Le Pommier

  • Le monde a tellement changé que les jeunes se doivent de tout réinventer ! Pour Michel Serres, un nouvel humain est né, il le baptise " Petite Poucette ", notamment pour sa capacité à envoyer des messages avec son pouce.
    Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, - le passage aux nouvelles technologies - tout aussi majeure, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
    Devant ces métamorphoses, suspendons notre jugement. Ni progrès, ni catastrophe, ni bien ni mal, c'est la réalité et il faut faire avec. Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître. mais il faut lui faire confiance !

  • La Fontaine

    Michel Serres

    La Fontaine n'a cessé d'accompagner Michel Serres, dans les différents moments de sa pensée.
    Ce livre en est l'ultime témoignage.
    Serres explore tout d'abord les Fables comme de prodigieux palimpsestes qui peuvent constituer autant de voyages vers les origines de notre pensée : sa « source corporelle et cognitive » inscrite dans toute une « gestuelle » de la fable, la « source des rapports sociaux » qui remontent par le biais de la fable jusqu'au totémisme. En des zones indécises ouvertes entre l'animal et l'humain, Serres montre alors comment ces fables mettent en oeuvre toutes sortes de métamorphoses qui concernent de très près notre manière de « faire l'homme ». Chemin faisant, Serres fait apparaître une pensée en réseau dont il scrute les balancements les plus subtils.
    On l'aura compris : ceci n'est pas seulement un livre sur La Fontaine. C'est aussi et surtout un livre avec La Fontaine, où l'on voit Serres réfléchir pas à pas avec le « fablier », mettant joyeusement à l'épreuve ses propres hypothèses, et nos manières de vivre.
    Jean-Charles Darmon

  • Ce petit manifeste, écrit sur un coup de sang par l'auteur de Petite Poucette en colère contre tous les Grands Papas Ronchons qui empêchent de regarder devant nous avec espoir, a été tout d'abord offert à tout acheteur de deux livres de poche de Michel Serres. Devant l'enthousiasme qu'il a suscité et les nombreuses demandes qui nous sont parvenues, nous avons décidé de le publier sous forme d'un tout petit livre :

    « Dix Grands Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : « C'était mieux avant ». Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert.
    Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts.
    Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera ».

    Michel Serres

  • " Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds. On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises.
    Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'austère en pouffant de rire. " Michel Serres

  • « Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse.

    À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales.

    Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? ».

    Michel Serres

  • Habiter Nouv.

    Habiter

    Michel Serres

    Depuis l'embryon lové dans le ventre de sa mère jusqu'aux métropoles qui couvrent la Terre de leurs lumières permanentes, les humains habitent le monde de mille et une façons. Mais les animaux et, plus étonnant, les végétaux ont eux aussi, bien avant nous, conçu des demeures où vivre. Des grottes aux cathédrales en passant par les cabanes et les hôtels, de la coquille au terrier, Michel Serres nous dévoile les secrets d'architectures séduisantes et multiples, nous en montre le sens et esquisse ainsi, par biomimétisme, le monde de demain. Édité à l'origine avec une riche illustration, ce texte, empreint de poésie, est pour la première fois rendu disponible dans une édition courante sans les images.

  • Animaux invisibles

    Gabi Martínez

    Le mystère : voilà la grande affaire de ce livre. Mais quel mystère ? Celui qui entoure les êtres que l'on ne voit pas, que l'on n'a jamais vus, mais qui n'en existent pas moins. Grande question : faut-il voir pour croire ? Au cours de l'un de ses voyages, Gabi Martínez entend parler du bec-en-sabot du Nil, un oiseau que, en raison de la destruction progressive de son habitat, plus personne, ou presque, n'aperçoit, mais dont on sait qu'il n'a pas complètement disparu... Pour Gabi Martínez, c'est le déclic ! Mystérieux, les animaux dont il parle le sont pour trois raisons : soit parce qu'ils sont en voie d'extinction ; soit parce qu'ils sont le fruit de légendes venues d'ailleurs ; soit parce qu'il est impossible de les localiser. D'où les six récits qui forment la trame de ce livre, où le bec-en-sabot, la Grande Barrière de corail et le yéti croisent le moa (Dinornithidé, disparu), le tigre de Corée et le « danta » (sorte de tapir du Venezuela). En brossant leur portrait, Gabi Martínez met l'accent sur les relations que les populations indigènes entretiennent avec ces animaux, leur façon de s'en occuper, de les tuer aussi, de s'en souvenir parfois. Plus que des récits de voyage : une aventure au coeur même de l'imaginaire des cultures étrangères.

  • La forêt vierge d'Amazonie n'existe pas Nouv.

    Depuis trop d'années, le grave état de santé de l'Amazonie inquiète. Déforestation sauvage, incendies, élévation de la température... Autant de symptômes d'un fatal déséquilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irrémédiables. En cause ? Une destruction systématique menée, depuis trois siècles à peine, par les sociétés occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux idées reçues, ne menacent pas seulement la plus grande forêt tropicale du monde, mais également les Amérindiens, qui ont pourtant toujours vécu en interaction avec leur milieu naturel.
    Dans cet essai original d'écologie historique, Stéphen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques à l'oeuvre. Il se propose, plutôt que d'en rester à un constat d'échec, de comprendre les divers usages qui ont été faits de cette nature sylvicole - du plus néfaste au plus bénéfique -, ouvrant des horizons face à la chronique habituelle d'une mort annoncée.
    Un livre bienvenu, et de plus illustré de nombreuses images méconnues, mais saisissantes, dont les oeuvres du grand photographe Sebastião Salgado.

  • « Pendant quatorze ans, en la compagnie amicale de Michel Polacco, j'ai tenté de décrire notre monde à la manière des peintres pointillistes.
    Voici en leur entier ces chroniques du dimanche.
    D'un point de vue oblique, souvent inattendu, elles cherchent à passer partout, des sciences et des techniques aux usages familiers, du droit aux religions, des beaux-arts aux sports, et ainsi de suite. J'aurais dû intituler l'ensemble : « Passe-partout » !
    Ainsi visité notre monde apparaît somptueusement nouveau. Or, la nouveauté engendre la joie, comme font l'aurore ou la naissance.
    En leur temps et par leur style, ces chroniques plurent aux auditeurs, nous en eûmes mille témoignages ; reste à souhaiter aux lecteurs une même joie. » Michel Serres
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  • L'autre jour, j'ai tué ma volaille : un vieux canard dont le renard avait emporté le dernier compagnon et qui traînait sa neurasthénie sur le bord de la mare ; une poule bleue boiteuse. « La ferme, on l'a achetée pas trop cher, et pas trop loin de P. la capitale où se trouve le travail ; on la retape dans ce qui reste de temps. Rurbains nous sommes, en rurbains nous agissons. J. rêvait de retrouver un jardin, moi d'adopter des bêtes, des poules surtout.

  • Dans cet essai fondateur, d'une actualité brûlante plus de 30 ans après sa première parution, Michel Serres définit les concepts d'une philosophie universelle de l'écologie.
    A partir du constat de l'impact des activités humaines sur l'équilibre global de la planète, qui atteste que l'humanité est devenue équipotente à un Etre-Monde, le philosophe démontre l'irruption du Monde comme acteur majeur de l'Histoire. L'état de violence "sans limite" entre l'Homme et le Monde appelle l'élaboration d'un nouveau droit, à fonder sur un Contrat naturel qui complèterait le Contrat social établi entre les hommes.
    30 ans après sa parution, l'ouvrage n'a rien perdu de son caractère visionnaire. On n'a même jamais eu autant besoin de le relire...

  • Le puritanisme vert : aux origines de l'écologisme Nouv.

    De nos jours, l'écologie serait apparemment un mouvement hédoniste et libertaire, s'affranchissant volontiers de l'État et de la civilisation - bref, un courant politique de gauche. Or, écologie « punitive », injonctions de tous ordres (alimentaires, comportementales...), frugalité austère et catastrophisme sont autant de signes qui devraient nous interroger : et si l'écologisme (le courant politique) s'enracinait plutôt dans le puritanisme anglo-saxon conservateur ? C'est du moins l'hypothèse de Philippe Pelletier, qui met au jour un puritanisme vert ayant partie liée avec la secte presbytérienne anglaise du même nom, dont les membres, embarqués sur le Mayflower, choisirent d'émigrer en Amérique à partir du XVIIe siècle. L'homme, depuis Adam chassé du paradis terrestre (un jardin !), serait pécheur et viendrait, par essence, déséquilibrer une nature harmonieuse, création parfaite du Créateur de toutes choses. Est-ce un hasard si la protection de la nature passe par la création de parcs naturels et de réserves où l'homme n'est plus le bienvenu, et si les collapsologues nous prédisent l'apocalypse (au sens de « révélation divine ») ? Un essai stimulant et iconoclaste, qui permet de revisiter l'histoire des pensées liées à l'écologie savante et aux politiques environnementale sur un siècle (du milieu du XIXe siècle au XXe siècle). Une autre écologie, qui inclurait davantage les êtres humains, serait-elle possible ?

  • Michel Serres a consacré sa vie à essayer de décrire la formidable transformation du monde présent. Dans ce livre, parfois un peu nostalgique, il se souvient du monde qu'il a connu dans sa jeunesse : la drague et les paysans d'Agen, le rugby, les paysages et les chemins, Garonne ! Mais aussi les pays qu'il a découverts ensuite et aimés, le Queyras, la mer... le monde ! Au travers de ces évocations, il nous fait réfléchir sur les transformations auxquelles nous avons assisté : l'évolution de la ville et la campagne, ce que signifie émigrer, les potentiels extraordinaires du corps, l'encyclopédie et l'enseignement, et, toujours, le rugby !

  • Ma galerie de l'évolution : le vivant de A à Z Nouv.

    Comment le blé est-il devenu tendre ? Pourquoi les chauves-souris hébergent-elles tant de virus ? Comment l'éléphant trompe-t-il le cancer ? L'homme s'est-il autodomestiqué ? Ces questions, et bien d'autres, Hervé Le Guyader se propose d'y répondre en vous invitant à parcourir sa propre galerie de l'évolution. De l'amibe aux zèbres, en passant par les bactéries, les crocodiles du Nil, la guêpe, l'ours polaire, la rose de Chine, les serpents à sonnettes ou encore les tardigrades, voilà autant de prétextes pour s'interroger sur le vivant emporté dans l'aventure de l'évolution. D'où il ressort que, loin du néodarwinisme, qui la présentait comme une marche graduelle vers le progrès, l'évolution est en réalité un processus haché, parsemé de mutations sans utilité visible, et non seulement fondé sur la sélection naturelle mais aussi sur les symbioses...

  • En 1978, aux États-Unis, Susan Griffin signe le texte fondateur de l'écoféminisme :
    Woman and Nature. Malgré son influence, y compris dans la sphère française, il n'avait jamais été traduit. C'est aujourd'hui chose faite aux Éditions du Pommier.
    Dans cet essai, Susan Griffin part d'une représentation traditionnelle qui a cours depuis l'Antiquité : la femme serait du côté de la nature ; l'homme, du côté de la culture. Ce postulat essentialiste, aggravé par la modernité et les Lumières, l'autrice de La Femme et la Nature le pousse jusqu'à l'absurde, pour mieux en montrer le ridicule et déconstruire les préjugés. En revanche, dit-elle, si un lien particulier existe entre la femme et la nature, c'est plutôt celui de l'oppression dont elles ont fait l'objet toutes deux.
    Mêlant des sources d'origines variées, du traité gynécologique au manuel de sylviculture en passant par des poèmes et des essais scientifiques, Susan Griffin livre un texte dense, poétique et puissant, qui ne laissera personne indifférent...

  • Autres climats, autre atmosphère : après Steppes et déserts , la suite des Tableaux de la nature nous conduit de l'embouchure de l'Orénoque jusque sur les hauteurs du plateau de Caxamarca (aujourd'hui Cajamarca, au Pérou). Et s'ouvre sur un mystère, resté non élucidé jusqu'en... 1951 : où l'Orénoque prend-il sa source ? À défaut de le découvrir, au moins Humboldt parviendra-t-il, accompagné du fidèle Bonpland, à établir qu'il existe un passage navigable entre ce fleuve et l'Amazone.
    Dans ce récit de voyage qui est en même temps un relevé scientifique et topographique unique en son temps, Humboldt croise des animaux de nuit, se pique de volcanologie, fait un peu d'archéologie des civilisations précolombiennes, met en évidence l'étagement de la végétation et s'emploie à observer les plantes non comme des espèces isolées, mais dans leur environnement, pressentant par-là l'approche actuelle par écosystèmes.
    Humboldt ? Un génie trop oublié, et dont la redécouverte n'en est que plus indispensable.

  • Mutation

    Nathanaël Wallenhorst

    Depuis quelques années, des groupuscules transhumanistes fantasment une mutation humaine. En nous "augmentant" , nous pourrions vaincre la mort, et véritablement être "comme des dieux" . Mais opportunément, les mêmes, refusant tout déterminisme biologique, minimisent la véritable mutation en cours : celle de la planète. Or, si une mutation humaine est l'enjeu du siècle, elle doit nécessairement prendre acte des limites de la Terre.
    Elle procédera non d'une amélioration ou d'une augmentation de l'individu, mais d'un changement radical de la façon dont nous coexistons, entre humains, et entre humains et non-humains. Elle portera sur cet espace qui est "entre" . Elle sera politique. Dans cet essai, Nathanaël Wallenhorst poursuit son travail d'analyse critique de l'Anthropocène en dénonçant cette soif qui nous pousse à la possession illimitée et à la domination.
    La mutation qu'il appelle de ses voeux ? Repenser l'humanité comme une aventure en conciliant biologie et politique, jaillissement de la vie et organisation de la pensée. Et cela ne va pas sans soulèvement ni résistance...

  • Autres climats, autre atmosphère : après Steppes et déserts , la suite des Tableaux de la nature nous conduit de l'embouchure de l'Orénoque jusque sur les hauteurs du plateau de Caxamarca (aujourd'hui Cajamarca, au Pérou). Et s'ouvre sur un mystère, resté non élucidé jusqu'en... 1951 : où l'Orénoque prend-il sa source ? À défaut de le découvrir, au moins Humboldt parviendra-t-il, accompagné du fidèle Bonpland, à établir qu'il existe un passage navigable entre ce fleuve et l'Amazone.
    Dans ce récit de voyage qui est en même temps un relevé scientifique et topographique unique en son temps, Humboldt croise des animaux de nuit, se pique de volcanologie, fait un peu d'archéologie des civilisations précolombiennes, met en évidence l'étagement de la végétation et s'emploie à observer les plantes non comme des espèces isolées, mais dans leur environnement, pressentant par-là l'approche actuelle par écosystèmes.
    Humboldt ? Un génie trop oublié, et dont la redécouverte n'en est que plus indispensable.

  • Folies animales

    Michel Kreutzer

    On a longtemps considéré que la folie était un triste privilège que l'espèce humaine devrait à ses capacités psychiques sans commune mesure dans le règne animal.

    Il n'en va plus de même aujourd'hui : puisque nous savons désormais que nombre d'animaux disposent de compétences analogues aux nôtres, fût-ce à des degrés différents (utilisation d'outils, langages, considérations morales...), il n'y a aucune raison pour penser qu'ils soient épargnés par la maladie mentale. Des folies qui ressemblent aux nôtres, et des folies qui leurs sont propres. Des folies « naturelles » et d'autres dont nous sommes la cause. Car il n'est pas toujours bon de fréquenter l'espèce humaine !

    Michel Kreutzer ouvre ici le grand livre de la zoopsychiatrie. Mais alors bien des problèmes se posent, chaque espèce vivant dans un monde qui lui est propre, ce qui relativise la pertinence des comparaisons. À chaque animal sa folie spécifique ?

    Où l'on verra qu'il n'y a pas de solution de continuité entre le normal et le pathologique, pas plus chez l'homme que chez l'animal...

  • Pionnier, Audubon l'était d'abord au sens strict : à 18 ans, ce Nantais part pour les États-Unis vivre de chasses et de cueillettes. Là, dans ces grands espaces américains encore vierges, il prend la décision de recenser et de peindre tous les oiseaux.
    Nouveauté pour l'époque : il les représente dans leur environnement. Et pour mener à bien son projet, cet écologue avant l'heure - donc forcément paradoxal - n'hésite pas à tuer à la chaîne !
    Ses scènes d'oiseaux dans la nature ne doivent pourtant pas nous faire oublier ces autres Scènes de la nature, où Audubon nous raconte la vie d'aventures qu'il mène, une vie de duretés et d'épreuves, mais aussi et surtout de liberté, dans une nature sauvage, immense et belle.
    Marais de pins, prairies, ouragans... Audubon se révèle, dans ce recueil de récits et d'anecdotes, un grand écrivain de nature writing, peintre des paysages menacés par le progrès. « Quand je vois, écrit-il, le trop-plein de la population de l'Europe s'acharnant avec nous à la destruction de ces malheureuses forêts [...] ; et quand je me dis que, pour tous ces changements si extraordinaires, il a suffi de la courte période d'une vingtaine d'années ; alors, malgré moi, je m'arrête, saisi d'étonnement »...

  • Depuis quelques années, on parle beaucoup de l'Anthropocène, cette période de l'ère quaternaire qui, depuis l'invention de la machine à vapeur, se caractérise par la marque que les êtres humains impriment sur l'environnement. Mais l'espèce humaine n'est qu'une espèce parmi d'autres et, dans l'histoire longue de la Terre, c'est la vie en tant que telle, depuis son apparition, qui a modifié les propriétés physiques de la planète. Son rôle a même été bien supérieur à celui des humains : sans la prolifération des cyanobactéries, pas d'oxygène ; sans oxygène, pas de couche d'ozone, qui s'est formée par action des UV sur les molécules d'oxygène. Sans les organismes marins à squelette ou carapace calcaire, qui, en mourant, se sont accumulés au fond de l'eau, pas de roches calcaires ! Il est incontestable que, sous l'effet des êtres vivants, la planète s'est transformée profondément, sur terre, dans les eaux et dans l'atmosphère. Dans ces conditions, ne pourrait-on pas plutôt parler de « Biocène », une notion qui intégrerait l'Anthropocène ? Une différence existe, pourtant, et de taille : les modifications induites par l'Anthropocène se font à une vitesse bien plus rapide que celles du Biocène, avec des conséquences encore imprévisibles sur les capacités d'adaptation des êtres vivants...

  • L'Anthropocène, cette " ère de l'humain ", nous met face à un défi sans précédent dans l'histoire de la Terre. Face à l'anéantissement total de la nature dont nous sommes les artisans, et donc aux dangers qui pèsent sur nos propres conditions d'existence, nous devons façonner une nouvelle éthique de la cohabitation - plus encore : de la solidarité profonde avec tous les autres êtres vivants. Dans ce manifeste, Andreas Weber et Hildegard Kurt posent les jalons de cette pensée neuve, qu'ils appellent " vitalité ".
    Partie intégrante d'un système terrestre où la culture est inséparable de la nature, l'être humain doit désormais se faire créateur. Une responsabilité nouvelle qui nous incombe et que le discours de l'Anthropocène entend affirmer. Plaidant pour une nouvelle politique du vivant, ce texte courageux, lumineux, écrit dans une langue fluide et puissante, touchera tous ceux qui cherchent des réponses à la crise globale que nous traversons.

  • L'Occident s'est construit sur le rêve, devenu cauchemar, d'une rationalité capable de congédier définitivement les pulsions, de contrôler les affects et domestiquer les corps.
    De ce geste est née la modernité, à partir de laquelle l'homme s'est séparé de l'ensemble auquel il appartient. Bref, le rationalisme nous a conduits à une vision virile et conquérante de ce continent noir que nous avons nommé « nature ».
    L'époque qui s'ouvre marque le retour de l'exil. Après avoir écrasé et ignoré la fragilité du vivant, nous la voyons faire irruption dans notre quotidien sous les traits d'une pandémie et d'un écocide. Nous sommes liés et ne pouvons plus prétendre, en toute impunité, exister depuis un point de vue abstrait, de nulle part.
    /> La fragilité est expérience, non savoir hors-sol. À nous d'en tirer les leçons, d'inaugurer une pensée et un agir qui intègrent cet autre de la rationalité, qui n'est ni l'irrationnel des relativismes identitaires ni l'hyper-rationalité de la machine algorithmique, mais un savoir qui se tisse au plus proche de nos sensations, de nos émotions et du vécu du corps. Le temps est venu de réactiver le sens commun.

  • En 1868, Michelet publie La Montagne, dont l'écriture est influencée par son épouse, Athénaïs, femme sensible aux beautés de la nature et amie des animaux.

    À la faveur d'un séjour alpestre, le grand historien romantique se livre à la contemplation d'un milieu a priori hostile, mais qui lui permet de penser la réconciliation entre l'homme et la création. Superbes descriptions du Mont-Blanc - « cet illustre solitaire » -, randonnées en Suisse et autour de ses lacs, détours par les Pyrénées et escapades jusqu'aux pôles ou encore à Java... Dans ces pages, les montagnes de glace des icebergs croisent les volcans.

    Empruntant à l'essai scientifique, lorsqu'il s'intéresse aux périodes glaciaires, à l'effet de foehn ou encore à la botanique, ce livre est surtout un hymne à la grandeur de la nature, où la montagne, géante apparemment immuable, apparaît sous les traits d'un être vivant, traversé par mille et un bouleversements - nuages restant accrochés aux crêtes, fonte des neiges, torrents.

    Avec Michelet, « la montagne est une initiation ».

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