Mille Et Une Nuits

  • "Sois toujours poète, même en prose". Dans ce recueil, écrit en parallèle avec Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire (1821-1867) est tour à tour flâneur, philosophe, rêveur, moraliste, conteur, poète... Ses "Petits Poèmes en prose" réussissent le "miracle d'une prose musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience."

  • Les 50 poèmes en prose qui composent Le Spleen de Paris représentent un formidable pendant aux Fleurs du Mal. Le recueil marque cependant une rupture par sa forme - le « miracle » de la prose, qui permet au poète de révéler tout le sublime et le tragique de la vie en ville.
    « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. ».
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose « ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • Tour à tour poème, confession, essai, conte, préface, roman à suspense, "Les Paradis artificiels" concentrent tout le génie de celui qui ne "supportera la condition humaine qu'en se plaçant entre elle et lui l'écran ou le filtre de l'opium". Baudelaire naît en 1821, l'année où paraissent les "Confessions d'un mangeur d'opium" de Thomas de Quincey. Quarante ans plus tard, leurs oeuvres sont à jamais mêlées.

  • Les enjeux du goût sont toujours furieusement politiques et métaphysiques.
    Charles Baudelaire (1821-1867), l'amateur et critique d'art qui arpente les Salons, en a une conscience extrême. Contre l'académisme pompier, il lance son mort d'ordre : retour au présent, mais un présent revêtu de la Beauté éternelle. Dans son essai publié en feuilleton en 1863 qui passe pour l'acte de naissance de la modernité, il fait l'éloge de l'artifice, du maquillage et des parures, de la femme élégante, de la ville, du frivole et de l'horreur.
    Il développe une théorie du dandy. " La modernité, c'est le transitoire, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable ".

  • "Le vin exalte la volonté, le haschisch l'annihile [...]. Le vin rend bon et sociable ; le haschisch est isolant... Enfin, le vin est pour le peuple qui travaille et qui mérite d'en boire. Le haschisch appartient à la classe des joies solitaires ; il est fait pour les misérables oisifs."

  • "tous les jeunes écrivains doivent savoir qu'ils ne s'en sortiront jamais, que la littérature qu'ils ont embrassée les perdra, et partout où ils seront forcés de passer - éditeurs, critiques, lecteurs et même amis de coeur -, on leur réclamera à l'octroi un livre de chair. a ce tarif, ils ne gagneront la gloire qu'au prix de la mort." paule constant

  • Paris, 13 mars 1861. En présence du couple impérial et du tout-Paris, Richard Wagner (1813-1883) assiste à la création française de son opéra Tannhäuser. Mais au lieu du succès escompté, la soirée est un naufrage : les chanteurs et l'orchestre sont hués, Wagner, pris à parti, est insulté. Le lendemain, la presse musicale s'acharne de plus belle sur le compositeur. Mais quelques jours plus tard, le poète Charles Baudelaire (1821-1867) fait paraître Richard Wagner et Tannhäuser à Paris, une défense brillante et passionnée du génial compositeur. Est-ce sa « méconnaissance » technique de la musique qui, par une sorte de malentendu, la lui aurait rendue intelligible ? Ou simplement est-ce que chacun aime spontanément ce qui lui ressemble ? La « correspondance » esthétique qu'il voit entre lui et le peintre musical de la modernité est l'occasion de l'exploration la plus éloquente de lui-même ...

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