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Sciences humaines & sociales
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«Une mauvaise expérience vaut mieux qu'un bon conseil», écrivait Paul Valéry. Parce qu'elle fournit à notre esprit des éléments que le raisonnement seul serait incapable de lui procurer, l'expérience nous instruit. Peut-on pour autant la considérer comme la source principale, voire unique, de la connaissance ? Quelle valeur accorder à notre appréhension empirique de la réalité ? Quelle place l'expérience, au sens d'expérimentation, occupe-t-elle dans l'élaboration d'une théorie scientifique ? A travers l'expérience, c'est notre rapport au savoir, à la raison et à la vérité que la philosophie interroge.Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur l'expérience, d'Aristote à Daniel Dennett, en passant par Bacon, Galilée, Locke, Leibniz, Hume, Kant, Husserl, Wittgenstein, Russell, Feyerabend, Quine, Hacking, Nagel ou encore John McDowell. Textes choisis et présentés par Anouk Barberousse.
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Films d'action, jeux vidéo, faits divers criminels, harcèlement, catastrophes naturelles, conflits armés : la violence traverse nos sociétés de part en part. Cette évidente omniprésence ne doit pourtant pas masquer la complexité d'une notion délicate à définir, aux frontières ténues avec les idées de force, de puissance, d'autorité. Faut-il distinguer violence physique et violence morale ? Toute atteinte corporelle relève-t-elle nécessairement de la violence ? Peut-on mettre sur le même plan la violence exercée par un tyran sur ses sujets et celle de la révolution qui les en libérera, autrement dit existe-t-il une violence constructrice et juste ? En scrutant tour à tour ses origines, ses manifestations diverses, sa légitimité, les penseurs qui se sont intéressés à la violence - philosophes antiques, théoriciens du droit naturel, anthropologues, sociologues... - n'interrogent rien de moins que la bestialité et la cruauté radicale de l'homme, ainsi que les fondements de la vie en société. Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la violence, de Platon à Derrida, en passant par Machiavel, Spinoza, Hobbes, Kant, Clausewitz, Nietzsche, Gandhi, Hannah Arendt, Michel Foucault, Konrad Lorenz ou encore René Girard.
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«Vaste et orageux océan, empire de l'illusion, où maint brouillard, maints bancs de glace en fusion présentent l'image trompeuse de pays nouveaux, attirent le navigateur parti à la découverte, et l'entraînent en des aventures auxquelles il ne pourra plus s'arracher, mais dont il n'atteindra jamais le but.» Par ces mots, Kant entend décrire les affres de la métaphysique. Quête du sens et de l'essence des choses, créatrice de concepts destinés à mieux saisir l'universalité et la transcendance, la métaphysique cherche à penser ce qui est «au-delà des réalités physiques». Si beaucoup de penseurs l'ont critiquée, elle n'en reste pas moins fascinante. Peut-on la pratiquer sans déjà raisonner en métaphysicien ? À quoi sert-elle ? Est-elle encore légitime aujourd'hui ? La métaphysique est-elle indissociable de l'expérience ou bien est-il possible de penser a priori ?
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Nous sommes nés pour la connaître, la nommer : liberté. Elle est le propre de l'homme, la condition du bonheur et la pierre d'achoppement de toute philosophie. Intimement liée à la responsabilité, au devoir, au respect, elle est au coeur de la réflexion morale. Associée aux notions de souveraineté, de loi, de droit, elle est l'horizon de la politique et la raison d'être de la cité. Mais la liberté est aussi de ces mots qui chantent plus qu'ils ne parlent, et dont le sens demeure fuyant. Si elle se manifeste au pluriel - libertés d'expression, de pensée, de mouvement-, que désigne-t-elle au singulier ? Sommes-nous bien sûrs qu'elle n'est pas une illusion ou un idéal inaccessible ? Par quel biais l'éprouve-t-on ? Quel rapport entretient-elle avec l'autorité ou avec la raison ? Souffre-t-elle les compromis ? Et l'homme, face aux déterminismes de tous ordres, peut-il se prémunir absolument contre l'aliénation ?
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Les anthologies de la collection corpus se composent d'une introduction, d'un choix de textes présentés, d'un répertoire des principales notions liées au thème et d'une bibliographie.
Sommaire :
I. L'art est-il imitation ou création ?
II. Qu'est-ce qu'une oeuvre ?
III. Le jugement esthétique IV. L'action de l'art Cette anthologie comporte notamment des textes de : Alain, Arendt, Aristote, Balzac, Baudelaire, Benjamin, Bergson, Goethe, Goodman, Hegel, Hume, Kant, Merleau-Ponty, Nietzsche, Platon, Plotin, Proust, Rodin, Rousseau, Schopenhauer, Simondon, Vinci.
Le vade-mecum : beau / sublime, classicisme/romantisme, dessin/couleur, esthétique, forme, génie, goût, idéal, musée, nature, perfection/utilité, pouvoir/savoir, société, symbole, technique.
Édition relookée. -
Il faut se soucier de la démocratie. Les philosophes l'ont bien compris, eux qui, depuis l'Antiquité, ont interrogé ce régime politique où le pouvoir est détenu par le peuple et où chacun, à la fois gouverné et gouvernant, a charge de veiller au bien commun.
Ce régime est-il vraiment le meilleur de tous ? Si le démocrate est d'abord celui pour qui le lien social doit être pensé selon une norme d'égalité, de quelle égalité parle-t-on ici ? Comment la démocratie articule-t-elle liberté de l'individu et souveraineté commune ? Ne contient-elle pas aussi en elle les germes de la tyrannie ?
Alors que la démocratie est en passe de devenir, dans le discours contemporain, un terme vide, visant essentiellement à teinter d'une nuance laudative ce qu'il est supposé qualifier, il est urgent de relire les penseurs qui se sont attachés, fût-ce pour la critiquer, à la questionner et à lui donner sens.
Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la démocratie, de Platon à Habermas, en passant par Aristote, Cicéron, Hobbes, Spinoza, Montesquieu, Rousseau, Kant, Constant, Hegel, Tocqueville, Marx, Arendt, Castoriadis ou encore Rawls. -
À l'heure du chômage de masse, de la précarisation des emplois et de l'automatisation des tâches, le travail est-il encore une valeur qui fédère notre société ? Pouvant être défini comme toute activité effectuée en vue d'un gain, le travail tel que nous l'entendons aujourd'hui est avant tout une construction héritée du XVIII& essup ;iècle. La révolution industrielle et l'émergence de l'ouvrier comme nouvelle catégorie sociale, le déclassement de la noblesse au profit de l'idéologie bourgeoise ou encore la naissance de la discipline économique ont participé à la valorisation du travail comme moyen pour l'individu de se réaliser. Mais faut-il voir dans le travail l'accomplissement de l'homme ou son aliénation ? Joue-t-il toujours son rôle d'insertion sociale ou est-il devenu un facteur d'exclusion ? Et devant l'essoufflement du secteur industriel, doit-on en finir avec le travail ?
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À l'instar d'une idole sacrée, l'État est à la fois vénéré et abhorré. Certains voient en lui la part divine de l'homme, et le célèbrent comme le remède à tous les vices et à tous les maux. Pour d'autres, il est une structure d'oppression issue de l'aliénation des volontés, et doit être combattu comme le principal responsable de la servitude et de la misère humaines. La virulence des jugements qu'il inspire est paradoxale. Épicentre de la vie politique moderne, il n'est pas un simple organe parasitaire que l'on pourrait supprimer d'un trait. Prêt à sacrifier ses sujets lorsque ses intérêts propres sont en jeu, il n'est pas non plus cette providence de l'homme à laquelle il faudrait vouer une confiance aveugle. S'il assume en principe le monopole de la violence légitime, ainsi que les fonctions sécuritaire, législative, exécutive et judiciaire, il lui arrive d'agir contre l'intérêt général. Penser l'État, c'est en somme questionner sa nature ambiguë, pour connaître sa vocation et les pouvoirs que la société doit - ou non - lui attribuer. Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur l'État, de Platon à Rawls, en passant par Aristote, Hobbes, Spinoza, Locke, Montesquieu, Rousseau, Kant, Hegel, Tocqueville, Mill, Engels, Max Weber ou encore Simone Weil.
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Au commencement était le verbe. Exprimer, raconter, convaincre, persuader, infirmer, échanger, concevoir, penser:rien de tout cela ne serait possible sans le langage, qui nous distingue de la bête. Qui que nous soyons, d'où que nous venions, quelle que soit notre langue maternelle, nous parlons. Quelle est l'origine du langage? Comment fonctionne-t-il? Grâce â lui, nous pouvons décrire la réalité, la modifier, voire la réinventer; mais quel rapport le mot entretient-il avec la chose qu'il désigne? Et que penser des beaux parleurs, des mensonges, des malentendus - faut-il se méfier du langage? Aux frontières de la philosophie, de la linguistique, de la psychologie et de la biologie. L'interrogation sur le langage met en lumière les multiples facettes de cet instrument unique par lequel l'homme se constitue comme sujet.
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Quoi de plus varié que les différentes nuances de l'amour ? Amour-passion des amoureux, amour filial, amour platonique, amour hétéro- ou homosexuel, amour des belles choses, du vin ou du chant, amour du pouvoir, amour de Dieu, «de Saint-Simon et des épinards» (Stendhal) : où situer l'unité conceptuelle de l'amour ?Aimer, c'est élire. L'aimé est exceptionnel. Mais d'où vient cette préférence pour un être plutôt qu'un autre ? L'amour est-il ce je-ne-sais-quoi qui nous fait tomber sous le charme, ou est-ce la reconnaissance de qualités intellectualisées ? L'amour suspend parfois le réel, et nous fait voir l'être aimé meilleur qu'il n'est en réalité. Il s'apparente alors à une illusion, une chimère, une image idéalisée. Aimer, serait-ce une folie ? Aime-t-on toujours au risque de se perdre ? Entre félicité et soumission, coup de foudre et déception, l'amour se décline dans toutes les langues et sur tous les tons.Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur l'amour, de Platon à Levinas, en passant par Aristote, Sophocle, saint Paul, saint Augustin, Descartes, Molière, Racine, Pascal, Spinoza, Leibniz, Rousseau, Kant, Balzac, Hugo, Stendhal, Kierkegaard, Schopenhauer, Nietzsche, Freud, Thomas Mann ou encore Proust.
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En politique, en amour, au travail, sur les bancs de l'école comme dans les cours de récréation, le pouvoir gouverne les relations humaines.
Comment expliquer que certains commandent, tandis que d'autres obéissent ? Parce qu'il s'exerce non sur des choses, mais sur des volontés, libres de coopérer ou de résister, le pouvoir est d'abord influence ; or par quel moyen faire faire à d'autres ce qu'ils ne feraient pas spontanément ? Faut-il user de la force, de la séduction, de la ruse, ou encore de la philosophie ? Y a-t-il un art de diriger ? Comment le pouvoir se légitime-t-il, et se maintient-il dans la durée ? Existe-t-il s'il ne se manifeste pas en acte ? Et surtout, pourquoi obéissons-nous ? Ce volume rassemble les plus grands textes sur le pouvoir, de Platon à Foucault, en passant par Aristote, Machiavel, Hobbes, Pascal, Montesquieu, Rousseau, Tocqueville, Marx, Nietzsche, Weber, ou encore Arendt. -
Le nihilisme, à en croire l'étymologie, est une pensée négatrice, une adhésion au rien, l'école de l'absolu refus. Faut-il pour autant le réduire à l'expression d'un tempérament sombre, sensible à la douleur d'exister, attiré par la mort ? Qui est nihiliste ? Le sophiste Gorgias, qui s'emploie à démontrer que rien n'existe ? Ou bien Karamazov s'écriant : «Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis» ? Marcel Duchamp, dont la Joconde à moustache signe la fin d'un art multiséculaire ? Le nihilisme est-il une vision du monde ou un processus historique, indissociable de l'histoire de l'Occident et de sa métaphysique ? Du nihilisme athée des romanciers russes au nihilisme festif de Dada en passant par le nihilisme héroïque de Nietzsche, ce recueil s'attache à rendre compte de toutes les dimensions du concept et s'interroge sur l'existence d'un nihilisme constructif, qui puisse conduire, loin du désenchantement, à un état de détachement ironique, et non moins lucide.Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur le nihilisme, de Gorgias à Vattimo, en passant par Crevier, Schopenhauer, Jacobi, Stirner, Tourgueniev, Dostoïevski, Nietzsche, Maupassant, Kandinski, Cioran, Camus, Deleuze, Juliet, Badiou ou encore Jaccard.
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Je voudrais réussir dans la vie, mais l'avenir est incertain ; je suis attiré par cette femme, mais elle ne m'accorde pas un regard ; j'aimerais manger ce gâteau, mais aussi rester mince...
Le désir est d'abord source d'inquiétude. A l'origine de toutes les frustrations et de toutes les convoitises, il menace notre équilibre. Comment le maîtriser ? En sommes-nous toujours capables ? Et d'abord, faut-il vraiment, pour être en paix, en finir avec le désir ? Marque de notre nature imparfaite, n'est-il pas aussi ce débordement de vie qui pousse l'homme à espérer, à agir, à créer, à connaître ? A la fois manque et excès, nostalgie de et aspiration à, le désir offre à l'homme la possibilité d'une aventure sans fin. -
«L'instinct de l'homme, fortifié par la raison, le porte à la société comme au manger et au boire», écrivait Voltaire. Peut-on dire que l'homme est un animal social? Doit-on penser la société indépendamment de l'État? Par quels rapports de force une société est-elle sourdement traversée? Et à quel point détermine-t-elle les conduites individuelles? Interroger la société -son origine, sa structure, ses lois, ses limites-, c'est aussi mesurer comment les hommes, entre indépendance et interdépendance, peuvent s'y accomplir.
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Fécondations in vitro, greffes, clonage, modifications génétiques:le temps est venu de la manipulation de la vie et de l'hybridation du vivant et de la machine. Mais que cache ce mot, «vie», qui dit le plus intime et le plus mystérieux? Et qui a autorité pour en parler? Relevant à la fois du champ de l'éthique, du droit, de la science et de la métaphysique, la vie est tantôt décrite par les biologistes comme une somme de phénomènes quantifiables, tantôt assimilée par les métaphysiciens à l'âme, à l'esprit, au souffle. Suis-je en vie parce que mon coeur bat ou parce que j'exerce ma pensée, libre et autonome? La vie se manifeste d'abord parce qu'il y a des êtres qui se forment, croissent et dépérissent. Est-elle donc toujours la durée qui s'écoule entre la naissance et la mort?
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La question de Dieu ne doit pas rester l'apanage de la théologie. Le croyant ne court-il pas le risque de voir son discours disqualifié? Au philosophe incombe la tâche d'essayer une autre approche. Mais peut-on penser Dieu sans y croire? Nombreux furent les penseurs à s'être penchés sur la question. Comment en effet ne pas s'interroger:est-ce Dieu qui a créé l'homme ou l'homme qui a créé Dieu? Existe-t-il des preuves d'une existence divine? L'idée de transcendance n'est-elle pas indispensable à celui qui recherche la vérité ou les fondements d'une morale universelle? Qui est le dieu des philosophes? Dieu est-il vraiment mort? Les auteurs retenus dans ces pages, en cherchant à penser Dieu, explorent finalement la condition humaine.
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«Dieu est mort !» : plus d'un siècle après la célèbre affirmation de Nietzsche, alors même qu'on annonce le grand retour du religieux - et de sa face obscure, le fanatisme-, force est d'admettre que la religion... ne nous a jamais quittés. L'homo religiosus trouve en elle la signification de l'existence ; elle répond à notre soif d'absolu comme aux exigences de la vie en société. Quelle est au juste la nature du lien religieux ? Est-ce Dieu qui a créé l'homme, ou l'homme qui a créé Dieu ? La raison peut-elle établir la vérité de la foi, ou la religion est-elle d'abord une provocation pour cette autre quête de sens qu'est la philosophie ? Qu'on l'envisage à l'aune des pratiques cultuelles, des rapports qu'elle entretient avec le pouvoir séculier ou de son lien à la vérité, la religion apparaît d'abord comme une transgression du cours ordinaire des choses : elle suppose que le sens d'un acte, d'une pensée ou d'une vie se situe ailleurs. Que l'on soit ou non croyant, on peut lui reconnaître un singulier mérite : celui de rendre équivoque l'expérience, et d'empêcher toute clôture du sens.
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«Le sceptique voudrait bien souffrir, comme le reste des hommes, pour les chimères qui font vivre. Il n'y parvient pas : c'est un martyr du bon sens», écrivait Cioran. Entendu par les Anciens comme une sagesse de la suspension du jugement et par les modernes comme une mise en cause radicale de la certitude de nos connaissances, le scepticisme, qui a traversé l'histoire de la pensée en empruntant des formes diverses, repose avant tout sur la non-assertion. Contre les dogmatiques, qui considèrent que se garder de toute opinion rend la vie et l'action impossibles, les sceptiques nous invitent, à l'instar de Montaigne, à «faire profession de notre ignorance», et nous rappellent que les convictions, peut-être autant que les mensonges, sont ennemies de la vérité et de la philosophie.
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La mémoire est-elle une zone d'archivage du cerveau ou bien une certaine capacité à établir des relations entre des réalités différentes ? Pourquoi oublie-t-on ? N'est-il pas quelquefois préférable d'oublier ? de privilégier certains souvenirs à d'autres ? La mémoire est-elle un élément constitutif de notre personnalité ? Comprendre ce qu'est la mémoire, à quoi elle sert et son rôle dans la construction du moi, tels sont les objectifs de cette anthologie, qui rassemble des extraits des plus grands textes sur le sujet.
À l'heure où notre société accorde une si grande importance au « devoir de mémoire » et où la maladie d'Alzheimer cause tant de souffrances, comment ne pas s'interroger sur cette notion-clé qui fait de nous ce que nous sommes ?
Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la mémoire, de Platon à Squire, Kandel et Rosenfi eld, en passant par Aristote, le Pseudo-Cicéron, Plotin, saint Augustin, Locke, Spinoza, Leibniz, Hegel, Schopenhauer, Kierkegaard, Taine, Ribot, James, Nietzsche, Freud, Husserl, Bergson, Proust, Halbwachs, Benjamin, Borges, Sartre, ou encore Ricoeur.
Virginie Berthemet© Flammarion © Flammarion, Paris, 2014. -
Nous ne sommes rien sans les autres:notre vie quotidienne nous le rappelle à tout instant. Chaque objet dont nous nous servons porte en creux la trace du travail de nos semblables. Le moindre de nos choix, de nos gestes ou de nos discours tient compte du regard de ceux qui nous entourent. Même la vérité de nos perceptions ne peut nous être assurée que par la comparaison avec les perceptions des autres hommes. Et pourtant, autrui est aussi ce qui nous échappe le plus radicalement:alter ego, il est à la fois un autre moi et un autre que moi. Comprendre ce qui unit les hommes entre eux par-delà leur altérité; se ressaisir philosophiquement de notions comme la politesse, la sympathie, l'amitié, le désir, l'amour du prochain, la pitié ou la responsabilité; rappeler enfin qu'autrui, au-delà de l'échange et du conflit, est d'abord celui qui fait naître en nous l'exigence éthique:tel est l'objet de cette anthologie.
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La mort est pour l'homme l'inconnaissable par excellence, l'énigme indéchiffrable - «le grand peut-être», disait Stendhal. Face à elle, deux issues se dessinent : la première consiste à se convaincre que quelque chose nous attend au-delà du tombeau ; la seconde, à admettre que notre destinée mortelle n'est pas un mal, voire à rendre grâce à la nature de nous avoir épargné les affaires d'une existence sans fin...Que signifie au juste pour un homme le fait d'être mortel ? Quelle attitude peut-on attendre de lui à l'instant suprême ? Que penser des promesses religieuses d'immortalité et d'éternité, ainsi que des spéculations philosophiques sur le sujet ? Quelles relations les vivants doivent-ils entretenir avec leurs morts ? Et, devant la Grande Faucheuse, quelle consolation la philosophie peut-elle nous apporter ?Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la mort, de Platon à Lévi-Strauss, en passant par Épicure, saint Augustin, Montaigne, Pascal, Bossuet, Spinoza, Rousseau, Kant, Schopenhauer, Nietzsche, Freud, Alain, Sartre ou encore Jankélévitch.
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La loi, que nul n'est censé ignorer, bien que protectrice et pourvoyeuse de justice, est souvent considérée comme une contrainte : elle soumet les hommes et certains cherchent même à la contourner. De fait, quelles raisons a-t-on d'obéir à la loi ? D'où tient-elle son autorité si ce n'est de la force ou de la menace d'une sanction ? La loi vise-t-elle à éduquer les hommes, à les rendre meilleurs, ou seulement à éviter les conflits ? Est-elle universelle ou propre à chaque pays ? S'attachant au fil des textes à distinguer loi descriptive (qui dit ce qui est) et loi prescriptive (qui dit ce qui doit être), ce recueil explore aussi ce qu'ont de commun et de différent les lois politique, morale, scientifique. Par là, il n'interroge rien de moins que les fondements du pouvoir politique, la nature de la citoyenneté et les paradoxes de la liberté.Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la loi, de Platon à Bas van Fraassen, en passant par Aristote, Cicéron, Thomas d'Aquin, Hobbes, Descartes, Pascal, Spinoza, Pufendorf, Malebranche, Leibniz, Montesquieu, Rousseau, Kant, Beccaria, Sieyès, Mill, Meyerson, Kelsen, Schmitt, Carnap, Ricoeur ou encore Dworkin.
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"On peut tout fuir, sauf sa conscience", écrivait Zweig. Par elle, l'homme, éprouvant son existence et son unité, se constitue comme sujet. Elle conditionne son rapport à lui-même, à autrui, au monde, au temps, à l'action. Envisagée dans une perspective morale, c'est elle qui fait de lui un être responsable, agissant en connaissance de cause. Depuis la formulation, au XVIIe siècle, du cogito cartésien dont dérive la conception moderne de la conscience, quels chemins ont été empruntés pour la penser ? Comment la mise au jour de l'inconscient par la psychanalyse et les recherches des sciences cognitives ont-elles fait évoluer, plus récemment, notre manière de l'appréhender ? Question philosophique, mais aussi éthique, psychanalytique, cognitive, spirituelle, la conscience, par laquelle l'homme prend la mesure tout à la fois de sa finitude et de sa liberté, est une source inépuisable d'interrogations.Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la conscience, de Descartes à Block, en passant par Locke, Rousseau, Kant, Kierkegaard, Hegel, Nietzsche, Husserl, Freud, Bergson, Sartre, Lacan, Rosenthal, Dennett ou encore Varela et Thompson.
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À l'origine du mot utopie, il y a un nom propre, provenant du titre d'un petit livre publié en 1516 par l'humaniste anglais Thomas More : Utopia, l'Utopie, est une île lointaine, dont un voyageur qui l'a visitée rapporte à l'auteur la merveilleuse ordonnance et la félicité... Description d'une cité idéale où tout serait parfaitement réglé pour le bonheur commun, l'utopie, de More à H.G. Wells en passant par le comte de Saint-Simon ou Charles Fourier, proclame l'importance décisive de l'éducation et du travail, par lesquels adviendra l'Homme nouveau. Mais elle manifeste aussi le projet d'une rationalisation totale du pouvoir, marquée par l'omniprésence de la loi, intangible et impersonnelle. C'est que la quête d'émancipation collective implique un contrôle de chaque instant sur les individus : de l'utopie au totalitarisme, il n'y a qu'un pas... Rêve de perfection politique, l'utopie poussée au terme de sa logique n'est autre que le mauvais génie de la modernité.