• 1940. Un of?cier inconnu des Français refuse l'armistice et la soumission de la France à l'ordre nouveau. Il deviendra le chef de toute la Résistance et ?nira par incarner la République. À la tête du gouvernement de 1944 à 1946, puis en 1958, il jette à deux reprises les bases du redressement de la France. Président de la République de 1959 à 1969, de Gaulle oriente son action dans trois directions : la stabilité politique, la croissance économique et l'indépendance nationale. La nouvelle République se trouve ainsi consolidée. Comment un militaire conservateur, de tradition monarchiste, peut-il à ce point incarner la République, alors que tous les « républicains orthodoxes » le rejettent au nom de la défense des libertés et de la démocratie parlementaire ? Qu'est-ce que le gaullisme ? La réponse ne semble pas aisée, compte tenu de l'absence de modèle similaire. Au fond, de Gaulle n'a-t-il pas réussi la synthèse entre les traditions monarchiste, bonapartiste et républicaine pour devenir le « législateur républicain » que la France attendait ?

  • Entre 1848 et 2017, la France a connu vingt-quatre présidents de la République et vingt-neuf élections présidentielles.
    L'élection de 1848 se déroule au suffrage universel masculin, mais l'heureux élu, Louis-Napoléon Bonaparte, tire parti de cette légitimité pour justifier le coup d'État du 2 décembre 1851. Dès lors, le modèle républicain classique consiste à faire élire le chef de l'État par les parlementaires, alors que la pratique sous la Troisième République puis les textes sous la Quatrième lui confèrent un rôle modeste dans la vie politique.

    En 1958, la Cinquième République donne au président des pouvoirs importants jusqu'à en faire la clé de voûte des institutions.
    Oubliant alors les préventions des républicains traditionnels, de Gaulle décide en 1962 de faire élire le chef de l'État au suffrage universel direct. Le peuple choisit directement le principal dirigeant du pays.

    L'ouvrage de Jean-Louis Rizzo nous invite à réfléchir sur l'évolution des comportements et de la culture politique en France. Il nous permet aussi de redécouvrir les candidats, les enjeux, les règles et les moments forts d'un scrutin présidentiel devenu un rite républicain.

  • Chef du gouvernement français, puis président de la République, Alexandre Millerand traverse toute l'histoire de la IIIe République. Promoteur du socialisme réformiste, il évolue vers les modérés, et devient un des chefs du centre droit. Dans les dernières années de sa vie, il est lucide face au danger hitlérien, mais devient de moins en moins écouté. La découverte de sa vie et de sa carrière montre l'importance de son rôle à l'époque d'une République qu'il a présidée, mais qu'il n'a jamais aimée.

  • Alors que la IVe République s'enlise dans les coalitions ministérielles instables, dans les conflits coloniaux et dans les difficultés économiques et sociales, Pierre Mendès France (1907-1982) est investi comme président du conseil le 18 juin 1954.
    L'affirmation d'un pouvoir exécutif plus efficace, un interventionnisme économique affirmé, une conception libérale de la politique outre-mer, menacent bien des intérêts et conduisent les milieux politiques à renverser le gouvernement malgré le soutien affirmé de l'opinion. Par-delà ses échecs ultérieurs, Mendès France a été longtemps un maître à penser d'une génération qui désespérait de la politique.
    Si le rôle politique actif de Mendès France s'achève en 1969, l'image de conscience de la gauche, de rigueur morale et de statue du Commandeur a survécu bien au-delà de sa disparition.

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