• Propos sur le bonheur

    Alain

    Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le tronc de la sagesse commune et dorés à cette autre lumière des idées. Ils en reprennent leur saveur d'origine, qui est le goût de l'existence. Saveur oubliée en nos pensées ; car on voudrait s'assurer que l'existence est bonne et on ne le peut ; on en déçoit donc l'espérance par précaution, prononçant qu'elle est mauvaise. De là s'étend l'empire de l'imagination déréglée, en quoi Alain, se confiant à la sagesse du corps, restaure la souveraineté claire de l'homme heureux et qui n'attend pas pour l'être, ici et non ailleurs, que l'événement lui donne raison, acteur enfin et non spectateur de soi-même.

  • Propos sur les pouvoirs

    Alain

    Quel sens revêt l'avènement de la démocratie, faisant triompher l'idéologie du peuple souverain a Vient-il consacrer la puissance de l'État en lui apportant sa légitimation ? Ou introduit-il la légitimité d'un contrepouvoir qui vise précisément à empêcher l'unification dans l'État souverain des forces actives d'une nation, intégrées au système de la compétence, à dissocier ainsi les pouvoirs, à les limiter, c'est-à-dire à les contrôler. Le sens de la démocratie est l'enjeu d'une prise de conscience des droits du citoyen, droit à la différence et à la résistance dans des espaces non unifiables d'obéissance.

  • Des principes fondamentaux de la connaissance aux questions de morale, de la philosophie des sciences à la métaphysique, Alain donne une vue d'ensemble de ce qu'est la philosophie.
    Tous les élèves d'Alain ont gardé un souvenir inneffaçable de son enseignement. Dans les Éléments de philosophie, on retrouve le grand professeur qui a marqué tous ses disciples : ses cours constituent l'introduction à la fois la plus claire et la plus profonde aux problèmes essentiels de la philosophie.

  • Partant des principes fondamentaux de la connaissance, de la morale, de la philosophie des sciences et de la métaphysique, Alain définit les passions (bonheur, colère, amour, peur, etc.) et les vertus (courage, justice, sagesse, etc.). Il se sert de ces notions pour cerner les relations humaines.

  • Propos sur la nature

    Alain

    «Le thème de la nature est la toile de fond de toutes mes pensées. Autant que je pouvais deviner la situation de ceux qui pensent subjectivement, je les voyais enfermés dans des rêves et séparés du monde et développant une existence sans fenêtres, à peu près comme les monades de Leibniz, existence où il y avait pourtant une sorte de monde au-dehors. Et je ne crois pas avoir jamais fait autre chose, quand je décrivais, que nettoyer ce monde de toute la buée humaine, et le voir comme il serait sans nous.»

  • «J'ai répudié toute règle ; sinon celle que j'aimais à peu près tout, qu'il fallait donner de tout, ne pas oublier un de ces Alain qui sont Alain. Ni le jeune, qui est déjà l'admirable, vif, agressif, pensif, le feutre sur l'oreille, le coeur à tout, ni l'autre, dans la lumière de la plus belle lumière, comme il n'y avait pas eu de lumière depuis Platon. Ni les livres préférés, ni les oiseaux, ni les astres, ni les boutades et presque les manies, dont il souriait, cet entêtement qui ne faisait qu'un avec son génie... Je confesse que j'inclinais à cet Alain que j'avais suivi sur les sentiers de la Bretagne et des dieux...» Maurice Savin.

  • Deux textes sont ici rassemblés. Les Propos sur l'éducation sont des réflexions générales et théoriques, parfois lapidaires, publiées en un volume en 1932. La Pédagogie enfantine correspond à une série de trente et une leçons (octobre 1924 - juin 1925) rédigées à la demande de la directrice du Collège Sévigné qui souhaitait un cours destiné à ses élèves, futures « jardinières d'enfants ». « Ce texte assurera une meilleure intelligence des Propos, dans la mesure où il en explicite la cohérence doctrinale et l'assise philosophique », note Robert Bourgne dans un Avertissement.

  • Dans ses quelque cinq mille Propos, écrits de 1906 à 1914, puis de 1921 à 1936, Alain avait pour méthode de confronter toujours l'événement quotidien aux exigences pures de l'esprit : aussi la plupart d'entre eux continuent-ils de faire écho aux inquiètes contestations de notre temps.

  • Le lecteur retrouvera dans ce volume les grands thèmes d'Alain sur la prééminence de la morale, sur la nature de la perception, du jugement, de la raison, sur les doctrines de grands philosophes. Mais aussi, et plus près d'une réalité qu'il a fortement vécue, ses souvenirs de guerre, et le pamphlet : Mars ou La guerre jugée, qui ne perdra jamais de sa vigueur. Tout cela soutenu, dans l'ensemble, par le souvenir de Jules Lagneau, son maître, avec lequel il ne fut pas toujours d'accord, mais qu'il élève au-dessus des plus grands.

  • Système des beaux-arts

    Alain

    Les idées ici proposées ne dépendent point de quelque idée supérieure d'abord posée, et ne conduisent même point à quelque notion commune qui puisse définir tous les arts en peu de mots.
    Au contraire je me suis attaché à marquer les différences, les séparations, les oppositions, me réglant ainsi, autant que peut faire la critique, sur les oeuvres elles-mêmes, dont chacune s'affirme si bien et n'affirme qu'elle.

  • Idées

    Alain

    "Je me suis proposé de faire en sorte qu'il ne manque rien à cet ouvrage de ce qui peut donner à un étudiant le goût de la philosophie." Puissant éveilleur d'esprits, grand sophiste et admirable professeur, Alain a marqué profondément son époque et ses disciples et a laissé, à travers ses écrits, un enseignement durable où s'expriment son hostilité au pouvoir et sa méfiance à l'égard des systèmes.
    Ce volume dont les textes sont consacrés successivement à Platon, Aristote, Descartes, Hegel et Comte, forme un ensemble de remarquables commentaires et peut être considéré comme une vivante introduction à la philosophie.

  • Voici le jardin du philosophe. On y cueillera des fruits mûris sur le tronc de la sagesse commune et dorés à cette autre lumière des idées. Ils en reprennent leur saveur d'origine, qui est le goût de l'existence. Saveur oubliée en nos pensées ; car on voudrait s'assurer que l'existence est bonne et on ne le peut ; on en déçoit donc l'espérance par précaution, prononçant qu'elle est mauvaise. De là s'étend l'empire de l'imagination déréglée, en quoi Main, se confiant à la sagesse du corps, restaure la souveraineté claire de l'homme heureux et qui n'attend pas pour l'être, ici et non ailleurs, que l'événement lui donne raison, acteur enfin et non spectateur de soi-même.

  • Propos sur des philosophes

    Alain

    • Puf
    • 2 Mars 2005

    " qu'est-ce qu'un propos ? c'est d'abord un article de presse, de deux ou trois feuillets, s'adressant par définition à tout le monde, disons à tous ceux qui savent lire, et leur offrant, quel que soit son objet particulier, comme une leçon de philosophie appliquée.
    J'ai pratiqué parfois l'exercice. mon admiration pour alain, déjà grande, s'en est trouvée sensiblement augmentée. personne avant ni après lui n'a réussi aussi souvent, ni aussi brillamment, une telle gageure élever, comme il disait, " l'entrefilet journalistique au niveau de la métaphysique " . c'est le cas, spécialement, dans ces admirables propos sur des philosophes. le professeur inoubliable que fut alain vient soutenir le journaliste qu'il fut aussi, l'un et l'autre indissociables du philosophe qu'il demeure.
    Je ne connais pas de plus belle invitation à lire les grands auteurs, à les relire, à les méditer, enfin à s'en libérer, ce qui est la fidélité vraie à ces maîtres de liberté. " andré comte-sponville.

  • Platon

    Alain


    «Être Platon»: la formule ramasse, pourvu qu'on veuille l'entendre, ce qu'Alain put comprendre de son «poste d'homme», et la tâche qu'il se donna de réveiller l'homme en chacun. Il le fit par l'invention du «Propos» dans son enseignement et, d'une manière particulièrement aboutie, parfaite en son genre, dans les Onze chapitres sur Platon, «introduction» dont la profondeur et la puissance, tant pédagogique que philosophique, ont été unanimement reconnues depuis sa parution en 1928.
    À cet ouvrage fondamental, à la fois lumineux et ardu, la présente édition associe pour la première fois de nombreux textes rares ou inaccessibles, qui nous conservent la force des leçons qu'Alain consacrait à Platon, comme celle des Propos dans lesquels le maître de l'Académie est explicitement convoqué pour participer à ce réveil quotidien de l'homme à son humanité concrète. L'ensemble ouvre à d'infinies lectures croisées qui convient le lecteur, comme Alain sut faire, à lier la méditation de Platon à l'élaboration indéfinie du poème de l'homme.
    Couverture:
    Raphaël (1483-1520), L'École d'Athènes (partie centrale), musée du Vatican, Chambre de la signature © 1990, Photo Scala, Florence.


  • Avec Balzac

    Alain

    Lecteur à la manière de Montaigne, Alain fréquentait, au gré de son humeur, les esprits fraternels qu'il avait élus comme compagnons.
    Balzac fut de ceux-là. Le prenant et le reprenant " comme une nourriture, pour penser maintenant, pour vivre maintenant ", il a célébré en lui " le nouvel Homère ", " le génie enchanteur le plus généreux peut-être contre l'ennui ".
    Ce volume rassemble pour la première fois, hormis les Propos où Balzac est évoqué, tous les textes, dont certains inédits, qu'Alain, au fil de son existence, lui a consacrés.

  • Alain a quarante-six ans quand il s'engage, en août 1914, pour une guerre dont il était dispensé et contre laquelle il s'est toujours battu. Du champ de bataille où il sert comme artilleur, il écrit beaucoup et surtout à ses deux complices, Marie Salomon et Marie-Monique Morre-Lambelin, correspondance patiemment rassemblée, pour la première fois, par Emmanuel Blondel dans ces Lettres aux deux amies. La guerre décrite par l'écrivain, de son vrai nom Émile Chartier, professeur de philosophie au Lycée Henri-IV et au collège Sévigné, s'oppose à tous ces récits voués à l'héroïsme, à cette littérature des tranchées qu'il juge « laide » et bourrée de mensonges. Dans ces lettres parfois écrites « au galop » sous les volées d'obus, il y a d'abord la grâce du style, mais aussi une profonde humanité, une clairvoyance absolue sur le cataclysme du premier conflit mondial et des sentences sans appel contre « les crétins et les calotins qui se partagent le pouvoir.» Préférant le front à l'insupportable arrière, rappelant toujours avec Descartes que l'irrésolution est le pire des maux, Alain le pacifiste a choisi d'être aux côtés des « meilleurs », ceux qu'on envoie au massacre, ces spectres qu'il voit revenir des assauts, hagards, le long des chemins. Parmi tous ces morts, ses anciens élèves « mes braves petits, presque tous tués » dont les noms s'égrènent au fil des mois de carnage. Mais il faut se tenir droit et c'est pendant ces années de combat que se construit la future oeuvre, foisonnante, du philosophe. Il faudra gagner la paix grâce à l'écriture même si Alain n'est pas dupe et se sent déjà bien seul face aux discours moralisateurs.

  • Propos sur les beaux-arts

    Alain

    • Puf
    • 1 Novembre 1998

    J'ai relu cinquante fois le lys, la chartreuse, le rouge et le noir ; ces oeuvres ne s'usent point ; tout le plaisir qu'elles m'ont donné revient autour d'elles comme une parure.
    Il est vrai que j'ai beaucoup lu aussi les mousquetaires, la reine margot ; mais alors en courant, car je n'y cherche qu'une apparence. je lis et je relis sans fatigue les récits de kipling. l'île au trésor, de stevenson, est presque écrite dans ma mémoire. je fais ces aveux pour qu'on entende bien que je suis un liseur de bon appétit ; autant dire qu je ne donnerais pas mon goût personnel comme règle ; et, autant que je sais, nul n'est bon juge, ni pour les romans, ni pour la peinture, ni pour aucun genre d'oeuvres.
    Mais, pris ensemble, les hommes sont de bons juges. alain.

  • " D'abord massacrer les lieux communs ", telle est l'ambition du jeune philosophe Alain qui attaque, chaque matin, en une de La Dépêche de Rouen et de Normandie, les " tenants du désordre établi ". Églises, académies, partis, politiciens, bureaucrates, sorbonnards, misogynes, bourgeois, bellicistes et tyrans de tout poil constituent les cibles favorites d'un polémiste cinglant qu'on a parfois tendance à oublier.

    De 1906 à 1914, il donne 3083 chroniques, écrites avec quelle virulence ! Dans chacun des 43 textes choisis, on redécouvre un penseur qui s'insurge. Sa lucidité et son impertinence d'esprit s'appliquent à merveille à l'injustice et à la bêtise de notre monde.

  • Stendhal et autres textes

    Alain

    • Puf
    • 1 Décembre 1994

    Avertissement, par FRANÇOIS FOULATIER, 5, I 1935 - STENDHAL Dédicace à Mme Morre-Lambelin, 9 CHAPITRE PREMIER. - L'INCRÉDULE, 11 Descartes jugé par Stendhal, 11. - Stendhal contre le Jésuite, 11. - Politique de Fabrice, 12. - L'esprit libre en Stendhal, 14. - Fabrice et Blanès, 16. - Pressentiments, 17. - Stendhal comparé à Balzac, 18. - Religion de Stendhal, 19. - L'art de sentir, 20.

    CHAPITRE II. - L'HONNTE HOMME, 22 Si La Chartreuse est un livre immoral, 22. - Qu'est Julien Sorel ?, 23. - Julien et Tascheron, 24. - Le repentir de Fabrice, 24. - L'Abbesse de Castro, 25. - Mosca, 27. - Analyse toute claire, 28. - Morale intérieure, 28. - Le géomètre, 29. - Fouqué, 30.

    CHAPITRE III. - LE POLITIQUE, 31 Le gouvernement de Rome, 31. - Réalisme, 32. - Violence politique, 34. - L'égalité, 35. - Le despotisme, 36. - Le réel, 37. - Politique et passion dans Julien, 38. - Le Rouge et le Noir, 38. - Lucien Leuwen, 40.

    CHAPITRE IV. - L'AMOUREUX, 43 Cynisme, 43. - Fabrice léger, 44. - Mosca, 45. - Sanseverina, 46. - Le génie féminin, 47. - Jalousie, 47. - L'amour de soi, 49. - L'amour généreux, 50. - Les héroïnes, 51. - Stendhal Cornélien, 52. - Cristallisation, 53. - Libre obéissance, 54. - Lamiel, 55.

    CHAPITRE V. - L'AMATEUR DE MUSIQUE ET DE PEINTURE, 59 La musique, 59. - Vie de Haydn, 60. - Musique et solitude, 62. - Mélodie et harmonie, 63. - Culture contre vanité, 64. - Sentir juste, 65. - La peinture, 66. - Les autres, 69. - Tant de Français incapables de sentir les arts, 70. - Simplicité en Stendhal, 71. - La Cène, 72. - La Pieta, 74.

    CHAPITRE VI. - L'ÉCRIVAIN, 76 La langue commune, 76. - Style comédien, 77. - Style heureux, 79. - L'emphase et l'esprit, 80 - Style de La Chartreuse, 82. - L'épique, 83. - L'inspiration, 85. - Stendhal dans l'histoire de la prose française, 86. - Le sublime, 90. - Lucien Leuwen, 91. - Lamiel, 92. Sommaire biographique, 94 II AUTRES ÉCRITS SUR STENDHAL 1. - 1910-1930 - Douze propos sur Stendhal, 99 2. - 1935 - L'art d'écrire. L'Auberge Rouge, 125 3. - 1939 - Du romanesque d'ambition ou de l'amour selon Stendhal, 135 4. - 1938-1949 - Journal, 149 5. - 1949 - Introduction à Lucien Leuwen, 171 Les leçons du manuscrit "Stendhal", par FRANÇOIS FOULATIER, 187 Notice bibliographique, par PIERRE ZACHARY, 193 Postface, par ROBERT BOURGNE, 199

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