• Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
    Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques...). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée...), c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C'est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
    Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.

  • C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs...
    Ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle.
    Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction :
    énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines. Désormais, une technologie revêt un « pouvoir injonctif » entraînant l'éradication progressive des principes juridicopolitiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action.
    Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une « main invisible automatisée », une « data driven society », où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes.
    Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie. Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps.
    Ce livre procède à une anatomie au scalpel de l'intelligence artificielle, de ses caractéristiques, de ses domaines d'application, des intérêts en jeu, et constitue un appel à privilégier des modes d'existence fondés sur de tout autres aspirations.

  • Berceau des nouvelles technologies (Google, Apple, Facebook, Netflix, Twitter, etc.), la Silicon Valley incarne l'insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d'or, symboles du rêve américain, devenue le coeur du développement de l'appareil militaire et des systèmes informatiques, est le lieu d'une frénésie innovatrice. Les nouveaux pionniers, attirés par les revenus potentiellement infinis du numérique, prétendent oeuvrer au bien de l'humanité.
    Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c'est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde entier. Une colonisation d'un nouveau genre - une silicolonisation -, moins violence subie qu'aspiration de ceux qui s'y soumettent. Ce processus est porté par de nombreux missionnaires :
    Industriels, économistes, universités, think tanks, lobbys..., mais aussi par une classe politique qui encourage l'édification de « valleys » sur les cinq continents, sous la forme de parcs industriels et d'« incubateurs » de start-ups.
    Après avoir retracé la généalogie de la Silicon Valley, ce livre, à la langue claire et précise, montre comment l'alliance entre la pointe avancée de la technoscience, le capitalisme le plus conquérant et les gouvernements sociaux-libéraux, profite à un groupe restreint d'entités détenant un pouvoir démesuré sur nos vies. Par l'algorithmisation des sociétés, elles entendent instaurer une marchandisation intégrale de la vie, façonner le monde à partir de leurs seuls intérêts et faire triompher un technolibéralisme sans limites.

    1 autre édition :

  • Depuis une trentaine d'années, un mouvement de numérisation se développe indéfi niment, dépassant aujourd'hui le seul cadre du Web pour gagner des pans de plus en plus étendus de notre quotidien, notamment par la prolifération des capteurs et des objets connectés.
    Dorénavant les fl ux numériques rendent compte de la quasi-intégralité des phénomènes, s'instituant comme l'instance primordiale de l'intelligibilité du réel. La raison numérique ordonne progressivement l'action individuelle et collective via des algorithmes qui transforment les pratiques du commerce, de l'enseignement, de la médecine, les rapports aux autres, à soi-même, à la ville, à l'habitat.
    Ce livre examine, en s'appuyant sur de nombreux exemples, ce mouvement de rationalisation et de quantifi cation intégrale de la vie qui entraine une marchandisation continue du monde ainsi qu'une désintégration progressive de tout horizon universel.
    Créé et sans cesse dynamisé par un techno-pouvoir omnipotent, l'environnement numérique détermine désormais la forme de l'expérience et infl échit le cours de la vie des individus et des sociétés, perturbant nombre d'acquis démocratiques fondamentaux.
    Avec une rare lucidité, Éric Sadin en dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie précise des forces à l'oeuvre. Réfl exions qui dessinent une nouvelle condition humaine et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance totalisante des technologies numériques.

    1 autre édition :

  • Nous vivons dans un monde sous surveillance : plus personne n'oserait en douter.
    Mais quelle forme prennent aujourd'hui les nouveaux dispositifs de contrôle et en quoi sont-ils différents des pratiques du siècle dernier ? comment modifient-ils notre rapport au monde et aux autres ? vont-ils jusqu'à menacer le droit à la vie privée ? telles sont les questions abordées dans ce livre, qui reprend ainsi un débat ancien sous un jour totalement nouveau. car il ne s'agit plus seulement d'assurer une surveillance ciblée pour déceler les comportements déviants et les punir, mais de prévenir toute dérive en instaurant un traçage permanent et généralisé.
    Il ne s'agit plus d'observer l'espace public, mais de pénétrer les espaces privés pour accumuler des données sur chaque individu, considéré sinon comme un terroriste en puissance, du moins comme une cible marketing, ou un voisin à espionner. s'organise ainsi un scannage ininterrompu des actes et des désirs, abolissant la frontière entre surveillant et surveillé, entre monde physique et monde virtuel.
    Au moyen de procédés que nous relayons ou alimentons à notre insu - vidéosurveillance, géolocalisation, bases de données, biométrie, puces rfid, logiciels d'analyse comportementale un big brother désincarné, dont nous sommes à la fois victimes et complices, opère désormais en chacun de nous. mêlant l'enquête à la réflexion, cet essai explore avec une acuité remarquable les multiples enjeux de la surveillance contemporaine, et incite chacun à réagir face au danger d'une nouvelle servitude volontaire.

  • Tokyo

    Eric Sadin

    Tokyo, a été en partie écrit lors d'une résidence à la Villa Kujoyama, à Kyoto, au Japon. L'objet de ce séjour consistait à observer la dimension de laboratoire que représente la société japonaise, relativement au développement très marqué du numérique et des réseaux de télécommunication, conjoint à celui d'une économie de l'imprimé en forte expansion. Il s'est rapidement confirmé des effets de prolifération parallèle, d'entrelacements subtils, à l'opposé de logiques substitutives et exclusives.
    L'ouvrage cherche à explorer cette situation complexe, à l'intérieur de séquences poétiques qui jouent avec les principes de la multiplicité croissante des supports, de leurs superpositions dans les perceptions quotidiennes, du glissement continu de l'usage de l'un à un autre, de l'impersonnalité de nombres de messages qui circulent sans émetteurs ou destinataires identifiés...
    Chaque bloc de texte souhaite intensifier les spécificités propres à chaque cadre (écrans géants, karaokés, téléphones portables, voix de synthèse, imprimés...) et à développer des structures formelles qui répondent à la singularité de chacun d'entre eux, à l'intérieur d'un "spectre polyphonique" où quantité de différences se répondent les unes les autres.

  • Éric Sadin est à la fois un essayiste réputé et un poète contemporain. Ses projets s'inscrivent avec acuité dans des espaces théoriques et littéraires construits, et se déploient également sous forme de performances et de projets visuels.
    Chacune des séquences de son livre, qui interroge la " surveillance globale " dans nos sociétés, joue avec les diverses techniques de vidéosurveillance : localisation GPS, procédés biométriques, nanotechnologies, etc., et développe des structures formelles répondant aux protocoles et aux usages de ces instruments.
    Une confrontation insolite et stimulante entre techniques d'écriture et techniques de surveillance.

  • Avec La Société de l'anticipation, Eric Sadin nous met face à une société qui refuse l'accident, l'imprévu, jusqu'à l'extrême. Outil majeur de cette anticipation, le web 2.0 pousse cette logique jusqu'à devancer nos attentes, nos désirs. Entre devancer et conditionner, la frontière est mince. Et si le web nous dictait nos comportements ? Et si la société de l'anticipation était tout simplement celle de la mort du libre arbitre ? Un essai choc sur le monde qui vient.

  • Au lendemain du 11 Septembre 2001, la cia demande à des «scénaristes» d'imaginer les actions terroristes les plus folles. Des scénarios qui se font de plus en plus oppressants à mesure que le livre avance. Une fiction angoissante, à l'écriture serrée qui met à jour, dix ans après les attentats de New York, la psychose qui s'est emparée du monde occidental.

  • L  intelligence artificielle ou l enjeu du siecle - anatomie d un antihumanisme radical Nouv.

  • Softlove

    Eric Sadin

    • Galaade
    • 1 Avril 2014

    Un système intelligent connaît tout de la personne dont il a la charge exclusive, l'accompagnant à chaque instant de son quotidien. Administration domestique, assistance professionnelle, conseils sur des offres commerciales avantageuses, alertes à l'égard de risques imminents. À toute heure du jour ou de la nuit, cette entité invisible et omnisciente est programmée pour anticiper ses désirs. Or la machine tombe secrètement amoureuse...

    Softlove relate vingt-quatre heures de la vie d'une femme à travers le regard avisé et éperdu de son assistant numérique. Cette fiction à la langue précise et fluide poursuit la réflexion que mène Éric Sadin à l'égard de notre environnement technologique contemporain.

    Éric Sadin alterne ouvrages littéraires et théoriques. Son dernier essai L'Humanité augmentée - L'administration numérique du monde (L'Échappée, 2013) a rencontré un accueil enthousiaste du public et de la critique.

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