Pu De Rennes

  • "Je fis, d'abord, alliance avec André Pironneau... II... publia quarante articles" (Charles de Gaulle).

    Ce livre n'aurait pas été conçu sans la découverte que les articles de L'Echo de Paris cités par le mémorialiste étaient principalement de sa plume - à lui, de Gaulle ; et que leur objet, politique et géopolitique, dépassait de loin la seule chose militaire. Un chapitre justifie, après la précision du contexte qui éclaire les preuves, l'attribution de ce qu'on appelle en conséquence "la source Pironneau-de Gaulle".

    Ces articles n'ont jamais été lus par les historiens de Charles de Gaulle. Ils constituent donc une source inédite au sens où elle n'a jamais été attribuée à son auteur principal. Ils courent de 1933 à 1937 ; mais leur croisement avec archives, documents diplomatiques français et britanniques, presse et témoignages permet de suivre l'histoire de huit ans, de 1932 à 1940. C'est dire qu'on a la source la plus considérable sur de Gaulle dans les années trente ; et sur d'autres personnages, qui peuvent être considérés comme de premiers gaullistes. Elle confirme combien le regard de Charles de Gaulle annonçait en lui l'homme d'État, embrassant l'horizon international le plus large.

  • Gravir les Alpes du XIXe siècle à nos jours ; pratiques, émotions, imaginaires Nouv.

    Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage des historiens et sociologues qui, après Philippe Joutard et son maître-livre sur L'Invention du mont Blanc (1986), ont exploré la profession, l'origine sociale, l'âge et le genre des alpinistes, leurs traditions d'écriture, et les enjeux politiques et diplomatiques attachés au contrôle des espaces sommitaux et frontaliers. Il élargit aussi le propos vers le goût de l'aventure et de l'exploration, les progrès des sciences et des techniques ou l'expansion des loisirs. Mais, il veut surtout contribuer à explorer de nouvelles voies du côté des pratiques, des émotions et des imaginaires.

    Une attention particulière est ainsi accordée au renouvellement des sources : manuscrits des clubs alpins, objets, peinture, photographie, poésie. Les sciences du corps et de la montagne sont également mobilisées pour dialoguer avec l'histoire : physiologie et thanatologie, géochimie et paléoclimatologie, géographie. De nouveaux éclairages sont proposés sur les conquérants des sommets longtemps invisibilisés que sont les femmes, les ouvriers, les guides. Cet ouvrage résonne, enfin, comme un appel à dépasser l'histoire de l'alpinisme en envisageant une histoire mondiale des ascensionnismes qui soit davantage interconnectée et transnationale.

  • La mobilisation des Gilets jaunes inscrit la défiance à l'égard des institutions au coeur de son discours. Le mouvement défie volontiers les médias institutionnels et surtout, il défie le politique en interpellant le chef d'État personnellement. Mais ce faisant, ne reproduit-il pas la grammaire individualisée dont Emmanuel Macron a usé tout au long de sa carrière politique ? Chacun à sa façon, le président et le mouvement des Gilets jaunes témoignent de la tendance contemporaine à récuser les grandeurs institutionnelles au profit d'une conception individualisée du social, dont les mots d'ordre sont désormais l'authenticité, la transparence, l'injonction à être soi-même.

  • Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre :
    Des explications en français facilitant l'auto-apprentissage ;
    Un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ;
    Un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ;
    Des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ;
    Des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel.
    Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.

  • Le travail en Europe occidentale des années 1830 aux années 1930 Nouv.

    La crise sanitaire mondiale qui bouleverse en profondeur les mondes du travail nous incite à considérer avec d'autant plus d'intérêt la nouvelle question posée aux concours (CAPES et agrégation), qui interroge les mutations économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales entraînées par l'industrialisation de l'Europe occidentale des années 1830 aux années 1930. La désindustrialisation qui s'accélère depuis les années 1970 ne se réduit pas à un recul de la production industrielle. Elle signifie aussi l'effritement d'une civilisation industrielle ainsi que la disparition de la centralité du travail qui érigeait la question ouvrière en enjeu politique et social majeur. Ce dossier réunit des spécialistes qui présentent et commentent des sources de natures variées - correspondances, photographies, textes législatifs, pétitions, caricatures, etc. - produites tant en France qu'en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie et Espagne. Il permet d'éclairer les mutations de l'organisation du travail, leurs impacts sur les conditions de vie et de travail des mains-d'oeuvre artisanales et industrielles, et la place de la question sociale dans la constitution du mouvement ouvrier et des États sociaux.

  • On peut choisir d'étudier l'Empire romain par le biais des événements généraux et des vicissitudes militaires ou politiques, on peut faire l'histoire des grands hommes en suivant des sources antiques qui les ont privilégiés. Mais on peut aussi s'intéresser aux composantes anonymes de la société qui a incarné cette histoire. Les femmes et les hommes qui ont peuplé villes et campagnes de l'Orient romain sont ici présentés en une période particulière, celle de l'Antiquité tardive. Pourquoi l'Antiquité tardive ? C'est une époque de bouleversements et de profonds remaniements : le gouvernement impérial devient un dominat, l'Etat impose des contraintes qui sont vivement ressenties et l'économie se transforme, la séparation est consommée entre l'Orient et l'Occident et le christianisme modifie les comportements, les pensées, bref paraît irriguer et informer la société. Ce sont tous les acteurs de cette évolution aux rythmes contrastés, sur fond de relative prospérité générale, que l'on veut convoquer. Les paysans qui se débattent entre aléas climatiques, terroirs ingrats et pesantes exigences des grands, les artisans qui s'affairent - y compris la nuit ! - dans les ateliers et les boutiques et produisent objets du quotidien ou chefs-d'oeuvre pour les élites, les commerçants qui sillonnent les routes et les mers de l'Empire. Il y a aussi les élites, si faibles en nombre, si riches en capital social : les fastueux courtisans de Constantinople, les puissants propriétaires terriens, les notables des cités encore attachés à leur idéal civique, et les nombreux fonctionnaires qui assurent, dans le maillage de l'Empire, le service de l'Etat, militaire et civil. Enfin les élites ecclésiastiques et les évêques, nouveaux patrons des communautés. Ces femmes et ces hommes se confrontent ou s'associent selon les cas, solidaires ou étrangers, puissants ou misérables, mais tous participent à la construction d'une société et d'un système qui, issus de l'empire romain, s'avèrent suffisamment stables pour fonder peu à peu l'Empire byzantin.

  • Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours.

    Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies; ruine quelques évidences...

    La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf.

    Émergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen...

    Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien.

    Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h.

    Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.

  • Braves combattantes, humbles héroïnes ; trajectoires et mémoires des engagés volontaires de la Révolution et de l'Empire Nouv.

    Pourquoi des femmes s'engagent-elles dans les armées sous la Révolution et l'Empire ? Quelles sont les spécificités de leur expérience féminine du monde militaire? Quels discours produisent-elles sur leur parcours lors de leur retour à la vie civile ?

    Entre 1791 et 1815, plusieurs dizaines de femmes intègrent les troupes révolutionnaires, contre-révolutionnaires et impériales, pour défendre leur pays. Leurs parcours hors du commun illustrent l'implication des femmes dans les événements révolutionnaires et le caractère protéiforme de leur engagement. L'étude de leur passage à l'armée témoigne de la reconnaissance dont elles ont pu bénéficier de la part de l'institution militaire, malgré le caractère transgressif de leur démarche. En commentant leur passé militaire dans leurs récits autobiographiques, elles transmettent leurs propres représentations du monde militaire et prennent en charge le récit de leur histoire.

    Confrontant les sources militaires, l'iconographie révolutionnaire, les écrits personnels, les articles parus dans la presse, Maria Goupil-Travert examine une cinquantaine d'itinéraires biographiques de femmes aux armées. Elle questionne la nature de leur engagement, leur rapport au monde militaire et à la violence, ainsi que leur capacité d'action individuelle pour contourner les contraintes liées au genre.

  • De la pâtisserie à l'usine ultra-moderne, la marque Lefèvre-Utile n'a cessé - grâce au talent visionnaire de ses dirigeants sur quatre générations ! - d'être à l'avant-garde industrielle, tant pour sa production de biscuits, dont les célèbres Petit-Beurre ou Paille d'Or, que pour son marketing innovant. L'auteur nous dévoile au fil des pages, grâce à une riche iconographie, la singularité toute particulière de cette saga familiale, qui illustre brillamment l'épopée industrielle française du Second Empire aux années 1980, où les arts et le design intègrent plus fortement le monde des entreprises, au service de la réclame.

  • À Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des refigions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.

  • Le volume XI du Recensement des vitraux anciens de la France marque une étape décisive vers l'achèvement d'une ambitieuse entreprise : la publication exhaustive des vitraux antérieurs à la Révolution encore conservés, ou documentés dans notre pays. Les richesses de deux vastes régions, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, se rapportent à des espaces dans lesquels les vitraux sont souvent considérés comme absents, à l'exception notable des célèbres verrières de Sainte-Marie d'Auch. Aborder l'histoire du vitrail dans le Midi c'est en effet s'interroger sur son importance dans l'ensemble de la vie artistique. C'est aussi prêter une attention particulière aux troubles religieux du XVIe siècle, à l'origine de destructions parfois radicales. Mais, le corpus d'oeuvres ici rassemblé pour la première fois est en mesure de refonder la connaissance du vitrail méridional. Le vitrail est présent dans les grandes cathédrales, à Aix, à Carcassonne, considéré par Viollet-le-Duc comme le plus remarquable ensemble du sud de la France,à Narbonne, Rodez, ou Toulouse. Preuve est faite par l'exemple que les meilleurs artistes provençaux, tel Enguerrand Quarton, ont aussi peint sur le verre.

    Les découvertes de l'archéologie montrent ses débuts au haut Moyen Age à Marseille. Son épanouissement est partout à la fin du Moyen Age et à la Renaissance, dont témoignent la centaine de sites étudiés. Le vitrail civil n'est pas en reste, du vitrage du palais des papes à Avignon, à celui des maisons médiévales de Cahors ou de Figeac. Les historiens des collections découvriront les ensembles réunis par un peintre, François-Marius Granet, un industriel, Maurice Fenaille, ou par Béatrice Ephrussi de Rothschild. Ainsi, professionnels du patrimoine et amateurs peuvent-ils désormais s'emparer de l'outil incontournable que forme le présent inventaire. Les vitraux du midi de la France sont prêts à trouver toute leur place dans l'histoire de l'art.

  • Ennius, l'un des premiers grands poètes de Rome, aimait à dire qu'il avait trois coeurs, parce qu'il savait, outre la langue de son enfance, le grec et le latin.

    À trop cloisonner les disciplines, l'Université française risque de se couper d'une tradition humaniste européenne, si brillamment illustrée jadis par les Estienne, les Érasme, les Ficin, et tous ceux qui se reconnaissaient héritiers d'une civilisation fondamentalement bilingue.

    Le Lexicon permet de remonter des mots français aux mots utilisés par les Romains et les Grecs, et inversement - selon trois ordres de lecture possibles : du français au grec via le latin, du latin au grec via le français, et du grec au latin via le français.

    Ce dictionnaire sans précédent s'adresse non seulement aux étudiants des filières classiques (lettres, histoire, philosophie), mais, bien plus largement, à tous les esprits curieux de retrouver les origines de leur langue et de leur civilisation, en circulant librement de Paris à Athènes via Rome.

    Post-scriptum : Cette nouvelle édition est enrichie de centaines de mots grecs, poétiques ou techniques. De plus, le lecteur novice, non rompu à la "morphologie" du grec et du latin, pourra, grâce aux tables alphabétiques, remonter aisément aux formes verbales premières.

  • Depuis la sortie de Nanouk l'Esquimau en 1922, Robert Flaherty est devenu une figure mythologique du documentaire, et ses films jouent le rôle de pierres de touche pour les théoriciens de ce genre de cinéma, modèles pour définir ce que doit être le documentaire - et surtout ce qu'il ne doit pas être. À vrai dire, peu d'oeuvres cinématographiques ont subi autant de polémiques que celle-ci, à laquelle on a reproché, dès les années 1920, sa propension à produire des images plus spectaculaires que véridiques et son ouverture à des discours politiques discutables et dans tous les cas péjoratifs pour les sujets filmés. Le but du présent ouvrage n'est pas de résoudre ces polémiques, ni d'y mettre un terme. Mais il paraît temps de reprendre à nouveaux frais le texte filmique flahertien en profitant de quelques avancées récentes en théorie de la communication et en anthropologie. Il s'agira alors d'étudier le style, documentaire ou non, de Nanouk l'Esquimau, L'Homme d'Aran et Louisiana Story, puis de comparer les données filmiques aux réalités ethnologiques des terrains filmés. On y découvrira une manière singulière de voir, en mesure d'enrichir nos conceptions du documentaire.

  • Les espaces du catholicisme français contemporain ; territoires et identités communautaires en tension Nouv.

    En France, certains observateurs du catholicisme parlent d'un déclin inéluctable, quitte à placer cette religion "en phase terminale". Cependant, dans un contexte de crise globale liée à la postmodernité, il semble que la religion catholique n'ait pas dit son dernier mot. Ce travail de recherche analyse la trajectoire du catholicisme (1980-2016), par l'étude de ses acteurs, de ses territoires et de ses communautés, des modes de gouvernement épiscopaux.
    Il veut s'attarder à l'intérieur d'espaces qui ne possèdent plus la relative homogénéité que l'histoire leur prêtait avant le XXe siècle et mais qui offrent aujourd'hui une nouvelle "géocatholisation" des pratiques pastorales. Les formes de militantisme type Action catholique se dé/recomposent et laissent leur place à des mouvements et des communautés postconciliaires (Renouveau charismatique, traditionalistes...) qui se polarisent par leurs paroisses, leurs sanctuaires, leurs prieurés et leurs chapelles.
    Un catholicisme à la sensibilité plus classique voire traditionnelle, dans le sillage des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, façonne de nouvelles figures de prêtres et d'évêques qui arbitrent sur les modes d'action pastoraux territorialisés. L'intérêt de cet ouvrage est de dessiner une nouvelle carte religieuse, celle d'un catholicisme "attestataire" dynamique et vivant en cours de polarisation, au risque d'une "injustice spatiale" rejetant aux périphéries groupes de fidèles et territoires enclavés.

  • Le concept de lettre a une place fondamentale dans l'enseignement de Lacan. Avec ce concept, Lacan définit l'expérience analytique comme un travail de lecture.

    Dans un premier temps, cette expérience s'appuie sur le déchiffrage de l'inconscient par l'usage représentatif de la lettre. À ce moment-là, la lettre et le signifiant ne sont pas distingués. Il s'agit ici d'une pratique fondée sur les effets de sens du signifiant. Cet usage de la lettre donne lieu à une pratique du bien-dire. Dans un second temps, Lacan présente une nouvelle modalité de lecture qui dénude l'usage de jouissance de la lettre, et non pas son usage représentatif. Cette fois-ci, l'accent est mis sur la production d'une jouissance hors sens, ce qui permet de distinguer la lettre et le signifiant. Cet usage de la lettre donne lieu à une pratique du savoir-lire. Bien-dire et savoir-lire désignent alors deux modes distincts d'usage de la lettre en psychanalyse.

    Le psychanalyste refuse tout usage normatif du langage pour soutenir l'invention singulière du sujet face au réel du non-rapport sexuel. À l'ère de la prolifération des semblants et de la culture de l'évaluation, le psychanalyste propose un traitement du réel par la voie de l'unique et de l'incomparable, ce qui suppose un savoir-faire avec la lettre.

  • Cet ouvrage est la première synthèse d'envergure consacrée à la critique musicale occidentale au XXe siècle. Il explore la multiplicité des visages que revêt la musique - classique, jazz, rock, chanson, musiques actuelles - et toutes les formes que prend la critique musicale spécialisée ou généraliste. Il passe en revue les principales théories et conceptions de la critique musicale, les acteurs types ainsi que les genres et formes qu'ils pratiquent. Les spécificités propres à tel pays et telle aire culturelle considérés y sont analysées.

    Ce livre est l'aboutissement d'un programme de recherche mené dans le cadre d'une délégation auprès de l'institut universitaire de France et réalisé en partenariat entre plusieurs universités françaises et étrangères. Il a réuni plus d'une centaine de chercheurs relevant de disciplines diverses - lettres, langues, musicologie, esthétique, sociologie, histoire ou sciences politiques - et une trentaine de critiques illustrant tous les types de musiques, d'écritures et de supports.

    Apport décisif à l'histoire culturelle du XXe siècle, il s'impose comme une contribution majeure à une réflexion sur le genre et la pratique de la critique en général.

    Ce volume a été dirigé par Timothée PICARD, avec la collaboration scientifique d'Aurélien BÉCUE, Jean-François CANDONI, Claude COSTE, Michel DUCHESNEAU, Valérie DUFOUR, Céline FRIGAU MANNING. Vincent GIROUD, Martin GUERPIN, Philippe GUMPLOWICZ, Julien LABIA, Thomas LE COLLETER, Pascal LÉCROART, Danièle PISTONE, Emmanuel REIBEL, Yannick SÉITÉ et Noëmie VERMOESEN et la collaboration éditoriale de Marianne DI BENEDETTO, Isabelle PERREAULT et Rachel RAJALU.

  • Ce manuel propose une introduction à la programmation Python destinée aux étudiants et praticiens en SHS. Python est un langage de programmation simple, libre, multi-plateforme, pédagogique, bénéficiant d'une communauté d'utilisateurs croissante tant dans le domaine universitaire que le secteur privé. Avec la multiplication des données numériques dans les sciences humaines et sociales (SHS), le recours à l'informatique devient indispensable tant pour la collecte, la mise en forme, ou le traitement des données.
    Le langage Python permet à la fois de réaliser les traitements statistiques habituels des SHS tout en ouvrant aux nouveaux usages liés à l'automatisation des tâches informatiques, le traitement des grands corpus des humanités numériques ou encore la collecte de données sur les réseaux sociaux. Ce manuel se concentre en priorité sur les usages du traitement des données en SHS. Complété avec de nombreux exemples de code et des études de cas concrets, l'ouvrage permet une familiarisation progressive à la programmation, au langage Python et à sa philosophie.
    Il insiste sur sa flexibilité pour répondre aux besoins de chaque problématique tout en soulignant l'importance de la diffusion et de la reproductibilité des traitements informatiques.

  • Le double désastre, militaire et politique, du printemps 1940 a jeté l'opprobre sur les chefs militaires français de la IIIe République finissante. Taxés d'incurie, ils auraient été incapables de comprendre les ambitions, la stratégie et la tactique allemandes. Pourtant, comme le démontre cette étude, les chefs militaires et les états-majors généraux qui les entouraient étudièrent avec attention l'évolution de la situation internationale au cours des années 1930. Nouant des liens nombreux et étroits avec le ministère des Affaires étrangères, ils poussèrent la coopération interministérielle diplomatico-militaire à un degré jusqu'alors jamais atteint.

    À partir de 1935, conscients du défi radical que constituait l'Allemagne nazie pour l'ordre européen, ils intervinrent à de nombreuses reprises pour orienter la décision de politique étrangère dans un sens favorable à la sécurité française. L'absence d'une véritable doctrine des relations internationales au sein du haut commandement, les désaccords stratégiques entre l'Armée, la Marine et l'Armée de l'Air et la prégnance des représentations culturelles et issues de l'expérience de 1914-1918 nuisirent cependant à la justesse de leurs évaluations et à l'efficacité de leurs interventions auprès des diplomates et des décideurs politiques.

  • La liberté de conscience a été conçue comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par plusieurs États-membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées. L'enquête historique conduite dans cet ouvrage vise à saisir l'émergence d'une notion, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Elle met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située et qui n'a cessé d'être louée ou décriée.

  • Donald Reid retrace ici l'histoire des luttes menées par les salarié(e)s de l'usine Lip de Besançon, qui ont marqué la France des années 1970 et servi de point de référence à de nombreux autres mouvements de lutte collective. L'affaire Lip est replacée dans le contexte des "années 1968", mettant en évidence la place centrale de cette collectivité de travailleurs dans les combats du monde ouvrier en France, entre la fin des "Trente glorieuses" de l'après-guerre et l'émergence du néo-libéralisme dans les années 1980.

    Lip, qui a incarné concrètement pour la première fois en France l'idéologie de l'autogestion, reste aujourd'hui dans les mémoires comme un événement emblématique des années 1968, mais l'affaire Lip fut aussi le précurseur de bien des réactions actuelles aux décisions touchant à la vie des travailleurs à l'heure de la mondialisation et du capitalisme des marchés.

    S'appuyant sur de nombreuses sources, dont beaucoup inédites, l'auteur rend compte de tous les aspects de cette "expérience Lip" : pratiques syndicales, enjeux idéologiques, rapports complexes à l'autogestion, au concept d'entreprise ; relations du mouvement à l'État, au patronat, aux centrales syndicales nationales, aux soutiens extérieurs (intellectuels, groupes d'extrême gauche, monde de la culture) ; place des femmes et groupes féministes. Par l'ampleur du champ couvert, l'ouvrage offre le tableau détaillé d'un moment crucial de l'évolution du monde ouvrier et de sa tentative de proposer une alternative au système capitaliste.

  • "Nos ancêtres les Gaulois ! " : la formule hante notre mémoire collective comme un élément central du discours sur l'identité porté par le roman national tel qu'il s'est longtemps écrit. Mais ces ancêtres paradoxaux - fiers de leur liberté mais désunis, attachants mais querelleurs, redoutables guerriers mais vaincus - sont le résultat d'une véritable fabrique. Cette image des Gaulois émerge dès l'Antiquité, reprise et étoffée au XVe siècle en fonction des besoins politiques et identitaires du moment, pour servir l'affirmation de la francité au siècle suivant, puis à partir de la Révolution française et au XIXe siècle elle s'installe durablement dans l'imaginaire politique, comme en témoigne encore le discours public depuis 1958.
    Ce dossier montre, par une lecture culturelle du politique, la façon dont la figure du Gaulois, siècle après siècle, a nourri les représentations et les identités nationales dans un usage politique de l'histoire. Et comment le discours sur le présent prend la voix du passé.

  • Les étrangers sur les littoraux européens et méditerranéens ; à l'époque moderne (fin XVe-début XIXe siècle) Nouv.

    Cet ouvrage propose une réflexion sur quatre types d'étrangers installés ou de passage sur les littoraux européens et méditerranéens entre la fin du XVe siècle et le début du XIXe siècle : des marchands et des négociants installés à Bordeaux, à Nantes, à Hambourg et à Saint-Pétersbourg ; des artisans et des gens de mer qui migraient dans l'espoir de trouver un emploi qu'ils n'avaient pas obtenu dans leur pays, ou pour exercer un art original, comme les indienneurs arméniens établis à Marseille ; des populations qui se singularisaient sur des littoraux d'Europe par leur religion ou leur statut politique, comme des musulmans morts à Livourne, des colons de Saint-Domingue venus chercher refuge à Nantes et à Bordeaux à partir de 1791, et des Britanniques considérés comme des suspects dans les ports bretons pendant la guerre de Sept Ans ; des Européens installés à Tunis et à Alexandrie où la nation française formait une communauté de marchands et de résidents soucieux de défendre leurs intérêts commerciaux et juridiques.

  • Ce livre présente la théorie radicalement nouvelle de la subjectivité trouvée dans l'oeuvre de Jacques Lacan. En guidant le lecteur avec lucidité et précision à travers le labyrinthe de la théorie lacanienne - et en présentant des notions centrales telles que l'Autre, l'objet a, l'inconscient structuré comme un langage, l'aliénation et la séparation, la métaphore paternelle, la jouissance et la différence des sexes - Bruce Fink fait preuve d'une connaissance profonde du travail théorique et clinique de Lacan. Tout en présentant la théorie lacanienne dans le contexte clinique, Fink présente une vue des plus équilibrées, sophistiquées et pénétrantes de Lacan à ce jour - une source sans prix pour les initiés et les néophytes.

  • Ce volume réunit une vingtaine de textes qui mettent en évidence la richesse et la cohérence du cinéma d'Agnès Varda ainsi que ses prolongements. Ils saluent ce parcours unique, d'une liberté jamais démentie. Depuis 1954, avec près de quarante films, Agnès Varda manifeste une liberté créatrice témoignant d'une démarche toujours innovante, d'une volonté d'explorer le cinéma dans toute sa richesse et de lui donner un prolongement par ses récentes installations.

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