• Ce livre d'attaque à un tabou : le sport et la couleur de la peau.
    Pourquoi certaines disciplines sont-elles à ce point dominées par les Africains, les Afro-américains et les Antillais ? Sur les 80 sprinters qui sont parvenus à courir le 100 m en moins de 10 secondes depuis 1968, 78 sont Noirs. Cette mainmise s'explique-t-elle par des facteurs sociologiques, historiques ou scientifiques ? Faut-il y voir revenir les fantômes inquiétants des jeux "nazis" de Berlin en 1936 dans les stades sud-africains ?
    La cinquantaine de sportifs, scientifiques et grands témoins interrogés pour ce livre permettent de faire la part entre fantasmes et réalité. Des généticiens reconnus avancent l'hypothèse d'une prédisposition naturelle. Un prétendu "gène du sprint", l'ACTN 3, a même été identifié dès 2003 par des scientifiques australiens. Où est la vérité ? Quelles sont les coulisses de la légende noire des Jeux ? De l'Américain Jesse Owens, le sprinter qui osa défier Hitler en 1936, au champion olympique, le Jamaïcain Usain Bolt, ce "black power" est seulement perturbé par un jeune homme blond d'Aix-les-Bains, un certain Christophe Lemaître...
    Entre l'essai et l'enquête, un livre qui fera date.

  • Le 29 mai 1985, la finale de coupe d´Europe des clubs champions opposant la Juventus de Turin au Liverpool FC doit se jouer au stade du Heysel, à Bruxelles. Ce qui devait être une grande fête du football devient l'un des pires drames de l'histoire du sport. Une heure avant le coup d'envoi, en direct devant quatre cents milllions de téléspectateurs sous le choc, des hooligans anglais chargent des supporters de la Juventus, provoquant une immense panique. Trente-deux Italiens, quatre Belges, deux Français et un Irlandais meurent étouffés et piétinés sur les gradins du sinistre bloc Z.
    Comment la "finale du siècle" a-t-elle pu déboucher sur un tel bilan de guerre, au coeur même de la capitale de l'Europe ? Fallait-il jouer ce match ? N'a-t-il pas été arrangé afin que la Juventus soit certaine de l'emporter ? Autant de questions qu'une commission d'enquête et deux procès  très médiatisés ne sont pas complètement parvenus à élucider. Au "Plus jamais ça !" obligé des lendemains de catastrophe s'est même peu à peu substituée une indidieuse volonté d'oublier, en Angleterre mais aussi en Italie. Les victimes n'ont pourtant jamais pardonné les scènes de joie de Michel Platini et de ses coéquipiers après que le Français a marqué le seul but du match, sur un penalty imaginaire.
    Vingt ans après, Jean-Philippe Leclarie a retrouvé de nombreux acteurs ou témoins de cette tragédie, parmi lesquels des joueurs des deux équipes, les responsables des forces de l'ordre, mais aussi des survivants et des anciens hooligans. Il reconstitue pour nous, minute par minute, le déroulement de ce drame, en analyse les causes, avant de décrire les conséquences qu'il a eues sur la vie de chacun mais aussi sur le sport européen.
    À l'heure où violence et racisme sont en recrudescence dans les stades, cette enquête minutieuse et impartiale nous rappelle où ces dérives peuvent mener. Elle sonne comme une mise en garde : oui, un autre Heysel pourrait malheureusement se produire demain si se combinent à nouveau, comme à Bruxelles, la bêtise et le laisser-aller.

  • Qui a tué Pierre Marziali ?
    Le 11 mai 2011, Pierre Marziali est exécuté par un milicien anti-Kadhafi à Benghazi, en Libye. Pour les nouvelles autorités libyennes comme pour le ministère français des Affaires étrangères, ce patron d'une société militaire privée de Carcassonne, la SECOPEX, a été victime d'une bavure lors d'un contrôle d'identité. Robert Dulas, associé et meilleur ami de la victime, réfute cette version, et affirme que Pierre Marziali est tombé dans un véritable traquenard et qu'il a été froidement exécuté.
    Mais pourquoi et par qui ?
    Dans Mort pour la Françafrique, Robert Dulas multiplie les révélations sur cette entité politico-géographico-économique que l'on croyait pourtant disparue : la Françafrique. Non plus celle de De Gaulle, Mitterrand ou Chirac, quand des dictateurs-amis remplissaient les caisses noires des partis politiques français, mais celle de Sarkozy et Hollande, avec ses révolutions arabes qui dégénèrent, son islamisme radical en pleine expansion, et ses interventions militaires françaises dont le but est aussi (surtout ?) de garder le contrôle d'un sous-sol qui regorge de pétrole, de gaz et d'uranium.
    Personnage sulfureux, ancien conseiller de dirigeants ivoirien, nigérien ou centrafricain, « Bob » Dulas avoue pour la première fois que la SECOPEX servait de paravent à un vaste réseau d'espionnage des groupes islamistes radicaux au profit d'un pays étranger. Du Mali à la Libye en passant par le Niger, Pierre Marziali et Robert Dulas ont arpenté ce territoire au coeur désormais de tous les enjeux, escortés par les Touaregs au nord Mali, reçus en VIP à Tripoli ; ils suivaient les évolutions des trafiquants d'armes ou des preneurs d'otages. Snobés par les services spéciaux français, mais aussi par l'Élysée où ils se sont rendus moins d'un mois avant le drame, les deux Français rendaient compte à un service secret étranger qui leur confiait des missions de plus en plus risquées. Jusqu'à provoquer l'exécution de Marziali?

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