Seuil

  • Cambouis

    Antoine Emaz

    Reconnu comme un des principaux poètes français d'aujourd'hui, on sait moins le travail massif de carnets, lectures, réflexions qu'antoine emaz accomplit au quotidien.
    Dans la lignée de reverdy et d'andré du bouchet, sa poésie est tranchante, âpre (ses titres : boue, os, peau). une considérable économie de mots et de moyens lui donne sa force, mais aussi sa proximité du quotidien. ecriture du corps, de la ville. mais l'atelier d'antoine emaz, c'est aussi cette première strate des carnets, observation, lectures, affrontement écrit du quotidien. cambouis, c'est ce travail au jour le jour de la poésie, une réflexion considérable sur l'écriture.

  • Contenu du livre : Jacques Henric naît en décembre 1938. Il appartient à cette génération qui fait ses premiers pas quand se déclenche la Seconde Guerre mondiale. Les souvenirs de ces temps tragiques - la défaite, l'Occupation nazie, le gouvernement de Vichy, la Collaboration, la Résistance, les combats de la Libération, la découverte de l'extermination des Juifs... - ne sont pas étrangers aux engagements politiques et littéraires qui seront plus tard les siens : l'adhésion au parti communiste, les luttes anti-coloniales, le compagnonnage avec Tel Quel, le bref épisode maoïste, l'aventure d'Art Press... Politique est le récit, tantôt grave tantôt drôle, du parcours d'un écrivain pour qui l'écriture et la politique, sans jamais se confondre, ont toujours tissé entre elles des liens complexes, comme ce fut le cas pour les avant-gardes littéraires du début du xxe siècle. Politique est aussi une réflexion sur les manipulations et les défaillances de la mémoire, et en un temps où est bradé ce que la modernité littéraire a produit de plus fort, cet essai autobiographique se veut une manière de traité anti « anti-moderne ».

    En quelques mots : Les mémoires littéraires-politiques-artistiques de l'auteur, qui a traversé l'après-guerre, côtoyé le PC et ses illustres figures (notamment Aragon), avant de se rapprocher du groupe Tel Quel puis de fonder Art Press. Ces mémoires rappellent des causes, des combats, et offrent une galerie de portraits sur fond de fresque historique engagée et délibérément placée sous les couleurs de la modernité.

    L'auteur : Jacques Henric est né en décembre 1938. Il a été enseignant (spécialiste des enfants malades). Il a participé à des ateliers d'écriture dans les prisons. Il a collaboré à Tel Quel, Critique, Libération. Il est membre du comité de rédaction d'Art Press.

  • Les journaux intimes de trois personnages, le roi, la reine et le coiffeur. La reine envoie des messages d'amour codés au roi qui ne les comprend pas, et qui lui envoie à son tour des messages qu'elle ne reçoit pas. Le coiffeur est secrètement amoureux de la reine et ne le lui dit pas. Le roi, inventif, fabrique un module à même d'envoyer la reine dans l'espace. Les journaux sont ainsi entrecoupés d'ordonnances du roi et de descriptions de ses jardins. Ces trois figures sont séparées par cela même qui devrait les rapprocher. Leur amour ne se rencontre pas. Ils symbolisent tous l'impossibilité de la communication et le paradoxe des relations humaines et amoureuses : chaque personnage évolue dans son monde, qui tourne pourtant autour de l'autre, mais sans jamais entrer en contact avec son intériorité. Finalement l'amour n'existe que dans la représentation idéale que les personnages s'en font.

    En quelques mots : Un texte qui échappe à toute rationalité pour mettre en place une narration fondée sur le glissement de sens des mots, sur l'association d'idées, sur l'énonciation poétique de paradoxes. Toutes sortes de champs lexicaux se mêlent, ceux de la technique, de l'administration, de la chair, des fleurs, comme un jaillissement spontané, déroutant et drôle. Ces jeux avec les mots retranscrivent les dédales dans lesquels les personnages se perdent, alors qu'ils tentent de rencontrer l'autre...

    L'auteur : Pascale Petit vit dans la région parisienne. Elle est l'auteur, notamment, de Salto solo (éd. de L'Inventaire, 2001) et de Tu es un bombardier en piqué surdoué (éd. Bleu du Ciel, 2006).

  • Est-il possible à un écrivain français de littérature de prétendre encore à une échelle de succès populaire comme le connaît Stephen King ? Christophe Fiat commence son enquête du côté de William S. Burroughs et Guy Debord, mais la plonge aussitôt dans la technique d'écriture même de Stephen King, et son parcours biographique. En nous asseyant à la table de travail d'un grand pro de l'épouvante, un autre vertige : quel est le prix à payer dans sa vie, pour que la littérature garde sa force universelle ?

  • « De cette sauvagerie obtenue, gagnée sur le vide contre la ligne claire, de cette sauvagerie remportée malgré tout contre les forces puissantes de la volonté, que dire sinon l'épuisement - qu'écrire sinon. S'il suffisait de nommer le geste contre l'intention, on s'en tiendrait là - sauvagerie du survenu, de l'accident, de l'accident nécessaire à la reconnaissance d'une sauvagerie qui frappe au coeur des choses. Alors, de quels fonds venus ? » Arnaud Maïsetti, postface à Où que je sois encore... On a tous en tête le fabuleux monologue par lequel Koltès a conquis sa maturité : La nuit juste avant les forêts. Et si on inventait une autre manière d'entrer dans un texte aussi fondateur ? Non pas selon l'approche critique, mais en se plaçant au même endroit, d'une bascule pour soi-même, une traversée de nuit, dans le contexte de la grande ville mouvante, dangereuse ? Maïsetti entreprend ce journal d'une nuit, questionnant à mesure sa propre avancée : ce qu'elle désigne de la ville, des territoires arpentés, ce qu'elle interroge en soi-même, et par quelle écriture. Ainsi, de la tentation lyrique : retourner les voix sur l'abîme qui les fait surgir. Interroger le cri, décaper le regard, poser les fondations d'une nouvelle approche de l'écriture de la ville.

  • Bougé(e)

    Albane Gellé

    Hôpital psychiatrique, portraits serrés, visite d'une tour en banlieue sud de rennes: les livres d'albane gellé sont brefs et violents.
    En lui proposant un format plus large, elle répond par un livre-journal, ce qui, dans son propre atelier, fonde l'écriture: le corps, le temps. ce qu'on expose: aussi bien les enfants que le couple, l'échange avec d'autres écrivains, ou ces retours sur l'écriture en travail, l'engagement en public, les ateliers et résidences. bougé(e) concerne alors bien plus que la seule expérience d'albane gellé: il est une réflexion sur écrire aujourd'hui, pour ceux de cette génération, en temps d'immense secousse.

  • Ce n'est pas rien de se prendre la nuit en plein dos.

  • Abadon

    Michèle Dujardin

    Abadôn, dans le livre de job, c'est la perdition, l'égarement.
    égaré: sur une île, un quai, dans une ville, une chambre d'hôpital. l'espace a toujours des murs envahis de lierre, celui de l'enfance persistante, parasite, il a toujours la mer, qui lui donne ses proportions, ses chiffres et ses rythmes. l'égarement n'a pas d'île, de ville ni de quai, ni de chambre, mais une écriture qui se gagne sur la nuit et dans la nuit, avec le corps, sa fatigue son sexe et son souffle, et le contact amoureux le plus seul, le plus étroit et le plus douloureux avec la violence originaire.
    Et la poésie comme perdition accidentée, charnelle, désirée quelque part entre le noir et le nu, intensément.

  • Une rencontre extraterrestre aura bien lieu un jour. Autant le prévoir. La question n'est pas: une rencontre extra-terrestre a-t-elle eu lieu? Mais plutôt: une rencontre extraterrestre aura lieu quand? Parce qu'une rencontre de ce type modifiera radicalement le monde, autant y penser maintenant. Ce livre permet de s'y préparer concrètement. C'est quoi une rencontre extraterrestre? Quelles actions vont en résulter? Le capitalisme va-t-il y survivre? Comment le militaire y fera face? Notre langue y est-elle prête? La littérature sauvera-t-elle le monde? Ce livre apporte des réponses. Ce livre est une fiction concrète.

  • Contact

    Cécile Portier

    Une route, et conduire. Et la pensée se divise. Retour sur soi. Paysages d'aujourd'hui. La langue qui décèle ce qu'on ne sait pas de soi, parce qu'elle le prend à la peau du monde, au temps même des kilomètres.

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