Librairie Generale Francaise

  • Placés sous le signe du temps qui passe, les poèmes d'Alcools récréent tout un monde : celui des lieux où son existence a conduit leur auteur et dont ils entrecroisent les souvenirs, comme celui de ces grandes figures féminines qui ont traversé sa vie. Mais ils sont en même temps imprégnés d'une culture à la fois populaire et savante qui permet au poète de recueillir l'héritage du passé tout en s'ouvrant à la modernité de la vie ordinaire - les affiches ou bien les avions. On aurait ainsi tort de croire que ce recueil où s'inaugure la poésie du XXe siècle soit, à sa parution en 1913, un livre de rupture. Nourri de poèmes anciens aussi bien que récents, le chant que font entendre ceux d'Apollinaire, à l'oralité si puissante, tire ses ressources du vers régulier comme du vers libre, et il ne s'agit pas pour le poète de céder au simple plaisir du nouveau : seule compte ici sa liberté et ce que lui dicte la voix inimitable d'un lyrisme qui n'a pas cessé de nous toucher.

    Édition présentée, annotée et commentée par Didier Alexandre. Chronologie de Laurence Campa.

  • Guillaume Apollinaire L'Hérésiarque et Cie C'est une ronde endiablée qu'Apollinaire déroule ici, aux confins de l'art et de la vie. Vrais imposteurs et faux messies, criminels en instance de béatification, charlatans et mystagogues, bourreaux et martyrs, y voisinent avec les avatars modernes du Juif errant. Souvent irrévérencieux et parodiques, ces récits imitent à s'y méprendre, avec un sens subtil de la vraisemblance, certains des épisodes les plus singuliers de l'histoire ecclésiastique. Ils puisent dans les traditions folkloriques et fantastiques, mais aussi dans les souvenirs personnels de l'auteur.
    Dans son apparent désordre - 23 contes composés entre 1902 et 1910 -, L'Hérésiarque n'en obéit pas moins à une vivante logique, suivant un jeu d'assonances et d'affinités qui prévaut également dans Alcools.
    /> C'est ainsi que la conclusion de la dernière histoire renvoie le lecteur à cette éternité où évolue le héros de la première, avec cet humour léger, ce mélange d'érudition et de fantaisie pure qui fait le charme du recueil.
    « J'ai la faiblesse de me croire un grand talent de conteur », avouait Apollinaire à l'un de ses amis en 1915 : Qui ne partagerait aujourd'hui ce sentiment oe Préface de Michel Decaudin.

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