• L'euro a connu une crise d'adolescence précoce et particulièrement violente en 2010-2012. Une période agitée qui est derrière lui  : le 1er  janvier 2019, il fête ses vingt-ans. C'est normalement l'âge adulte, celui de la maturité. Pourtant, la monnaie unique européenne est encore loin d'avoir achever sa croissance. La construction monétaire est inachevée, les dix-neuf États qui l'ont en commun ayant le plus grand mal à accepter de nouveaux partages de souveraineté. Or, sans solidarité financière entre les États, l'euro ne survivra pas à la prochaine crise. Il reste un enfant souffreteux dont l'avenir est loin d'être assuré.
    Ce n'est pas une surprise  : les «  pères fondateurs  » de l'euro avaient parfaitement conscience que leur travail était imparfait. Ils comptaient sur leurs successeurs pour l'achever. Or, tels les rois fainéants, ils n'ont rien fait, se contentant de capitaliser sur les premiers pas réussis de l'euro.
    Pour comprendre ce qui s'est passé, ce livre propose une plongée dans la grande histoire et les petites anecdotes de la longue marche vers la monnaie unique, nourrie des témoignages de ses principaux acteurs. Le livre raconte les faux pas, les réconciliations, les réunions secrètes, les engueulades homériques et les décisions prises aux petites heures du matin.

  • Peut-on encore être européen ? Trop de scandales, comme l'embauche de José Manuel Durão Barroso, l'ancien président de la Commission, par la banque d'affaires Goldman Sachs. Trop de compromissions, comme l'élection de Jean-Claude Juncker à la tête de l'exécutif européen, lui qui a transformé son pays, le Luxembourg, en paradis fiscal. Trop d'échecs, de l'économie au contrôle des frontières extérieures en passant par le social ou la défense. Trop de libéralisme débridé. Et trop peu de démocratie.

    Il est facile de dresser un acte d'accusation implacable contre l'Union en dissimulant la responsabilité des gouvernements nationaux dans ces dérives. Les salauds de l'Europe, ce sont à la fois les États, les maîtres de l'Union, qui ont trahi le rêve des pères fondateurs, et les démagogues qui essayent de faire croire qu'un retour vers le passé résoudrait tous les problèmes. Il est temps de redire ce que l'Union nous a apporté à l'heure où elle n'a jamais paru aussi fragile, menacée de l'extérieur par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump, et de l'intérieur par le Brexit et la montée des partis extrémistes.

    Dans ce livre percutant, l'un des meilleurs spécialistes de l'Europe reprend un à un les arguments de ses opposants en démêlant le vrai du faux et rappelle que la construction communautaire, aussi perfectible soit-elle, reste la dernière utopie pacifiste d'une planète au bord de l'abîme.


     

  • "L'affaire DSK" est le chant du cygne d'une certaine presse de connivence.
    L'arrestation du directeur général du FMI, le 15 mai 2011, accusé de tentative de viol, a rompu la loi du silence et fait voler en éclats l'un des plus solides tabous de la sphère médiatique hexagonale : la vie privée des politiques. Parfois complices, voire amis de nos dirigeants, les journalistes français savent se montrer généralement avares de révélations, et cette "amitié" prime trop souvent sur le devoir d'informer.
    Tous les politiques bénéficient de cette loi du silence, de François Mitterrand à Nicolas Sarkozy en passant par Jacques Chirac et François Hollande. Jean Quatremer est l'un des très rares journalistes à avoir osé briser l'omerta en évoquant sur son blog, dès 2007, le problématique "rapport aux femmes" de Dominique Strauss-Kahn - ce qui lui a valu de vives critiques de la profession. Si nos médias classiques veulent survivre, le dit doit être la règle et le non-dit l'exception.

  • La démocratie de la peur Nouv.

  • Les combats de José Bové contre les OGM et la malbouffe, son engagement en faveur de l'altermondialisme l'ont fait connaître dans le monde entier.
    Mais qui y-a-t-il derrière l'image d'Epinal qui lui colle à la peau ? Celle d'un Astérix, moustache comprise, résistant encore et toujours face au « grand méchant capital » ? L'homme ne se réduit évidemment pas à cela.
    Comment a-t-il pu devenir député européen en 2009 sur la liste Europe Ecologie conduite avec succès par Daniel Cohn-Bendit, un parti pro-européen, lui qui a milité pour le non à la constitution lors du référendum de 2005 ? Comment concilie-t-il son « non » de 2005 avec le « oui » de Cohn-Bendit ? Comment a-t-il pu devenir un rouage important d'une Union qu'il a combattu pendant 20 ans, lui qui est désormais vice-président de la commission agriculture du Parlement européen ? De quelle Europe rêve celui qui continue à cultiver son lopin de terre dans le Larzac ? C'est tout l'objet de ce livre d'entretiens avec Jean Quatremer, correspondant de Libération auprès de l'Union européenne depuis 1992, auteur de plusieurs ouvrages sur l'Europe, réalisateur de reportages télévisés et auteur du blog « les coulisses de Bruxelles ».
    Un intervieweur sans concession, ce journaliste ne cachant pas son engagement en faveur d'une Europe fédérale et son soutien au « oui » en 2005. Cet ouvrage est donc davantage un dialogue qu'une interview panégyrique.

  • L'Europe paraît lointaine, compliquée et technocratique.
    Pourtant, elle est de plus en plus présente, comme le montrent les débats de ces derniers mois. Elargissement à l'Est, adhésion de la Turquie et, peut-être, de l'Ukraine, Constitution européenne, influence de la France dans l'Union, laïcité, déclarations de Rocco Buttiglione, commissaire désigné par l'Italie, décrivant l'homosexualité comme un péché: l'époque où l'Europe était seulement synonyme de montants compensatoires monétaires et des crises budgétaires est révolue. Et, avec le référendum sur la Constitution, véritable acte fondateur qui aura lieu en juin prochain, l'actualité européenne va occuper le haut de l'affiche durant plusieurs mois.
    C'est donc le moment ou jamais de montrer qu'en réalité la vie quotidienne à Bruxelles est souvent pleine de bruit et de fureur, même si la télévision n'en parle pas. L'Europe est faite par des femmes et des hommes qui poursuivent des buts politiques et luttent pour le pouvoir avec les mêmes armes que leurs homologues nationaux, des grands desseins aux coups fourrés.
    C'est une passionnante histoire dont l'ampleur n'est pas assez soulignée par les médias et les politiques. Après tout, c'est la première fois depuis que le monde est monde, que des Etats décident pacifiquement de partager leurs compétences et de travailler ensemble, en dépit de leurs différences culturelles et linguistiques.
    Le livre écrit par Yves Clarisse et Jean Quatremer raconte cette vie quotidienne. Que se passe-t-il derrière les portes closes ? Qui sont ces gens qui font l'Europe jour après jour ? Qui possède le pouvoir à Bruxelles ? Quelles sont les luttes qui déchirent les institutions de l'Unionoe Cette machinerie européenne est-elle aussi complexe qu'il y paraît ? Fonctionne-t-elle efficacement ? Quel est son avenir oe
    A travers toute une série d'anecdotes et de portraits, les deux auteurs, qui suivent la construction européenne depuis plus de quinze ans, l'un pour l'agence de presse mondiale Reuters, l'autre pour le quotidien français Libération, proposent une ballade inattendue et saisissante à l'intérieur de l'eurocratie, de ses grandeurs mais aussi de ses misères. La première partie du livre décrit les menaces qui pèsent sur l'Europe. Des présidents de Commission européenne incompétents depuis le départ de Jacques Delors, un exécutif européen paralysé par la chasse aux fraudes depuis l'affaire Cresson, un Parlement qui s'est emparé du pouvoir au détriment de la Commission, des gouvernements incapables, depuis le départ du couple Mitterrand-Kohl, d'avoir une vision à long terme, des médias trop souvent eurosceptiques.
    Mais tout n'est pas noir. La seconde partie du livre montre que l'Union est capable d'être une puissance qui compte dans les affaires du monde. Sa monnaie, l'euro, qui commence à damer le pion au dollar, mais aussi sa puissance commerciale et sa politique de concurrence qui font parfois trembler les Etats-Unis et, en devenir, une politique étrangère et sa défense. L'aventure irakienne de George Bush le démontre : malgré leur pusillanimité, les Européens, riches de leur histoire et de leur propre complexité, comprennent mieux le monde multipolaire de l'après-Guerre froide.
    Avec sa Constitution, la grande Europe, qui s'étendra bientôt jusqu'à la Turquie, aura les moyens de ses ambitions. La troisième partie de l'ouvrage raconte comment ce texte a été élaboré sous la houlette de Valéry Giscard d'Estaing et comment il va modifier le visage de l'Europe. Mais sera-t-elle capable de passer de la théorie à la réalité ou va-t-elle être paralysée par son élargissement sans finoe

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