• Passé composé Nouv.

    Passé composé

    Anne Sinclair

    • Librairie generale francaise
    • 4 Mai 2022

    « Les personnes que je croise me regardent comme une vieille connaissance à laquelle elles associent deux images contradictoires : la présentatrice d'une émission célèbre qui demeure dans la mémoire collective ; la femme qui fit des milliers de "unes" de journaux à l'occasion d'un scandale planétaire impliquant son mari.
    N'étant pas seulement l'une et ne me reconnaissant pas dans l'autre, je me suis résolue à écrire mes Mémoires, après y avoir été longtemps réticente.
    Je me suis efforcée d'être juste. Pas exhaustive, mais sincère. Je parle de mes parents, de cette enfance très protégée qui aurait pu mettre hors de ma portée les armes nécessaires pour lutter dans la vie ; j'évoque certains personnages hauts en couleur que j'ai eu la chance de croiser ; je brosse le portrait le plus fidèle possible du monde des médias tel que je l'ai connu ; je raconte les grands bonheurs de ma vie et les épreuves qui l'ont écorchée. »

  • « Ce second tome des Mémoires d'outre-vies, marqué par la création de L'Événement du jeudi et de Marianne, rythmé comme le premier de rires et de pleurs, de petitesses et de grandeurs, d'espérances et de désillusions, traversé d'épisodes improbables ou extravagants, drolatiques ou tragiques, en dérangera certains. Pourquoi ? Parce que cela même qui fait que je suis fier de pouvoir, malgré quelques échecs, revivre avec les lecteurs l'intensité de nos combats, l'actualité parfois stupéfiante de nos empoignades, leur fera, à ceux-là, grincer les dents. La raison est toute bête : car même si, oui, nous avons globalement échoué, replongeant dans les batailles que nous avons menées, les fausses routes que nous avons pointées, les dérives que nous avons dénoncées, les catastrophes contre lesquelles nous avons mis en garde, ces lecteurs auront, faits et textes à l'appui, l'occasion unique de trancher : qui finalement a eu tort, et qui a eu raison ? Et c'est ce classement qui, à beaucoup, ne fera pas plaisir. »

  • Tu le sais bien, le temps passe

    Catherine Nay

    • Bouquins
    • 25 Novembre 2021

    Elle couvre les années 1995-2017, de l'élection de Jacques Chirac à celle d'Emmanuel Macron. Près de trente ans de vie politique et journalistique, mais aussi personnelle, racontés avec le même sens du trait, de la formule incisive, la même intensité romanesque qui font de Catherine Nay une observatrice et une narratrice hors pair, souvent mordante et toujours savoureuse.

    Catherine Nay révèle ici les épreuves auxquelles elle a été confrontée dans sa vie affective et familiale : la perte de l'homme de sa vie en juillet 2020, et avant cela la mort de ses parents et de l'un de ses frères. Épisodes intimes évoqués avec pudeur et vérité par une femme qui a toujours préféré parler des autres que d'elle-même.

    Souvenirs, anecdotes, choses vues abondent dans cette nouvelle chronique où elle dévoile les secrets de la conquête du pouvoir de Jacques Chirac, ses rencontres avec Bernadette et les confidences volontiers acerbes de la première dame. Catherine Nay excelle dans l'art du portrait. Elle décrypte avec une maestria décapante les personnalités complexes d'Alain Juppé et de Philippe Séguin comme celle de Lionel Jospin.

    Du séisme de 2002 à la montée en puissance de Nicolas Sarkozy jusqu'à son élection triomphale en 2007 et à son échec cinq ans plus tard, c'est une histoire plus hasardeuse de la Ve République que Catherine Nay décrit avec un mélange d'amusement et de perplexité. Elle montre Nicolas Sarkozy, qu'elle connaît bien, à travers ce qui fait sa force et sa faiblesse, dans sa vie publique ou privée, parfois à son détriment. Et consacre à son successeur François Hollande des pages sans concession.

    Ce livre témoigne aussi de la nostalgie de son auteur envers une certaine époque du journalisme, qui a laissé place à une période médiatique elle aussi plus incertaine. Les bonheurs et vertiges du temps qui passe.

  • L'âge du capitalisme de surveillance

    Shoshana Zuboff

    • Zulma
    • 6 Janvier 2022

    Tous tracés, et alors ? Bienvenue dans le capitalisme de surveillance ! Les géants du web, Google, Facebook, Microsoft et consorts, ne cherchent plus seulement à capter toutes nos données, mais à orienter, modifier et conditionner tous nos comportements : notre vie sociale, nos émotions, nos pensées les plus intimes...
    Jusqu'à notre bulletin de vote. En un mot, décider à notre place - à des fins strictement lucratives.
    Des premiers pas de Google au scandale de Cambridge Analytica, Shoshana Zuboff analyse cette mutation monstrueuse du capitalisme, où la souveraineté du peuple est renversée au profit non pas d'un État autoritaire, comme on pourrait le craindre, mais d'une nouvelle industrie opaque, avide et toute-puissante, menaçant dans une indifférence radicale notre libre arbitre et la démocratie.
    Il est urgent de développer des outils pour appréhender cette situation « sans précédent » et provoquer une prise de conscience internationale. Unanimement salué par la presse, L'Âge du capitalisme de surveillance est un appel à la résistance.

  • Le poisson rouge qui tourne dans son bocal serait incapable de fixer son attention au-delà de 8 secondes. Et le temps de concentration de la génération des Millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés, serait de 9 secondes. Serions-nous devenus des poissons rouges, vidés de notre être, incapables d'attendre ou de réfléchir, reclus dans la transparence, noyés dans un océan de messages, de sollicitations, d'informations, sous le contrôle des algorithmes et des robots ?
    Les empires économiques ont créé une nouvelle servitude avec une détermination implacable. Au coeur du système et de notre vie quotidienne, un projet caché : l'économie de l'attention. Sans rejeter la civilisation numérique, il est temps de reprendre le contrôle pour la transformer.

  • Toxic data : comment les réseaux manipulent nos opinions

    David Chavalarias

    • Flammarion
    • 2 Mars 2022

    À partir d'exemples concrets et de conseils, ce manuel d'autodéfense vise une prise de conscience des écueils du numérique et de son influence sur nos vies et nos démocraties. En positionnant le lecteur comme la clé de voûte d'une société numérique renouvelée, il s'inscrit dans les défis majeurs de notre temps.

  • Leur progrès et le nôtre ; de Prométhée à la 5G

    François Ruffin

    • Points
    • 18 Mars 2022

    Le progrès assure-t-il le bonheur commun ?

    Il y a ceux qui se prosternent devant le moindre gadget, qui l'élèvent au rang de « Progrès » à majuscule. Et d'autres qui cherchent de nouveaux chemins pour un progrès humain.

    Il y a ceux qui ne laissent pas le choix : « il faut accélérer », « aller de l'avant ». Et d'autres qui, avant de s'élancer, s'interrogent sur le sens de cette course : où va-t-on ?

    Il y a ceux qui célèbrent le Prométhée tout-puissant, porteur du feu et de la technique, même lorsqu'il mène à la catastrophe. Et ceux qui reprennent son flambeau, mais autrement : Prométhée a pris le parti des faibles, lanceur d'alerte contre le Jupiter de l'Olympe ou de l'Élysée.

    Il y a leur progrès, et le nôtre.

  • Des premiers supercalculateurs aux algorithmes de Youtube en passant par les drones, la technologie a envahi chaque aspect de notre existence, elle affecte notre capacité à penser, à comprendre et à agir. Mais notre compréhension de celle-ci est lacunaire.
    James Bridle propose une analyse lumineuse des logiques à l'oeuvre derrière la complexité des processus technologiques. Il démonte quelques solides lieux communs, notamment l'idée que le progrès technologique serait imparable et émancipateur, mais aussi la croyance selon laquelle l'accès à une surabondance d'informations serait toujours bénéfique.
    À travers cet essai dense et déroutant, James Bridle nous invite à reprendre le contrôle.

  • La matrice

    Christophe Deloire

    • Calmann-levy
    • 16 Mars 2022

    Dans la Bay Area en Californie, dans les laboratoires du Parti communiste à Pékin, on développe des technologies qui changent nos vies et font peser une menace sur la démocratie.
    Les entreprises du capitalisme de surveillance savent tout de nous. Grâce aux prédictions sur nos comportements futurs, elles orientent nos choix.
    L'infrastructure des plateformes numériques et des réseaux sociaux remplace les institutions politiques. C'est une matrice invisible. Dans l'ancien monde, nul n'était censé ignorer les lois. Désormais, les sociétés technologiques se substituent aux parlements, à la justice, aux organes de régulation, et elles imposent leur système. Code is law.
    La perte de contrôle technologique est l'une des pires menaces qu'affronte l'humanité. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Ce livre est le récit d'un combat. La défense de la démocratie suppose une révolution de nos modes de pensée et d'action et une refondation du secteur des médias.

    Christophe Deloire raconte de l'intérieur la mobilisation de prix Nobel, de chefs d'État et des plus grands experts.

  • The game

    Alessandro Baricco

    • Folio
    • 11 Février 2021

    « Quand les gens pensent voir la fin de la culture chez un jeune de seize ans qui n'emploie pas le subjonctif, sans remarquer que par ailleurs ce garçon a vu trente fois plus de films que son père au même âge, ce n'est pas moi qui suis optimiste, ce sont eux qui sont distraits. » Nous voilà immergés dans une nouvelle ère numérique. Et si cette révolution n'était pas tant technologique que mentale ? De l'invention du jeu vidéo jusqu'au premier iPhone, en passant par la naissance de Google ou d'Uber, les nouvelles technologies ont bouleversé notre mode de vie. Mêlant sérieux et humour, Alessandro Baricco raconte les événements fondateurs qui ont forgé notre monde moderne où, comme dans un jeu, chaque problème est devenu une partie à gagner.

  • Le 11 septembre 2001, Spencer Platt franchit la porte de l'agence Getty pour vendre le cliché qui le rendra célèbre. C'est sa photo des tours jumelles en feu que la rédaction de Paris Match choisit de mettre en couverture de son numéro historique. Débutent alors une guerre au coût humain et économique colossal, qui verra, en 2021, le retour des talibans au pouvoir, et une période instable marquée par de nombreux bouleversements que ce livre met au premier plan.
    Des sables du Sahel à la Nouvelle-Orléans, naufragée après l'ouragan Katrina, des sirènes d'évacuation à Mossoul à celles des pompiers de Notre-Dame de Paris, Régis Le Sommier a couvert ces conflits, ces catastrophes, qui ont construit et déconstruit notre époque. Il raconte ces histoires à échelle d'hommes, de bonne et de mauvaise fortune, d'héroïsme et de vulnérabilité.
    « Sortez de votre bureau ! », lançait Tom Wolfe, à ses confrères. En nous faisant vivre ces scènes haletantes, Régis Le Sommier rappelle également ce que nous devons aux reporters qui risquent leur vie pour saisir la vérité du terrain.

  • Les nouveaux chiens de garde

    Serge Halimi

    • Raisons d'agir
    • 4 Février 2022

    Le livre de Serge Halimi aura vingt-cinq ans l'année prochaine...
    Depuis, quelques « petites choses » ont changé.
    Ou pas : la plupart des journalistes-éditocrates qu'il cite sont toujours en activité, même si, pour beaucoup, la fin de carrière se dessine. Ce qui a changé bien sûr, c'est l'affaissement de l'idéologie du juste-milieu libéral, même si avec Macron le doute reste permis. Mais surtout la perte d'hégémonie des grands journaux bourgeois, la quasi-saturation de l'espace médiatique par des questions « de société » et l'apparition de nouveaux « influenceurs », principalement nichés dans les réseaux sociaux. Un nouvel avant-propos signalera ce genre de chose en même temps qu'il rappellerait que l'hégémonie reste bourgeoise et que les médias reflètent toujours autant, tous supports confondus, le point de vue des classes moyennes cultivées. Au risque d'ailleurs pour eux d'être pris pour cible et associés aux élites. Ce point de vue, rare il y a vingt-cinq ans, est devenu lieu commun aujourd'hui, d'autant que la droite, voire l'extrême droite, l'a repris et le martèle avec un certain succès international (Trump). C'est la mauvaise récupération de ces analyses. La popularité du thème des « fake news » sera également évoquée.
    En annexe figurent les commentaires critiques ou haineux du livre par les journalistes que l'auteur attaque. Avec le temps, presque tous ont réagi, et c'est assez drôle...

  • Sur la télévision ; l'emprise du journalisme

    Pierre Bourdieu

    • Raisons d'agir
    • 26 Novembre 1996

    Ces deux cours télévisés du Collège de France, présentent, sous une forme claire et synthétique, les acquis de la recherche sur la télévision. Le premier démonte les mécanismes de la censure invisible qui s'exerce sur le petit écran et livre quelques-uns des secrets de fabrication des ces artefacts que sont les images et les discours de télévision. Le second explique comment la télévision, qui domine le monde du jounalisme, a profondément altéré le fonctionnement d'univers aussi différents que ceux de l'art, de la littérature, de la philosophie ou de la potitique, et même de la justice et de la science ; cela en y introduisant la logique de l'audimat, c'est-à-dire de la soumission démagogique aux exigences du plébiscite commercial.

  • C'est une guerre qui nous fait passer l'essentiel de notre temps devant un écran. Une guerre dont nous sommes à la fois les victimes et les agents quand nous réagissons sur Twitter, quand nous notons un chauffeur sur Uber, quand nous swipons sur Tinder... Une guerre qui fait de nombreux dommages, en premier lieu chez les plus jeunes :
    Obésité, troubles du sommeil et de la concentration, isolement... sans compter la mise en danger du lien social et du débat démocratique, et l'accélération de la catastrophe écologique. Une guerre que se livrent les plus grandes entreprises pour capter notre temps de cerveau.
    Cette guerre, c'est celle de l'attention.
    Au fondement de notre liberté et de notre bien-être, l'attention est une ressource rare et précieuse. Elle pourrait disparaître si son exploitation, immense gisement de profits, n'est pas limitée. Pour cela, les manuels de « bon usage » du numérique ne suffiront pas. Refusant les fausses promesses du « techno-solutionnisme vert », ce livre est une arme pour mener la reconquête collective de notre attention.
    Nourri par un travail de terrain, il propose une plongée dans les rouages de l'économie de l'attention ainsi que des propositions politiques concrètes. Ou comment faire de la déconnexion un pilier de la transition écologique à venir, au service d'une société conviviale et décroissante.

  • Jeux de pouvoir Nouv.

    Jeux de pouvoir

    Mathieu Gallet

    • Bouquins
    • 12 Mai 2022

    Les années passées par Mathieu Gallet à la tête de Radio France, de 2014 à 2018, semblent avoir été écrites pour un scénario de série. Coups tordus, trahisons : tous les ingrédients d'une intrigue qui s'est jouée dans le monde impitoyable des médias et de la politique se trouvent ici réunis. À quoi s'est ajoutée, pour pimenter le tout, la rumeur tenace d'une liaison cachée entre le futur chef de l'État, Emmanuel Macron, et le président du premier groupe radiophonique de France. Après s'être imposé une longue période de silence, Mathieu Gallet évoque pour la première fois publiquement cette histoire retentissante dans laquelle divers protagonistes ont essayé de l'impliquer en l'instrumentalisant à ses dépens.
    Des ors de la République jusqu'aux bancs du palais de Justice en passant par la Maison de la radio, ce livre retrace le parcours d'un jeune provincial qui réussit son ascension dans la société parisienne en accédant à de hautes fonctions dans le domaine de l'audiovisuel, avant de payer le prix d'un succès qui a heurté les intérêts de certains et dérangé les calculs des autres.
    Mathieu Gallet rappelle son action à la tête de Radio France, marquée par un profond mouvement de transformation qui, après des débuts chahutés, a permis à l'entreprise de se mettre en ordre de marche pour se trouver aujourd'hui dans la situa­tion enviable de leader. À l'heure où les médias publics sont mis en cause et fragilisés, il dessine des perspectives pour que ce bien commun soit préservé et renforcé.
    Cette période de sa vie a correspondu au temps d'une relation amoureuse, étrangère à celle que la rumeur lui prê­tait. Elle aura beaucoup compté dans la prise de conscience de ce qu'il doit à ses origines sociales et à sa vie personnelle : la capacité de tout affronter dans un univers où règne trop souvent la violence des jeux de pouvoir.

  • Servitudes virtuelles

    Jean-Gabriel Ganascia

    • Seuil
    • 4 Mars 2022

    Nous ne vivons plus dans les fers. Pourtant, nous le constatons, nous ne sommes pas vraiment libres ; nous nous prenons de plus en plus souvent aux rets du numérique dont nous devenons captifs. Les flux de données - textes, images, sons - qui attestent, trahissent, influencent nos vies affectives, personnelles et professionnelles, sont manipulés à notre insu par les techniques de l'intelligence artificielle. Il en résulte une évolution majeure de la condition humaine, qui rend nécessaire et urgente une réflexion sur les conséquences politiques, sociales et même morales des technologies de l'information et de la communication.

    Cet essai vif, original et engagé vise à faire le point sur ces questions. Passant au crible la vulgate « éthique » usuelle, Jean-Gabriel Ganascia en dévoile les limites. Car, pour louables que nous apparaissent les principes invoqués, les avis rendus par les comités de régulation n'aboutissent le plus souvent qu'à des recommandations vaines qui nous laissent impuissants face au monde qui se fait jour sous nos yeux ; pire, elles font souvent écho à des craintes caduques, tout en éludant les risques patents. Nous invitant à ne pas nous reposer sur des doctrines morales convenues, l'auteur nous offre un marteau pour heurter les principes éthiques qui les fondent, les écouter résonner et entendre leur plénitude, ou leur éventuelle vacuité.

    Jean-Gabriel Ganascia est professeur à Sorbonne Université, où il mène des recherches sur l'intelligence artificielle au LIP6. Il a présidé le Comité d'éthique du CNRS et a déjà publié divers ouvrages au Seuil, dont le précurseur L'Âme machine (1990) et Le Mythe de la Singularité (2017), qui a connu un réel succès et reçu le prix Roberval.

  • Frontieres.com

    Nicolas Arpagian

    • L'observatoire
    • 30 Mars 2022

    Le monde se transforme, tout vacille et change sous nos yeux. Les pays se font la guerre autrement : les geeks-soldats de la cyber guérilla précèdent désormais les chars d'assaut. La Russie construit son propre Inter-net, pour s'éloigner un peu plus du monde occidental. La monnaie, comme le bitcoin, n'est plus seulement créée par des États, mais par des particuliers. La vie privée menace de disparaître. La parole des professionnels vaut autant que celle des amateurs. Les réseaux sociaux ne servent plus seulement à discuter entre amis, mais à in-fluencer les prochaines élections. Bref : les séparations disparaissent entre des catégories qu'on croyait évidentes et pérennes. Péages et murailles remplacent peu à peu les frontières classiques qui distinguaient les environne-ments personnels, économiques et institutionnels.
    Nicolas Arpagian prend la mesure de ces changements dans ce livre qui alerte les lecteurs, sans cris d'orfraie et sans panique. Oui, les choses changent. Oui, nous devons nous y habituer. Sinon ? Nous en pâtirons.
    Un essai clair et pédagogue, pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui et se préparer à celui de demain.

  • Voyage au pays de la dark information

    Antoine Bayet

    • Robert laffont
    • 17 Février 2022

    Sur YouTube, WhatsApp, Telegram ou Facebook, qu'ils soient Gilets jaunes, pro-Raoult, antivax ou militants d'extrême droite, les décrocheurs de l'info forment des communautés fidèles, engagées, fortes de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de fans. Défiants, parfois même hostiles envers les journalistes et les médias traditionnels, ils ont créé un monde parallèle - celui de la « dark info » - où l'information, souvent des fake news, circule en dehors de tous les circuits classiques et de tout contrôle.
    Ce livre est le fruit d'une enquête de terrain menée à visage découvert. L'auteur, en brossant des portraits variés des acteurs de ces réseaux et en donnant la parole à leurs principaux leaders, explore la force de frappe inouïe de leurs nouveaux canaux de diffusion et analyse les mécanismes de ce rejet profond des médias conventionnels.
    La rupture entre les Français et l'info est réelle : comment l'expliquer, la contenir et, au moment où les enjeux politiques sont majeurs, mieux la connaître pour mieux la prendre en compte ?

  • En vingt ans, les réseaux sociaux ont imposé leurs modes d'accès à l'information et changé la nature du débat public.
    Conçus au service de la publicité comportementale, leurs algorithmes enferment les individus dans des mondes étanches qui interdisent la confrontation des opinions contradictoires et renforcent les préjugés : la désinformation devient la règle, les discours de haine prospèrent et la polarisation politique s'accentue. Le Business de la haine montre que, plus encore que la haine ordinaire, c'est le mode de fonctionnement et le modèle économique des réseaux sociaux qui menacent la démocratie. Ce qui est désormais en péril, c'est la possibilité pour les citoyens de s'accorder sur les faits qui fondent leurs désaccords, et surtout de les résoudre selon un processus démocratique.
    Jean-Louis Missika et Henri Verdier racontent cette crise et l'inscrivent dans la perspective de l'histoire des médias et de leur régulation depuis le XIXe siècle jusqu'à l'attaque du Capitole, le 6 janvier 2021. Ils proposent de construire l'espace public de la délibération démocratique comme un bien commun qu'aucun opérateur privé ou étatique ne pourra s'approprier. Ils tracent les lignes d'une authentique régulation et en appellent au courage politique pour imposer aux plateformes ce nécessaire contrôle démocratique.

  • Perso

    Antoine de Caunes

    • Sonatine
    • 14 Octobre 2021

    Petit, Antoine de Caunes maîtrisait mal le français. D'ailleurs, chaque fois qu'on lui demandait son avis, il avait la fâcheuse habitude de répondre par un triple pléonasme : « Moi, personnellement, je... » Aujourd'hui, sa pratique de la langue s'est considérablement affinée. Mais il a toujours un avis sur tout, sur des sujets aussi divers que la preuve de l'existence de Dieu ou la réévalution des montants compensatoires. Et il n'hésite pas à aller labourer de son soc volontaire des terres plus intimes. Dans ce livre, il sera question de rencontres interlopes, d'amours musicales, d'amis imaginaires, de vacances, de famille, de clowns, d'armes à feu, de marée basse, de gradés, de dégradés, de chevaux, d'hommes de peu de foi et d'hépatiques. Ou encore d'un chapeau.
    Rassurez-vous, il ne s'agit pas de ces austères mémoires qui encombrent librairies et bibliothèques. Plutôt de modestes exercices de style, narrant des histoires plus ou moins drôles et saugrenues, avec ce sens du raccourci qui caractérise l'homme sentant le premier frimas de l'automne de sa vie.
    Voilà, en un mot, l'objet de cet ouvrage tant attendu (surtout par son auteur), dont le titre, par sa sobriété, résume tout.

  • Rarement une nouvelle technologie aura soulevé autant de passions, avant même son implantation, que le développement de la téléphonie mobile de cinquième génération, dite 5G. Suscitant les pires craintes sur les plans sanitaire et écologique ou en matière de sécurité et de surveillance pour les uns, elle constitue pour les autres une véritable révolution ouvrant tout un monde de possibilités. Comment faire la part des choses? C'est là l'exercice auquel s'est prêté le collectif Atécopol, pour qui la 5G est d'abord et avant tout un cas d'école de la course en avant technologique et de l'obsolescence programmée. En montrant les limites d'une approche strictement technocratique pour évaluer cette technologie imposée, le collectif nous rappelle que le débat entourant la 5G soulève l'enjeu de la nécessaire appropriation démocratique des choix technologiques. La question de la technique est d'abord une question politique.

  • Trois cents likes suffisent à Facebook pour vous connaître mieux que votre conjoint.Nous sommes victimes du plus grand pillage de l'histoire, du casse du millénaire. Nos données personnelles se collectent et se vendent sans notre assentiment. Le plus incroyable dans tout ça? Nous laissons faire. Pourtant, les intelligences artificielles affinent constamment leurs algorithmes, tandis que les objets connectés recueillent tous les jours davantage de renseignements sur nous. Après nos noms et nos identités, les machines peuvent désormais prédire nos opinions et nos émotions.Cette analyse ultra documentée qui explique comment et pourquoi les GAFAM, les administrations publiques et autres hackers accaparent notre vie privée, donne aussi des clés essentielles et accessibles à tous pour se protéger.

  • La justification de la 5G est d'ordre tautologique : il faut la 5G car il faut la 5G... L'utilité sociale, son impact climatique et sanitaire sont des questions qui ne trouvent aucun écho. La procédure d'attribution des fréquences a été conduite en dehors de toutes évaluations environnementales et sanitaires sérieuses. Des effets sanitaires sont pourtant suspectés par un nombre croissant d'experts, liés au triplement du nombre d'antennes relais et à une augmentation de près de 30 % du niveau de champs électromagnétiques. Pire, l'addiction au numérique va vraisemblablement s'amplifier.
    Le monde rendu possible par la 5G est un choix de société qui nécessiterait un débat public pluraliste et transparent. Selon Stephen Kerckhove, l'heure est venue de refuser cette fuite vers l'abîme.

  • Le développement du numérique réalise une forme de privatisation du champ de l'action publique qui ne dit pas son nom : les entreprises privées du numérique les plus puissantes s'emparent d'activités jusqu'ici dévolues au secteur public : dans les transports (Ouibus, informations voyageurs), dans les services urbains (ville intelligente), dans l'utilisation de l'espace public (trottinettes électriques) ou même dans certaines fonctions de régulation (aide au trafic). L'informatisation des administrations publiques, le développement de services en ligne et la présence sur internet des services publics, se sont réalisés en sous-traitant ses dispositifs à des entreprises privées. La conquête du privé sur la sphère publique en cours aujourd'hui est d'une toute autre nature : elle repose sur une transformation des relations entre l'Etat et les usagers (simplification des relations avec les utilisateurs souvent en substituant des algorithmes aux agents publics, généralisation des mécanismes de notation, développement de l'uberisation des tâches). Ce processus s'adosse, d'une part, à des des capacités d'investissement énormes qui dépassent celles des pouvoirs publics (ingénierie, datacenters) et, d'autre part, à des monopoles détenteurs de brevets puissants. Si cette privatisation passe le plus souvent inaperçue, tant elle prend la forme douce de dispositifs d'utilisation très pratiques qui améliorent notre quotidien, ses effets sociaux sont pourtant considérables : elle déstabilise les entreprises et les administrations, renforce les inégalités sociales, préempte des communs et accélère la perte de souveraineté publique. Les pouvoirs publics ont beau mobiliser diverses ressources (offre concurrente, régulation, etc.), ils apparaissent trop souvent démunis face à un tel processus qui oeuvre a` l'échelle internationale (les GAFA). Les tentatives de réappropriation des communs numériques par les citoyens ordinaires ouvrent cependant des perspectives, parfois sous la forme d'un militantisme de fonctionnaires qui défendent la « souveraineté numérique » nationale. L'objet de l'ouvrage est porter au jour, derrière la sympathique appli dans nos smartphones, les conséquences économiques et techniques réelles de cette privatisation et de montrer quelles sont les perspectives de résistance et de réinvention du service public.

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