• À Beauvais, ce lieu de détention a cessé de fonctionner en décembre 2015.
    Avec sa fermeture, allaient disparaître de petites histoires, banales, mineures, qui témoignent de la condition carcérale et différentes manières de la vivre.
    Andréa Eichenberger et Isabelle Marseille ont réuni photographies et paroles pour en donner une image et raconter comment les détenus et personnel de la prison affrontaient ce lieu, s'y inventaient et tentaient de créer des mécanismes pour qu'il devienne supportable. Denis Dormoy a travaillé à la mise en forme du recueil des paroles.
    « Les mille briques » constitue un dernier témoignage de cet enfermement au coeur de la ville.

  • "Au milieu du village, pas loin de l'église, la salle des fêtes aux vitres embuées sonne au rythme de l'accordéon. Une fois franchies ces portes, des rengaines familières mais oubliées de mon enfance, des tubes populaires et des visages illuminés par le plaisir de la danse. Oui la danse, mais aussi, ce temps de convivialité, de rencontres et d'échanges, ce temps des souvenirs et du temps qui défile. Le photographe et l'écrivain attentifs enregistrent ces histoires de danse, une salle des fêtes un après midi ; pour jouer encore de son corps jusqu'à la semaine suivante."

  • Accident 08

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    Ce travail a pour point de départ des photographies de quotidiens : à priori, rien d'une matière valorisante. Les photographies envahissent de plus en plus les journaux, sans vraiment apporter une information supplémentaire aux articles. Elles oscillent entre l'illustration chic et décalée de Libération et la photographie de l'association des pêcheurs à la ligne du Parisien Libéré.
    La qualité du papier ne permet qu'une impression médiocre. Cependant ceci allié à la translucidité du papier opère par accident des miracles. L'image imprimée au recto se superpose parfois à celle du verso. Cela parasite et court-circuite la lecture ordinaire. Des mondes qui s'ignoraient se trouvent réunis, des espaces impossibles se mettent en place. La vraie vie ne serait-elle pas ici et non pas dans l'idée que le journalisme veut nous donner du quotidienoe
    Mon travail s'est limité à d'abord trouver au hasard des jours les images qui offraient ce genre de rencontre, ensuite à les cadrer puis enfin à les regrouper dans des séries.
    Cet ensemble reposant sur l'entre-deux de deux images, de plusieurs images dans chacune des séries, j'ai proposé à Denis Dormoy de s'immiscer par l'écriture dans ces intervalles et de dynamiser le tout, de l'ouvrir davantage : ce qu'il a fait à travers deux types de textes, narratifs et poétiques.

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