Ateliers Henry Dougier

  • Rwanda, l'art de se reconstruire Rwanda, l'art de se reconstruire est un récit de voyage. Ses paysages se déploient dans un mouvement incessant à l'extérieur et à l'intérieur?- là où l'espace psychique a volé en éclats. Un voyage partagé, durant dix ans, avec des veuves rescapées du génocide perpétré contre les Tutsi, au Rwanda. Un récit fait de séquences mémorielles, donnant lieu?à des scènes de compassion inouïes, qui, au-delà des larmes et des cris, calme et réconforte.

    Dans ce paysage, la « Maison de quartier » prend place. Elle ouvre?un lieu où rebâtir la maison intérieure dévastée, elle recrée des liens perdus. Construite avec et pour les rescapées, la Maison s'anime de leur présence. De leurs mouvements, de leurs regards. Elles vagabondent dans ce paysage, elles déroulent leurs pensées. La reconstruction de soi est un art. Elles l'exercent patiemment ensemble. En retour, l'art les réconcilie avec elles-mêmes et, pour toutes, il est source d'inspiration. Elles dansent, elles chantent, elles peignent, elles écrivent leurs Cahiers de mémoire.

    Après des études de philosophie, Florence Prudhomme a été journaliste et éditrice engagée dans le mouvement des femmes, soucieuse de solidarité à leur égard, ici et là-bas, en ex-Yougoslavie, en Afrique, en Europe... Depuis 2004, elle partage sa vie entre Paris et Kigali.

  • « Rêver le cinéma, demain », Agnès Salson et Mikael Arnal Guidés par une même passion, deux cinéphiles - Agnès Salson, étudiante en exploitation à La Fémis, et Mikael Arnal, réalisateur - se lancent pendant une année dans une aventure inédite : partir à la découverte d'une centaine de salles de cinéma indépendantes en France et rassembler sur une plateforme en ligne les initiatives innovantes qu'ils rencontrent sur la route. Leur objectif ? Exposer la vivacité de ce parc de salles unique au monde et dresser un portrait de l'exploitation cinématographique française à l'ère de la société numérique. De territoire en territoire et au fil des rencontres, une esquisse de la salle de demain prend forme : locale et globale, conviviale et connectée, toujours en réinvention.

    Le livre retrace chaque étape du voyage, les rencontres, les réflexions mais aussi les rêveries de ces deux voyageurs, de la genèse du projet à la fin du grand tour. Forts de cette expérience, ils proposent une boîte à idées thématique : Comment s'approprier les nouvelles technologies pour réinventer l'expérience de la salle ? Quels nouveaux espaces créer au sein d'un cinéma ? Quelle place pour les contenus alternatifs ? Quelles actions concrètes pour impliquer le public adolescent ? De l'organisation de rencontres d'équipes de films via Skype à la vente de tickets solidaires, en passant par la diffusion de séries télévisées en salle ou encore la création d'espaces de jeux pour les enfants et de soirées pop-corn, la salle de cinéma a de beaux jours devant elle.

  • Résurrection de l'hermione, vaisseau mythique L'Hermione. Cette superbe frégate de fabrication française a tout de suite la réputation, fondée, d'être un modèle de bateau de guerre, aux performances jamais atteintes, au XVIIIème siècle, dans aucune autre flotte mondiale. Elle entre aussi dans l'Histoire de France car c'est elle qui, en 1780, transporte le marquis de La Fayette, depuis Rochefort jusqu'en Amérique, où le Français vient prêter mains fortes aux insurgés américains en lutte pour leur indépendance.

    Pareil pedigree méritait une renaissance. C'est chose faite, mais l'affaire relève du miracle.

    Voilà une vingtaine d'années, des Rochefortais aidés de quelques Parisiens se mettent en tête de créer une nouvelle Hermione, copie conforme, clone parfait de la frégate de La Fayette. Une poignée de gens absolument désintéressés et souvent bénévoles vont se consacrer à la conception, la fabrication à l'identique, de la coque au gréement, de la poupe à la proue, de la cale à son plus haut mat, d'une merveille maritime pour lui permettre d'accomplir sa vocation: naviguer et rejoindre les côtes américaines.

    Un défi réussi qui révèle aussi une magnifique aventure humaine.

  • Dans l'Aveyron, statistiques et observations minutieuses contredisent la « fin des paysans » qu'annonçait Henri Mendras en 1967. L'Aveyronnais, image d'Épinal d'une paysannerie rétrograde et patriarcale, terre de naissance ou d'adoption de révolutionnaires et de révolutions agricoles, se lève désormais comme la vitrine d'une paysannerie dynamique, innovante, féminisée, attrayante et fière. A la suite d'un André Valadier, sauveur de la vache d'Aubrac ou d'un José Bové, voix engagée pour la cause des agriculteurs et frondeur anti OGM médiatisé : esprit d'initiative, détermination et ténacité concentrés à l'échelle locale sont présentés dans cet ouvrage comme le terreau qui fut nécessaire à une renaissance de la terre.

    A l'approche du Salon de l'Agriculture, entraînons le lecteur à la rencontre des paysans aveyronnais. Tantôt, c'est Lionel Sabrié, membre de la coopérative Jeune Montagne de Laguiole, qui, de son exploitation familiale en GAEC, voit la transition vers l'agriculture biologique comme la suite directe de la labellisation. Léon Maillé, lui, accepte de transmettre en héritage son troupeau de brebis à Marlène et Florian, couple mayennais de paysans néophytes, loin du modèle de l'exploitation familiale transmise de père en fils. Marie-Thérèse Lacombe, elle, combat pour la place et l'indépendance des femmes du monde agricole et des agricultrices. Autant de problématiques nationales voire globales, qui se jouent d'abord localement et quotidiennement.

  • A Saint-Denis de La Réunion, dans le quartier des Camélias, Bernard Fontaine, à la tête de la Société immobilière du département de La Réunion (SIDR), premier bailleur social de l'île, a pour ambition d'affirmer et de définir la dimension sociale de l'organisme. En s'appuyant sur le programme de renouvellement urbain du quartier, il met en place des groupes de travail et développe des méthodes afin de produire de nouvelles expertises associant habitants, collaborateurs, travailleurs sociaux et acteurs culturels.
    Ce livre s'appuie sur de nombreuses rencontres avec les habitants et expose autant la fidélité que la vitalité de celles et ceux qui agissent au quotidien pour le quartier. Il révèle comment à partir de l'identité d'un territoire et de celle d'un peuple, on consolide le lien social et on interroge les manières d'habiter en 2015.

  • Un chiffre résume la démesure du Off d'Avignon : 1 336. C'est le nombre de spectacles présentés chaque jour, pendant trois semaines, lors de la dernière édition. Cette profusion inouïe tient à la nature même de ce festival né voilà cinquante ans du geste de révolte d'un artiste avignonnais, André Benedetto, qui décida de jouer sa propre création en marge du prestigieux festival de Jean Vilar. Beaucoup l'imitèrent, toujours plus nombreux au fil du temps, dans un esprit d'abord libertaire puis en se pliant progressivement aux lois du marché... Dans le Off d'Avignon, vient qui veut, vient qui peut, car ce sont les artistes qui paient pour jouer. Comme dans un salon professionnel, le public en plus, ils cherchent à séduire les programmateurs venus de la France entière et à assurer la diffusion de leur spectacle, voire leur survie. Une chance pour certains, un miroir aux alouettes pour beaucoup, tant la concurrence entre compagnies est devenue féroce et le business omniprésent... Mais comment réformer un festival anarcho-capitaliste que personne ne dirige et dont personne ne contrôle la croissance débridée ? Comment y mettre en oeuvre des politiques culturelles au service des artistes ? Avant de tracer quelques pistes pour sortir de cette jungle, il fallait d'abord raconter la genèse de ce festival né d'une utopie, décrire ses mutations successives, rencontrer ses acteurs et comprendre les logiques qui s'y affrontent. Et pour la toute première fois, un ouvrage retrace cette histoire et tente de saisir le Off dans toute sa complexité, en le considérant non pas comme un appendice du In mais comme un phénomène unique en France.

  • Réenchanteur de ville, Jean Blaise Jean Blaise a transformé Nantes en galerie d'art à ciel ouvert et en théâtre urbain. Un parcours débuté aux franges de la ville, dans le maquis de friches industrielles, qui s'est déployé progressivement sur l'ensemble l'espace public. Aujourd'hui, si Paris s'inspire de Nantes pour sa Nuit Blanche, si Londres vient observer la façon dont s'articule l'urbanisme et la culture sur les bords de la Loire, si la France offre un dragon nantais à la Chine pour fêter l'anniversaire de ses relations diplomatiques, c'est parce qu'un esprit singulier est né et prospère sur les bords de Loire. Jean Blaise n'est, évidemment, pas le seul artisan ce ré-enchantement, mais il en est l'inventeur discret et l'infatigable chef d'orchestre.

  • Résilience écologique, Le pari de Loos en Gogelle ville « durable » - Philippe Gagnebet Comment transformer et faire revivre un territoire dévasté par la disparition d'une quasi mono-industrie, celle des mines et de l'extraction du charbon dans le bassin du Pas-de-Calais au sud de Lille entre Lens et Valenciennes, et y développer un nouveau modèle économique, écologique et social estampillé du sceau de "Troisième révolution industrielle"? C'est le pari audacieux, unique en France, et réussi, du maire écologiste d'une petite commune de 7000 habitants, Loos-en-Gohelle, nichée au pied des anciens terrils. Cet "écolo" au pays des "Gueules noires", Jean-François Caron, mène depuis 15 ans le combat pour une "résilience écologique" et a fait de sa commune l'emblème réalisé de la ville de demain : autonomie énergétique, écrin vert, démocratie présentative plutôt que participative, réseaux "intelligents", logements sociaux écoconstruits, laboratoire scientifique et citoyen. A tel point que l'économiste, sociologue et essayiste américain Jérémy Rifkin, chantre de cette troisième révolution industrielle, a fait de Jean-François Caron son principal appui en France afin de développer ces concepts à plus grande échelle.
    A travers des rencontres, récits, interviews et témoignages de personnalités politiques, chercheurs, chefs d'entreprises ou citoyens ayant travaillé avec Jean-François Caron, ce livre raconte les chemins des convictions, des méthodes de travail et des modes opératoirs qui mènent à la ville de demain. Aujourd'hui en Fance, au moment du grand rendez-vous de fin d'année à Paris pour la COP 21, carrefour mondial pour l'avenir climatique de la planète.



    L'auteure Philippe Gagnebet est journaliste et formateur. Responsable de la rédaction de la revue et du site Friture Mag, il collabore également au journal Le Monde. Il est l'auteur de « Les 16-25 ans et la vie active : le rôle des missions locales » (Ed Autrement, 2006) et a également participé à plusieurs ouvrages collectifs sur l'écologie et l'environnement.

  • Repenser l'aide alimentaire, avec les épiceries Solidaires Évoquer en France l'aide alimentaire renvoie directement à l'image d'un comique trop tôt disparu et à l'association qu'il a créée. C'est oublier un peu vite qu'il y a différents types d'aides alimentaires et beaucoup d'acteurs impliqués défendant des concepts aussi variés que complémentaires. À l'A.N.D.E.S., le réseau constitué de 280 épiceries solidaires, le bénéficiaire est un client qui choisit ses produits et participe financièrement à ses achats. Combattre l'assistanat est donc au cour de la démarche de Guillaume Bapst, le fondateur et directeur du réseau, et de ses équipes. Une première bataille qui en a appelé d'autres : la lutte contre le gaspillage et l'amélioration de l'alimentation des personnes précaires. Ce livre retrace l'histoire de cette association et de son développement en donnant la parole à ses salariés, bénéficiaires, bénévoles, partenaires. mais aussi à des experts de l'aide alimentaire. Une question aux confluents de plusieurs problématiques, sociales, sanitaires et environnementales.



    Anne Dhoquois est auteur et journaliste indépendante. Ancienne rédactrice en chef des sites Internet « Place publique » et « Banlieues Créatives », collaboratrice aux éditions Autrement depuis 2006 et à différents magazines en tant que pigiste, elle a écrit de nombreux livres sur les thèmes de la banlieue, de la vie associative, de l'emploi.

  • L'histoire commence il y a dix ans, quand un activiste catalan dérobe 500 000 euros à une quarantaine de banques pour les reverser à des mouvements sociaux. De cette action de désobéissance civile naîtra une des expériences d'autogestion parmi les plus importantes et intrigantes du moment en Europe. Avec 2 000 membres, un budget d'un demi-million d'euros et 70 personnes payées pour construire les bases d'un nouveau monde, la Coopérative intégrale catalane est un mastodonte de l'alternative. Santé, logement, éducation, transport. Les membres multiplient les initiatives concrètes pour établir leur autonomie localement et inventer un autre modèle.

  • Je n'ai pas de temps à perdre avec un aveugle ! »... Ou comment un coach d'athlétisme aurait pu enterrer à tout jamais les rêves de course du jeune Timothée Adolphe. Dix ans plus tard, le voilà champion d'Europe en titre du 200 mètres et du 400 mètres. Surnommé le Guépard Blanc, ce sprinter longiligne ne s'est pas laissé abattre par les discours sceptiques qui auraient pu lui faire croire que sport et handicap ne faisaient pas bon ménage. Timothée Adolphe a su franchir les obstacles et sprinter vers la réussite. Redwane Telha l'a suivi lors de sa préparation aux Jeux paralympiques de Rio. Portrait d'un champion clairvoyant.

  • L'emploi, plus qu'une problématique socio-économique, c'est un défi majeur posé à la société française. Un défi qui nous engage tous. Cet ouvrage écrit à plusieurs mains prend sa part dans la réflexion collective et apporte une nouvelle pierre au débat commun. En réconciliant l'analyse et l'action, la réflexion macro et les initiatives locales, les experts du temps présent et les inventeurs de l'avenir. Ce faisant, il assume une ambition forte et nécessaire : réinventer le plein emploi. pour que demain nous puissions éradiquer ce fléau qu'est le chômage.

    Auteurs : Anne Dhoquois, journaliste spécialisée dans les questions de société, auteur de nombreux ouvrages chez Autrement (notamment « Premier emploi, quand les jeunes racontent »). Elle a écrit ce livre en collaboration avec les acteurs du Pacte civique, un collectif de citoyens et d'organisations.

  • La France a besoin de relancer son industrie, mais les Français sont réticents : voici un ouvrage qui devrait changer leur vision de l'usine. Joseph Puzo, fils d'ouvriers immigrés d'origine italienne, devenu ingénieur, rachète en 1985 la PME de fabrication de câbles dont il était le directeur, et l'emmène vers des sommets de technologie. Sa société Axon' produit aujourd'hui différents câbles qui équipent les satellites européens, l'accélérateur de particules du CERN ou encore le coeur artificiel Carmat. Devenue une « multinationale de poche », elle emploie 1 800 personnes, dont la moitié en France, et fait partie de ces entreprises de taille intermédiaire (ETI) innovantes et exportatrices qui représentent pour notre pays d'énormes opportunités de développement économique et de création d'emplois.

    En suivant Joseph Puzo dans ses aventures, le lecteur découvre qu'il est possible de réinventer l'industrie pour en faire quelque chose à la fois de très excitant et de très humain : des entreprises efficaces et conquérantes, mais aussi des entreprises à vivre.

    Postface de Fabrice Brégier, président-directeur général d'Airbus.

  • Régulièrement mais sans tendresse, les regards de l'opinion se tournent vers la Seine-Saint-Denis. À la faveur d'un fait divers ou de l'annonce d'un nouveau plan pour l'emploi, les caméras se ruent sur le territoire pour s'en aller quelques instants après, en un mouvement pendulaire quasi frénétique. Un temps de l'information qui ne se donne pas le temps de voir ces femmes et ces hommes, nombreux, qui vivent et réussissent dans le 93. Ils s'appellent François, Youness, Laurence, Ahmed, Sarah. Ils sont restaurateur, promoteur, producteur ou développeur. Et ils ont choisi la Seine-Saint-Denis pour s'épanouir, créer de l'emploi et de la valeur. À travers les étapes clés de leur parcours d'entrepreneur, ce livre montre la force et la détermination communes à chacune de ces personnalités exemplaires.
    Cette série de cinq portraits montre aussi à ceux qui s'intéressent au développement territorial la vitalité, les ressources et le dynamisme d'un département au fort potentiel. L'autre visage d'un territoire attachant qui, par-delà les indicateurs sociaux, constitue évidemment un formidable réservoir de talents pour la France d'aujourd'hui et de demain.

  • Laboratoire de l'économie de demain, l'entrepreneuriat social séduit de plus en plus les jeunes générations. Mais sait-on vraiment ce qu'est une entreprise sociale ? Faut-il suivre une formation spécifique pour se lancer ? Quels sont les parcours et les activités de ceux qui tentent leur chance ? C'est à toutes ces questions que ce livre tente de répondre, en s'appuyant sur la réalité de terrain et l'expérience accumulée depuis plus de dix ans au sein de la chaire Entrepreneuriat social de l'ESSEC. Des témoignages qui ne doivent pas occulter le débat de fond qui traverse les acteurs et les observateurs du secteur : de quelles transformations l'entrepreneuriat social est-il le vecteur ? Et a-t-il vocation à révolutionner le modèle économique dominant ?

    Témoignages, conseils, analyses d'experts, d'enseignants, de chercheurs et d'entrepreneurs sociaux jalonnent ce livre, permettant de mieux saisir les contours de cette démarche et les interrogations qu'elle suscite.

  • Loin du haut niveau, le sport est utilisé comme moyen d'accéder à d'autres savoirs. Il est repensé en tant que tel par des milliers d'associations diverses et de collectivités, notamment auprès des jeunes, à des fins de santé, de mixité, de comportement, d'éducation, d'insertion professionnelle. Cet aspect généreux des liens créés par le sport se heurte à un écheveau administratif français complexe, plutôt tourné et conçu vers un apprentissage technique. Ce but de compétition ne répond plus globalement à la réalité vécue d'une jeunesse confrontée à des difficultés sociales et économiques. Des quartiers de banlieue défavorisés à l'école, le sport est redéfini par des citoyens qui s'en servent comme tremplin vers la « vraie » vie.

  • Bâtir plutôt que bétonner ; partager plutôt que s'isoler ; imaginer plutôt que stagner.
    Mais aussi économiser, recycler, débattre, entreprendre autrement, co-construire...
    Sur la rive droite de la Garonne, sur 9 hectares de l'ancienne caserne militaire Niel, depuis 2010, la ville se réveille en lieu et place d'anciennes friches. Face à « Bordeaux la sage et conservatrice », une poignée de pirates urbains a pris d'assaut un site quasi en ruine pour en faire le laboratoire d'une cité écolo, vivante, imaginative.
    Philippe Barre, enfant du pays, fils héritier de grands entrepreneurs de la région, a placé toute sa fortune dans la construction de l'écosystème Darwin. Aujourd'hui l'aventure est collective, partagée, foisonnante. Avec un budget de départ de près de 1,3 million d'euros, et seulement 5 % d'aides publiques aujourd'hui, le lieu est désormais en mouvement, grignotant peu à peu des terrains abandonnés voués aux promoteurs, et y dessine quotidiennement et patiemment un nouveau genre d'espace urbain. Ici, on trouve des entrepreneurs sociaux ou « verts », 200 entrepreneurs s'y sont installés pour un total de 500 personnes travaillant sur le site, mais aussi le plus grand restaurant bio de France, un « Magasin Général » 100 % bio, des salles de conférences, de concerts, d'expositions ou de débats. Et puis d'immenses espaces de coworking, des associations hébergées gratuitement, un skatepark gigantesque... Et demain, une auberge de jeunesse, un campus de 1 000 étudiants en numérique, art et marketing, des logements partagés, le bric-à-brac d'Emmaüs, une ferme urbaine.

    À Darwin, l'électricité est d'origine 100 % renouvelable et 80 % des déchets sont recyclés. Derrière l'attitude cool ou « bobo », l'objectif affiché est d'y « construire une autre ville, plus inclusive ».

    Grâce à des récits sur la vie à Darwin, à des rencontres avec celles et ceux qui ont imaginé et construit ce lieu, et avec tous ceux qui y travaillent ou simplement y passent au quotidien, ce livre raconte la longue aventure d'entrepreneurs qui veulent réinventer le travail au coeur de nouveaux espaces urbains. Sous le sceau de la transition écologique et sociale ils édifient un autre modèle de la ville de demain.

  • Regards Décalés sur des patrimoines silencieux - Hélène Hatzfeld Ce livre est un livre collectif. Il est écrit à plusieurs mains, fait entendre plusieurs voix. Ce qui les rassemble, c'est la façon dont elles interpellent les évidences, en questionnent les démarches. Ce livre traque le patrimoine là où il n'est pas, pas encore, ou ignoré, méprisé, celui qui ne répond pas aux canons qui le désignent habituellement. Il révèle ce qui peut faire patrimoine si on prend d'autres repères. Récits, témoignages, échos de recherches, photos et commentaires décalés sont significatifs des formes émergentes de patrimonialisation. Ils déplacent ce qui fait patrimoine, des choses vers les hommes, vers les usages qu'ils font de l'histoire, de la mémoire et du territoire. Ils posent la question de ce qui compte, de ce qui a le droit d'être dans les vitrines des musées, d'être archivé, conservé, ou oublié, détruit, considéré comme « sans importance » . ou pas !.

    Ce livre bouscule les idées reçues sur l'interculturel, souvent enfermé dans les questions d'immigration. L'interculturel est ici ce qui inspire des pratiques de questionnement et de décalages. Dans ces éclats de voix, se révèle la force de l'interaction entre associations, chercheurs et institutions et s'expérimentent de nouvelles formes de recherche.

    Manifeste interculturel par les mises en perspective qu'il propose, ce livre dessine les contours du monde que nous choisissons de transmettre pour l'habiter autrement.

    L'auteure Hélène Hatzfeld, chercheur en sciences politiques, est chargée de mission au ministère de la culture où elle a lancé des programmes de recherches interculturels. Elle a initié le réseau « Institutions patrimoniales et pratiques interculturelles » et développé l'expérimentation de recherches associant des professionnels d'institutions, des chercheurs et des membres d'associations.

  • À l'extrême pointe de l'Europe, la Bretagne doit composer avec deux particularités majeures : un environnement très riche mais fragile et un territoire enclavé qui ne peut compter que sur ses propres forces. Face à cette double contrainte, elle fait preuve ces dernières années d'une inventivité étonnante, tirant le meilleur parti de ses ressources naturelles - la mer, le soleil, le vent - pour se placer parmi les régions françaises les plus innovantes. C'est ici que le tout premier prototype d'hydrolienne de l'hexagone, destinée à puiser l'énergie de la houle et de l'océan, a été mis au point. C'est ici aussi qu'une poignée de paysans ont insufflé une nouvelle vitalité au monde rural en se rassemblant pour produire des énergies propres. Ici encore que de modernes Robinson expérimentent une existence en autarcie sur une île déserte tandis que de jeunes citadins réinventent de nouvelles formes du vivre ensemble. Autant d'initiatives et d'aventures technologiques, écologiques, environnementales, mais avant tout humaines, qui témoignent d'une volonté farouche de vivre, produire, consommer, travailler, partager, autrement.

  • Rebelles et révoltées, mineures derrière les grilles On les appelle « racailles ». Ce sont des mineurs violents qui détruisent, volent, violent parfois. Un juge pour enfants a donné une dernière chance à ces jeunes multirécidivistes en les plaçant en Cef, des centres éducatifs fermés, pour leur éviter la prison. Plus de cinquante de ces centres jalonnent la France, sans que l'on sache ce qui se passe à l'intérieur. L'auteure est passée de l'autre côté des grilles d'un Cef pour filles et y a animé pendant trois mois un atelier d'écriture. On croise les équipes, éducateurs, professeurs, psychologue, quotidiennement à leurs côtés pour les aider à avoir un autre projet de vie que les délits. Des professionnels à l'écoute, malgré les résistances, les insultes et les fugues. Sept jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, suivent les ateliers. Leurs lignes maladroites laissent apparaître des bribes de vie chaotiques. Une expérience unique, qui permet de poser un autre regard sur les mineures délinquantes, des filles perdues, rebelles, touchantes. Avant tout des adolescentes.

  • Au cours des cinquante dernières années, l'augmentation du temps libre et la généralisation de l'accès à l'éducation ont permis la démocratisation des pratiques artistiques. L'art, autrefois élitiste, est devenu populaire, voire " pop ". Dans les pays les plus riches, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la culture occupe davantage de monde que l'agriculture, les écoles d'art et de communication font le plein alors que celles formant des ingénieurs peinent souvent à trouver des vocations.
    Cependant, si la consommation culturelle de masse est dopée par une industrie du tourisme et un marché de l'art envahissants, les modèles de pratiques artistiques ont peu évolué. Le fossé entre amateurs et professionnels demeure la norme avec pour seule raison d'être des critères économiques. Récréation se présente comme un manuel de peinture à l'usage de tous. Il invoque le temps des récréations écolières comme moment de rupture avec l'ordre établi, comme temps privilégié où les énergies se reconstituent et s'inventent dans le jeu collectif.
    Sur le modèle d'Une chambre à soi de Virginia Woolf, il répond aux questions les plus simples, communes à tous les arts. Refusant d'opposer l'amateur et le professionnel, il prône une éthique de la création identique pour tous.

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