Arts et spectacles

  • Ce livre vise à guider le lecteur sur des chemins de traverse de l'art du XVe siècle européen. Il est le résultat de plusieurs années d'enseignement aux étudiants des cursus d'histoire de l'art des universités et, à ce titre, il est d'abord conçu pour proposer des perspectives nouvelles et synthétiques sur ce moment clé de l'histoire artistique du continent. Car l'art du XVe siècle européen est bien le produit d'un basculement, tel que l'Occident en connut finalement assez peu et par bien des aspects admirable, entre l'héritage millénaire du Moyen Âge et l'avènement des Temps Modernes.

    C'est ce récit historique que le présent ouvrage prétend remettre sur l'établi en portant un regard renouvelé sur toute la diversité de ses territoires comme les oeuvres, les hommes, les formes ou les savoir-faire qui les parcourent. C'est en se rapprochant au plus près du travail réel des acteurs, en replaçant celui-ci au sein des géographies vécues ainsi qu'en prenant en considération les contraintes matérielles ou les enjeux dévotionnels pesant sur lui, que l'on pourra proposer un panorama plus complet - car plus incarné - de l'art du dernier siècle du Moyen Âge qui est aussi le premier siècle de la Modernité.

    Pour accompagner le lecteur dans ces chemins de traverse, une série de commentaires d'oeuvres diverses et variées succèdent au texte et contribuent à fournir les clés nécessaires à la compréhension de l'une des périodes les plus fascinantes de notre histoire artistique.

  • Le studio de la Tôei Dôga, fondé en 1956, est dans le Japon d'après-guerre tout à la fois le creuset d'une certaine conception de l'animation, le lieu de la formation d'une grande partie des animateurs, mais aussi le lieu d'émergence et de (ré)invention de l'animation japonaise. Le directeur du studio Hiroshi Okawa cherche à le définir comme le "Disney de l'Orient" et l'oriente vers la production de longs métrages d'animation pour le cinéma.

  • Le Corbusier est un architecte qui non seulement construit, mais qui n'a de cesse de dire comment on doit construire. Faisant le pari de la force et de la cohérence de la pensée corbuséenne, cet ouvrage interroge l'oeuvre théorique de l'architecte au prisme de l'une de ses "colorations" les plus propres, à savoir sa dimension foncièrement normative. À travers une étude patiente et détaillée des textes de l'architecte, c'est la vision philosophique globale et paradoxale de l'un des grands créateurs de la modernité, qui est rendue dans la multiplicité de ses dimensions et dans la complexité de son projet. Ainsi, cet ouvrage permet de reprendre à nouveaux frais de nombreuses questions récurrentes au sujet de l'architecte : reproche de dogmatisme, d'application aveugle de recettes insensibles à la singularité des contextes ou des usages, autoritarisme, formulation d'une doctrine fonctionnaliste, etc.

    Sans tomber dans un exercice d'admiration stérile, il s'agit de faire justice à une expérience de pensée riche et complexe, en montrant notamment que le parcours de Le Corbusier forme un système vivant, faisant place à ce qui excède les procédures de normalisation, dessinant ainsi le visage singulier d'une tentative de production normative du hors-norme.

  • Entre 1929 et 1939 plus de 1300 longs-métrages sont tournés dans les studios français qui comptabilisent 56 plateaux répartis sur 21 sites, dans lesquels travaillent chaque année des milliers de professionnels du cinéma. Bien qu'ils occupent une place centrale dans le système de production des années 30 et constituent le principal espace de travail et de sociabilité des techniciens du film, les studios français sont restés en marge de l'histoire du cinéma. Si les noms évocateurs des Buttes Chaumont, de la Victorine ou de Joinville font immédiatement surgir une multitude d'images féériques et pittoresques de techniciens afférés, de vedettes apprêtées ou de décors monumentaux signés Meerson ou Trauner, le fonctionnement de ces studios, leur rôle dans le système de production et dans l'histoire économique, sociale et culturelle du cinéma français restent largement méconnu. S'appuyant sur grande variété de sources pour la plupart inédites, cet ouvrage propose de dresser un tableau synoptique du système des studios français depuis les premiers tâtonnements du passage au parlant en 1929 jusqu'à la mobilisation générale de septembre 1939, en considérant le studio, non comme un simple outil technique au service des oeuvres mais comme un espace de travail, d'innovation et de création, un lieu d'apprentissage et de sociabilité au sein duquel les dimensions économiques, techniques, artistiques et humaines sont irrémédiablement liées. À travers cette histoire sociale et culturelle des studios français l'auteur éclaire les conditions matérielles de réalisation des films et propose une analyse des dynamiques économiques et sociales d'un milieu professionnel en pleine mutation.

  • Le danseur en dialogue : pratiques et formes des discours dans l'art chorégraphique contemporain Nouv.

    L'ouvrage interroge les modes de fabrication des discours dans le milieu de la danse contemporaine en France pour se concentrer sur un réseau entièrement masculin de trois chorégraphes : Jérôme Bel, Boris Charmatz, Xavier Le Roy.

    Considérée pendant longtemps comme un art muet, la danse montre aujourd'hui un renversement de ses pratiques : danseuses et danseurs presque immobiles qui communiquent sur leurs oeuvres; critiques et historiens de la danse qui réfléchissent à côté des artistes sur les conditions d'exercice de cet art ; institutions publiques et privées qui de plus en plus partagent avec les artistes et le public l'attribution d'un rôle social à la danse.

    La réflexion menée autour des formes et des pratiques des discours dans l'art chorégraphique est à la fois esthétique, historique et sociologique. Elle suit une approche de type dramaturgique des discours pratiqués par l'ensemble des acteurs, à partir d'une idée de complémentarité et de complicité des voix. Ce qui émerge est la façon dont le "tournant éthique" de l'artiste "dialogue" avec les conditions de production, celles qui aujourd'hui dépendent du fonctionnement des marchés, du système culturel façonné sur le même modèle économique, et du rapport avec le spectateur en tant que consommateur de biens particuliers.

  • Malgré sa présence avérée au cinéma et en photographie, le nocturne n'a pas été systématiquement pensé comme tel au sein de ces deux médiums. Est-ce plutôt un genre artistique, ou bien une catégorie esthétique rassemblant différentes formes artistiques ? Est-ce plutôt une atmosphère (Stimmung) apte à conférer aux différentes images une tonalité émotionnelle singulière, ou bien, de façon plus aisément repérable, un dispositif ou un ensemble de dispositifs destinés à favoriser son surgissement ? Et, si le nocturne rencontre d'impressionnants succès dans « le noir et blanc », en quoi son plein développement est-il lié à l'émergence de la couleur non seulement au cinéma, mais, avec un léger retard, en photographie ? Pour répondre à ces questions, Judith Langendorff étudie au plus près les techniques et les processus de création de réalisateurs et de photographes de la fin des années 1970 et des décennies suivantes, chez lesquels l'emploi de la couleur s'est généralisé et est devenu de plus en plus intense et raffiné. Son fil conducteur est une typologie des métamorphoses liées au nocturne. Elle part d'un inventaire des distorsions de la vision nocturne pour aboutir à la mise en évidence du processus de sublimation qui fonde leur emploi, en rendant accessible un discours interne et en laissant apparaître les motivations des auteurs ou du récit. Ainsi aboutit-elle, dans un troisième temps, au repérage de véritables transfigurations qui semblent attester le rayonnement de l'invisible et le passage d'un univers dans un autre.

  • L'oeuvre d'art, l'espace et le temps : analyse et interprétation du réel Nouv.

    L'affirmation que l'art possède une essence est généralement rejetée mais pourtant l'ambition de cet ouvrage est d'établir une théorie réaliste de l'art. Celle-ci passe par une réflexion philosophique sur l'histoire de l'art rejetant l'idée selon laquelle l'introduction de la perspective à la Renaissance aurait représenté un progrès décisif dans l'histoire de la représentation picturale. Le récit convenu de l'histoire de l'art et de sa méthodologie chez les principaux historiens de l'art s'en trouve alors entièrement reconsidéré.

  • Entre 1918 et 2019, du Casanova hongrois d'Alfréd Deésy au Dernier amour de Benoît Jacquot, une trentaine d'oeuvres cinématographiques ou télévisuelles ont porté le personnage de Casanova à l'écran. Certaines, célèbres (Comencini, Fellini, Scola...), en côtoient de plus discrètes, des films majeurs voisinent avec des productions aux qualités moins évidentes. Toutes éclairent néanmoins la place du Vénitien dans l'imaginaire des XXe et XXIe siècles, plus complexe que les clichés ne le laissent croire.

    Cet ouvrage s'interroge sur les fonctions imaginaires, politiques, culturelles de Casanova à l'écran, sur les similitudes et les écarts entre son Histoire de ma vie et les films, sur la manière dont le cinéma adapte ses mémoires ou s'en nourrit, sur l'insistance avec laquelle il revient depuis un siècle vers le personnage et l'écrivain. Si la valeur publicitaire de son nom propre est indéniable, elle n'explique pas tout : le cinéma rencontre et invente ainsi avec Casanova une figure de l'imaginaire européen aux multiples facettes, entre individu historique et archétype admiré ou honni, tantôt héros de l'instant, tantôt symbole du passage du temps historique et biologique, incarnation de la mise en spectacle du monde et du désir de vivre la multiplicité des possibilités de soi.

  • Ce livre retrace la généalogie des pratiques décoratives de la photographie et leurs usages dans l'architecture du milieu du XIXe siècle à nos jours. Emergeant dès les années 1850, au moment de l'essor des arts industrielsz les pratiques décoratives de la photographie contribuent au renouvellement et à la transformation des formes traditionnelles d'ornementation tout au long du XXe siècle et encore aujourd'hui.
    Malgré une rémanence sur une période de plus de cent cinquante ans, l'ornement photographique est absent des historiographies de l'art, de l'architecture et de la photographie. Ce livre éclaire pour la première fois l'histoire de ces pratiques décoratives. A travers un corpus inédit, l'auteur explore une manière proprement photographique de créer l'ornementation architecturale, aussi bien dans la décoration intérieure que sur les façades et dans l'espace urbain.
    Ephémère, souvent fragile, l'ornement photographique s'oublie et se réinvente sans cesse, se dessinant ainsi en récurrences amnésiques au gré des modes. Son histoire permet de comprendre, au-delà des questions esthétiques et débats sémantiques, les enjeux matériels et culturels de l'ornement à l'époque contemporaine. Aussi, l'usage décoratif de la photographie reflète l'évolution des constructions culturelles, comme celles de la nature et de la modernité.

  • Ce volume réunit une vingtaine de textes qui mettent en évidence la richesse et la cohérence du cinéma d'Agnès Varda ainsi que ses prolongements. Ils saluent ce parcours unique, d'une liberté jamais démentie. Depuis 1954, avec près de quarante films, Agnès Varda manifeste une liberté créatrice témoignant d'une démarche toujours innovante, d'une volonté d'explorer le cinéma dans toute sa richesse et de lui donner un prolongement par ses récentes installations.

  • Le volume XI du Recensement des vitraux anciens de la France marque une étape décisive vers l'achèvement d'une ambitieuse entreprise : la publication exhaustive des vitraux antérieurs à la Révolution encore conservés, ou documentés dans notre pays. Les richesses de deux vastes régions, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, se rapportent à des espaces dans lesquels les vitraux sont souvent considérés comme absents, à l'exception notable des célèbres verrières de Sainte-Marie d'Auch. Aborder l'histoire du vitrail dans le Midi c'est en effet s'interroger sur son importance dans l'ensemble de la vie artistique. C'est aussi prêter une attention particulière aux troubles religieux du XVIe siècle, à l'origine de destructions parfois radicales. Mais, le corpus d'oeuvres ici rassemblé pour la première fois est en mesure de refonder la connaissance du vitrail méridional. Le vitrail est présent dans les grandes cathédrales, à Aix, à Carcassonne, considéré par Viollet-le-Duc comme le plus remarquable ensemble du sud de la France,à Narbonne, Rodez, ou Toulouse. Preuve est faite par l'exemple que les meilleurs artistes provençaux, tel Enguerrand Quarton, ont aussi peint sur le verre.

    Les découvertes de l'archéologie montrent ses débuts au haut Moyen Age à Marseille. Son épanouissement est partout à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, dont témoignent la centaine de sites étudiés. Le vitrail civil n'est pas en reste, du vitrage du palais des papes à Avignon, à celui des maisons médiévales de Cahors ou de Figeac. Les historiens des collections découvriront les ensembles réunis par un peintre, François-Marius Granet, un industriel, Maurice Fenaille, ou par Béatrice Ephrussi de Rothschild. Ainsi, professionnels du patrimoine et amateurs peuvent-ils désormais s'emparer de l'outil incontournable que forme le présent inventaire. Les vitraux du midi de la France sont prêts à trouver toute leur place dans l'histoire de l'art.

  • Cet ouvrage est la première synthèse d'envergure consacrée à la critique musicale occidentale au XXe siècle. Il explore la multiplicité des visages que revêt la musique - classique, jazz, rock, chanson, musiques actuelles - et toutes les formes que prend la critique musicale spécialisée ou généraliste. Il passe en revue les principales théories et conceptions de la critique musicale, les acteurs types ainsi que les genres et formes qu'ils pratiquent. Les spécificités propres à tel pays et telle aire culturelle considérés y sont analysées.

    Ce livre est l'aboutissement d'un programme de recherche mené dans le cadre d'une délégation auprès de l'institut universitaire de France et réalisé en partenariat entre plusieurs universités françaises et étrangères. Il a réuni plus d'une centaine de chercheurs relevant de disciplines diverses - lettres, langues, musicologie, esthétique, sociologie, histoire ou sciences politiques - et une trentaine de critiques illustrant tous les types de musiques, d'écritures et de supports.

    Apport décisif à l'histoire culturelle du XXe siècle, il s'impose comme une contribution majeure à une réflexion sur le genre et la pratique de la critique en général.

    Ce volume a été dirigé par Timothée PICARD, avec la collaboration scientifique d'Aurélien BÉCUE, Jean-François CANDONI, Claude COSTE, Michel DUCHESNEAU, Valérie DUFOUR, Céline FRIGAU MANNING. Vincent GIROUD, Martin GUERPIN, Philippe GUMPLOWICZ, Julien LABIA, Thomas LE COLLETER, Pascal LÉCROART, Danièle PISTONE, Emmanuel REIBEL, Yannick SÉITÉ et Noëmie VERMOESEN et la collaboration éditoriale de Marianne DI BENEDETTO, Isabelle PERREAULT et Rachel RAJALU.

  • Une double enquête menée à la fois sur la France et sur l'Angleterre qui apporte un éclairage comparé et contrasté sur la question du paysage trop souvent envisagée sous le seul angle "national". On y entend les voix des peintres paysagistes, des collectionneurs et des amateurs, avec leurs mots pour "dire" le paysage. Si Augustin Berque inclut le critère linguistique pour déterminer le degré de maturité d'une civilisation paysagère, c'est parce que les discours, tout autant que la pratique, - échanges et correspondances entre artistes - articulent une théorie du paysage. L'examen de la terminologie et de l'écriture permet d'évaluer la pertinence de catégories comme celles de "paysage historique" ou de "pittoresque". À ceci s'ajoute une perspective croisée de divers "paysageurs", praticiens, auteurs et créateurs de tableaux, de jardins, de poèmes, de guides ou de théorie picturale. Le livre offre une vision holistique de la culture paysagère franco-britannique.

  • Créé en 1933 par John Rice, le Black Mountain College a été le théâtre d'une expérience sans précédent sur le plan artistique, éducatif et politique. Ce livre met en lumière l'utopie fondatrice dont il s'est nourri et décrit le contexte intellectuel, les contributions des artistes, des enseignants et des étudiants, ainsi que la liberté qui ont donné à ce College sa postérité.

  • La collection du Recensement des vitraux anciens de la France, qui s'inscrit dans la série internationale du Corpus vitrearum, a été créée en 1978 pour offrir aux spécialistes comme aux amateurs le résultat de l'inventaire des vitraux français antérieurs à la Révolution. Elle présente une analyse iconographique, technique et stylistique de ces vitraux, accompagnée d'un important appareil critique. Les créations des XIXe et XXe siècles rencontrées au fil de l'étude y sont largement évoquées, voire illustrées.

    Les neuf premiers volumes et le volume onze déjà parus concernent douze des régions de France. Le dixième est consacré à la Nouvelle-Aquitaine, à l'exception du Limousin, déjà inventorié dans le volume neuf. Les départements de Poitou-Charentes et d'Aquitaine possèdent des verrières dont les dates s'échelonnent du XIIe au XVIIIe siècle, conservées dans des monuments religieux, des édifices civils ou des musées.

    Cet ouvrage présente pour la première fois ce patrimoine de façon exhaustive. Il dresse, en plus de l'inventaire des vitraux conservés, un tableau assez large de la production de verrières dans ces territoires, du Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle en exploitant les sources d'archives et les sources publiées. La région fut marquée par une intense activité artistique au XIIe et au XIIIe siècle dont les vitraux de la cathédrale et Sainte-Radegonde de Poitiers sont les exemples les plus éclatants. La guerre de Cent Ans marqua une longue éclipse mais, avec le retour de la paix et de la prospérité sur tout ce territoire, entre la seconde moitié du XVe et la première moitié du XVIe siècle, les créations de vitraux se multiplièrent. En témoignent encore les magnifiques panneaux de Dissay, ceux de Oiron, les verrières commandées pour la cathédrale et Saint-Michel de Bordeaux, de Saint-Émilion, ou encore de la cathédrale de Bayonne. Les paroissiens de Villeneuve-sur-Lot dotèrent leur église de beaux vitraux témoignant de leur dévotion, tandis qu'à Bayonne un couple de notables alla jusqu'à commander à un atelier parisien l'une des plus belles verrières de la Renaissance. Cette véritable floraison connut un brusque arrêt avec les guerres de Religion et les conflits expliquent la perte d'un grand nombre d'oeuvres. Toutefois, en dépit d'une évolution du goût qui amena petit à petit le clergé et les donateurs à préférer les vitreries incolores et les grands retables, on continua de faire des vitraux peints. La grande verrière de Notre-Dame de Niort et la petite figure de sainte Radegonde à Bilazais, toutes deux réalisées en 1615, attestent de la permanence de cet art dans la région.

  • La Renaissance réinventée : historiographie, architecture et arts décoratifs à Lyon Nouv.

    Malgré la fécondité de la Renaissance lyonnaise, le Lyon du XVIe siècle a été largement occulté par l'historiographie nationale à la faveur d'une construction idéalisée de la Renaissance française sur fond de centralisation politique et culturelle bercée d'italianité. À l'époque contemporaine pourtant, la redécouverte de la Renaissance entre Rhône et Saône devait fortement contribuer à la définition de l'identité même de la cité rhodanienne - jusqu'à la protection du Vieux-Lyon au début des années 1960 -, renouant avec un âge d'or mythique, synonyme de prospérité économique, de développement culturel et artistique. Le présent ouvrage se propose de revenir sur cette ambitieuse entreprise à travers la redécouverte de l'histoire de Lyon au XVIe siècle, la naissance d'une curiosité pour l'art de la Renaissance au lendemain de la Révolution et son actualisation au XIXe siècle mais aussi l'incidence de ce revival dans le domaine des arts visuels et des arts décoratifs.

  • Ce livre propose une étude des relations entre l'art magique et le cinématographe. Aux débuts du cinéma, les prestidigitateurs, illusionnistes ou manipulateurs ont projeté et parfois produit des films étonnants ; chaque genre se retrouve dans leur manière de penser cette nouvelle machine, qui s'amalgame à leur spectacle. Partant des origines des escamoteurs, l'évolution de la prestidigitation à la fin du XIXe mène à l'illusionnisme.
    Les créations de Buatier de Kolta implantent ce paradigme scientifique qui régénère la magie optique, tel son brevet du théâtre noir qui propose en 1888, une écriture lumineuse de l'espace. A partir de 1900, les représentations françaises de Leopoldo Fregoli empruntent une autre voie et repoussent les limites des pièces magiques. Son spectacle ne repose plus sur l'altération des identités précédemment mises en oeuvre, mais sur le choc des attractions propre aux music-halls.
    Finalement, la figure du manipulateur, qui s'insinue entre autres lors des tournées de Gaston Velle, interroge les magiciens sur la place que doit tenir l'habileté manuelle. Paradoxalement, ces numéros divisent autant qu'ils structurent les premiers groupements corporatifs. L'ensemble de ces évolutions techniques et esthétiques peut s'appréhender en cycle, dont on retrouve les fondements dans la filmographie de Georges Méliès et plus généralement dans la pensée et l'écriture magique du cinéma.

  • La Bretagne, riche d'un patrimoine très varié, est traditionnellement réputée pauvre en décors peints monumentaux. Toutefois, le présent ouvrage vient largement déjouer cette idée reçue auprès du public. Depuis quelques décennies, les peintures monumentales, que ce soient les peintures murales ou bien celles sur support de bois tels que les lambris peints, ont peu à peu été dévoilées au gré des recherches et des chantiers de restauration, depuis des décors disparus seulement documentés par les archives jusqu'à la mise au jour et l'étude de vastes cycles peints.
    A travers les contributions de professionnels issus d'horizons divers - chercheurs, historiens, conservateurs, restaurateurs-, le présent ouvrage, richement illustré, témoigne de la large palette iconographique, chronologique, technologique et stylistique des décors peints en Bretagne du Moyen Age au XXIe siècle. Cette publication porte à la connaissance aussi bien des passionnés du patrimoine breton que des scientifiques les peintures monumentales récemment mises en lumière, mais donne aussi l'état actuel de la recherche sur les décors déjà connus.
    Cet ouvrage invite désormais à regarder les peintures monumentales de Bretagne d'un oeil plus éclairé pour mieux les faire sortir de l'ombre et poursuivre les découvertes et redécouvertes.

  • Garder trace de la création contemporaine, de ses spectacles comme des processus qui menèrent à l'?uvre, telle est l'injonction qui semble gagner artistes et chercheurs dans le domaine des arts de la scène, longtemps perçus comme des arts de l'éphémère ; ceci pour tenter sans doute d'en conserver la mémoire, voire d'en écrire l'histoire et de pallier ainsi le manque crucial de traces de ses formes actuelles ou révolues. Ces nouvelles pensées et pratiques sont cependant placées sous le prisme de la révolution numérique qui transforme les modalités mêmes de la conservation du passé et du présent. C'est dans ce contexte sociétal, où apparaissent de nouvelles pratiques d'archivage des arts et des savoirs, que s'ancre notre réflexion, tout entière tendue entre le désir de capter des traces de la création et la conscience aiguë des risques adjacents d'une telle entreprise.

  • Kendall L. Walton est l'un des plus importants philosophes de l'art et esthéticiens de la seconde moitié du vingtième siècle. Son maître-ouvrage, Mimesis as Make-Believe, eut une grande influence, encore pregnante à cette heure, dans le monde analytique. Ses écrits sont imaginatifs, rompus aux arts de l'expérience de pensée. Sa pensée, par endroits radicale et en d'autres prudente, renverse certaines habitudes intellectuelles. La force de la philosophie de Walton est qu'elle est, d'une certaine manière, systématique. Ce livre est une introduction à la pensée de Walton autant qu'il en est un commentaire critique. Il présente le concept de faire-semblant en tant que l'héritier du concept antique de mimêsis en philosophie de la représentation. Il aborde la théorie du grand livre de Walton en la confrontant à la théorie des systèmes symboliques de Nelson Goodman, son adversaire historique. Il retrace sa parenté à la philosophie du « comme si » de Hans Vaihinger. Il confond les critiques récentes de Gregory Currie, Peter Lamarque, Stacie Friend ou Derek Matravers. Le propos est, ainsi, de dépeindre de manière systématique la philosophie de Walton dans un paysage de philosophie contemporaine et, dans une moindre mesure, sur fond d'étendues d'histoire de la philosophie.

  • Patrice Chéreau se passionne pour le théâtre depuis ses plus jeunes années. Au lycée Louis-le-Grand, il en découvre tous les aspects, jusqu'à la signature de sa première mise en scène en 1964, à l'âge de vingt ans.

    Ce livre retrace et éclaire le parcours de cet artiste majeur du second xxe et de la première dé-cennie du XXIe dont l'une des grandes originalités consiste à établir continuellement des corres-pondances entre peinture, cinéma, musique et spectacle vivant. De Peer Gynt à Hamlet, du Ring de Wagner sifflé puis encensé à Bayreuth jusqu'à Elektra qui triomphe et bouleverse au Festival d'Aix-en-Provence en 2013, de son premier téléfilm méconnu, Le Compagnon, jusqu'à La Reine Margot, ce créateur d'exception construit sans relâche sa vie de metteur en scène de théâtre et d'opéra, de réalisateur et scénariste, mais également d'acteur.

    Cet ouvrage croise les regards, fait dialoguer artistes, chercheurs et responsables culturels pour approcher au plus près du travail de création. Il met aussi l'accent sur la réception des oeuvres et leur postérité, montre leur rayonnement et leur portée, nationale et internationale.

    Cette publication, qui se fonde sur une très riche documentation écrite et visuelle, présente de nombreuses photographies, pour la plupart inédites, de l'artiste au travail et de ses créations. Il invite les publics les plus larges à découvrir ou redécouvrir une oeuvre unique, puissante et foisonnante.

    Ont collaboré à cet ouvrage :
    Antoine de Baecque, Michel Bataillon, Anne-Françoise Benhamou. Alain Berland, Yves Bernard. Roland Bertin. Christian Bief, Dominique Blanc, Jacques-Olivier Boudon, Laurence Bourdil, Dominique Bruguière, Éric Caravaca, Philippe Calvario, Julien Centrés, Bertrand Couderc, Philippe Coutant, Gérard Desarthe, André Diot, François Dunoyer, Anaïs Fléchet, Gabriel Garran. Pascale Goetschel, André Helbo, Clément Hervieu-Léger, Béatrice Houplain, Vincent Huguet, Flermine Karagheuz, Jean- Marie Le Gall, Serge Linarès, Mathieu Lericq, Marie-Françoise Lévy, Alain Libolt. Antoine Marès, Valérie Nègre. Éric Neveux, Jean-Sébastien Noël, Serge Pauthe, Richard Peduzzi, Aurore Renaut, Guillaume Scaillet, André Serré, Marie-Noële Sicard, Marielle Silhouette, Valérie Six, Bernard Sobel, Carlotta Sorba, Bernard Steffenino, Catherine Tasca, Thierry Thieû Niang, Bertrand Tillier, Anne-Louise Trividic, Pierre Trividic, Myriam Tsikounas, Marguerite Vappereau, Hélène Vincent, Jean-Pierre Vincent, Ana Vinuela, Jean-Claude Yon.

  • Le sel a joué un rôle fondamental dans l'histoire des régions atlantiques. Utile pour ses qualités de conservation des aliments, élément du pouvoir royal ou seigneurial, le sel atlantique a été un des moteurs du commerce maritime en Europe. À partir du XXe siècle, les avancées technologiques et la concurrence du sel industriel a été à l'origine de bouleversements économiques et paysagers. Servi par une iconographie exceptionnelle, cet ouvrage aide à la connaissance de cette culture riche et variée du sel.

  • L'identité artistique du metteur en scène est réactualisée à chaque nouvelle métamorphose, souvent synonyme de nouvelle ère esthétique. Aujourd'hui, c'est dans la transversalité et l'intermédialité qu'apparaît cette interrogation, non seulement au sein des champs disciplinaires du théâtre mais aussi en collaboration avec tous les participants à la création artistique. Cet ouvrage offre des regards nourris, engagés, distanciés et critiques à travers la parole d'artistes et d'universitaires, français et étrangers pour éclairer l'évolution des processus de création, des métiers et des équipes, des représentations et de la réception des spectacles d'aujourd'hui.

    Avec le soutien de l'université de Lausanne, Fonds des publications.

  • Connu comme l'un des cinéastes majeurs de la dissidence pendant la dictature franquiste, Carlos Saura l'est également pour ses nombreux films musicaux (Carmen, Tango) où la danse occupe une place centrale. Elle est aussi présente, sous une forme ou une autre, dans la plupart de ses films, et sert ici de fil d'Ariane pour s'orienter dans une oeuvre protéiforme et souvent hétérogène.

    Du bal populaire aux enlacements intimes, du ballet professionnel à la danse de combat ou de possession, le corps dansant traverse quasiment toute la filmographie où il dessine à la fois l'évolution d'une société, la libération des corps et des esprits, et la trajectoire esthétique d'un cinéaste également peintre et photographe. Recourant d'abord à la métaphore comme stratégie de contournement de la censure, il prolonge sa recherche formelle en élaborant des mises en abyme complexes, puis la réflexivité du processus de création devient une structure de prédilection qui aboutit, dès les années 1980, à un dialogue entre les arts se poursuivant jusqu'au dernier opus en date (Beyond flamenco, 2016). Dans la dernière partie de la filmographie, la danse et la musique partagent l'image filmique avec la peinture, la photographie, la projection cinématographique, la scénographie théâtrale, dans un vaste mouvement d'hybridation des formes et des langages.

    Ce livre propose ainsi de revisiter la majeure partie des films de Carlos Saura au prisme de la danse, et ouvre à une réflexion plus large sur l'ensemble de l'oeuvre, le rapport au corps, à l'art et à la représentation.

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