les textes réunis sous ce titre sont en fait des modules théâtraux à composer. Avec ces monologues qui invitent à construire un ensemble, l'auteur a voulu imposer au metteur en scène une seule contrainte : la liberté absolue.

  • La cabaret dada

    Matéi Visniec

    Le Cabaret Dada est une pièce hommage au fondateur du Dadaïsme, Tristan Tzara. Écrit pour le centenaire du mouvement Dada, ce texte absurde et irrévérencieux refait vivre les soirées déjantées du Cabaret Voltaire à Zürich en 1916 autour de personnages plus vrai, et donc plus fous, que nature : Tzara lui-même, Marcel Janco, Hugo Ball, Jean Arp... Lénine. En contrepoint, et pour justifier l'entreprise de sapeur du vieux monde des poètes, d'autres personnages apparaissent, sinistres et grotesques : Staline, des généraux, des patriotes... Car hors du Cabaret, c'est la guerre, c'est l'horreur, la monté des totalitarisme et l'abdication de la pensée. Tant de maux que dénonçait Dada, autant de mots porteurs de violence que dénonce aujourd'hui Matéi Visniec.
    Une lecture du Cabaret Dada est déjà programmée au Festival d'Avignon en juillet 2017. La pièce sera aussi montée à Paris en automne 2017.

  • Le cabaret des mots

    Matéi Visniec

    • Non lieu
    • 1 Novembre 2014

    Le Cabaret des Mots est une suite de textes à la croisée de plusieurs genres : inventaire surréaliste, poèmes en prose, saynètes pour le théâtre. Matei Visniec nous offre un carnaval de mots qui se mettent en scène : les mots de tous les jours (même les gros mots) et les mots moins fréquents - mais attention pas de mots inventés, cela ne sert à rien, le langage est déjà si riche. Du mot oui au mot poésie en passant par le mot vis-à-vis, le lecteur explore les entrailles des mots, découvrant une vie derrière chacun d'eux. Dans ce Cabaret, les mots se livrent, se disent et, se faisant, disent beaucoup sur ce que nous sommes, nous qui ne pouvons nous passer du langage, des mots pour vivre et devenir.
    Des adaptations théâtrales de ce recueil ont déjà été faites au festival d'Avignon en 2014, d'autres seront montées au printemps 2015.

  • Monsieur K. liberé

    Matéi Visniec

    Accusé sous d'obscurs prétextes pour une obscure affaire, Kosef J. est enfermé depuis des années et des années dans un pénitencier souterrain aux mystérieuses ramifications. Il se révèle être un prisonnier patient, discipliné et consciencieux, Or, un matin, on annonce sa libération à Kosef J. Libération qu'il ne désire pas. Libéré sans explication, en attendant une réunion (reportée sine die) avec le directeur, Monsieur K. découvre avec stupeur le monde extérieur.
    Monsieur K. libéré est, en premier lieu, un hommage à Kafka. Ce livre est cependant aussi lié à un moment précis de la vie de l'auteur : sa sortie de Roumanie en 1987 et son arrivée à Paris; l'angoisse saisissante de la liberté. « En arrivant à Paris, déclare Matéi Visniec, j'ai ressenti un choc, le choc de la liberté. J'étais comme quelqu'un qui sortirait de prison et ne saurait pas quoi faire de sa liberté. Je me sentais tout à coup comme le personnage de Kafka, Monsieur K, mais vivant un traumatisme dans le sens inverse, c'est-à-dire, non pas le choc de l'arrestation, mais celui de la libération. » Plongée dans l'univers kafkaïen, mais à rebours, ce roman philosophique à l'humour grinçant, nous questionne sur la nature humaine et son indéfectible attrait pour la servitude volontaire malgré les souffrances qu'elle engendre.
    Publié en 2010 en Roumanie (éditions Cartea Romaneasca), Monsieur K. libéré fut nominé pour le Prix national de prose du Journal de IaÞi. Après Syndrome de panique dans la Ville lumière (2012), les éditions Non Lieu poursuivent « l'aventure Visniec » et publient son roman le plus abouti : Monsieur K. libéré.

  • Le Syndrome de panique dans la Ville lumière est un voyage imaginaire, une déambulation surréelle dans Paris. Accompagné des fantômes de ses écrivains préférés, Cioran, Ionesco, Hemingway, Borges, Camus et quelques autres, l'auteur/narrateur nous entraîne sur les pas de personnages en proie à un même rêve : écrire. À leur tête, monsieur Cambreleng voudrait faire passer à cette troupe d'écrivains ratés « quelques frontières humaines ». Des frontières fragiles, entre réalité et fiction, éveil et songe. Des frontières mentales, des frontières physiques aussi. On apprendra que le narrateur a quitté la Roumanie pour fuir la dictature, alors que tout un peuple reprenait courage en chantonnant son poème Le Navire - et qu'à Prague, en 1968, Jaroslava s'est enfuie de son pays au bruit des bottes ferrées venues écraser la contre-révolution des Tchèques - et comment Hung Fao, avec l'aide d'un vieux pêcheur, a réussi à sortir de Chine. Au café Saint-Médard, où monsieur Cambreleng réunit ses dissidents, on croise aussi l'ardente et secrète Faviola, le poète Pantelis Vassilikioti aux multiples langues maternelles, et monsieur Georges le serveur et son chien Madox accro aux infos. Tout un petit monde typé pour dénoncer les manipulations, livrer une éblouissante réflexion sur l'écriture, espace de liberté toujours à conquérir, et une critique distanciée des milieux littéraires parisiens.
    Drôle, onirique, le roman de Matéi Visniec mélange fiction et autobiographie. cette confusion a donné à l'auteur « une grande liberté de mouvement entre le réel et l'introspection ».
    Le Syndrome de panique dans la Ville lumière est le premier roman de Matéi Visniec traduit en français.

  • On peut enfermer les artistes et les poètes en prison ; mais quoi qu'on fasse, on ne peut bâillonner leur capacité à transcender les interdits pour récupérer, à leur manière, l'énorme incongruité de la situation. Dans une Roumanie communiste où l'absurde quotidien rivalisait avec le théâtre de l'absurde, les geôles du stalinisme à la roumaine n'ont pas échappé à la règle.

    Matéi Visniec veut rendre ici un hommage à un de ses pères qui lui a donné, sans le savoir, le signal fort d'une liberté absolue d'écrire et un antidote contre la peur. Car plus que tout système philosophique ou livre de sagesse, c'est Eugène Ionesco qui l'a aidé à comprendre l'homme et ses contradictions, l'âme humaine, la vie et le monde.

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