Parascolaire

  • Souvent associées dans l'esprit du public, les figures de Célestin Freinet et de Maria Montessori ne sauraient se confondre. Si elles s'inscrivent toutes deux dans le courant de l'éducation nouvelle, ces deux pédagogies se nourrissent à des sources différentes et surtout se fixent des finalités radicalement opposées.

    En proposant pour la première fois un recueil des textes rédigés par Freinet sur la pédagogie Montessori, ce nouveau hors-série de la revue N'Autre école met à disposition du plus grand nombre un outil de réflexion et de critique - pédagogique, sociale et politique - du business Montessori aujourd'hui en plein essor.

  • Une plongée dans le quotidien de l'école, par celles et ceux qui y travaillent, y apprennent, y souffrent et y luttent, tel est le propos de ce dossier de la revue N'Autre école. Élèves, enseignant.es, personnels d'entretien, de restauration, de santé, agent.es administratifs, assistant.es de vie scolaire, accompagnant.es d'élèves en situation de handicap, et autres protagonistes scolaires, ces voix qui nous parlent de l'école, loin des fantasmes médiatiques ou des clichés militants, éclairent les multiples facettes d'une institution traversée par ses contradictions. Un dossier complété par de nombreuses rubriques : lectures, international, pratiques pédagogiques...

  • N'autre école ; questions de classe(s) N.17 ; disciplines hors socle, disciplines non essentielles ? Nouv.

    Que veut-on faire apprendre aux élèves ? Quels savoirs, quels savoir-faire veut-on leur faire acquérir ? On a laissé à l´institution le soin de régler ce problème, que ce soit à travers les corps d´inspection ou les grandes Directions du Ministère (Direction des Écoles, DLC, ...). Pourtant, qu´on soit enseignant·e, parent d´élève, syndicaliste ou simple citoyen·ne, on ne peut se désintéresser de ce qu´apprennent les élèves à l´école. En effet, le choix des disciplines enseignées dépend de multiples facteurs, mais reflète dans tous les cas les objectifs idéologiques de la classe dominante pour une population scolaire donnée. Un travail réflexif sur ce sujet est d´autant plus important que les disciplines enseignées servent dans le système actuel non seulement à faire acquérir des connaissances - idéologiquement choisies - mais aussi à évaluer et à sélectionner.

  • Le développement historique de la culture écrite a favorisé l'émergence d'une posture lettrée d'analyse réflexive des textes. Pour assurer aujourd'hui leur réussite scolaire, les élèves doivent parvenir à adopter à leur tour cette même posture métalangagière à l'égard des énoncés qu'ils ont à déchiffrer ou à rédiger. S'inscrivant dans la lignée des travaux de Jack Goody et de Bernard Lahire, la recherche d'Anne-Sophie Romainville interroge le développement des compétences métalangagières, et particulièrement métadiscursives, chez des élèves de l'enseignement secondaire engagés dans différents types de parcours scolaires.
    L'ampleur et la rigueur de la collecte des données réalisée permet à l'auteure de montrer combien la formation des compétences méta-langagières est l'objet de soins attentifs dans les établissements et les classes où se concentrent les "héritiers", alors qu'elle apparaît négligée dans les autres, où l'on permet aux élèves, au nom d'un enseignement "adapté", d'échapper à ses contraintes. Au plus intime des pratiques enseignantes, la démocratisation scolaire apparaît ainsi suspendue à la rupture avec la norme du donner moins à ceux qui ont moins, au profit d'une pédagogie de l'exigence intellectuelle pour tous.

  • L'avenir démocratique de nos sociétés apparaît suspendu à la généralisation de l'accès aux savoirs élaborés de la culture écrite. La majorité des enfants des milieux populaires est aujourd'hui encore privée d'une telle perspective, que les politiques dites de « l'égalité des chances » ont échoué à réaliser dans les dernières décennies du vingtième siècle, les politiques actuelles dites « du socle commun » se contentant de prendre acte de cet échec.
    L'ouvrage de J-P Terrail : « Pour une école de l'exigence intellectuelle » (La Dispute, 2016) appelait à ne pas renoncer, soutenant qu'en lieu et place des pédagogies « concrètes » et « ludiques » recommandées pour ces publics depuis les années 1960, la solution passait par le maintien à leur égard d'une forte ambition scolaire, et bien sûr par la mise à leur disposition des moyens effectifs de répondre à l'exigence.
    Le présent ouvrage s'inscrit dans le prolongement de cette visée, puisqu'il rassemble les contributions de dix enseignants qui, du CP à l'université, du français aux maths et de l'économie à l'histoire, proposent avec succès à des publics « vulnérables » un enseignement exigeant, s'opposant ainsi au bon sens apparent d'une pédagogie « adaptée » s'avérant presque toujours, à l'expérience, ségrégative. Ces dix enseignants qui refusent de « baisser les bras » explicitent et illustrent ici leur conception du métier et leur façon de le pratiquer.
    Malgré l'urgence historique, la perspective d'une véritable démocratisation scolaire peut sembler lointaine, voire utopique. Son avènement supposerait un changement profond des missions de l'institution scolaire, ainsi qu'une confiance du monde enseignant dans l'éducabilité de tous les élèves, confiance loin d'être acquise aujourd'hui.
    Si la première de ces deux conditions est au prix d'une conquête politique et d'une décision d'État, la réalisation de la seconde se joue sur le terrain des pratiques quotidiennes. La conviction qu'il est irréaliste de prétendre assurer à tous les jeunes une formation de haut niveau se nourrit du constat, réitéré année après année, des difficultés et des échecs d'une partie importante des élèves. Bien des enseignants s'investiraient volontiers au service d'une réussite ambitieuse pour tous, car il en va de leur bonheur professionnel, si l'expérience pouvait les convaincre que l'entreprise avait quelque chance d'aboutir. Ils trouveront dans cet ouvrage collectif de quoi nourrir leur réflexion à cet égard.
    On mesure ainsi l'importance politique de cette publication, entreprise totalement inédite, qui démontre par la pratique la possibilité d'une pédagogie à contre-courant de l'opinion dominante.

  • Pour les migrants mineurs qui arrivent à être scolarisés, rien n'est réglé : le chemin pour obtenir des papiers est long, aléatoire, difficile car dépendant au lycée professionnel du bon vouloir de patrons, et avec de terribles "retours à la case départ".

    Sur leur parcours ces jeunes rencontrent aussi la solidarité : RESF, des associations, des parents d'élèves et des enseignants qui en les aidant veulent faire de l'école, dans et hors ses murs, un lieu d'accueil. C'est de cette militance, peu connue et peu reconnue, faite d'aide et d'accompagnement quotidien, souvent jusqu'au guichet des préfectures, dont ce numéro spécial de N'autre école veut témoigner.

  • Henri Roorda s'est opposé toute sa vie à une école autoritaire qui impose des schémas scolaires stériles, décourageant le désir de connaissance de la jeunesse.
    Pour célébrer le centenaire de la parution du Pédagogue n'aime pas les enfants, les éditions HumuS en publient le fac-similé, accompagné d'une introduction de Marianne Enckell et d'une étude de Doris Jakubec. Images inédites, bibliographie exhaustive, témoignages d'anciens élèves du professeur de mathématiques agrémentent le volume.

  • Initialement paru en 2007, cet ouvrage consacré à la sociologie de la transmission scolaire des savoirs entendait en présenter les oeuvres majeures et en donner à lire les textes parmi les plus essentiels.
    Une décennie plus tard, les raisons de l'entreprise perdurent. Les ratés de l'entrée dans la culture écrite se sont plutôt aggravés, contredisant les besoins sociaux les plus évidents et accentuant le mécontentement des familles. Comprendre comment les apprentissages scolaires en viennent à échouer est une exigence qui s'impose plus que jamais. La vitalité d'une discipline de recherche qui interroge dans leur réalité la plus factuelle les pratiques de transmission et les processus d'apprentissage, aux côtés de celles qui s'orientent principalement vers l'édiction de normes, telles la pédagogie et la didactique, reste en ce sens cruciale. Il importe toujours autant d'en faire connaître le patrimoine et d'en favoriser l'appropriation par les jeunes générations de chercheurs et d'enseignants.
    Nous insistons beaucoup, dans cet ouvrage, sur le caractère relativement marginal de cette partie de la sociologie de l'éducation qui se préoccupe au premier chef de la transmission des savoirs. Seule une minorité de sociologues interroge de ce qui se passe dans l'école elle-même ; et lorsque c'est néanmoins le cas, cette minorité s'intéresse davantage aux conditions du maintien de l'ordre scolaire qu'à l'efficacité des pratiques pédagogiques ou aux contenus d'enseignement. Nous exprimons aussi une autre préoccupation, regrettant que dans les travaux s'emparant effectivement des questions de la transmission, l'attention des chercheurs se focalise de façon parfois exclusive sur les comportements des élèves, comme si le déroulement des apprentissages devait tout au milieu culturel des familles et rien à la conduite pédagogique de la classe. Nous étions en effet convaincus, dès avant 2007, de la nécessité, pour comprendre l'échec scolaire, de « détourner le regard des élèves pour le porter sur l'institution »1.
    À ce dernier égard, la décennie écoulée a vu l'amorce d'heureux changements. Pour nous en tenir à la France, on constate qu'un certain nombre de chercheurs, anciens ou nouveaux, ont choisi en effet de s'intéresser aux contenus d'enseignement, aux dispositifs pédagogiques, aux pratiques enseignantes, du point de vue tant de leur genèse que de leurs modalités et de leurs effets sur les apprentissages. Ceux de ces travaux qui ne sont pas restés en l'état de rapports de recherche ont trouvé une issue éditoriale, pour l'essentiel, dans plusieurs ouvrages collectifs dus au moins pour partie à l'activité du groupe ESCOL de l'université Paris VIII, ou dans la collection « L'enjeu scolaire », à La Dispute, inaugurée en 2007 par le présent ouvrage, et qui a publié depuis une quinzaine de titres.
    Parmi les publications de recherche récentes concernant les contenus d'enseignement, on signalera l'ouvrage d'Isabelle Harlé qui relance, en s'appuyant sur le cas de trois disciplines, la réflexion sur les facteurs socio-historiques à l'oeuvre dans la détermination et l'évolution des programmes scolaires2 ; et celui dirigé par Stéphane Bonnéry sur la tendance à l'élévation des exigences imposées par l'école3. Parallèlement, le GRDS (Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire) a lancé en 2013 un séminaire public consacré aux contenus d'enseignement qui a suscité l'élaboration, par des spécialistes des domaines concernés, d'historiques réfléchis des programmes dans une douzaine de disciplines scolaires4.
    Le renouveau des investigations empiriques concerne aussi le domaine des dispositifs pédagogiques et des pratiques enseignantes, l'intérêt des recherches tenant largement à ce que la plupart d'entre elles ont adopté une démarche d'observation « in situ », impliquant la présence du chercheur dans les classes elles-mêmes, démarche peu usitée jusque-là dans la tradition de la sociologie de l'éducation.
    Certaines de ces recherches ont concerné l'école maternelle5 ou le secondaire6 ; un plus grand nombre se sont intéressées à l'enseignement élémentaire, au moment décisif de la confrontation des élèves aux bases de la culture écrite. C'est le cas des enquêtes interrogeant l'efficacité des pratiques d'enseignement de la lecture au CP7, comme de celles qui, du CP au CM2, s'attachent à mettre en regard la conception des procédures d'apprentissage et le cheminement intellectuel effectif des élèves, et d'appréhender le comportement des enseignants confrontés aux difficultés de ces derniers8.
    Les observations de classe ont un avantage décisif : elles se mènent là où se joue au plus près le succès ou l'échec des apprentissages. Elles ont de ce fait une portée purement locale, et toute généralisation hâtive de leurs résultats peut être aisément contestée.
    Quand elles sont répétées, toutefois, dans des conditions suffisamment diversifiées, et que leurs constatations convergent régulièrement ; quand on est dès lors suffisamment assuré que leur réitération n'apporterait pas d'information nouvelle susceptible de modifier significativement les conclusions auxquelles on est déjà parvenu, le nombre relativement limité d'études de cas n'est pas de nature à obérer la solidité de ces conclusions. D'autant, en l'occurrence, que ces dernières viennent confirmer et/ou éclairer les investigations sociologiques et les enquêtes statistiques menées dans les années 1960/80 et dont nous faisons état dans le présent ouvrage.
    Le socle de connaissances critiques ainsi établi ouvre la voie à la compréhension des liens essentiels entre les modalités de fonctionnement de notre système éducatif et la persistance de fortes inégalités sociales dans les parcours scolaires. Il devient dès lors aujourd'hui possible d'identifier les réaménagements dans l'organisation des scolarités9 et dans la conduite des apprentissages10 qui seuls permettraient une véritable démocratisation de l'accès aux savoirs élaborés de la culture écrite ; et d'ouvrir le dossier des contenus d'enseignement qui pourraient être appropriés à une tel objectif11.
    Les apports empiriques et les avancées théoriques des auteurs que nous présentons dans cet ouvrage ont pesé de façon décisive pour que puissent émerger aujourd'hui ces nouveaux horizons de pensée.

  • Mobiles, télés, consoles de jeu, tablettes et ordinateurs rythment et dévorent notre quotidien.

    Que change le numérique pour les enfants, les élèves, les enseignants et les personnels de l'éducation dans leurs vies et leurs pratiques? Les écrans sont-ils bon pour la santé des élèves? L'informatique et le numérique tiennent-ils leur promesse d'efficacité, de rapidité? Libèrent-ils ou asservissent-ils davantage à des taches répétitives et bureaucratiques? Les TICES sont-ils les outils pédagogiques annoncés?

    Dans une confrontation de points de vue et de pratiques sur chacune de ces questions, nous cherchons à donner des arguments pour une critique sociale, éducative et pédagogique du numérique à l'école.

  • On assiste aujourd'hui à une création exponentielle d'écoles privées hors contrat (+15% en 2017) en lien avec une récupération et un détournement des "pédagogies alternatives". Ce phénomène s'explique par la convergence entre trois mouvances distinctes, partageant un même rejet de l'école publique : une droite catholique galvanisée par le succès de la "Manif pour tous", un courant néolibéral partisan du "libre choix" des familles et du marché scolaire, et un courant "écologique" cherchant à créer des îlots de pédagogie "bienveillante". Tous mettent en avant la "méthode" de Maria Montessori et les neurosciences.

    L'enjeu est bien idéologique: jeter à bas l'idée d'une école égalitaire et émancipatrice commune à tou.te.s les élèves, au profit d'une vision individualiste et vitaliste de "l'enfant". Ce hors-série examine le phénomène, ses réseaux et ses références pédagogiques; il dénonce ces offensives, au nom d'un service public de l'éducation, à réinventer autour des notions de bien commun et d'égalité.

  • On assiste depuis une vingtaine d'années à un renouveau des interprétations de l'échec scolaire en termes de difficultés psychologiques (phobie scolaire, estime de soi en berne) et de troubles des apprentissages d'origine neurobiologique ou génétique (dyslexie, hyperactivité, précocité intellectuelle, etc.). Certains médecins soutiennent désormais que la plupart des élèves en grande difficulté scolaire seraient atteints par un « trouble » d'origine médico-psychologique et leurs propos sont abondamment repris par les médias. Ces manières d'appréhender l'échec scolaire se sont largement diffusées dans les milieux pédagogiques où, ayant acquis la force des évidences, elles ne sont plus véritablement interrogées. Le recours aux professionnels du soin a explosé et semble se banaliser puisqu'un tiers des élèves sont aujourd'hui suivis par un orthophoniste ou un psychologue.
    En France, les chercheurs en sciences sociales qui ont ces dernières années pris pour objet ce renouveau des interprétations médico-psychologiques de l'échec scolaire se sont principalement focalisés sur des troubles particuliers : la précocité intellectuelle ou la dyslexie. À ce jour, il n'existe pas de synthèse permettant d'expliquer sociologiquement le phénomène dans son ensemble. C'est ce manque que ce livre entend combler.
    L'auteur ne propose pas tant de réduire la médicalisation aux effets de l'impérialisme médical que de comprendre sa construction au carrefour d'univers sociaux très différents : hauts fonctionnaires et experts chargés de définir les politiques de lutte contre l'échec scolaire, chercheurs, professionnels du soin, enseignants, parents d'élèves, etc.
    Attentif à la spécificité du processus de médicalisation dans chacun de ces univers, l'ouvrage montre néanmoins que ce phénomène est l'expression plus générale de profondes transformations tant des manières de penser les inégalités scolaires, que des objectifs assignés à la démocratisation de l'école

  • Les programmes scolaires sont une question récurrente quand on parle de l'école. Leur conception en dit beaucoup sur une société. Élaborer un programme, c'est opérer des choix qui ne sont jamais idéologiquement neutres. C'est en particulier vrai d'une discipline comme l'histoire-géographie que d'aucuns voudraient transformer en roman national et qu'il faudrait inculquer aux apprenant.es au mépris des débats savants et du jugement critique.

    Des pédagogues, au nom de la liberté d'enseigner, du tâtonnement expérimental ou de la non-hiérarchisation des savoirs, ont fait une critique radicale des programmes et des manuels scolaires. Mais peut-on vraiment s'en passer et pour quoi faire à la place ?

  • Les ."héritiers".
    Ces élèves dont les parents font partie des classes supérieures. bénéficient d'un patrimoine culturel familial censé les protéger des difficultés scolaires. Or. ce privilège ne s'exerce pas systématiquement. Ainsi Prune. dont le père est ingénieur, ou Laurent. dont les parents sont professeurs agrégés. ont ils redoublé une classe de l'école élémentaire. Pourquoi ces élèves n'ont ils pas profité de l'héritage scolaire propre à leur milieu familial ?

  • Dans un contexte où la parole et les pratiques tendent à être bridées par un gouvernement autoritaire et dirigiste, qui voit dans les enseignant·es de simples exécutant·es et dans les élèves des boîtes à remplir, déconnectées de tout milieu et de toute expérience, il est des voies encore peu explorées en France et qui, pourtant, pourraient constituer une réponse à la fois éducative, éthique et politique à ces tentatives de soumission. Inspirées de Paulo Freire en particulier, les pédagogies critiques questionnent et semblent attirer de plus en plus, sans pour autant qu'en France, il y ait unanimité dans leur définition ni dans leurs champs d'application.

  • Comment l'école interprète-t-elle les facilités et les difficultés d'apprentissage des élèves ? Comment cette interprétation influence-t-elle leur scolarité et l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes ? Les résultats de l'enquête -menée pendant plusieurs années dans des écoles maternelles, pour l'essentiel - présentée dans ce livre permettent de répondre à ces questions. En croisant les regards sociologique et psychosocial, Mathias Millet et Jean-Claude Croizet décortiquent le quotidien des classes et révèlent comment les difficultés cognitives, pourtant nécessaires aux apprentissages, sont transformées en un problème.
    Ils montrent que ces premiers apprentissages scolaires sont aussi, pour les élèves, une première confrontation aux inégalités. L'étude met en évidence les logiques quotidiennes d'une violence symbolique par laquelle élèves comme enseignants se persuadent que les verdicts scolaires disent la valeur des individus. Elle montre comment ces élèves et ces enseignants développent, dès l'école maternelle, des interprétations qui personnalisent les "échecs" ou les "réussites" et, ce faisant, les détournent des apprentissages.
    Cet ouvrage contribue ainsi de manière décisive à l'analyse de la manière dont l'école réduit ou augmente les inégalités sociales.

  • Tableau d'ensemble inédit de ce que font aujourd'hui les enseignants de l'école élémentaire dans leurs classes. L'auteur fournit des éléments d'information et de réflexion indispensables au projet d'une démocratisation du système éducatif, qui passera d'abord et inévitablement par un réexamen critique des fonctionnements actuels de l'école élémentaire.
    Il représente la première tentative de bilan d'ensemble de ce qui a été un véritable bouleversement des façons de concevoir l'enseignement, qui a particulièrement affecté l'enseignement élémentaire.

  • Ce précis vise à engager une réflexion sur la place de l'éducation dans la cité en vue d'une émancipation politique, sociale et citoyenne.
    Emancipation où l'apprenant - enfant ou adulte - doit avoir une place prépondérante, pour ne pas dire toute la place, dans l'organisation de son éducation et la production des savoirs. Il s'agit donc - sans omettre pour autant la nécessaire lutte sur le plan économique - de construire par la liberté et l'éducation, voire par l'éducation de la liberté, un individu libre de penser et d'agir. Il est suivi de quelques pages consacrées à Victor Considérant, continuateur de Charles Fourier et de sa pédagogie attrayante et naturelle, auteur et militant du socialisme utopique dont la pensée et les réflexions alimentèrent ultérieurement, à n'en point douter, les théoriciens et praticiens de la pédagogie libertaire.

  • "Si l'école faisait son travail, j'aurais du travail".

    Si le medef s'est toujours intéressé à l'école, son dernier slogan ne cache plus l'ambition du patronat de concurrencer une institution qu'il n'a eu de cesse de délégitimer. L'école c'est aujourd'hui un marché à prendre. Il s'agit, de mettre "en même temps" l'école "en marche" et "en marché", en convoquant les neurosciences, les pédagogies du libre épanouissement individuelle (Montessori ou Alvarez) ou les nouvelles technologies. Afin que chacun fructifie son "capital humain", se met en place une "offre" scolaire concurrentielle et segmentée: école low-cost (Espérance banlieues), établissements "prestigieux" (hors contrat et hors de prix), business parascolaire, etc.

    Ce numéro invite à décoder, derrière le marketing, cette "nouvelle guerre scolaire", avec comme volonté de défendre l'école publique, non pour ce qu'elle est, mais pour ce que l'on voudrait qu'elle soit.

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