Littérature générale

  • Conférence terminale de Jean Delumeau au collège de France Jean Delumeau a entamé depuis vingt ans un travail de recherche pour comprendre les peurs des occidentaux dans le passé, puis les remèdes qu'ils apportèrent et enfin leurs rêves de bonheur. Ce parcours long et solitaire, destiné à "mieux découvrir, dans la lucidité, l'espoir qu'il nous reste et le sens de notre destin" coïncide avec son enseignement au Collège de France dont la leçon terminale constitue le bilan. "Les rêves des hommes constituent une partie de leur histoire et ils expliquent beaucoup de leurs actes"

  • Il y a des chrétiens heureux pour lesquels l'histoire a un sens et l'homme un avenir : Jean Delumeau en témoigne. Il croit à la beauté de Dieu et du monde, non sans s'interroger sur la permanence du mal ; il croit en l'harmonie de la science et de la religion. Comme Montaigne et Pascal, il met en relief la nécessité d'une Révélation et explique pour les hommes d'aujourd'hui la richesse et l'actualité du credo chrétien. Hors de toute polémique, il affronte aussi les préoccupations concrètes qui sont celles de tout croyant. Sur l'oecuménisme, la théologie de la libération, la contraception, l'avortement ou la fécondation artificielle, il prend position avec la plus grande netteté, mais aussi avec les nuances qu'impose le respect des opinions en présence.

  • Faire avouer le pécheur pour qu'il reçoive du prêtre le pardon divin et s'en aille rassuré: telle a été l'ambition de l'eglise catholique, surtout à partir du xiiie siècle, lorsqu'elle a rendu la confession privée obligatoire chaque année et qu'elle contraint à l'aveu détaillé de tous les péchés mortels.

    En prenant ces décisions l'eglise romaine ne mesurait sans doute pas quelle avalanche de problèmes elle allait déclencher. a l'age classique, la pratique pénitentielle suscita des débats qui passionnèrent pascal, boileau et bossuet. confidence volontaire des péchés ou aveu autoritairement décrétéoe morale de la compréhension ou rigidité élitisteoe les débats furent vifs. ils subsistent toujours.

    Quel fut le comportement réel des confesseursoe comment les chrétiens vécurent-ils cette obligation de la confessionoe les conseils d'écoute bienveillante donnés aux confesseurs renvoient indiscutablement à la difficulté psychologique de l'aveu, en particulier celui des péchés sexuels.
    La confession a voulu rassurer, mais c'était après avoir inquiété le pécheur. elle a affiné la conscience, fait progresser le sens des responsabilités, mais elle a aussi suscité les maladies du scrupule et fait peser un joug très lourd sur des millions de fidèles. la confession des péchés, qui n'a d'équivalent dans aucune autre religion, bouleversa le vécu religieux. aujourd'hui encore nous restons marqués par cette formidable contribution à la connaissance de soi.

    Jean delumeau, membre de l'institut, professeur au collège de france, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont la peur en occident (fayard, 1978), le péché et la peur (fayard, 1983), rassurer et protéger (fayard, 1989).

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