• Nuit sur la neige

    Laurence Cossé

    Septembre 1935. Robin sort de l'adolescence. Il est né après la mort de son père, comme de nombreux enfants de sa génération, venus au monde pendant la Grande Guerre. La vie politique est alors particulièrement violente en France, tant sur le plan intérieur que dans l'ordre international. Mais, à dix-huit ans, qui n'accorde pas plus d'importance à ses tourments intimes qu'à l'actualité collective ? En la personne d'un de ses camarades de classe préparatoire, Robin découvre que l'amitié est un des noms de l'amour, autrement dit de l'inquiétude. Conrad est la séduction même et l'énigme incarnée. En avril 1936, alors que la tension politique est à son comble, tous les deux vont skier dans un vieux et pauvre village de Haute Tarentaise du nom de Val-d'Isère, dont quelques visionnaires imaginent qu'il pourrait devenir une grande station de ski alpin. Les six jours qu'ils y passent marqueront Robin à vie. Son existence entière va être éblouie par une jeune fille.

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  • La grande arche

    Laurence Cossé

    Il existe à travers le monde une légende presque universelle, selon laquelle on ne peut pas construire un monument si un être humain n'est pas sacrifié. Sinon, le bâtiment s'écroule, et s'écroule toutes les fois qu'on essaye de le remonter. Pour conjurer cette malédiction, il faut emmurer quelqu'un de vivant dans les fondations. On recense plus de sept cents versions de cette histoire. Celle de la Grande Arche de la Défense est la plus récente.
    Ce récit brosse l'épopée de la construction d'un des monuments les plus connus de Paris, dont on ignore qu'il fut l'enjeu de luttes politiques au couteau sous le règne de François Mitterrand. C'est surtout le portrait et l'histoire de son créateur, Johan Otto von Spreckelsen, un architecte danois très secret, professeur aux Beaux-Arts de Copenhague.
    Lauréat d'un prestigieux concours international en 1983, fêté pour son projet à son arrivée à Paris, cet homme du Nord découvre avec stupéfaction la désinvolture et les revirements à la française. L'affaire finit tragiquement pour lui, alors que se construit ce portique de marbre qui paraît la sérénité même.
    Dans ce roman puissant, Laurence Cossé conjugue l'art de la narration romanesque et la précision d'une longue enquête pour évoquer un destin d'architecte parmi les plus beaux et les plus paradoxaux, les plus absolus et les plus violents du XXe siècle.

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  • Au bon roman

    Laurence Cossé

    Un fou de Stendhal est abandonné en forêt. Une très jolie blonde quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire rencontre au bord d'une falaise deux inconnus inquiétants. Nous ne sommes pourtant pas dans un roman policier. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent qu'à des tendres : un ancien routard devenu libraire, une mécène mélancolique, des romanciers... Qui, parmi les passionnés de lecture, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Une librairie vouée au roman où ne seraient proposés que des chefs-d'oeuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ? Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès.

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  • «Une légende veut que les cathédrales soient à toute épreuve, disait l'expert. Rien de plus faux. Les bâtisseurs du Moyen Âge étaient des bricoleurs. Aujourd'hui, les cathédrales passent leur temps à s'effondrer, à s'enfoncer, à s'effeuiller. Elles coûtent des fortunes en restauration.
    Et le comble, c'est qu'elles sont moches, mis à part les trente plus célèbres.
    Mais ça ne fait rien, on retape, on remonte, on colle. On ne compte pas, pour les cathédrales.
    Seulement, prévenait l'expert, on ne pourra pas le faire indéfiniment. Le coût des restaurations ne fait qu'augmenter. On sera bientôt à la limite des capacités des pouvoirs publics. Il va falloir trouver autre chose, je ne sais pas, vendre un certain nombre de nos cathédrales à qui en voudra, aux Japonais, au sultan de Brunei. Privatiser, quoi. Créer des fondations. Sinon, il n'y aura qu'à laisser tomber. Laisser crouler les cathédrales sans intérêt. Les cent pompes à milliards que personne ne va jamais voir».
    À Jean-Léger Tuffeau, l'homme que les cathédrales empêchent de dormir depuis des mois, car il est le responsable du Patrimoine au ministère de la Culture, l'idée fait l'effet d'un éblouissement. Évidemment. Il n'y a qu'à supprimer les cathédrales en surnombre. Ce n'est pas que l'opération soit simple, en pratique. Mais personne n'en pâtira. La collectivité y gagnera. Et lui, Tuffeau, qui est si fatigué, retrouvera le sommeil.
    Comme on se trompe...

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  • Découvrant que Fadila ne sait li lire ni écrire, Édith entrevoit à quel point la vie est compliquée pour un analphabète et combien c'est humiliant. Elle lui propose de lui apprendre à lire le français.
    Fadila n'est pas jeune. Édith n'est pas entraînée. L'apprentissage s'avère difficile. Ce qui semblait acquis un jour est oublié la semaine suivante.
    Si Fadila a tant de mal à progresser, c'est que sa vie entière est difficile. Ce n'est pas une marginale. Elle a une famille, un toit, du travail. Mais la violence a marqué son rapport aux autres, depuis l'adolescence. Elle a de la rancoeur contre son Maroc natal et, en France, elle ne se fait pas à la solitude. Elle vit dans une perpétuelle inquiétude.
    Édith, de son côté, se sent de plus en plus démunie dans cette aventure dont elle a pris la responsabilité et qui va l'entraîner beaucoup plus loin qu'elle n'aurait cru.
    Une amitié singulière, rugueuse et douce, amère, cocasse.

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  • Le coin du voile

    Laurence Cossé

    " dix heures vingt-cinq.
    Enfin. il ne restait plus que la lettre brune. beaulieu l'ouvrit, exaspéré d'avance. mon dieu, le nombre de cinglés que vous mettez au monde. l'écriture était effrayante, une espèce de broderie ne laissant pas la moindre marge à droite ni à gauche, pas plus qu'en haut ni en bas. il n'y avait que six feuillets, ce soir, moins que les autres fois. beaulieu prit un carré de chocolat dans le tiroir de son bureau et commença à lire.
    Six pages plus loin, il tremblait. cette fois la preuve n'était ni arithmétique, ni physique, ni esthétique, ni astronomique, elle était irréfutable. la preuve de l'existence de dieu était faite. ".

  • Une femme aimait un homme qui aimait le pouvoir.

    Et qui l'aimait passionnément. ce n'est pas sans raison qu'il est passé à la postérité sous le nom du grand choiseul. ministre de louis xv, homme d'une lucidité et d'un sens de l'état rares en une époque oú l'exercice du pouvoir n'était ni plus ni moins pervers, il dirigea douze ans la france. il n'aimait pas que le pouvoir, il en aimait aussi les attributs classiques, les châteaux, les objets précieux, le luxe, la prodigalité, les femmes.
    à la folie, les femmes - toutes les femmes, y compris la sienne.
    Mais louise-honorine de choiseul, elle, aimait monsieur de choiseul. elle l'aimait de toute son âme, au point qu'elle apparut à sa génération, si libertine et si sceptique, comme une figure singulière.
    C'est à elle que laurence cossé donne ici la parole, pour évoquer le pouvoir, vu de près : les instants d'euphorie et les abîmes de déréliction par oú passe l'homme de pouvoir - et l'incessant questionnement de la femme qui l'aime, aujourd'hui comme autrefois.

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  • Il y a aujourd'hui, en France, ou ailleurs, quelqu'un qui se trouvait au volant d'une Fiat Uno blanche sous le tunnel de l'Alma, peu après minuit, le 31 août 1997, quand la Mercedes de la princesse Diana l'a dépassé en trombe, a raclé sa voiture et s'est écrasée sur un pilier, sous ses yeux.
    Ce quelqu'un ne s'est pas arrêté en voyant l'accident, mais a dépassé à son tour la Mercedes emboutie, a accéléré et filé.
    Les semaines suivantes, alors que toutes les polices recherchaient la petite Fiat dont on avait retrouvé des débris de feu arrière sous le tunnel, et un peu de peinture blanche sur la carrosserie de la Mercedes, ce témoin numéro un ne s'est pas signalé. Et il a dissimulé sa voiture de façon qu'on ne la retrouve pas.
    Il est peu probable que cet inconnu ait pu agir ainsi à l'insu de tous dans son entourage.
    Il y a donc sans doute quelques personnes aujourd'hui, en France, ou depuis longtemps loin de France, qui savent exactement ce qui s'est passé sous le tunnel de l'Alma, et qui s'étonnent chaque matin qu'on ne les ait pas encore retrouvées, ni elles ni la Fiat.
    À moins qu'elles ne soient mortes, ces personnes, l'affaire ayant brutalement infléchi le cours de leur vie.

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  • Les deux textes ici présentés ont été écrits pour le théâtre, et tous deux adaptés en dramatiques radiophoniques par France Culture.
    Monseigneur de Très-Haut, "fantaisie historique plus que librement inspirée du "Grand Siège" de Dole (1636)" met en scène un prélat entré volontairement dans la ville assiégée afin d'y affronter sa propre mort d'une manière toute stoïcienne. On verra qu'il avait aussi un autre rendez-vous... Quant à La Terre des Folles, consacré aux "mères de la place de Mai", en Argentine, ce fut l'un des deux premiers titres publiés par HB éditions en 1995 (aujourd'hui épuisé).

  • Un canapé sur un trottoir, un soir d'automne. Une vitrine éclairée dans la nuit. Un déploiement soudain de gratuité, de bulles, de propos légers et sincères. Il n'en faut pas plus pour transformer une fin de journée banale en échappée poétique. Nous manquons tous de fantaisie, je veux dire que la fantaisie nous manque et que nous sommes peu enclins à la faire naître. Les Français, nous autres, Français, si peu sérieux sur le fond, si désinvoltes en profondeur, qui superposons des politiques contradictoires, changeons les lois comme on rebat un jeu de cartes et nous intéressons bien plus à l'idéologie qu'à la réalité, malgré cette légèreté nous ne sommes pas doués pour la fantaisie. Or la fantaisie, cette face rieuse de la poésie, est comme le soleil, tout le monde l'aime et en a besoin.

  • Quand on feuillette les catalogues des grandes maisons d'édition, où figurent les noms de tous les auteurs qu'elles ont publiés, on a un peu froid dans le dos. Quatre-vingt-quinze pour cent de ces noms sont oubliés. Une autre chose est frappante. Beaucoup de ces auteurs ont disparu après avoir publié un livre ou deux, pas plus. Comment ont-ils vécu ensuite ? Qu'ont-ils fait, que sont-ils devenus alors que plus personne ne se souvenait qu'ils avaient écrit ? Écrire n'a jamais transformé la vie, ni arraché qui que ce soit à l'humaine et infirme condition. Le constat serait amer s'il n'y avait l'humour de Laurence Cossé et son attrait pour la face cachée des êtres et des destins, si touchante, souvent, si incongrue qu'on se dit : cela ne s'invente pas.

  • Perrine était pourtant arrivée au Grand Bonheur bien décidée à jouer les vendeuses modèles, pour une fois qu'elle avait du travail, Mériel à se laisser doucement griser par l'opulence ambiante, Sibylle à se reposer un moment sur ce vieux Max, Jean-Brice Anderlin à tirer tout le profit de sa notoriété d'écrivain en vogue, son fils Guillaume à ne pas desserrer les dents de la soirée...

    Quoi de plus banal et, somme toute, amusant qu'une nocturne à quinze jours de Noël dans un grand magasin parisien ? Mais quoi de plus écrasant aussi, mine de rien, de plus propre à faire sentir à chacun ce qui lui manque, et qui ne s'achète pas ?

    Avant la fin de la soirée, Perrine aura rompu une fois de plus ses amarres, Mériel cherché comme un fou à joindre sa femme au téléphone ; Sibylle aura bu trois whiskies coup sur coup, Guillaume fait plus de bruit que n'aurait voulu son père...

    « Une ambiance select et décontractée, spécialement étudiée pour faire de votre shopping de Noël une véritable fête ! Une merveilleuse, une inoubliable soirée !... »

  • Ce livre est publié en collaboration avec le musée de la Chasse et de la Nature à l'occasion de l'exposition de Rémy Artiges Salon de l'agriculture.

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