Religion & Esotérisme

  • En France, certains observateurs du catholicisme parlent d'un déclin inéluctable, quitte à placer cette religion "en phase terminale". Cependant, dans un contexte de crise globale liée à la postmodernité, il semble que la religion catholique n'ait pas dit son dernier mot. Ce travail de recherche analyse la trajectoire du catholicisme (1980-2016), par l'étude de ses acteurs, de ses territoires et de ses communautés, des modes de gouvernement épiscopaux.
    Il veut s'attarder à l'intérieur d'espaces qui ne possèdent plus la relative homogénéité que l'histoire leur prêtait avant le XXe siècle et mais qui offrent aujourd'hui une nouvelle "géocatholisation" des pratiques pastorales. Les formes de militantisme type Action catholique se dé/recomposent et laissent leur place à des mouvements et des communautés postconciliaires (Renouveau charismatique, traditionalistes...) qui se polarisent par leurs paroisses, leurs sanctuaires, leurs prieurés et leurs chapelles.
    Un catholicisme à la sensibilité plus classique voire traditionnelle, dans le sillage des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, façonne de nouvelles figures de prêtres et d'évêques qui arbitrent sur les modes d'action pastoraux territorialisés. L'intérêt de cet ouvrage est de dessiner une nouvelle carte religieuse, celle d'un catholicisme "attestataire" dynamique et vivant en cours de polarisation, au risque d'une "injustice spatiale" rejetant aux périphéries groupes de fidèles et territoires enclavés.

  • Corps et religions : panorama international Nouv.

    Cet ouvrage constitue le fruit d'une étude internationale et pluridisciplinaire inédite portant sur l'appréhension par le droit de l'impact exercé par les religions sur le corps humain. En effet, les convictions religieuses des individus les conduisent régulièrement à adopter des comportements à l'égard de leur corps, qu'il s'agisse d'arborer certains vêtements ou signes Ccroix, kippa, voile, turban, etc.), de procéder à certains actes médicaux (circoncision, excision, tatouages rituels, etc.) ou au contraire d'en refuser la réalisation (refus de soins palliatifs, de transfusion sanguine, etc.). Le sujet est éminemment complexe et sensible, en particulier parce qu'il met à l'épreuve les "deux intimités" de l'individu - l'une corporelle, l'autre spirituelle - et conséquemment, au plan juridique, le droit au respect de l'intégrité physique et la liberté de religion. Aussi les législateurs et juges des dix-huit États étudiés ne se saisissent-ils de cette question qu'avec la plus grande prudence. Procédant ainsi par ajustements successifs au gré des affaires et des polémiques, ils laissent progressivement place à des systèmes juridiques d'une grande subtilité, mêlant et combinant principes dogmatiques et exceptions pratiques, voire opportunistes. Ce faisant, chaque État se dote en définitive de solutions qui lui sont propres et qui apparaissent comme l'héritage d'une singularité historique et culturelle.

    Pourtant, malgré l'apparente hétérogénéité des systèmes juridiques à laquelle mène inexorablement cette forme de construction normative, des tendances générales se font jour, et quelques précieux fils conducteurs finissent ainsi par émerger, laissant entrevoir des possibilités de régulation harmonisée à l'échelle internationale.

  • Georges Grente (1872-1959) fut un évêque du premier XXe siècle tourné vers l'idéal du classicisme de la Cour au Grand Siècle. Évêque du Mans de 1918 à 1959, soit l'épiscopat le plus long du XXe siècle de tous les diocèses français, proche de l'archevêque de Paris, Mgr Dubois, il fut élu à l'Académie française en 1936. À défaut d'être choisi pour un siège archiépiscopal, il reçut du pape Pie XII le titre d'archevêque à titre personnel en 1943 et fut créé cardinal dix ans plus tard.

    Le présent volume constitue une première approche scientifique de l'oeuvre et de l'influence d'une figure majeure du clergé catholique français du XXe siècle.

    Ces travaux se sont fondés sur le Fonds Grente, récemment classé par le professeur Brigitte Waché, désormais accessibles aux archives diocésaines du Maine. C'est là le double intérêt de cet ouvrage, qui présente ce fonds inédit et invite, à travers ces premiers travaux, des chercheurs à poursuivre l'étude ici commencée.

  • En inscrivant le propos dans la longue durée, ce livre permet de poser des jalons de la construction des autorités religieuses, de leur remise en question puis des formes d'adaptation aux situations nouvelles. En offrant des possibilités de mise en regard avec, par exemple, le sunnisme et le confucianisme, il ouvre la voie d'un comparatisme fécond, qui existe en anthropologie mais qui reste encore trop rare en histoire.

    Avec le soutien de l'université du Maine.

  • Alors que certaines manifestations religieuses se trouvent au coeur de l'actualité et qu'elles suscitent des débats passionnés, comment expliquer le peu d'intérêt apparent des sociologues pour le religieux, qui était pourtant un objet central chez les "pères fondateurs" de la sociologie ? Est-ce parce que le religieux n'est pas vu ou parce qu'il est évité ? Est-il encore considéré comme voué à disparaître ? Une telle situation ne s'explique-t-elle pas également par l'isolement de la sociologie des religions par rapport aux autres sociologies spécialisées ? En la matière, les sociologues se distinguent-ils de leurs collègues des autres sciences sociales, l'histoire, la science politique, la démographie ou l'anthropologie ? C'est à ces questions que cet ouvrage, issu d'un colloque de l'Association française de sciences sociales des religions, s'attache à répondre.

    Ont également contribué à cet ouvrage Amandine Barb, Pierre Bréchon, Nicolas Commune, Baptiste Coulmont, Guillaume Cuchet, Claire de Galembert, Jean-Pascal Gay, François Héran, Danièle Hervieu-Léger, Pierre Lassave, Olivier Martin, Lionel Obadia, Philippe Portier, Corinne Rostaing, Charles Soulié et Mahamet Timéra.

  • Un grand nombre de Juifs originaires de l'Empire ottoman a immigré en France au début du XXe siècle. Ils sont considérés comme les garants d'une culture et d'une langue ayant pris racine en Espagne médiévale. Mais que sont devenus ces hommes et ces femmes après le tourment de la Shoah et surtout, dans le cadre d'une immigration préconisant l'assimilation à la culture française ? Qu'est-il advenu de leur synagogue ? Leur langue ? Leur pratique musicale, si souvent évoquées et valorisées sur les scènes de festival de musique du monde ou de musique sacrée ?

    Telles sont les questions que cet ouvrage aborde au moyen d'une ethnographie multisite de la vie judéo-espagnole française. On y découvre la position centrale de la musique et son rôle fédérateur pour le renouveau de la culture et de l'expérience communautaire judéo-espagnoles. On replonge dans le passé pour saisir comment la musique est devenue un objet patrimonial, désormais interprété par des musiciens et chanteurs professionnels majoritairement étrangers à la communauté.

  • Il est devenu inhabituel dans la philosophie contemporaine de faire appel à Dieu, à la nature humaine créée, à l'âme, à la finalité de toutes choses et à celle de l'homme en particulier. C'est pourtant ce que tente ce livre : une métaphysique de l'art et de la vie esthétique dans une tradition réaliste et religieuse.

    Cette métaphysique est adossée à deux idées principales, l) L'art et la vie esthétique sont un aspect de la réalisation, par l'homme, de sa propre nature rationnelle. 2) Par son âme rationnelle, l'homme participe autant qu'il est possible à l'esprit le plus élevé : celui de Dieu duquel dépendent toutes choses. L'art et La vie esthétique sont ainsi des formes du désir naturel de Dieu - telle est la thèse que ce livre entend défendre.

  • Comment expliquer le succès actuel du christianisme parmi les populations urbaines et éduquées de la République populaire de Chine ? Pour y parvenir, il faut éclairer à la fois les facteurs historiques et culturels créant la possibilité du christianisme en Chine et les facteurs individuels transformant cette possibilité en devenirs concrets. Il s'agit donc de réaliser une véritable sociologie des conversions, en ne négligeant pas ce que celles-ci possèdent de proprement religieux.

    Avec le soutien du Centre Émile-Durkheim-Sciences-Po Bordeaux et université de Bordeaux.

  • Cet ouvrage propose un panorama historique des acteurs, des enjeux et des limites du dialogue entre chrétiens et musulmans en Méditerranée dans la deuxième partie du XXe siècle. Il fait appel à diverses sources de documentation, notamment le fonds réuni par le Service des relations avec l'Islam (SRI) de la conférence des évêques de France et en s'appuyant sur une série d'entretiens, portant sur l'aire géographique de Marseille et la Méditerranée francophone.

    Avec le soutien de concours de l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IREMAM - UMR 7310, Aix Marseille Université/CNRS, 13094, Aix-en-Provence, France).

  • Un peu plus de 40 % des lycéens bretons sont scolarisés dans l'enseignement privé. L'essor des établissements secondaires catholiques doit beaucoup aux religieux, aux religieuses et aux prêtres diocésains, qui ont progressivement laissé la place aux laïcs dans la seconde moitié du XXe siècle. Agrémenté d'une iconographie inédite, cet ouvrage présente cet univers foisonnant et son histoire souvent méconnue, et souligne l'ampleur des changements survenus au fil des décennies, montrant comment l'enseignement catholique breton a su s'adapter à l'évolution de la société.

  • Cette recherche sociologique, basée sur deux ans d'enquête de terrain au sein des prisons françaises, englobe toutes les religions et se décentre du versant le plus exceptionnel ou spectaculaire du religieux pour embrasser ses manifestations ordinaires. Elle met au jour la façon dont l'administration gère les cultes. Elle donne des clés pour comprendre la façon dont les personnes détenues mobilisent - ou non - la religion et les rôles que peuvent tenir les aumôniers en la matière.

    Avec le soutien de l'Institut universitaire de France et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), laboratoire ISP-UMR 7220.

  • L'Asie est devenue, à l'sube du XXIe siècle, le premier continent protestant évangélique au monde en nombre de fidèles. Tout comme leurs voisins chinois ou coréens, les pays d'Asie du Sud-Est sont animés d'une ferveur évangélique sans précédent.

    La conversion, vécue et surtout racontée, symbolise ce renouveau en cours auprès de chaque couche de la société, bousculant des pratiques et des héritages religieux, sociaux, politiques et économiques. Le protestantisme évangélique contraint les États de la région à s'adapter à ce nouveau "marché du croire et du salut" par l'adoption de modes inédits de régulation du religieux, du politique et de l'ethnique.

    La double approche pluridisciplinaire et comparatiste adoptée dans cet ouvrage permet d'embrasser simultanément les stratégies missionnaires occidentales et intra-asiatiques, les modes de pénétration au niveau local, la réaction des religions d'État, le rôle joué par ces acteurs évangéliques dans des situations politiques nationales plus ou moins stables ou autoritaires, enfin les convictions et les logiques exprimées par les acteurs religieux eux-mêmes.

  • Ce livre examine la notion d'oeuvres du XVIe au début du XXe siècle : les institutions qui les encadrent, les organisent ; les figures et les structures qui se singularisent dans le domaine de l'assistance. Des écrits qui appellent à prendre soin de son prochain à une pratique devenue impératif chrétien et facteur de cohésion communautaire, il détaille les structures qui, sur quatre siècles, traduisent l'influence d'une conscience accrue de la dimension sociale de l'Évangile.

    Avec le soutien du CRESAT de l'université Haute-Alsace, de l'université de l'Iowa et du groupe Études sur les protestantismes dans l'espace européen de l'université de Pau.

  • On ne lit plus guère Alphonse Gratry et c'est dommage, non seulement parce qu'il fut l'un des penseurs religieux les plus marquants du XIXe siècle, mais aussi parce qu'il était un écrivain de talent et un témoin averti de son temps. Issu d'un milieu anticlérical de serviteurs de l'Empire napoléonien, converti au catholicisme sous la Restauration, polytechnicien, directeur du collège Stanislas à Paris, puis aumônier de l'École normale supérieure, il a contribué, en 1852, à refonder l'Oratoire de France.

    Catholique inclassable, pionnier du dialogue oecuménique, militant de la paix, il était persuadé que l'Église de son temps vivait un "moment solennel" de son histoire, comparable en importance à celui de ses origines, duquel dépendrait en grande partie son avenir dans les sociétés occidentales. Philosophe, il est à l'origine du système de pensée le plus complet et le plus caractérisé que le monde catholique français ait produit au XIXe siècle, qui a influencé tout une lignée de penseurs indépendants du thomisme. La fin de son existence a cependant été très assombrie par les conséquences de ses prises de position retentissantes contre l'infaillibilité pontificale en 1870, même si son ralliement in extremis au dogme lui a permis d'échapper à une damnatio memoriae qui aurait pu être définitive, mais qui n'a finalement été que provisoire.

    Le but de cet ouvrage est de faire redécouvrir cette figure majeure de l'histoire religieuse et intellectuelle du XIXe siècle, à travers un essai biographique, la première édition critique et intégrale de ses souvenirs et une anthologie de textes représentatifs de la diversité des thèmes de sa pensée comme des formes de son écriture.

  • L'étude du discours officiel et des moments fondateurs du dialogue interreligieux (Vatican II, Assise, repentance de la papauté) ne doit pas faire oublier l'importance des initiatives locales qui enracinent ce dialogue dans les mentalités. L'attention que portent les chrétiens au judaïsme doit beaucoup aux membres fondateurs de l'Amitié judéo-chrétienne (1948) composée d'individus aux convictions humanistes. Le dialogue avec les musulmans se noue plus tardivement mais la redécouverte d'une identité religieuse par les musulmans installés en France en modifie l'équilibre, entre solidarité interconfessionnelle et volonté d'émancipation.

  • Si le fait religieux est quelquefois présenté comme un moyen de contrainte sur les consciences, il est pourtant source de liberté des consciences morales, selon un paradoxe qui n'est qu'apparent. Cet ouvrage constitue autant de contributions à l'étude de la part du fait religieux dans l'émergence de la liberté de et des consciences. Dans une perspective résolument orientée en diachronie longue, l'ouvrage met au jour les questions récurrentes et leur évolution.

    Avec le soutien de l'université de Lorraine, du CRULH, de l'Institut François-Gény et du laboratoire « Écritures ».

  • Les mobilisations catholiques contemporaines se résument-elles aux résistances face aux réformes en matière de politiques familiales, éducatives ou bioéthiques ? À partir d'une enquête menée en France (Aquitaine), en Espagne (Pays basque) et en Italie (Lombardie et Émilie-Romagne) auprès d'organisations catholiques agissant dans l'économie sociale et solidaire, la lutte contre l'exclusion, le soutien aux migrants et le travail de paix, ce livre montre qu'en ces temps de repolitisation du religieux, un répertoire d'action catholique échappe aux confrontations binaires et se caractérise au contraire par sa dimension de médiation.

    Les médiations catholiques territoriales traduisent un pluralisme interne du catholicisme qui se fait ressentir au travers du répertoire entrepreneurial (autour de l'économie sociale et solidaire), du répertoire de la subsidiarité (dans la lutte contre les exclusions sociales), du répertoire de l'hospitalité (envers les migrants et réfugiés) et du répertoire de la paix (dans un conflit politique violent).

    Cette action sociale par le bas, si elle se fonde sur une approche à la fois éthique et experte du social et de l'économique, peut néanmoins déboucher sur des registres de politisation qui génèrent des proximités a priori inattendues entre des organisations catholiques ordinairement discrètes et les mouvements sociaux mobilisés sur les mêmes problèmes publics.

  • De quoi parle-t-on quand il s'agit de mystique ? Comment l'Université s'est-elle rapportée aux textes mystiques depuis qu'ils ne sont plus le monopole du regard théologique ? A quels débats ont-ils donné lieu et à quel enrichissement de notre connaissance de l'homme ? Ces questions délicates et importantes, cet ouvrage les aborde de front et institue un dialogue des disciplines entre savants de nombreux pays (Angleterre, Belgique, Danemark, Etats-Unis, France, Israël, Italie, Suisse).
    Selon quelles grandes lignes ? D'abord en examinant à nouveaux frais la confrontation et les relations complexes entre théologie et philosophie et plus largement les sciences humaines. Ensuite en reconstituant de grands itinéraires académiques relatifs à l'étude de la mystique. Egalement en étudiant les entrecroisements et les débats parfois biaisés entre enjeux savants et enjeux idéologiques, voire politiques.
    Enfin en considérant les voies nouvelles de la recherche académique sur l'expérience et le discours mystiques. Ce livre se veut une contribution à la connaissance d'un champ scientifique qui retrouve aujourd'hui une actualité forte.

  • Ce livre est le premier ouvrage d'ensemble sur la pratique liturgique catholique après Vatican II, dans le contexte français. Il propose un inventaire précis des différentes liturgies auxquelles les fidèles ont accès dans les églises paroissiales ou cathédrales. Ensuite, l'auteur analyse la liturgie en tant que dispositif d'organisation des relations entre les individus et l'ensemble du groupe ecclésial.

    Avec le soutien de la fondation Louis Florin.

  • Cette étude de la conversion et de l'éducation mormones tente de déceler la finalité proposée aux individus qui s'y soumettent, de découvrir leur téléologie. Dans une perspective durkheimienne d'examen méthodique des mécanismes fondamentaux du lien social, la question de la communauté a été introduite pour interroger la raison d'être sociale des choses. Il s'agissait de considérer l'impact des représentations sur le domaine des pratiques, du vécu, et de l'insertion dans le monde - avec un regard spécial sur la mormon way of life, héritière des projets de communauté idéale des débuts de l'histoire mormone. D'où la conclusion que devenir "mormon" aujourd'hui, c'est se convertir et être éduqué selon les principes d'une communauté dite de «membres», en empruntant le chemin d'une transformation : sociale et anthropopoiétique, pour devenir un humain tel que la culture mormone l'entend ; religieuse et théopoiétique, pour devenir un Dieu comme les représentations mormones le prévoient. Cette observation de la construction individuelle et communautaire SDJ a donné lieu à une analyse de la religion en modernité, révélant un paradoxe : à l'époque de l'individualisme et du « bricolage individuel des croyances », les Mormons, par la communauté, poussent l'individu à une situation paroxystique de l'individualisme en prétendant en faire un Dieu. Pourtant, l'outil communautaire ne perd rien de son aspect institutionnel-traditionnel et contraste au contraire avec l'attitude, fréquemment enregistrée aujourd'hui, du désintérêt pour une religiosité institutionnelle-traditionnelle exigeant engagement et activité régulière. Au delà d'une sociologie de la religion et d'une socio-anthropologie de l'éducation, cette recherche vise une socio-anthropologie des rapports de l'individu au groupe et du communautarisme dans la contemporanéité occidentale.

  • A l'heure où l'on commémore avec faste les 275 ans de la Franc-maçonnerie en France, ce livre est né d'un constat inquiétant et d'un espoir. Longtemps pionnière dans l'observation des formes de, sociabilité, l'histoire de la Franc-maçonnerie peine aujourd'hui à trouver un second souffle. Elle est même menacée de marginalisation universitaire et scientifique.
    Paradoxalement, la situation n'a sans doute jamais été aussi propice à une relance de la recherche : l'ouverture des fonds maçonniques des " Archives du KGB ", la multiplication des initiatives en Europe et l'intérêt affiché des obédiences maçonniques pour leur patrimoine et leur histoire sont autant d'opportunités à saisir sans délai. A partir d'un état des lieux critique de la recherche, l'espace des francs-maçons explore dossiers en mains les chantiers les plus prometteurs, de.Paris à Saint-Pétersbourg, en passant par Berlin et Dresde. Il prend ainsi résolument le parti d'une histoire européenne de la sociabilité maçonnique, la seule possible pour appréhender un phénomène qui en quelques décennies s'étend de l'Atlantique à l'Oural. Une histoire ouverte aux acquis les plus récents de la recherche en histoire sociale des pratiques culturelles, et réceptive tant aux nouveaux outils que l'électronique offre à l'historien qu'aux enjeux de l'appropriation et de la représentation de l'espace.

  • Cet essai a pour ambition de revisiter la thèse de l'influence protestante dans les débuts de la Troisième République.
    Il s'efforce de définir de quel protestantisme - libéral -, et de quelle laïcité - religieuse -, il s'agit, et de donner à comprendre ce moment particulier de l'histoire de France où le protestantisme a pu offrir une religion et une morale à des élites nouvelles qui ne voulaient plus du catholicisme. On rencontrera ici plus Quinet que Michelet, plus Renouvier que Comte ou Littré, plus Buisson que Ferry.
    Cette contribution à une autre histoire de l'idée républicaine met en scène des " lieux " décisifs, l'exil en Suisse romande, le Dictionnaire de pédagogie, la Critique philosophique, les Ecoles normales supérieures de Sèvres et Fontenay-aux-Roses, les premiers manuels d'instruction civique...
    Le tout a composé une France studieuse et austère, regardant du côté de maîtres étrangers, Suisses, Allemands ou Américains, désespérant du catholicisme mais apprenant à lire, à méditer, à prier même, comme quelque république puritaine. Surprenante génération, de la défaite de 1870 à l'affaire Dreyfus, avant le retour à un face à face plus classique entre catholiques et anticléricaux.
    L'ouvrage invite également à réfléchir à la manière dont une société peut " sortir " de la religion, selon qu'elle est catholique ou protestante, et va du côté d'une laïcité " sans Dieu " ou d'une religion civile à l'américaine.
    La Troisième République des années 1880, au moins dans son école et sa morale, a penché de ce dernier côté. Elle avait un Dieu, " protestant " ; ou tout au moins un nouveau Port-Royal, où l'ancien pasteur Pécaut apprenait à l'élite féminine du régime l'art de vivre, et même l'art de mourir, selon ses mots. Une poignée d'hommes et de femmes n'ont pas craint alors de retravailler la matière France. Nous sommes les héritiers de ce chantier moins flamboyant, mais peut-être aussi profond que celui de la Révolution française.

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