• Saint-Jean, c'est un petit village à la dérive, quelque part. On ne part pas de Saint-Jean, et jamais on n'y vient. On y est, on y reste.
    Là-bas, rue Principale, les pompes funèbres «Edmond Ganglion & fils» agonisent lentement et ne comptent plus que deux employés : Georges, un vieux de la vieille, fossoyeur de la première heure, et Molo, un jeune gars serviable mais sans expérience. Ganglion s'angoisse, se ronge, et prie pour que l'été caniculaire finisse par refroidir quelqu'un. Georges patiente et Molo rêvasse.
    Quelqu'un meurt, finalement, in extremis. Et tout commence...

  • J'enquête

    Joël Egloff

    Le narrateur est un privé. L'affaire dont il a accepté de se saisir le conduit dans une petite ville de province. Il rencontre le père Steiger et le sacristain, Monsieur Beck, qui l'ont sollicité pour enquêter sur le vol - «l'enlèvement », le corrigera le père Steiger tout au long du roman - de l'Enfant Jésus dans la crèche. Du lendemain de Noël au lendemain de l'Epiphanie, commence une suite de mésaventures toute aussi absurdes les unes des autres, en témoigne le seul indice retrouvé sur place : une bouloche de pull bleue. Pour préserver son anonymat le narrateur dit être représentant en roulements à billes et en vin de messe. A l'hôtel, il dort mal à cause des parties de jambes en l'air des voisins du dessus, retransmises par la chaîne 28 qu'il regarde dans sa chambre. Durant toute l'enquête, un peintre refait sa chambre en égrenant ses miettes de sandwich à la mortadelle dans son lit. Son enquête, en dépit de tout l'optimisme dont il fait preuve, est un échec. Le père et le sacristain l'encouragent alors à abandonner, ce qui le convainc qu'il doit rester. Loufoque et très pince sans rire, voici une parodie de roman policier jubilatoire et terriblement décalée. Du grand Egloff.

  • L'etourdissement

    Joël Egloff

    Dans un lieu improbable, entre l'aéroport et un supermarché, tout près de la décharge, se trouve l'Abattoir. C'est là que travaille le narrateur, jeune homme célibataire qui vit avec sa grand-mère acariâtre. «L'Abattoir, c'est pas vraiment le boulot dont je rêvais... Ça fait tellement longtemps que ça saigne, j'en ai des vertiges de cette hémorragie.» Il y a bien un peu d'amour, les filles à la pause, l'institutrice entrevue et dont il rêve, rêve sans oser lui parler. Et puis quelques copains avec qui on projette des voyages et des aventures sans lendemain...
    Ce serait le récit de la routine d'une vie ordinaire. Mais de ce quotidien absurde, l'auteur dessine un portrait à la fois sinistre et poétique, empreint d'un humour souvent cinglant et toujours discret.
    Voici des personnages cocasses, des scènes surprenantes et drôles, dans l'ambiance d'un conte généreux, une sorte de leçon d'humanité et d'espoir.

  • Kate

    Joël Egloff

    Où il est question de station Antarctique, de plomberie, de verbes irréguliers, de manchots et de tout ce que nous réserve l'existence.

    « (...) et puis plus rien d'autre à faire qu'à attendre la fin de la journée, m'asseoir au bord de l'eau et regarder passer les icebergs à l'horizon. »

  • Libellules

    Joël Egloff

    «On a beau avoir deux yeux, ils regardent souvent dans la même direction, si bien qu'au lieu de se compléter, ils travaillent en doublon, ce qui est regrettable. Toute considération esthétique mise à part, s'ils pouvaient, chacun d'eux, faire preuve d'un peu plus d'autonomie, si l'un s'occupait de regarder à droite pendant que l'autre regarde à gauche, on aurait sûrement une vision du monde moins parcellaire. On toucherait d'un peu plus près à la vérité des choses.» Il y a, dans Libellules, un enfant qui grandit et sans cesse s'interroge, un père qui aimerait pouvoir lui répondre, il y a cette femme qui, du matin au soir, secoue son linge à sa fenêtre, il y a Kate, là-bas, en Antarctique, et la tragique histoire d'un chapeau à la mer. Avec tendresse et bienveillance, un homme, écrivain, porte un regard sensible et drôle sur le monde qui l'entoure.

  • Avec un visage très commun, on court toujours le risque d'être confondu avec quelqu'un d'autre. En général, la méprise apparaît rapidement et chacun s'excuse, penaud, de son erreur. Mais ce n'est pas le cas de cet homme qui finit par se laisser aller, résigné, à être ceux pour qui on le prend. Il est cependant très compliqué, voire épuisant, de vivre plusieurs existences à la fois. surtout quand ce ne sont pas les siennes !

  • Les ensoleilles

    Joël Egloff

    Le 11 août 1999, un peu avant midi, il n'y avait qu'une chose à faire : lever les yeux au ciel.
    On en avait tant parlé de cette éclipse... tout semblait on ne peut plus simple. etre au bon endroit, au bon moment et regarder en l'air. mais pour certains tout ne fut pas si facile... le rendez-vous du soleil et de la lune est prétexte à quelques portraits savoureux et décapants : une prostituée en mal de clients, un distrait qui confond midi et minuit, un sdf au bout du rouleau, une vieille trop vieille pour regarder en l'air, un obsessionnel compulsif, une femme résolue à bronzer malgré l'éclipse, et bien d'autres encore.
    Les ensoleillés, c'est l'histoire de ceux qui ont tant de mal à être au rendez-vous, l'histoire de ceux qui nagent à contre-courant. une histoire tendre, drôle et tragique.


  • michel denancé est photographe, spécialisé en architecture.
    d'ordinaire, il photographie des bâtiments neufs, oeuvres d'architectes prestigieux. ici, c'est aux maisons murées qu'il s'intéresse, aux immeubles condamnés, aux petites agonies quotidiennes de paris et de sa banlieue. mathieu belezi, jeanne benameur, abdelkader djemaï, mourad djebel, jacques jouet, marcus malte, sont écrivains. d'ordinaire, ils publient des romans, des polars, des recueils de poésie ou des pièces de théâtre.
    ici, les bâtiments en fin de vie de michel denancé leur ont inspiré à chacun un court récit inédit. pourquoi james blondel transporte-t-il un à un des parpaings dans l'escalier de la maison de sa mère morte ? que diable alfred hitchcock va-t-il découvrir en ôtant une rangée verticale de moellons pour pénétrer dans l'appartement des thorwald ? casper le fantôme et le petit joseph n'gotty ne sont-ils qu'une seule et même personne ? les fenêtres bouchées, qui marquent la fin d'une histoire, stimulent paradoxalement les imaginaires: la photographie dialogue avec la littérature dans un espace étrangement familier.
    car tous ceux qui sont dehors ont un jour été dedans.

  • " Les fissures, les crevasses, c'est pas le genre de chose qui s'arrange.
    On en a rarement vu cicatriser. Au contraire, généralement, elles ne demandent qu'à s'ouvrir davantage, qu'à s'étendre et se ramifier encore. C'est la tendance naturelle des lézardes, on n'y peut rien, on ne peut que colmater les brèches, faire illusion, un temps, le temps que ça dure. Mais ça ne dure pas. Quand les murs et le sol grimacent, c'est qu'ils ont de bonnes raisons de le faire. Je ne l'avais pas encore vraiment compris à ce moment-là, mais le plus inquiétant était bien ce que les fissures laissaient présumer ce qui se passait beaucoup plus bas, en profondeur, en dessous de la surface des choses.
    " Deux personnages traversent un monde qui peu à peu s'effondre autour d'eux.

  • Monsieur Baratin est un homme solitaire. Il est propriétaire d'une animalerie dont il s'occupe avec soin, mais il semble avoir pour ligne de conduite de ne s'attacher à rien ni personne. Ce qui explique pourquoi le Chien, personnage principal de cette histoire, n'a pas de nom. Alors qu'au fil du temps tous les autres animaux trouvent un maître, le Chien ne plaît à personne. Par conscience professionnelle, Monsieur Baratin va souvent le promener, il l'invite même à partager un réveillon de Noël mais n'en reste pas moins fidèle à sa conduite : pas question d'adopter officiellement le Chien.
    Pourtant, pas à pas, le Chien et Monsieur Baratin deviennent indispensables l'un à l'autre, et un jour, enfin, les dernières résistances de l'homme s'effondrent...

empty