• Bartolomé Bennassar retrace l'émergence de deux mondes antagonistes - républicains contre franquistes-, les interventions militaires étrangères, les affrontements et l'immense écho du conflit dans toute l'Europe. Il exhume des archives le sort des vaincus, des prisonniers, des exilés, leur rôle dans la Résistance française et jusqu'à l' " exil intérieur " des opposants à Franco. Cette analyse générale, nourrie par la force des témoignages et des récits individuels, constitue la synthèse de référence sur la guerre d'Espagne.

  • Tour de force réussi, cet ouvrage dessine le kaléidoscope de la superpuissance mondiale espagnole entre 1525 (règne heureux de Charles Quint) et 1648 (Traité de Westphalie). Une « époque où l'Espagne a tenu dans le monde le rôle dominant, qu'il s'agisse de la politique, des armes, de la diplomatie, de la monnaie, de la religion, des arts ou des lettres », société et empire irrigués par l'or et l'argent venus d'Amérique. On y croise, rois, reines, favoris, écrivains, inventeurs, musiciens, soldats, peintres, poètes, saints, mystiques et théologiens, etc., tous participants au même miracle collectif : un Siècle d'Or.

  • Franco

    Bartolomé Bennassar

    Né en 1892 dans une famille de la classe moyenne, méprisé par son père, franco fut un élève banal et anonyme, plutôt timide.
    Or, sous l'uniforme, au maroc, il va s'illustrer immédiatement par son courage et son sens du commandement, jusqu'à sa promotion comme général en 1926, à trente-quatre ans. rallié de dernière heure à l'insurrection de juillet 1936, préparée sans lui, il en devient le chef unique. mais comment a-t-il pu régner trente-six ans au terme de trois ans de guerre civile, qu'il a peut-être fait durer, d'ailleurs, pour asseoir son pouvoir ? parce que, viscéralement catholique et anticommuniste, mais pas dogmatique, il a su selon les cas s'appuyer sur l'une ou l'autre des forces contradictoires du régime.
    /> Grâce aussi à une presse soigneusement contrôlée, à une répression d'abord très dure puis vigilante, à sa prudence pendant la deuxième guerre, à son inculture économique qui l'a conduit à " laisser faire " des techniciens conservateurs, mais libéraux, qui ont ouvert l'espagne à l'économie de marché, grâce enfin à la crainte du pays de voir renaître la folie collective qui avait produit la guerre civile, et dont le spectre fut longuement entretenu par le régime franquiste.

  • Tortures, bûchers, sorcières et fanatisme sont les images que l'Inquisition espagnole (1479-1834) a laissées dans les consciences.
    Créée pour combattre les conversos ou les morisques, qui s'obstinaient à rester secrètement juifs ou musulmans, elle s'empara ensuite du peuple chrétien pour le modeler selon les idéaux définis et les règles édictées par le concile de Trente. Elle commença la chasse aux livres, aux clercs audacieux, aux étudiants vagabonds que l'Europe de la Renaissance avait produits en abondance. En même temps, elle mit à la disposition de l'Etat monarchique un peuple homogène, aux croyances et aux réflexes conformes.
    En luttant contre les minorités religieuses, l'Inquisition se mit en en réalité au service de l'Etat.

  • oeuvre collective sous la direction de bartolomé bennassar, cette histoire des espagnols donne aux
    acteurs, hommes et femmes, le premier rôle, et
    réduit à l'indispensable la part des institutions et des événements.
    il n'est pas question d'en ignorer les temps forts, par exemple l'épanouissement et l'éclat de l'islam espagnol, ou le siècle d'or. mais il s'agit avant tout de découvrir les manières des espagnols de naître, de vivre, d'aimer, de se divertir, de croire, d'inventer le verbe, de créer la beauté - à travers dix siècles d'une histoire contrastée, souvent mal connue. une tentative de redécouverte très éloignée des stéréotypes.

  • Vélasquez

    Bartolomé Bennassar

    • Fallois
    • 29 Septembre 2010

    Le peintre des peintres ", disait Manet, dans une lettre envoyée de Madrid à son ami Fantin-Latour, à propos d'un artiste qu'il venait d'admirer au musée du Prado : Diego Rodriguez de Silva y Velàzquez.
    De Renoir à Picasso et d'Edouard Degas à Francis Bacon, tous les grands ont souscrit à ce jugement. Mettant en scène les humbles comme les rois, les bouffons comme les hommes d'Eglise, ne s'interdisant aucun genre, ni les tableaux d'histoire, ni les paysages, ni les nus féminins, Vélasquez incarne à lui seul toute la peinture espagnole, et peut-être la peinture tout entière. Pourtant, le plus connu des peintres, s'il s'agit de son oeuvre, est aussi celui dont la vie est la plus mal connue.
    Aucun témoignage direct, aucune correspondance intime, aucun document d'archives ne permettait jusqu'à maintenant de décrire l'homme qu'il fut. Il a fallu attendre le quatre centième anniversaire de sa naissance, en 1999, pour que de nombreux colloques, congrès et symposiums fassent avancer la recherche. À l'aide de ces récentes découvertes, Bartolomé Bennassar tente ici de percer les secrets de l'auteur des Ménines, et de faire toute la lumière sur celui dont le meilleur spécialiste disait qu'on ne pouvait pas écrire la biographie, " car il ne lui est rien arrivé ".

  • Dans la vieille terre d'aurochs qu'est l'Espagne, la mise à mort des taureaux était une activité ancestrale.
    Né dans les abattoirs sévillans contre la volonté des autorités, le toreo moderne se hausse peu à peu à la hauteur d'un art. Codifié au XVIIIe siècle, il atteint son apogée a la fin du XIXe siècle et au début du xxe.
    Spectacle dont les grands matadors sont les idoles, la corrida est aussi un phénomène social lié à l'essor des villes. Par ses relations avec les bouleversements de l'Espagne, ses interactions avec l'élevage et le tourisme, elle a en outre une dimension politique et économique.
    Par delà la péninsule ibérique, la tauromachie exerce un rayonnement mondial, de l'Amérique latine au Midi de la France où elle est devenue un phénomène culturel essentiel.

  • Du déclin des Bourbons à la crise économique du début des années 1980, ce second volume de l'Histoire des Espagnols retrace deux siècles de vie en Espagne. Il relate entre autres les difficultés économiques chroniques du pays, l'émergence des Lumières, l'ascension de la bourgeoisie, le « désamortissement » du monde rural, les conditions de vie durant la guerre civile, sous Franco, la mutation du pays en l'un des vingt-cinq plus riches du monde, la renaissance de la démocratie... Le mérite de ce livre est de proposer l'étude continue, sans aucune rupture, d'un destin collectif ; histoire des Espagnols et non l'histoire de l'Espagne. Les auteurs ont donc accordé la primauté aux hommes et aux femmes qui ont été les acteurs de cette longue traversée. Ils racontent la naissance, la vie, l'éducation, les amours, le travail de ces Espagnols. Ils décrivent leur manière de s'alimenter et de s'habiller, leurs croyances, leurs idéaux, leurs divertissements... Sous la direction du meilleur spécialiste français de l'Espagne.

  • Le temps et l'espace étaient les horizons de Bartolomé Bennassar : la profondeur historique de l'histoire espagnole, les grandes terres de l'Amérique latine. Comme tout pérégrinant, il écrivait ses voyages, mais avec une plume double : celle de l'écriture romanesque - l'un de ses romans a connu une adaptation au cinéma - et celle de l'historien. Il nous livre dans ce petit ouvrage la quintessence d'un itinéraire humain et intellectuel : de la découverte de la discipline qui sera la sienne, l'histoire, à sa carrière, scandée au rythme de la publication d'une oeuvre historiographique importante, de spécialiste attentif des évolutions du monde hispanique, sans oublier la passion de l'enseignement qui inlassablement l'emmène avec ses étudiants sur les routes des Andes.
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  • Le temps de l'espagne

    Bartolomé Bennassar

    • Pluriel
    • 28 Septembre 2011

    L'Espagne du long siècle d'or a su construire un empire multiple et éclaté. Un grand dessein politique s'est formé qu'une dynastie chanceuse et avisée a pu conduire grâce au dynamisme d'un peuple. En deux siècles, les Habsbourg d'Espagne, de Charles Quint à Philippe IV, ont réalisé un double modèle, politique et culturel, dont les auteurs soulignent l'originalité, l'ingéniosité et la force.

  • Hidalgo désargenté d'Estrémadure, le jeune notaire Hernan Cortès (1485-1547), qui rêve de gloire et d'or, cède vite à l'appel des mirages de l'Amérique et s'embarque pour les Caraïbes.
    De Cuba, il partira à la tête d'une expédition de cinq cents hommes à la recherche d'un détroit permettant de rallier les Indes mythiques. À la place, il découvrira un monde encore inconnu, où des sociétés raffinées façonnent d'éblouissantes parures d'or tiré de leur inépuisable sous-sol et érigent des temples majestueux où ils se livrent à d'effrayants sacrifices rituels. Exploitant les croyances païennes des Aztèques, jouant des divisions du monde indien, Cortès réussira l'impossible exploit de s'approprier la fabuleuse capitale de l'empereur Moctezuma, Tenochtitlan-Mexico, et d'étendre sa domination sur dix millions de Mexica.
    Loin de l'image du conquistador brutal et sans cervelle, l'auteur nous dépeint le portrait d'un stratège génial et d'un habile politique, qui préféra toujours la diplomatie an coup de force et sut s'allier le précieux concours d'une Indienne à l'intelligence exceptionnelle, la Malinche, dont il fit son interprète et sa maîtresse. Un homme aussi au charisme rare, admiré de ses soldats et très apprécié des femmes, que son ambition inextinguible et sa soif de conquêtes mèneront jusqu'au Honduras et à la Californie, avant de revenir finir ses jours en Espagne.

  • Une aventure collective fascinante avec des temps forts qui provoquent curiosité et passion : l'épanouissement d'un islam espagnol, l'épopée des grandes découvertes et l'invention d'un nouveau continent, l'éclosion superbe du Siècle d'or, la résistance nationale à l'occupation napoléonienne, une atroce guerre civile qui attire à elle des combattants du monde entier, la plus longue dictature personnelle de l'Europe du XXe siècle, la mutation accélérée d'un pays pauvre en l'une des vingt-cinq nations les plus riches du monde, la renaissance de la démocratie dans un régime monarchique...
    Histoire des Espagnols et non histoire de l'Espagne. Les auteurs ont accordé la primauté aux hommes et aux femmes qui furent les acteurs de cette longue traversée, en réduisant à l'indispensable la part des institutions, des analyses abstraites et des événements ponctuels. Ils racontent la naissance, la vie, l'éducation, les amours, le travail de ces Espagnols ; ils décrivent les divertissements, les croyances et les idéaux de ce peuple qui, s'il n'a que faiblement participé à la maîtrise de la nature et de ses lois, s'est en revanche magnifiquement exprimé dans l'exploration du monde, dans l'invention verbale, la quête et la représentation de la beauté ou la recherche du surnaturel.
    Georges Liébert.

  • L'histoire d'une capitale depuis sa naissance au Moyen Age jusqu'à nos jours.

    Mayrit, la « mère des eaux », fut fondée par les musulmans et ne devint chrétienne qu'à la fin du XIe siècle. En 1561, Philippe II décide d'en faire la capitale aux dépens de villes plus importantes. Madrid devient alors l'emblème du Siècle d'or et se couvre de monuments. C'est à ce moment qu'elle entre dans l'histoire. En 1701, elle accepte un Bourbon venu de France, Philippe V, petit-fils de Louis XIV, pour succéder à Charles II, dernier Habsbourg mort sans héritier. En 1808, les Madrilènes déclenchent une insurrection contre l'occupant français. Ils récidivent en 1936 en faisant échec au coup d'Etat des généraux. Après la dictature de Franco, Madrid exprimera sa reconnaissance à son roi Juan Carlos pour avoir su faire entrer l'Espagne dans l'ère d'une démocratie moderne et apaisée.
    Avec le talent qu'on lui connaît, Bartolomé Bennassar raconte la grande histoire de cette métropole au passé riche et fascinant.

  • Trois hommes d'origines, de traditions et de parcours très différents, ont sans le savoir un rendez-vous qui marquera définitivement leur vie.
    C'est en Colombie, au lendemain de la guerre, dans cette époque de troubles qu'on a pris l'habitude d'appeler " la Violence ", comme si la violence avait jamais cessé dans ce pays. Les relations entre ces trois hommes, autour desquels gravitent de nombreux personnages secondaires, certains à peine silhouettés, d'autres très typés, telle l'émouvante Chiqui, se nouent à la faveur d'épisodes surprenants, voire déconcertants.
    La force du roman doit beaucoup à l'extrême des situations, tout autant qu'à la présence obsédante d'une nature admirable, mais démesurée. De Carthagène et de Bogotà jusqu'aux llanos orientaux et aux sommets des Andes, l'action romanesque prend la forme d'un huis clos paradoxal. À la dilatation de l'espace répond l'isolement complet du groupe humain, qui vit intensément la relation, à la fois conflictuelle et passionnelle, qui oppose et unit les trois hommes et leurs compagnons.
    Le temps de la lecture de ce livre, le quotidien n'existe plus. Mais on pourra aussi voir dans ce roman, au deuxième degré, une métaphore de l'Amérique, dont les composantes sont aisément identifiables, depuis la quête d'un autre destin jusqu'à l'exaspération de la violence et au culte des armes à feu.

  • Afin de conserver la doctrine mais surtout le pouvoir, la Papauté a créé dès le début du XIIIe siècle un ensemble d'outils répressifs dont les méthodes ont inspiré jusqu'aux régimes contemporains les plus dictatoriaux. Éradication des « hérésies », mais tout aussi bien des laïcs qui tentaient de traduire la Bible en langue vulgaire dès le Moyen Âge, puis appareil d'État au service des rois d'Espagne afin d'éliminer juifs et musulmans en Europe comme en Amérique, la Sainte Inquisition a derrière elle une belle histoire de sévices physiques et psychologiques au fonctionnement parfaitement bureaucratique.

  • Les Lances de Breda, célèbre tableau de Vélasquez, impose à ceux qui le regardent sa beauté, la force de sa composition et son originalité dans le traitement des paysages. Il nous entraîne dans le sillage de l'armée de Philippe IV qui vient d'obtenir, en 1625, la capitulation de Breda, l'imposante place forte des Pays-Bas réputée imprenable. A l'issue d'une enquête passionnante menée par Bartolomé Bennassar, cette victoire espagnole sur les Hollandais révèle l'évolution des codes de la guerre, du sort réservé aux vaincus et l'ambition des monarques du Siècle d'Or. B. Bennassar, se penche sur ce grand tableau du Prado, pour nous livrer son mystère et nous inviter à découvrir un des moments importants du XVIIe siècle, quarante ans avant que le Roi Soleil (Louis XIV) ne succède au Roi Planète (Philippe IV d'Espagne).

  • De la démographie à la peinture, en passant par la gastronomie et la poésie, le livre de bartolomé bennassar est un étonnant kaléidoscope d'images étranges et discordantes.
    Côte à côte : hidalgos, saints et picaros, les nains et les rois, l'ascèse et la fête, l'orgueil aristocratique et l'idéal évangélique. un monde foisonnant, bigarré, aux tensions de plus en plus vives, créatrices d'idées et de théories nouvelles, de formes artistiques insolites, d'une superbe littérature. pourtant, dès 1640, tous les éléments - démographiques, économiques, militaires - sont réunis pour ruiner le rêve de grandeur nourri par charles quint et philippe ii : un miracle collectif s'achève.
    L'espagne glisse dans la décadence, la première, en europe, à être vécue " de l'intérieur " depuis la chute de l'empire romain.

    Charles quint, philippe ii, cervantes, loyola, velasquez, saint jean de la croix, sainte thérèse d'avila, lope de vega, le greco, calderon, zurbaran. entre la renaissance italienne et le règne de louis xiv, le siècle est espagnol. superpuissance mondiale, l'espagne n'a alors d'autre adversaire à sa mesure que le seul empire ottoman.
    Nation jeune, jouissant longtemps d'une paix et d'une sécurité exceptionnelles pour l'époque, irriguée par le " fabuleux métal " américain, elle exporte simultanément la guerre, sa monnaie qui fait prime dans le monde - comme le dollar aujourd'hui -, sa théologie et sa mystique, ses modes vestimentaires et littéraires.

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