• La convivialité

    Ivan Illich

    « Si les outils ne sont pas dès maintenant soumis à un contrôle politique, la coopération des bureaucrates du bien-être et des bureaucrates de l'idéologie nous fera crever de «bonheur». La liberté et la dignité de l'être humain continueront à se dégrader, ainsi s'établira un asservissement sans précédent de l'homme à son outil. » Dénonçant la servitude née du productivisme, le gigantisme des outils, le culte de la croissance et de la réussite matérielle, Ivan Illich oppose à la « menace d'une apocalypse technocratique » la « vision d'une société conviviale ». Ce n'est que par la redécouverte de l'espace du bien-vivre et de la sobriété qu'Illich appelait la convivialité, que les sociétés s'humaniseront.

  • Lorsque leur développement dépasse certains seuils critiques, certaines institutions deviennent les principaux obstacles à la réalisation des objectifs qu'elles visent. Cette « contre-productivité paradoxale », version moderne du mythe de la Némésis (déesse grecque de la vengeance), Ivan Illich en fait ici la théorie systématique à propos de la médecine. Il critique tout particulièrement la diminution de la santé des hommes sous l'effet du développement sans fin de l'institution médicale, en soulignant l'inefficacité globale d'une médecine coûteuse, la perte de la capacité personnelle des individus de s'adapter à des environnements variés et le mythe de l'immortalité qui conduit au déni de la douleur, du vieillissement et de la mort.

  • L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes, autant de faux progrès qui consistent à produire des élèves dociles, prêts à consommer des programmes préparés par les « autorités » et à obéir aux institutions. À cela, il faut substituer des échanges entre « égaux » et une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter.
    L'auteur de Libérer l'avenir poursuit ici sa recherche, pour les nations riches ou pauvres, d'un autre mode de vie : or, l'école doit pouvoir devenir le principal lieu d'une rupture avec le conformisme.

  • Cet ouvrage d'Ivan Illich s'inscrit dans la publication successive de quatre textes polémiques (Une société sans école, Énergie et équité, La Convivialité et Némésis médicale) qui suscitèrent des débats dans le monde entier. Illich relève que, passé certains seuils, la production de services devient aussi destructrice de la culture que la production de biens matériels l'est de la nature.
    Dans Énergie et équité, Illich se livre à une analyse des transports motorisés comme d'un service qui, loin de se substituer à la consommation de marchandises, provoque au contraire une dépendance accrue à leur égard et n'apparaît en réalité que comme un songe creux, une aporie, un sac de néant. Dans ce texte visionnaire il établit les fondements de ce que sera la pensée écologique moderne.
    Penseur de l'écologie politique, Ivan Illich met en garde ses contemporains contre la crise de l'énergie qui les menace et contre les dérives de la productivité galopante, incontrôlable et dévastatrice pour les structures sociales. Reproduit à l'échelle planétaire, ce modèle énergivore constitue une spirale infernale et aliénante tant sur le plan social que sur le plan environnemental.

  • L´eau est une ressource trop souvent perçue comme une marchandise qui coule dans nos robinets, sert à notre consommation puis devient un déchet qui est recyclé avant d´être renvoyé au cours d´eau. Dans cet ouvrage Ivan Illich, invité à une conférence à Dallas où un projet de lac d´épuration est envisagé, présente l´eau comme un élément constitutif de notre histoire et de notre devenir. A travers une série d´anecdotes culturelles, l´auteur emmène le lecteur dans la découverte de la ressource en tant que matière, imaginaire, aura, technique, composante des religions mais également des usages culturels. Cet ouvrage illustre combien l´eau est indispensable pour ""habiter"" nos territoires. L´eau exprime la vie, sa valeur n´a pas de prix.

  • « Ivan Illich a été à l'origine de débats célèbres dont le thème était la contre-productivité des institutions modernes : au-delà de certains seuils, les institutions productrices de services, comme les écoles, les autoroutes et les hôpitaux, éloignent leurs clients des fins pour lesquelles elles ont été conçues.

    Ivan Illich fut le plus lucide des critiques de la société industrielle. Il voulut en écrire l'épilogue et il le fit. Jadis fameuses en France, les «thèses d'Illich» ont peut-être été oubliées, mais jamais elles n'ont été infirmées. Après elles, la société industrielle a perdu toute justification théorique. Elle ne tient debout que grâce à l'hébétude de ses membres et au cynisme de ses dirigeants. Toutefois, plutôt que de débattre des thèses qui la dérangent, l'huître sociale s'en est protégée en les isolant. Il est temps d'affirmer que l'oeuvre d'Illich n'est pas une perle rare mais une réflexion fondée sur un solide sens commun. Il faut briser la gangue dans laquelle elle a été enfermée afin de libérer son inquiétant contenu. Alors que tous les bien-pensants croyaient encore aux promesses du développement, Illich montra que cette brillante médaille avait un revers sinistre : le passage de la pauvreté à la misère, c'est-à-dire la difficulté croissante, pour les pauvres, de subsister en dehors de la sphère du marché. Ses livres vinrent secouer la soumission de chacun au dogme de la rareté, fondement de l'économie moderne. » Valentine BORREMANS et Jean ROBERT

  • Oeuvres completes, tome 2

    Ivan Illich

    • Fayard
    • 9 Février 2005

    Ce deuxième volume des oeuvres complètes d'Ivan Illich rassemble six textes publiés entre 1977 et 1994 : Le Chômage créateur (1977), Le Travail fantôme (1981), Le Genre vernaculaire (1983), H2O, les eaux de l'oubli (1988), Du lisible au visible. Sur l'art de lire de Hugues de Saint-Victor (1991), et Dans le miroir du passé (1994).

  • La perte des sens - inedit

    Ivan Illich

    • Fayard
    • 21 Janvier 2004

    « Je plaide pour une renaissance des pratiques ascétiques, pour maintenir vivants nos sens, dans les terres dévastées par le «show», au milieu des informations écrasantes, des conseils à perpétuité, du diagnostic intensif, de la gestion thérapeutique, de l'invasion des conseillers, des soins terminaux, de la vitesse qui coupe le souffle. » Ivan ILLICH

  • Le chomage createur ((presentation inedit) Nouv.

  • Voici un recueil qui dissipe beaucoup de malentendus nés dès la publication d'Une société sans école (1971).
    En effet, bien qu'Ivan Illich ait toujours souligné qu'il ne préconisait nullement un retour aux modes de vie d'autrefois, on l'a maintes fois accusé d'entretenir une nostalgie du passé. Pourtant son fil directeur n'a jamais cessé d'être l'examen de notre temps Dans le miroir du passé, c'est-à-dire la recherche des origines de nos idées actuelles, afin d'en évaluer la validité ici et maintenant. Qu'il s'agisse de l'économie, de l'enseignement, de la médecine, de l'informatique et de sa " culture " ou de la bioéthique, il nous invite à réfléchir sur leur genèse, leur déploiement, leur emprise sur notre quotidien.
    Savourer les joies du faire, pratiquer l'art d'habiter ou de souffrir, vivre harmonieusement, voilà ce à quoi nous convie Ivan Illich. Au-delà de ses thèses iconoclastes, on découvrira aussi les aspects inattendus d'une pensée indépendante dont la richesse n'a pas fini de nous surprendre.

  • H2O, les eaux de l'oubli Nouv.

  • ivan illich (1926-2002) prétendait traiter en historien des questions que d'autres auraient adressé à des théologiens.
    il reprochait à l'église d'avoir institutionnalisé ce qui, par essence, est gratuit, et d'avoir instrumentalisé la charité. il voyait dans cette perversion d'origine lointaine des institutions modernes comme l'eglise, l'ecole et l'université, et ne cessa d'inciter le monde occidental à repenser celles-ci fondamentalement.
    a la fin de sa vie, dans ces entretiens accordés à david cayley, il parle pour la première fois de la "corruption" du nouveau testament qui lui paraît le "péché originel" menant tout droit à la société de consommation, à la misère des autres, et à une relation aliénée entre les êtres.
    ces entretiens constituent une sorte de "testament spirituel" qui éclaire l'ensemble de l'oeuvre d'ivan illich.
    il pose l'histoire du bon samaritain et son acte de miséricorde spontanée - sans considération d'origine ni de religion - comme le véritable fondement d'une éthique capable d'unir au lieu de diviser.
    un essai d'une force et d'une perspicacité rares à l'heure où les différentes croyances s'affrontent et se combattent...

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