Christian Bourgois

  • « Ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. » La place Saint-Sulpice à Paris. La place Saint-Sulpice vue par les yeux de Georges Perec. Les 18, 19 et 20 octobre 1974, à différents moments de la journée. La place Saint-Sulpice vue successivement du Tabac Saint-Sulpice, du Café de la Mairie, du Café de la Fontaine Saint-Sulpice, ou « sur un banc en plein soleil, au milieu des pigeons, regardant dans la direction de la fontaine ». Des listes. Les petits faits insignifiants de la vie quotidienne. Rien, ou presque rien. Et pourtant si : un regard, une perception humaine, unique, vibrante, impressionniste, variable, comme celle de Monet devant la cathédrale de Rouen. Les mille petits détails inaperçus qui font la vie d'une grande cité - d'un petit coin dans une grande cité. Les mille variations imperceptibles du temps, de la lumière, du décor, du vivant. Autobus, chiens, passants, touristes.

  • " La beauté du GO, la fascination qu'il exerce, l'intense émotion qu'il suscite, l'exaltation qu'il provoque viennent du mystère, des mystères qui, à tout instant, à tout niveau, au début ou à la fin de la partie, chez un joueur débutant comme chez un joueur exercé, accompagnent chaque coup, chaque échange. Les règles sont simples et nous les graverons aisément dans notre mémoire. Le génie du GO tient précisément dans ce qu'il recèle et dans ce qu'il dévoile, à tout instant, à tout niveau, des mystères différents, hiérarchisés, dont la maîtrise progressive à chaque fois transforme le jeu.
    Jardin aux sentiers qui bifurquent, labyrinthe, jeu de Babel, chaque progrès est décisif et chaque progrès est nul : nous n'aurons jamais fini d'apprendre... "

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