• Découvrez Le clan des Médicis - Comment Florence perdit ses libertés (1200-1500), le livre de Jacques Heers. A l'inverse d'autres villes italiennes, Florence, type même de la cité "libre", fleuron des arts et des lettres à la Renaissance, ne va pas confier pendant deux siècles ses destinées à un condottiere, mais à un clan de simples citoyens. Longtemps obscurs, suffisamment habiles pour survivre aux convulsions d'une cité en proie aux pires désordres, les Médicis unissent leur destinée à celle de la ville et la portent à la quintessence de la culture dans tous les domaines. Derrière une peinture violente et raffinée de l'époque, l'auteur décrit l'ascension, la grandeur et la faillite de cette famille de changeurs devenus princes sans titre de Florence.

  • Saint Louis rendant la justice sous son chêne, féodal devenu symbole d'inégalité criarde, médiéval utilisé à toutes les sauces dès qu'il s'agit de caractériser un retard ou un blocage : le Moyen Age est encombré d'a priori, de légendes forgées afin d'accentuer un misérabilisme imaginaire, voire de mensonges. Jacques Heers utilise son érudition au service d'une démystification salutaire des mille ans qui séparent la chute de l'empire romain d'Occident et la découverte de l'Amérique.

  • L'histoire de l'esclavage, généralement limitée à la Rome antique, à la période coloniale et à la traite des Anglais et des Français au XVIIIe siècle, laisse de nombreux pans aveugles, en raison de la rareté des sources et de la culpabilité rétrospective des nations colonisatrices. Ainsi, du VIIe siècle à la fin du XIXe, s'est mis en place un système de traite musulmane des Noirs d'Afrique, par caravanes à travers le Sahara et par mer à partir des comptoirs d'Afrique orientale. En tenant compte des travaux les plus récents, notamment ceux des historiens ivoiriens et nigerians, Jacques Heers retrace le mécanisme de cette traite, ses itinéraires, ses enjeux commerciaux et le rôle des esclaves dans les sociétés arabes - à la Cour, dans l'armée, dans les mines ou aux champs. Il évoque les tensions épisodiques, mais aussi la grande révolte du IXe siècle. Se dessinent de la sorte une cartographie de l'esclavage africain ainsi qu'une étude sociale menée sur une période de plus de mille ans.

  • Déclenchée par la prédication d'urbain ii à clermont en novembre 1095, cette croisade allait lancer peuple et barons vers la terre sainte.
    Jacques heers raconte la mobilisation des quatre armées, l'enthousiasme des foules entraînées par la prédication des ermites, foules hétéroclites de pèlerins voués au désastre. il met l'accent sur les arrière-plans d'une entreprise tellement inédite et déraisonnable. puis il décrit les longues marches à travers l'europe centrale, les sièges interminables, la découverte de l'orient, mais également le massacre des " pauvres gens " par les turcs en octobre 1096 ; et enfin - le 7 juin 1099 - la découverte de jérusalem par une cohorte épuisée, divisée, que la menace turque et l'espérance religieuse font encore tenir.

  • la ville de constantinople, rempart de la chrétienté en orient, a, pendant plus de mille ans, résisté à tous les assauts.
    elle est tombée en deux temps et, paradoxalement, le premier coup lui fut porté en 1204 par les croisés venus d'occident, payés par venise et avec l'accord tacite de rome.
    réduit dès lors à fort peu, l'empire " byzantin " fut incapable de repousser les attaques d'un empire ottoman conquérant de toute l'asie mineure. les latins ont porté secours, levé des troupes et lancé des flottes de guerre à plusieurs reprises ; mais les conflits qui opposaient rois et princes mobilisaient le plus gros de leurs forces.
    si constantinople ne fut pas abandonnée à elle-même, l'occident, requis par la guerre entre ses nations, accepta l'agonie de l'empire chrétien d'orient, sans comprendre qu'il serait lui-même la proie suivante.

  • En atteste les formes variées qu'il prend alors : prêts à intérêt, le mot « bourse »; nom d'une famille de Bruges, date de cette époque; spéculations diverses; enfin vitalité des compagnies marchandes et financières. Toutes les strates de la société participent au phénomène : juifs et Lombards ne sont pas les seuls à le pratiquer, les bourgeois sont bien plus nombreux que les étrangers, et même les plus modestes y concourent par le biais des parts de société qu'ils peuvent acheter. A cet égard, parler d'un « capitalisme populaire » n'est pas exagéré. Que l'Eglise multiplie les interdits des prêts et de l'usure montre à quel point ils sont peu respectés. Quant aux vrais puissants, ce ne sont pas les grands marchands, mais les usuriers. Dans la cité, ils tiennent le haut du pavé et s'imposent en maîtres, les Médicis en étant la figure la plus emblématique.

  • Emanations du sultanat de Constantinople, les conquêtes des « barbaresques », leurs razzias, leurs captures de chrétiens et leurs trafics sont au coeur, durant deux siècles, de l'histoire de la Méditerranée et des rapports entre la chrétienté et l'islam.
    Le terme " barbaresques " est apparu au XVIe siècle pour désigner les corsaires, généralement des officiers du sultan de Constantinople lancés à la conquête du Maghreb et de la Méditerranée occidentale. Les plus célèbres furent les frères Barberousse, fils d'un sicilien passé à l'islam. Véritables fondateurs de la régence d'Alger, ils furent durant trente ans la terreur des Espagnols et ravagèrent les cotes de Calabre et de Sicile, et même de Nice.
    Mais l'histoire des barbaresques ne se limite pas aux Barberousse. Tout l'intérêt de l'ouvrage de Jacques Heers est justement d'embrasser l'ensemble de l'histoire de la course en Méditerranée avec ce qu'elle implique : les conquêtes ottomanes (notamment l'Egypte), les cités marchandes victimes ou complices, comme Gênes ou Barcelone, les émirs pirates, les razzias et les grands combats dont un des plus célèbres est celui de Lépante, les captures et l'esclavage des chrétiens, ainsi que les transactions de tout ordre auxquelles il donne lieu, les petits et grands trafics,les sociétés, les cultures et les peuples qui s'affrontent ou se mêlent. Deux siècles qui sont au coeur des rapports entre la chrétienté et l'islam.

  • Louis XI

    Jacques Heers

    En s'appuyant sur une documentation inédite, jacques heers réussit à proposer une lecture neuve du règne et, surtout, de la personnalité de louis xi.
    Après un décryptage passionnant de la propagande, du contrôle politique et de ses relais dans une france qui s'impose au premier plan des puissances européennes, il analyse le " capitalisme royal d'etat ", mettant au jour les ressorts financiers de l'action du roi. qu'il s'agisse du règlement des affaires politiques, diplomatiques ou juridiques, de la conduite de la guerre ou des rapports avec les puissances d'eglise, c'est un louis xi singulièrement décapé des clichés qui est dépeint ici, sur le ton alerte d'une fresque.

  • Les croisades ou la mobilisation intense des forces vives de tout l'Occident de 1096 à 1229 pour reconquérir la Terre sainte.
    Une croisade, c'est quelques centaines de " croisés ", des chevaliers, conduisant, encadrant, nourrissant et protégeant une multitude de " pèlerins ", hommes, femmes et enfants. En 1096-1097, ils ont parcouru ensemble plus de mille kilomètres pour atteindre Constantinople et y trouver quelques jours de repos, puis autant en Asie avant de voir les murailles de Jérusalem, plus de trois ans après leur départ, et de s'en emparer comme ils s'emparèrent d'Antioche après un siège de plusieurs mois. Nous n'avons pas assez dit à quel point cette Terre sainte redevenue chrétienne a mobilisé les forces, l'énergie et l'argent de l'Occident. Chaque année, plusieurs flottes de grosses galères et de navires d'Italie, de Provence et de Catalogne apportaient des milliers de pèlerins qui, bien souvent, se battaient aux côtés de chevaliers et des hommes de pied ou aidaient à la construction des châteaux. Trois rois de France, Louis VIII, Philippe Auguste et Saint Louis, ainsi que trois empereurs germaniques, ont abandonné leur pays pendant de longs mois pour apporter aide aux Francs de Terre sainte et tenter de regagner les territoires repris par l'ennemi. Philippe Auguste est demeuré absent du 4 juillet 1090 à fin août 1091 et Saint Louis pendant plus de cinq ans. La reine Marguerite de Provence l'accompagnait ; deux enfants royaux sont nés en Orient et, tout ce temps, le royaume de France fut gouverné par des conseils tenus à Saint-Jean d'Acre. Richard Coeur de Lion fut retenu prisonnier sur le chemin du retour par Léopold d'Autriche pendant près de deux ans et eut bien du mal à reprendre le pouvoir, son frère, Jean sans Terre, refusant de lui laisser une place usurpée en son absence. L'empereur Frédéric Barberousse s'est noyé le 10 juin 1090 en voulant passer à cheval un fleuve dans les montagnes du Taurus, et Frédéric II, vainqueur du sultan Malik al-Kamel, s'est fait couronner roi de Jérusalem le 18 mars 1229.
    C'est cette épopée qui s'est déroulée en six expéditions successives étalées de 1096 à 1229 que nous raconte ce livre.L'auteur, médiéviste reconnu, ne nous livre pas le récit de chaque croisade l'une après l'autre, mais nous offre un tableau embrasant de manière synthétique l'ensemble des faits, de tout ordre, liés aux croisades. Brillant, maîtrisé et toujours original.

  • La ville au Moyen Age

    Jacques Heers

    • Pluriel
    • 10 Novembre 2010

    minent historien du Moyen ge et de la Renaissance, Jacques Heers a notamment publi en Pluriel, Esclaves et domestiques au Moyen ge et La cour pontificale au temps des Borgia et des Mdicis.Pour rendre compte de l'volution du paysage urbain dans l'Occident mdival, on a longtemps privilgi les phnomnes de nature strictement conomique. Or paysages, pouvoirs et conflits sont indissociables. D'autres facteurs mritent donc un examen attentif, notamment les liens trs puissants qu'entretiennent la formation, la permanence ou la dgradation des tissus urbains d'une part, et les structures politiques et sociales rgissant la vie des hommes dans les cits d'autre part. Il ne s'agit pas seulement de se pencher sur les institutions gouvernementales ou administratives, mais de savoir qui, dans les faits, dirige la ville. Quels sont les groupes ou les catgories d'individus qui tiennent la cit en main ? Par quels moyens, avous ou occultes, asseyent-ils leur pouvoir ? Jacques Heers brosse un tableau de la ville mdivale et de ceux qui la gouvernent, passant au crible leurs origines, leurs organisations sociales, les manires dont ils s'assemblent, se confortent ou s'opposent les uns les autres.

  • il y a une légende gilles de rais, noire, celle du " grand-chef-de-guerre-compagnon-de-jeanne-d'arc ", devenu satanique, massacreur et sodomiseur de centaines de jeunes garçons, inspirateur du personnage de barbe-bleue ; et, a contrario, une légende dorée qui fit de lui la victime à la fois de l'inquisition, de sa famille et des appétits du duc de bretagne, confessant sous la torture des crimes qu'il n'avait pas commis.
    se fondant sur les seuls documents connus, les confrontant à ce que l'on sait de la france féodale au temps de la guerre de cent ans, jacques heers fait de gilles de rais et de son époque le tableau le plus fidèle possible à la réalité. sur son dévouement à jeanne d'arc, sur son illustration et son importance en tant que chef de guerre et baron de bretagne, sur ses dépenses somptuaires, sur les accusations, sur le déroulement et la nature des procès qui l'ont envoyé à la mort, il apporte un regard critique, novateur.
    c'est un gilles de rais débarrassé des interprétations romanesques, anachroniques ou hasardeuses.

  • Marco polo

    Jacques Heers

    • Fayard
    • 23 Novembre 1983

    Le livre de Marco Polo est le fruit de deux aventures. Celle de l'intrépide Vénitien qui pénétra jusqu'au plus profond de l'Asie, passe vingt ans au service de l'empereur mongol, le maître absolu de ces pays étrangers et fascinants, et effectua au retour un long périple, plus aventureux encore, par les Indes, ces royaumes peuplés de monstres, terres de rêves et de merveilles.

    Il est aussi le résultat d'une aventure littéraire qui n'est pas moins déconcertante que la vie de Marco Polo. En fait, Le Livre des Merveilles n'est pas vraiment le récit de ses voyages. On oublie trop souvent qu'il fut écrit par un Italien de Pise, homme de plume, familier des rois d'Angleterre et des Angevins de Naples, en français, langue de ces cours princières et de leurs cénacles d'auteurs. Comme le titre original l'indique, c'est un Devisement, c'est-à-dire une oeuvre qui s'inscrit dans la tradition des trouvères et des encyclopédistes, qui cherche à instruire autant qu'à plaire. OEuvre composite et de collaboration, née d'une rencontre de hasard, il reflète cette civilisation de cour trop méconnue des années 1220, ses curiosités, sa soif d'apprendre, son inébranlable fidélité aux textes et, surtout, l'éclat de ce premier humanisme français, capable de s'imposer alors dans tout l'Occident.

    Professeur d'histoire médiévale à Paris IV, Jacques Heers est l'auteur de plusieurs livres sur l'économie et la société au Moyen Age (dont Esclaves et domestiques au Moyen Age dans le monde méditerranéen, et Fête des fous et carnavals, Fayard). Il est aussi l'auteur de biographies, Christophe Colomb et Machiavel.

  • De l'oeuvre de Machiavel, on ne retient trop souvent que le Prince, un petit livre rédigé sous la pression des événements. Auteur fécond, curieux de tout, Nicolas vaut bien davantage que ce penseur austère et cynique, cet inventeur d'astuces et de ruses que l'on ne cesse de nous présenter. Historien de Florence, peu rigoureux peut-être, mais toujours passionné, il a su donner du jeu politique, de ses équilibres précaires et de ses subtils mécanismes, une analyse pénétrante et perspicace.

    Poète et écrivain de cour, soucieux de suivre les modes, il écrit de petites pièces galantes, des chansons de carnaval, des contes féeriques, des histoires drôles... et même un Règlement pour une Société de plaisir. Du petit monde des bureaux et de la diplomatie florentine aux cercles littéraires et frondeurs, aux armées et aux palais des princes, sa vie évoque une époque tourmentée et séduisante qui n'est ni la fin d'un monde, ni une naissance, mais simplement le temps des curiosités.

    Professeur d'histoire médiévale à Paris IV, Jacques HEERS est l'auteur de plusieurs livres sur l'économie et la société au Moyen Age, dont Esclaves et domestiques au Moyen Age dans le monde méditerranéen et Fêtes des fous et carnavals. Il est aussi l'auteur de biographies, Christophe Colomb et Marco Polo.

  • Le propos de Jacques Heers n'est pas ici d'écrire un autre récit de l'aventure, d'ajouter quelques pages à ce que les célébrations du cinquième centenaire vont naturellement susciter, encore moins d'attiser de vieilles querelles sur les origines du héros, sur la paternité de chaque découverte ou la localisation d'ancrages encore incertains, mais de tenter une étude littéraire et sociologique de la nouvelle : sa genèse, ses cheminements, les formes de l'appréhension puis de l'interprétation.
    La découverte et la nouvelle figuration du monde qui en découla furent assez mal acceptées dans les cercles d'érudits et de savants qui répugnèrent à renier les conceptions reçues des Anciens. Découverte et Humanisme - Renaissance si l'on veut - ne font par forcément bon ménage. Comment le triomphe de Colomb fut-il annoncé, transmis et reçu ? Par qui ? Avec quel contenu ? Quel fut dans cette diffusion, cette propagande peut-être, le rôle des journalistes du temps ? Comment ont-ils inscrit ces bribes d'information dans leurs acquis livresques des Ecritures et des géographes grecs et latins ? Au delà de l'événement, c'est le choc que suscita la nouvelle dans les populations et la formidable curiosité intellectuelle qu'elle entraîna que ressuscite Jacques Heers.

  • Il y a quelques années, le genre "précis" (ou "manuel") pouvait sembler passé de mode.
    Diverses innovations préconisaient un certain renouvellement de la démarche historique : histoire par thèmes qui transcende les siècles, à la problématique résolument comparative, ou encore histoire des mentalités, comportements et rites que certains appelaient anthropologie. toutes ces voies ne sont certes pas abandonnées, mais leurs auteurs les plus sérieux ont toujours convenu que chaque analyse historique, dans quelque domaine que ce soit, ne pouvait s'abstraire de son contexte ; tous disent aussi que ni la connaissance de la trame événementielle, ni celle des structures et des cadres ne peuvent être négligées.
    La présente édition reprend exactement les articulations et les limites des précédentes et tente d'offrir à l'honnête historien ce qu'il souhaite garder en mémoire ou en commode répertoire. l'histoire de l'occident chrétien y est raisonnablement privilégiée, mais de larges développements sont consacrés, selon un équilibre que l'auteur espère satisfaisant, à l'orient byzantin d'une part, aux états de confession et de société islamique de l'autre.

  • 1492, date cruciale dans l'histoire de l'europe. au-delà des fêtes anniversaires, la réflexion, pour comprendre le sens d'une conquête et accomplir son oeuvre, se tournera naturellement vers son artisan majeur : christophe colomb.

    Pour répondre à cette interrogation, quel meilleur guide que le génois ?

    Lui, le héros, est porté par l'énergie d'un siècle : celle des progrès de la navigation et de la cartographie, d'une économie irréversiblement planétaire, d'une poursuite du grand récit de croisade. rencontrant son époque, le navigateur reste profondément original. il voyage en artiste, avec de faibles moyens financiers, devance par son succès l'élan de son milieu. christophe colomb, le "médiéval", ouvre la voie au monde moderne et il en montre l'impérieuse nécessité.

    /> Mais quels rivages furent abordés ? la découverte de l'amérique, c'est aussi l'europe réinventée. si ses limites géographiques volent en éclats, ses frontières mentales se précisent : il existe d'autres humanités, des civilisations sans le christ ! les richesses du nouveau monde, espoir d'une europe en formation, donnent la priorité aux valeurs de l'expansion, à l'exploitation. sous le pavillon de la santa maria, toute la terre, bientôt, sera conquise.

    Lourde découverte. elle trouve sous le regard aigu de l'historien plus de clarté par le portrait d'un homme, fils de modeste tisserand, petit levrier soulevant l'univers.


    Jacques heers est agrégé d'histoire et docteur ès lettres, professeur à l'université de paris sorbonne (paris iv). il est l'auteur de biographies remarquées : marco polo, machiavel parues aux editions fayard et la vie quotidienne àla cour pontificale au temps des borgia et des médicis 1420-1520, aux editions hachette.

  • Marignan, 1515, tout le monde connaît la victoire de François Ier, mais que sait-on des trois cents ans de guerres de 1250 à 1550 entre la France et l'Italie ? Médiéviste éminent, spécialiste de l'histoire italienne, Jacques Heers lève le voile de ces querelles à travers la saga endiablée des alliances et déchirements successifs entre les soeurs latines du continent européen.

  • L'historien, à juste titre, condamne l'esclavage, mais le voit volontiers dans un passé lointain ou dans un contexte résolument colonial. Le marchand d'esclaves est ou étranger, ou conquérant. Comment en admettre la pratique dans son propre passé, plus près de soi - Bien des peuples s'y refusent. Avons-nous un seul livre sur l'esclavage en pays musulmans - Sur les chasseurs et les convois de captifs noirs vers les comptoirs de l'Islam - Le sordide trafic des négriers sur les côtes occidentales d'Afrique n'aurait jamais pris une telle ampleur sans les mercantis maures ou noirs, sans les potentats de loeintérieur qui razziaient et jetaient sur les marchés des troupes de malheureux prisonniers. Et en Occident - Entre chrétiens même - Nos manuels noeen parlent pas : reflet d'une éthique, d'une gêne aussi. Pourtant l'esclavage a bel et bien existé, pour les femmes, surtout, amenées d'Orient, domestiques en Italie, en Espagne et en Provence. Un phénomène qui marque la société en profondeur, impose une teinte particulière aux rapports humains, suggère une autre idée de la ville médiévale du Midi.


  • depuis jules ferry, l'histoire est la principale arme d'assaut de propagande d'etat.
    par les manuels et les leçons, l'école républicaine n'a cessé de truquer et de tronquer ce que l'honnête citoyen pouvait écrire. la mise en condition et le " formatage " du citoyen se poursuivent tout au long de sa vie par le commun des journaux, les romans et les images, les célébrations
    nationales, les émissions télévisées, les directives et les interdits. ces tout derniers temps, l'etat veut, en france, soumettre la démarche historique à une étroite surveillance et laisse de moins en moins de liberté aux centres de recherche qui n'ont même plus le loisir de choisir en toute indépendance leurs sujets d'enquête et leurs programmes.
    l'histoire s'est dévoyée. elle se dit " science humaine " mais n'étudie souvent que des catégories, des classes et ordres, des conditions sociales oú l'individu paraît effacé, inexistant, soumis à la géographie, à l'évolution des techniques, à l'économie ou même au " sens de l'histoire ". elle édicte des règles qui ne souffrent ni exceptions ni contradictions. du moyen age à nos jours, jacques heers dresse ici un inventaire des manipulations de l'histoire.


  • L'islam cet inconnu

    Jacques Heers

    On ignorait tout de l'islam au Moyen Âge, malgré les guerres avec les Barbaresques et les Turcs.
    Le mot de "musulman" était même inconnu et celui de "Mahomet" jamais cité.
    À la Renaissance il en fut de même. Au XVe siècle, quelques auteurs de traités sur les dogmes et les hérésies ont parlé des mahométans, mais sans se soucier de leur religion, ni des lois sociales coraniques.

    Sous les règnes de François Ier et de Louis XIV, au temps des alliances franco-turques, la propagande royale et la mode ont inspiré une turcophilie de bon ton. Ce fut le temps des contes qui situaient leurs intrigues romanesques dans les palais de sultans ou d'émirs de fantaisie, bons enfants et généreux.
    /> De l'islam on ne disait toujours rien.

    L'école publique, laïque et républicaine s'est davantage préoccupée de faire connaître les musulmans, mais pour parler de la vie économique ou culturelle de leurs pays. Leur religion était évoquée en une courte leçon, les us et coutumes, les interdits, et les contraintes passées sous silence.
    Les Français n'ont commencé à prendre conscience de la réalité de l'islam qu'à la suite de l'afflux des travailleurs immigrés.
    Leur présence s'étant développée, connaît-on mieux pour autant leurs croyances ?

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