Littérature traduite

  • La littérature consacrée au génocide des Juifs dans l'Allemagne nazie est abondante. Pourtant aucun historien ne s'était jusqu'alors attelé à une analyse de cette ampleur mêlant le point de vue des bourreaux et celui des victimes. C'est le premier tour de force que réalise Saul Friedlander. Fondé sur de nombreuses archives inédites, nourri de voix innombrables (journaux intimes, lettres, mémoires), ce second volume de L'Allemagne nazie et les Juifs est magistral : implacablement et sobrement, il déroule l'effroyable scénario qui mène à la « solution finale » et à sa mise en oeuvre.
    Complicité des autorités locales, soutien actif des forces de police, passivité des populations et notamment des élites, mais aussi promptitude des victimes à se soumettre aux ordres dans l'espoir d'améliorer leur sort : c'est cette histoire d'une extrême complexité qui est ici racontée avec une maîtrise rare.

  • En 1978, dans Quand vient le souvenir, Saul Friedländer se penchait sur son enfance : l'incompréhensible drame qui fait qu'un petit garçon juif, tchèque, enfant unique chéri de ses parents, devient à dix ans catholique, français et orphelin.

    Ce livre reprend le récit au moment où le premier s'arrête : en 1948, quand l'auteur âgé de seize ans fugue du lycée Henri-IV où il est pensionnaire pour rejoindre clandestinement le jeune État d'Israël, comme l'ont fait d'autres orphelins de sa génération. Il ne parvient pas à s'y fixer. Très vite s'établit une existence partagée entre trois mondes : l'Europe, les États-Unis et Israël, entre français, anglais et hébreu. À plus de trente ans vient le choix de l'écriture et de l'histoire. Saul Friedländer renoue alors les fils de son passé en se confrontant au nazisme, dont il devient l'un des plus brillants historiens, engagé dans tous les débats de son temps.

    Voici le récit d'une vie marquée par la Shoah, dans laquelle la recherche n'a jamais été dissociée de l'engagement. D'une écriture pudique et souvent bouleversante, Saul Friedländer raconte comment, à partir de la perte, se construit une vie d'homme.

  • Dans une enquête qui tient à la fois de l'essai biographique et littéraire, Saul Friedländer sort de sa spécialité pour chercher la clef la plus propre à ouvrir les portes de l'oeuvre de Franz Kafka. L'auteur de La Métamorphose n'est évidemment pas un inconnu pour le grand historien de la Shoah, dont le milieu d'origine pragois est, à une génération près, celui de l'écrivain. L'historien révèle ici sa profonde connaissance de son oeuvre comme du dernier état de la critique.
    Prenant délibérément à contre-pied la biographie-hagiographie de Max Brod (1945), l'ami et exécuteur testamentaire de Kafka, Saul Friedländer plaide pour une lecture non censurée du texte. Il écarte toutes les interprétations qui tendent à faire de Kafka un mystique caché, un prophète du malheur et des catastrophes à venir. Kafka était, dit-il, un poète qui " suivait des rêves ". Prenant appui sur d'abondantes citations de ses écrits, il met l'accent sur le sentiment de honte sexuelle et de culpabilité qui a étreint l'homme tout au long de son existence, nourri par des obsessions lancinantes, la haine du corps, l'attirance pour les hommes et le sadomasochisme.
    Cette entreprise d'interprétation audacieuse, qui sera sûrement discutée, est aussi l'une des meilleures invitations à lire et à relire l'un des plus grands écrivains du XXe siècle.

  • Ce premier volume décrit l'arrière-plan de l'extermination des Juifs. Fondé sur une très riche documentation, l'ouvrage montre que, sous une apparente confusion, la politique nazie envers les Juifs du Reich, puis d'autres pays, se radicalisait sans relâche. Et que, sans qu'il y ait de plan ni de but ultime clairs, les années de persécution auguraient déjà du pire, en cas de guerre.

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