Sciences humaines & sociales

  • Le Droit à la paresse

    Paul Lafargue

    Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste.
    Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles torturent la triste humanité. cette folie est l'amour du travail la passion maori bonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail.
    Hommes ` aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages ,que leur dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur dieu avait maudit. moi, qui ne professe d'être chrétien, économe et moral, j'en appelle de leur jugement à celui de leur dieu ; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste

  • À la fois récit et théorie de la socialisation du salaire, c'est d'abord la première histoire de la protection sociale en France depuis 1920. C'est aussi une description et une analyse comparative des deux modèles de protection sociale qui s'affrontent aujourd'hui autour des débats sur la cotisation sociale, les retraites et l'emploi.
    Cette nouvelle édition comporte trois chapitres inédits qui complètent la première édition de 1998. En quoi le salaire a constitué un progrès et une incontestable réussite ?
    Comment se sont malgré cela imposées des représentations rétrogrades de ce modèle, tant dans le discours académique que dans les pratiques comptables ? Enfin, l'auteur donne les outils pour reprendre la marche vers l'émancipation.

  • Des mobilisations féministes massives éclosent sur tous les continents bouleversant les moeurs et les législations. Verónica Gago, figure majeure du féminisme latino-américain, observe avec un regard original l'émergence de cette internationale féministe. Mêlant analyse et manifeste politique, La Puissance féministe revient sur les débats féministes actuels et sur les controverses autour du modèle de développement néo-extractiviste.

    Riche de son expérience au sein des mouvements radicaux, l'autrice questionne le lien étroit entre le genre et la race. Gago se demande à quoi pourrait ressembler une nouvelle théorie du pouvoir, fondée sur notre désir de tout changer.

  • Des émeutes aux violences de la police, des ZAD aux places occupées, des Black Blocs aux gilets jaunes, de la viralité des réseaux à la rage de la rue, l'espace de la contestation sociale s'est radicalement transformé. Et cela loin des formations politiques et syndicales, de leurs rites et folklores, dans une quête d'indépendance et d'auto-organisation bien fragile face au rouleau compresseur du néo-libéralisme autoritaire.

    Ce livre retrace l'histoire de ces mouvements qui débordent le cadre de la politique traditionnelle, de mai 68 à nos jours, l'histoire d'hommes et de femmes qui se soulèvent face aux diverses oppressions qu'ils subissent au quotidien, dressant ainsi cette diagonale de la rage, des quartiers populaires aux gilets jaunes.

  • « Pour faire simple, le féminisme est un mouvement qui vise à mettre fin au sexisme, à l'exploitation et à l'oppression sexistes. » Ainsi débute cette efficace et accessible introduction à la théorie féministe, écrite par l'une de ses figures les plus influentes, la militante noire-américaine bell hooks.

    Conçu pour pouvoir être lu par tout le monde, ce livre répond de manière simple et argumentée à la question « qu'est-ce que le féminisme ? », en soulignant l'importance du mouvement féministe aujourd'hui. Ce petit guide, à mettre entre toutes les mains, nous invite à rechercher des alternatives à la culture patriarcale, raciste et homophobe, et à bâtir ainsi un avenir différent.

  • Peu après la publication de Surveiller et punir, Michel Foucault est amené à répondre à la question suivante : « Y a-t-il des "alternatives" à la prison ? » Foucault doute que l'imposition croissante de conditions restrictives en dehors de l'enceinte de la prison témoigne d'une rupture avec l'emprisonnement ; le progressisme pénal et le développement de techniques de surveillance sembleraient aller de pair.

    Ainsi ne s'agit-il pas tellement d'inventer des « alternatives », mais plutôt de savoir si l'on souhaite diffuser ou faire décroître le contrôle social. La lecture rétrospective d'« Alternatives » à la prison, loin de tarir les questionnements sur l'actualité criminologique, suscite de nombreuses interrogations quant à l'extension d'une société policée. Des textes de Sylvain Lafleur, Toni Ferri et Anthony Amicelle viennent actualiser cette analyse.

  • Face aux désastres entraînés par l'anthropocène et le capitalocène, il y a urgence à penser et agir différemment. C'est ce qu'Haraway propose de faire dans Vivre avec le trouble, en racontant d'autres histoires, en renouvelant notre rapport au temps et aux autres espèces.

    Prenant ses distances avec toute forme de futurisme (du salut technologique aux discours apocalyptiques) elle explore ces temps troublants et troublés que nous vivons afin d'y déceler les possibles qu'ils recèlent. Épaissir le présent, favoriser l'épanouissement multispécifique, générer des alliances improbables et des « parentèles dépareillées » pour ne pas céder à l'effroi ou l'indifférence, voilà ce à quoi nous invite ce livre.

  • « L'anarchisme, tel le ferment de la pensée, nourrit aujourd'hui tous les domaines de l'activité humaine. La science, les arts, les lettres, le théâtre, le combat pour l'égalité économique, chaque lutte individuelle ou collective contre le désordre ambiant, en somme, est éclairée par la lumière spirituelle de l'anarchisme. C'est la philosophie de la souveraineté de l'individu. C'est la théorie de l'harmonie sociale. C'est une vague de vérité vivante et puissante qui déferle sur le monde et inaugurera une aube nouvelle ».

    Dans ces textes, Emma Goldman (1869-1940), active militante et éditrice de la revue Mother Earth, livre sa définition de l'anarchisme : une philosophie révolutionnaire conciliant les intérêts de l'individu et ceux de la société.

  • S'il y a un domaine où la Chine s'impose, c'est bien celui de la technique. Conquête spatiale, 5G, construction d'un Internet « national » avec ses géants numériques, technologies de surveillance et de contrôle : Yuk Hui part de ces avancées pour questionner la façon dont les Chinois pensent la technique.

    Si l'immense système technique qui étend aujourd'hui son emprise sur terre pour en extraire les ressources trouve ses origines dans la modernité européenne, rien ne semblait prédestiner la Chine à l'accepter ni à l'intégrer, encore moins à en être à la pointe. Yuk Hui analyse la révolution technologique dans un contexte local et cosmologique, confrontant ainsi les philosophies de la technique en Occident et en Asie.
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  • Nos corps sont des terrains de résistance car ils sont pour d'autres des terrains à conquérir. Dans cet ouvrage accessible et personnel, en discussion avec les mouvements féministes contemporains, Silvia Federici entreprend d'extirper nos corps des pouvoirs et des dispositifs technologiques qui les aliènent et les transforment.

    Comment reprendre corps aujourd'hui alors que les publicitaires dictent à ce corps son allure, que les petits chefs l'épuisent au travail, que les médecins l'entourent de sa naissance à sa mort, et qu'on le marchandise jusqu'à la reproduction ? Comment le corps et le genre se forment-ils, entre histoire, luttes collectives, et politique de l'identité ?

    De l'examen de ces questions brûlantes, il ressort un refus : celui de la transformation du corps en machine (ouvrière, procréatrice ou esclave). Et une affirmation : la nécessité d'écouter le langage du corps, afin de retrouver par-delà ses frontières la continuité magique qui nous relie aux autres êtres vivants qui peuplent la terre.

  • Peur de la liberté

    Carlo Levi

    Sur la plage de La Baule en 1939, alors que les divisions blindées allemandes gèrent les plaines polonaises et se préparent à envahir la France, Carlo Levi, âgé de 37 ans, tente de fixer son regard sur la crise de la culture européenne et de s'interroger sur les raisons qui ont motivé une civilisation entière à un résultat si catastrophique. Levi soumet à une critique implacable la religion (qui transforme le sacré en sacrifice), l'État (idole sociale de laquelle la politique occidentale ne peut se libérer), la guerre, le sang, la masse, l'amour et l'art. Carlo Levi est un écrivain, médecin, peintre et journaliste italien, auteur du célèbre roman autobiographique Le Christ s'est arrêté à Eboli (Gallimard).

  • « Dès qu'un homme a eu la criminelle ingéniosité de tirer profit du travail de son semblable, de ce jour, l'exploité a, d'instinct, cherché à donner moins que n'exigeait son patron. Ce faisant, cet exploité a fait du sabotage, manifestant ainsi, sans le savoir, l'antagonisme irréductible qui dresse l'un contre l'autre, le capital et le travail ».

    Émile Pouget (1860-1931), anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, secrétaire adjoint de la Confédération générale du travail, livre un manuel subversif de résistance à l'exploitation capitaliste, fondé sur le principe : « À mauvaise paye, mauvais travail ! ».

  • "A l'heure où le réseau resserre son emprise sur le réel, les promesses d'internet n'ont jamais semblé si ambivalentes. Outil d'émancipation ou bras armé de nouveaux totalitarismes ? Sanctuaire de la liberté d'expression ou terrain de jeu des intelligences artificielles ? De la Silicon Valley à la Chine, des réalités alternatives se dessinent. Pour les comprendre, on peut retracer l'histoire des idéologies et des récits qui ont contribué à dessiner l'architecture du réseau, depuis les cybernéticiens des laboratoires d'après-guerre jusqu'aux transhumanistes du XXIème siècle, en passant par la contreculture de la baie de San Francisco, et par les libertariens dans l'administration américaine des années 1990.
    C'est aussi réfléchir aux nouveaux récits qui pourront en infléchir le devenir".

  • À quoi ressemble la joie dans les milieux engagés dans des luttes sociales ? Qu'est-ce qui nous rend collectivement et individuellement plus capables, plus puissants et pourquoi, parfois, les milieux radicaux produisent tout l'inverse et nous vident de tout désir ?

    C'est à ces questions que Joie militante tente de répondre, combinant propositions théoriques, analyses de cas pratiques et entretiens avec des militant·e·s issu·e·s de luttes diverses : féminisme, libération noire, résurgence autochtone, syndicalisme, squat, occupations, etc.

  • « C'est la lutte contre tout pouvoir officiel qui nous distingue essentiellement ; chaque individualité nous paraît être le centre de l'univers, et chacune a les mêmes droits à son développement intégral, sans intervention d'un pouvoir qui la dirige, la morigène ou la châtie. » Dans ce texte de 1894, Élisée Reclus (1830-1905) géographe et anarchiste, énonce les grands principes, toujours actuels, de l'idéal anarchiste.
    Suivi de L'Anarchiste et Pourquoi sommes-nous anarchistes ?

  • Silvia Federici revisite ce moment particulier de l'histoire qu'est la transition entre le féodalisme et le capitalisme, en y introduisant la perspective particulière de l'histoire des femmes.

    Elle nous invite à réfléchir aux rapports d'exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l'issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où des millions d'esclaves ont posé les fondations du capitalisme moderne, est aussi le résultat d'un asservissement systématique des femmes. Par la chasse aux sorcières et l'esclavage, la transition vers le capitalisme faisait de la modernité une affaire de discipline. Discipline des corps féminins dévolus à la reproduction, consumés sur les bûchers comme autant de signaux terrifiants, torturés pour laisser voir leur mécanique intime, anéan­tis socialement. Discipline des corps d'esclaves, servis à la machine sociale dans un formidable mouvement d'accaparement des ressources du Nouveau Monde pour la fortune de l'ancien.

    Le capitalisme contemporain présente des similitudes avec son passé le plus violent. Ce qu'on a décrit comme barbarie et dont aurait su triompher le siècle de la raison est constitutif de ce mode de production : l'esclavage et l'anéantissement des femmes n'étaient pas des processus fortuits, mais des nécessités de l'accumulation de richesse. L'auteur nous invite à par­tager son regard d'historienne et de féministe sur la situation actuelle et sur ses mécanismes.

  • Revenir à Naples

    Paco Ignacio Taibo Ii

    • Nada
    • 29 Janvier 2021

    Veracruz, vers 1900. Un groupe d'anarchistes italiens, fuyant la misère et la répression, débarque au Mexique pour y fonder une commune agricole. Parmi eux, un prestidigitateur, une poétesse, un boxeur, une prostituée et même un curé.
    Mais, face à un gouvernement corrompu et des propriétaires terriens voraces, les apprentis paysans voient leur rêve d'une vie nouvelle vaciller. Pris dans la tourmente d'une révolution qui s'annonce, ils devront choisir leur camp.
    Quatre-vingts ans plus tard, hanté par de vieux démons, Lucio Doria, le cadet de la bande, entreprend un retour rédempteur à Naples.

    Humour et tragédie se conjuguent dans ce roman de Paco Ignacio Taibo II qui nous plonge au coeur des espoirs brisés des luttes révolutionnaires du XXe siècle.
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  • Deux essais de Lewis Mumford, "Technique autoritaire et technique démocratique" (1963) et "L'héritage de l'homme" (1972) où il défend sa conception d'un être humain inventeur de symboles plus que d'outils techniques, et expose son concept de Mégamachine. Une excellente introduction à l'auteur du Mythe de la machine.

  • Loi contre-révolutionnaire par excellence, l´état d´urgence lie les trois espaces-temps de la Révolution algérienne de 1954-1962, l´insurrection kanak de 1984-1988 et le soulèvement des quartiers populaires en France de 2005. Cet ouvrage revient en détails sur chacune de ces trois applications ainsi que celle, plus récente de 2015 à nos jours, en tentant de construire des ponts entre chacune. Dans cette étude, l´auteur utilise le concept de continuum colonial tant dans sa dimension temporelle que géographique. En son sein circulent notamment un certain nombre d´officiers militaires et hauts fonctionnaires coloniaux, mais aussi des populations immigrées et des révolutionnaires. Architecte de formation, l´auteur ancre sa lecture dans la dimension spatiale de l´état d´urgence en liant aussi bien les camps de regroupement en Algérie, la "ville blanche" de Nouméa, les commissariats de banlieues françaises, que la Casbah d´Alger, les tribus kanak ou encore les bidonvilles de Nanterre.

  • Culture de droite

    Jesi Furio

    Qu'est-ce que la culture de droite ? Furio Jesi consacre les études ici réunies à l'analyse des matrices souterraines, du langage et des manifestations des « idées sans mots » de la culture de droite du dix-neuvième siècle , ce faisant il démasque les lieux communs, les formules et les mots d'ordres qui font allusion à un noyau mythique : les principes récurrents de Tradition, Passé, Race, Origine, Sacré. Dans cette perspective, l'auteur enquête sur les appareils linguistiques et iconographiques qui sous-tendent le néo-fascisme, le nazisme et le racisme, et sur les matériaux mythologiques manipulés par la propagande politique de droite pour légitimer son pouvoir et l'ordre social dominant.

  • Marx écrivit cet ouvrage en français dans le courant de l'hiver 1846-1847 en réponse à l'étude de Proudhon parue en octobre 1846 sous le titre Contradictions économiques, ou philosophie de la misère. Misère de la philosophie est une étape de grande importance dans l'?uvre de Marx. Elle constitue la première synthèse entre une philosophie méthodique et une économie politique à la fois objective et concrète. Marx combat les thèses de Proudhon sur les problèmes économiques tels que la valeur, la concurrence, les crises, et en particulier celle qui consiste à déclarer que lorsque les salaires augmentent, ils entraînent une augmentation automatique des prix. Il y dénonce l'inconséquence de la métaphysique proudhonienne aux prises avec "l'histoire réelle". Il y définit la réalité et la nécessité de la lutte des classes et ses perspective. L'ouvrage est introduit par un avant-propos du philosophe Henri Mougin et les préfaces d'Engels aux premières éditions allemandes.

  • Dans L'Entraide, Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien libertaire, expose les fondements naturels du communisme anarchiste tout en combattant farouchement le darwinisme social, idéologie scientifique du capitalisme. L'auteur s'y distingue aussi par ses intuitions pionnières : une vision écologique avant l'heure des rapports entre l'être humain et son milieu, une reconsidération des peuples autochtones, une réhabilitation des institutions médiévales et l'élaboration d'une historiographie par en bas.
    Face au chacun pour soi et à la compétition, ce texte de philosophie sociale, d'une troublante actualité, nous rappelle que la solidarité est le meilleur chemin vers l'émancipation de toutes et tous.

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