Images Plurielles

  • C'est à travers des photos conceptuelles que Mahmoud Alkurd nous fait partager sa propre vision de la catastrophe qu'ont subie les Palestiniens dans la bande de Gaza lors de l'attaque d'Israël en 2014, Bordure de Protection. Les récits très réalistes de l'écrivain Mo'men Ashour, tirés de faits réels, apportent la consistance du vécu traumatique à ces images poïétiques. Aujourd'hui, la situation géopolitique et humanitaire n'a pas changé.

  • Jean Paul Olive présente dans cet album une nouvelle odyssée argentique, aventure d'un voyageur infatigable, à contre-pied du tout numérique. La réalité n&b, en images fortes de la Grèce assise sur son passé questionne le présent. Le jeu de la marelle à cloche-pied de terre à mer, de personnages à paysages, de lutte entre ombre et lumière, fait échos aux mots de Blaise Cendrars, lançant ses chaussures par-dessus bord, pour aller au bout de ces îles inoubliables.

  • Personne n'a vraiment intérêt à voir les médias rapporter la situation du Yémen de l'intérieur comme de l'extérieur. Après avoir essayé pendant plus d'un an d'obtenir les autorisations et les visas nécessaires pour se rendre dans le nord, Véronique de Videguin et ses équipières ont décidé en octobre de se rendre dans le sud Yémen et de passer illégalement dans le nord, seule solution pour y pénétrer. Elles ont ensuite été coincées dans le nord pendant un mois, à cause notamment du blocus de l'Arabie Saoudite. Pourchassées par les Houthis et sous la protection d'Amat et ses ministres, elles ont finalement pû nous rendre à Saada, Hajjah, Ibb et Sanaa pour réaliser ce reportage sur la situation des Yéménites du nord.

  • Nous sommes en 2002. J'habite en centre-ville du Caire. Tous les jours je sors pour comprendre la ville. Pour montrer et faire ressentir ce que je vis, je vais photographier cette rue, hommes et bêtes, maisons et circulation.
    Je décide de prendre un petit appareil numérique, de le cacher dans ma main et de prendre les photographies sans viser, le sujet ne se sait pas photographié, donc il ne peut pas composer son personnage. L'absence de visée et la latence du déclenchement font que je ne donne pas à mon image une sophistication instantanée.

  • Après la destitution de Saddam Hussein en 2003 et le mensonge d'Etat international au sujet de la possession de l'arme nucléaire en Irak, le pays n'en peut plus de pleurer ses morts. Les sunnites se retrouvent marginalisés, les chiites ont pris le pouvoir, on a vu émerger la menace : Daesh. Véronique de Viguerie et Manon Querouil-Bruneel ont enquêté ces dernières années en Irak et rendent compte de sa situation de catastrophe politique, humanitaire et sociale.
    Les chiites se regroupent pour combattre Daesh, les sunnites se plaignent des chiites. Tout ce monde se côtoie, essaie de cohabiter, on y rencontre même des couples mixtes de différentes confessions. Mais la rancoeur existe toujours. Certains pensent, d'autres disent que les racines du mal sont encore bien présentes, favorisant la gestation d'un autre monstre, bien pire que Daesh.

  • Ce livre est le récit d'une enfance perdue à tout jamais qui se dit au présent, c'est un Dib-enfant qui fixe les moments ressentis et qui capte les moments enfuis. Le désir enfoui de Dib-enfant, celui de posséder un espace d'écriture, non pour devenir écrivain, mais pour sentir seulement qu'il existe, qu'il est libre. Les conditions de vie de l'époque (1946), si dures, n'offraient qu'une alternative aux enfants "indigènes" : soit le travail précoce, soit - comme ce fut son cas - l'école.
    Revisiter aujourd'hui ce magnifi que guide de l'enfance des années 1940, c'est faire un voyage dans l'enfance de Mohammed Dib et retrouver les anciens codes sous-jacents à une oeuvre qui ne cesse de nous émerveiller. Ce livre est une réédition et une nouvelle version du projet Tlemcen ou les lieux de l'écriture tel qu'il a été conçu en 1993 à l'initiative du Centre culturel français de Tlemcen, puis édité en 1994 par les éditions La Revue Noire à Paris.
    Il contient des images inédites du photographe.

  • Passionné de Jazz, Mathieu Do Duc signe une série d'images de jazzmen pris sur le vif, le plus souvent lors de concert live. On y retrouve un auteur touché par un immense respect pour ces créateurs hors pairs, qui ne vivent que pour nous faire ressentir et approcher le sublime. "Ça ne commence pas Continue seulement Continue comme l'Eau comme l'Incendie et Bouge dans le Large l'Éperdu Ce qui se passe le Bleu de la Note apporte avec lui le Soleil montant ou descendant ou la Nuit..."

  • Algeroid

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    Les photographies de ce livre sont le résultat de trois années de voyage à Alger. Le photographe a pris le parti d'utiliser la technique du polaroid. Pour chaque portrait, il a offert l'instantanée au sujet et gardé le négatif, comme un envers du décor, immémorial et révélateur de la réalisation de ce travail.

  • Ils se prénomment Rylee, Donovan, Gracie, Catalyan, Lily, Michael... ils ont entre 3 et 17 ans et vivent au Texas, dans l'Idaho, en Louisiane, dans l'État de New York... Ces enfants et adolescents ont posé devant l'appareil du photographe Laurent Elie Badessi arme à la main et ont tous répondu clairement à cette question toute simple : « Qu'est-ce qui te plaît dans les armes à feu ? » Si l'objectif de ce travail photographique consiste à explorer l'attraction évidente que représentent les armes pour une grande partie d'américains, ce livre nous invite aussi à regarder en face cette réalité sociale, politique et morale.

  • Marseille reinventee - de la joliette a arenc Nouv.

  • Pourquoi photographier les amoureux ? Sans doute suis-je comme le personnage de Prévert dans son poème pour toi mon amour, et pour l'imiter je pourrais écrire que je photographie pour toi, je photographie pour moi... Et dans mes déambulations citadines, dans mes voyages, n'importe où, je guette, chaque fois que je le peux, des signes de cet amour.

  • Très inspirée par la nature, Angélique Boudet tente de voir plus loin que ce que les arbres laissent apparaître. Pour elle, la nature représente l'essence des choses, la pureté, la vie et la mort, la source, la base de toute chose. La nature était sur terre bien avant nous et bien avant les villes et nous rappelle le temps qui passe (et dont la photographie témoigne).

  • Les innocents regroupe des portraits d'enfants pris à travers le monde. Cette série montre l'universalité des préoccupations et des activités de l'être humain, tant qu'il reste en dessous du seuil de dix années de vie. Ce coffret est la réalisation de treize cartes photographiques en bichromie accompagnées d'un poème d'auteur. L'esthétisme et la qualité valorisent le regard de l'auteur autour de la thématique donnée.

  • Anaglyph

    Mireille Loup

    Dans son approche du procédé anaglyphe, Mireille Loup nous fait comprendre que, tout comme nos ancêtres, nous restons fascinés par cette magie de l'image qui fait qu'une représentation soudainement ressemble au réel. Par ses palimpsestes photographiques, elle nous replonge dans l'univers de l'enfance, des livres où surgissent, se déplient des petits théâtres en carton, elle nous invite au plaisir de l'émerveillement.

    In her approach to the anaglyph process, Mireille Loup makes us understand that, just as our ancestors, we remain fascinated by the magic of the image that makes a representation, suddenly, look like reality. Through her photographic palimpsests, she takes us into the world of childhood, of books where small cardboard theatres unfold and open, she invites us to the pleasure of wonder.

  • " L'objectif de cette séance était de mettre en majesté ceux que l'on ne considère plus comme des êtres humains mais comme des déchets de la société : rendre un hommage aux hommes de la rue, les " réhumaniser " aux yeux des gens, mettre en valeur leurs personnalités à travers leurs looks déglingués ". Stanislas Guigui Stanislas Guigui est un fauteur de troubles. Regarder ses photos c'est voir quelque chose de différent de ce qui nous est proposé. Il nous confronte à une réalité qui semble tout droit sortie d'une fiction inventée pour faire peur, un avant-goût d'Apocalypse.
    Sous la protection d'un chef de gang, Stanislas Guigui a réussi à s'intégrer dans cette faune de marginaux où il a pu travailler en profondeur pour nous ramener un puissant et terrible document, toutefois non dénué de tendresse.
    (Extrait de la préface de Michel Philippot)

  • « Ceux qui lisent », une espèce de tribu comme dirait le héros de BD Rahan. Sur les clichés pris sur le vif, ils ou elles, jeunes ou moins jeunes lisent dans la rue, dans le métro, dans le parc, dans l'avion, et bien d'autres lieux parfois insolites, d'autres fois convenus. « Ce qu'ils lisent » m'intéressait également : le journal, un livre de poche, un magazine, une publicité, un guide de voyage, un plan... Ils sont souvent seuls mais oeuvrent parfois à deux voire plus.

  • Le 8 mai 1945. Dans un esprit de fête de la victoire des alliés contre le nazisme, une manifestation pacifique et citoyenne, organisée par les Algériens avec l'accord des autorités coloniales dans la ville de Sétif, puis à Guelma, dans l'est de l'Algérie, tourne au drame. À Sétif, un policier qui voulait enlever le drapeau algérien figurant parmi les drapeaux alliés, tire sur un jeune scout. C'est le début d'une répression sanglante dans le Constantinois. Les zones de Sétif, celles de Kherrata et celles de Guelma sont concernées. La folie meurtrière déclenchée par l'armée française et la milice des colons contre la révolte des nationalistes algériens va prendre des proportions considérables, et durer plusieurs semaines. Il y aura parmi les Européens une centaine de morts et autant de blessés. Le nombre de victimes autochtones est jusqu'à aujourd'hui objet de débat. Les historiens parlent de 18 000 à 45 000 victimes... C'est en 2003 que l'idée de réaliser un ouvrage sur l'histoire des massacres du 8 mai 1945 en Algérie a germé. Ce sont des témoignages de personnes issues de l'immigration maghrébine recueillis lors de la préparation de l'ouvrage Chibanis, chibanias, portraits d'une génération sans histoire ? qui ont marqué le photographe Abed Abidat, notamment celui d'un témoin des massacres à Sétif. Abed Abidat a parcouru une partie de l'est de l'Algérie à la rencontre des témoins survivants des massacres, de ceux qui les ont vus et vécus. Il en a ramené des portraits, des témoignages. Jean-Louis Planche complète cet ouvrage en proposant une perspective contextuelle historique des événements (rétrospective historique, chronologie des faits). Le photographe insiste aussi sur la découverte d'une Algérie du quotidien, des hommes et des femmes déambulant dans les rues, des enfants jouant sur des terrains vagues, un paysage aride encore bousculé par le souvenir.

  • D'abord il y a les roches blanches ; les arbustes, les touffes hirsutes et colorées, et peut-être aussi le bruit de la ville au loin, comme diffus. Ce n'est pas l'Irlande, en dépit des chaussées de géant et de quelques alignements de murets séculaires, par l'Angleterre non plus malgré dans le vent ces bosquets mal peignés à la Winslow Homer, ni même l'Italie - et pourtant ce que dessinent les traces.

  • On met en oeuvre de la pierre, du bois du ciment ; on en fait des maisons des palais ; c'est de la construction. L'ingéniosité travaille. Mais, tout à coup, vous me prenez au coeur, vous me faites du bien, je suis heureux, je dis : c'est beau. Voilà l'architecture. L'art est ici. Ma maison est pratique. Merci, comme merci aux ingénieurs des chemins de fer et à la Compagnie des Téléphones.

  • De ce chef d'oeuvre architectural contemporain, le photographe découvre les lignes, les contours et les détours comme autant d'évidences esthétiques. Voilà une clef qui a trouvé enfin sa serrure, voilà enfin la véritable porte de Marseille qui s'ouvre sur l'Europe et la Méditerranée. Alchimie de Bab of Marseille.

  • Un Autre Journal est un questionnement de la normalité ; un projet de création collective avec un groupe composé de personnes qui ont souffert ou qui souffrent de troubles psychiques, à Marseille ; une recherche à la frontière entre malade et sain, artiste et amateur. Des regards puissants qui font tomber les barrières. Des sensations sans catégorie. Une passerelle fragile entre monde intérieur et extérieur.
    Cet ouvrage est le fruit de quatre ans de création collective dans le cadre du projet Un Autre Journal né de la rencontre entre des photographes, des infirmières et des psychiatres autour d'un désir commun de proposer un espace d'expression qui dépasse le simple atelier occupationnel. Chaque participant muni d'un appareil photo argentique photographie le quotidien. Des rencontres hebdomadaires, hors des institutions psychiatriques, sont organisées pour regarder les tirages de lecture et en discuter.

  • Des chats, il en a côtoyé par centaine dans sa maison qui était la rue. Ce sont souvent des chats errants, chouchoutés par l'Homme ou même chassés, certains ont même des «gueules cassés». Cette fois-ci Man Sullivan est allé à leur rencontre et a pris le temps de les portraitiser, une façon de leur rendre hommage.
    Hana Abidat, depuis qu'elle est toute petite, en a toujours eu dans son foyer. C'est un hommage que de leur écrire un poème et un texte.

  • Chaussées écornées par le temps aux pavés disjoints, traboules pentues et sinueuses aux issues incertaines ou larges boulevards aux noms luxuriants ; imposante ou étroite, borgne ou pimpante, la rue est sous toutes les latitudes, l'essence de la ville.
    Ce coffret est la réalisation de vingt-deux cartes photographiques en bichromie accompagnées d'un poème d'auteur. L'esthétisme et la qualité valorisent le regard de l'auteur autour de la thématique donnée.

  • LES OUBLIÉS DU PIPELINE, un travail photographique réalisé en 2006 sur les communautés de déplacés des conflits du Caucase et d'Anatolie des années 90, le long de l'oléoduc BTC (Bakou-Tbilisi-Ceyhan), deuxième oléoduc au monde, à travers l'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, des rives de la Mer Caspienne à la Mer Méditerranée.
    Le pipeline n'est pas visible. Il est sous terre, sécurité oblige. À la surface, dans un décor de banqueroute soviétique, la situation des 600 000 déplacés du Haut Karabagh en Azerbaïdjan, des 250 000 déplacés d'Abkhazie en Géorgie, et des centaines de milliers de déplacés kurdes en Turquie empire de jour en jour. 15 ans après la fin des conflits, les familles attendent leur sort dans des hôtels abandonnés, dans des camps de réfugiés, dans des villages détruits. Les retraités finissent leurs jours dans des wagons à marchandises, les enfants naissent réfugiés et ne s'intègrent pas. Ils vivent isolés, entretenus dans leur rêve illusoire d'un retour au pays. Ils sont otages de conflits non réglés. Le coup de projecteur médiatique autour de l'inauguration du BTC ne soulèvera pourtant que peu d'intérêt pour cette situation. Même les ONG ne sont plus sur le terrain pour soulager, manque de financements. La logique économique est impitoyable.
    Le monde a besoin de carburant. Alors que le pétrole coule silencieusement dans le ventre du pipeline BTC, à la surface plusieurs centaines de milliers de personnes sombrent dans l'oubli.

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