• L'inégalité mondiale des niveaux de vie relève d'une évolution paradoxale. Après avoir crû inexorablement du début du XIXe au milieu du XXe siècle, elle s'est mise à décliner au cours des vingt dernières années, du fait de la croissance d'un certain nombre d'économies (dites " émergentes "). En même temps, l'inégalité tend à augmenter à l'intérieur d'un grand nombre de pays, alimentant injustices et tensions sociales. Dans quelle mesure la mondialisation, pour partie responsable de l'égalisation entre les nations, substitue-t-elle à l'inégalité internationale un surcroît d'inégalité au sein même des espaces nationaux ?
    Ce livre examine les tenants et les aboutissants de ce paradoxe, ainsi que les instruments dont disposent les décideurs nationaux et internationaux pour maîtriser cette évolution. Il importe de veiller à ce que le développement de l'économie mondiale continue de réduire l'inégalité internationale entre les niveaux de vie, mais ce progrès ne sera durable que s'il respecte le principe d'équité au sein des nations.

  • Comme un astre s'estompe aux abords lumineux de la lune, ainsi dans le firmament de la piété chrétienne, est-il naturel que l'éclat de cet immense saint - Joseph - pâlisse de la gloire de celle qu'il reçut pour prochain le plus proche : son épouse, Marie. Établi gardien d'un mystère qui devait s'accomplir avec lui mais, semble-t-il, en dehors de lui, la nécessité a paru s'imposer de tenir ses attributions de père et d'époux à une juste distance de la sainte et mystérieuse union de Dieu avec cette Vierge immaculée.
    Pourtant, ce qui étonne devant cet homme assujetti aux humbles obligations de la de la prudence, de l'intendance et de la vigilance, c'est cette dévotion multi-séculaire qui s'élève vers lui.
    /> Il y a nécessité à scruter le mystère de ce personnage, à commencer par ce silence qui l'entoure que pas un mot de lui n'altère (aucune de ses paroles n'est rapportée dans l'Évangile). Jean-Paul II lui-même nous invitait à cette nécessité : "Le silence de Joseph a une portée particulière : grâce à lui, on peut saisir pleinement la vérité contenue dans le jugement que l'Évangile émet sur Joseph : 'le juste'. Il faut savoir lire cette vérité car en elles est contenu l'un des témoignages les plus importants sur l'homme et sur sa vocation» (Exhortation apostolique Redemptoris custos, §17).

  • Les écarts entre les taux de prélèvement obligatoires des pays industrialisés résultent en grande partie du caractère public ou privé de l'assurance sociale, notamment pour les retraites et la maladie.
    L'évaluation du système redistributif français, qui est au coeur de notre contrat social, requiert donc une mesure précise de la redistribution opérée. Quelle est son ampleur et comment combiner cohésion sociale et efficacité ? Peut-on renforcer la redistribution sans entraîner de distorsions excessives ? Tels sont les thèmes étudiés dans le rapport de François Bourguignon. Celui-ci recense tout d'abord l'ensemble des circuits de la redistribution avant de se concentrer sur l'analyse du système "direct" que constituent la fiscalité et les prestations non contributives.
    Utilisant un travail original de comparaison internationale, il montre que la redistribution réalisée en France est substantielle. Mais le pouvoir redistributif des transferts est plus fort dans certains pays européens, et l'assiette étroite de l'impôt sur le revenu limite son impact redistributif en France. Après avoir examiné la structure des taux marginaux d'imposition, il conclut qu'en se rapprochant d'un système de type "impôt négatif" on pourrait obtenir des effets redistributifs comparables, avec un taux marginal constant.
    Le rapport est commenté par Tony Atkinson et Guy Laroque, et complété par des contributions de la Direction de la Prévision sur la fiscalité, de Laurent Caussat et Sylvie Hel-Thelier sur les transferts en France, et de Bernard Salanié sur la théorie de la fiscalité.

  • Depuis les années 1960, l'essor de certains pays, en Asie notamment, a contribué à masquer le faible développement de l'Amérique latine, voire le retard d'autres pays, comme l'Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, plus d'un milliard d'habitants dans le monde vivent encore dans la pauvreté.
    Les acteurs politiques privilégient actuellement la mise en oeuvre d'interventions au niveau des populations pauvres plutôt que de politiques macro-économiques et structurelles adaptées. François Bourguignon entreprend d'interroger le bien-fondé de ce choix, d'évaluer les savoirs acquis et d'identifier la nature des contraintes politiques dans le contexte de la mondialisation.

  • Traduire freud : l'ouvrage d'andré bourguignon, pierre cotet, jean laplanche et françois robert signifie d'abord que l'édition des å'uvres complètes en langue française est autant un projet scientifique qu'un projet éditorial.
    Les principes généraux de la traduction, la terminologie et la conceptualisation ont une place légitime dans le mouvement propre du texte. l'ambition n'est pas de proposer un nouveau vocabulaire de la psychanalyse, mais d'offrir une propédeutique de lecture freudienne.
    C'est pourquoi l'ouvrage s'organise autour de trois moments : la traduction, la terminologie raisonnée, le glossaire - les règles, les concepts, les mots.
    Cette construction logique et analogique met en valeur le choix d'une compréhension intelligible qui serait aussi une appréhension sensible. ni pour freud, ni contre freud, mais avec freud, ce livre en forme de manifeste ne relève pas d'une apologie systématique : il est une invitation au plaisir d'une oeuvre redécouverte.

  • La crise économique et financière que nous vivons depuis trois ans est la première de l'histoire à avoir frappé d'un coup le monde entier.
    Face à cette crise globale est né dans l'urgence le G20, composé de vingt pays aux économies puissantes, pour inscrire les réactions locales dans une coopération planétaire. Mais comment concilier des politiques toujours très nationales et une économie de plus en plus mondialisée? Comment harmoniser les intérêts des pays? Comment légitimer les décisions internationales? Une gouvernance mondiale est-elle indispensable ou s'agit-il d'une utopie sympathique mais irréaliste? Pour éclairer ces débats cruciaux, Jean-Marc Vittori a rencontré cinq grands acteurs d'une gouvernance mondiale en devenir : Christine Lagarde, ministre française de l'Economie ; Angel Gurria, patron de l'OCDE, le club des pays développés : Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce ; François Bourguignon, directeur de la Paris School of Economics et ancien économiste en chef de la Banque mondiale ; et Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international.
    Ces dirigeants racontent chacun à leur manière. de l'intérieur, les progrès de la coordination mondiale, ses ressorts cachés, ses jeux de rôle mais aussi ses difficultés quotidiennes. Et ils rêvent de ce qui pourrait être un monde doté des outils permettant de prévenir ensemble les risques géopolitiques, économiques et climatiques. Car nous n'avons qu'un seul monde. Un jour ou l'autre, il lui faudra une seule gouvernance.

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