Puf

  • Salomé

    Oscar Wilde

    L'histoire est connue et fut représentée de nombreuses fois en peinture : Salomé exigeant la tête de Jean-Baptiste sur un plat d'argent comme récompense d'une danse érotique devant son oncle Hérode. La pièce en un acte d'Oscar Wilde, condamné peu après à deux ans de travaux forcés pour homosexualité, avait de quoi effaroucher les spectateurs et fut interdite en Angleterre. Préparée par Sarah Bernhardt, illustrée par Aubrey Beardsley, mise en musique par Richard Strauss, Salomé reste une pièce sulfureuse à laquelle ont collaboré des personnalités artistiques de tout premier plan. L'autographe, ici publié en fac-similé, est l'état le plus ancien du texte rédigé en français par Oscar Wilde, accompagné de la reproduction de l'édition originale de la version française dédicacée à Paul Verlaine, que l'auteur considère comme son alter ego, de la traduction anglaise faite avec Alfred Douglas, ami intime d'Oscar Wilde, et rehaussé par les dessins de Beardsley.
    Oscar WILDE (1854-1900), poète et romancier irlandais, s'installe à Londres en 1879, devient célèbre en publiant Le portrait de Dorian Gray en 1890. Poursuivi par le père de son amant, il fut condamné à deux ans de travaux forcés pour homosexualité. Libéré en 1897, il s'exile en France puis meurt à Paris d'une méningite dans le dénuement et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise, son tombeau est surmonté d'une célèbre sculpture de Jacob Epstein.

  • Dans la petite ville normande de Gisors, Madame Husson, dame patronnesse friande de vertu, désespère de trouver une jeune fille assez pure pour obtenir le titre convoité de rosière. C'est donc un rosier, l'innocent Isidore, qui finit par être désigné, en échange d'une coquette somme. Argent qui va brûler les doigts de cet esprit simple, incapable de résister aux plaisirs les plus bestiaux : il sombrera dans la débauche et l'alcool.
    Preuve qu'" un bienfait n'est jamais perdu ", à en croire le narrateur. Dans une introduction très documentée, Edouard Graham déroule l'historique de la création de ce texte, présente les modes de travail et d'écriture de Maupassant, ainsi que les pratiques et les goûts des éditeurs et des bibliophiles de la Belle Epoque en matière de livre illustré. Avec ses six romans et ses célèbres recueils regroupant plus de trois cents nouvelles, Guy de Maupassant s'est taillé une place parmi les principaux auteurs français de la fin du XIXe siècle.
    Adepte d'un genre " objectif " plus que " naturaliste ", il donna une peinture souvent sans fard de la société provinciale comme parisienne de son temps, sans s'interdire des incursions fréquentes du côté du fantastique.

  • L'Evangile selon Jean

    Saint Jean

    L'Évangile selon Jean est l'un des textes majeurs de la littérature chrétienne primitive : il a nourri l'imaginaire chrétien, alimenté sa piété, influencé son iconographie, stimulé sa réflexion théologique et philosophique. La littérature occidentale s'y est reporté de nombreuses fois au cours des siècles suivants. Dans une longue introduction très fouillée, Daniel Marguerat explique comment ce texte a pu être conservé et retrouvé, le compare aux autres évangiles, explique son importance et sa signification. La reproduction du quatrième évangile présentée dans cet ouvrage est celle du papyrus Bodmer II, dans un état de conservation remarquable, l'un des plus importants et dont la date est d'environ l'an 200. Si, selon toute vraisemblance, l'évangile selon saint Jean, sous sa forme finale, fut rédigé en Asie mineure à la fin du Ier siècle, ce papyrus Bodmer II prouve qu'un siècle plus tard, on pouvait trouver en Égypte ce document dans la bibliothèque d'un érudit. Cet ouvrage présente donc la reproduction du papyrus Bodmer II, rédigé en grec, version la plus complète et la plus ancienne du quatrième évangile, accompagnée de la première traduction en français.
    Préface et traduction de Jean Zumstein, professeur à la Faculté de Théologie protestante de Zurich.

  • En 1578, dans une Anvers naguère encore capitale économique du monde occidental, désormais déchirée par les guerres entre calvinistes hollandais et catholiques espagnols, sortent des très célèbres presses de Christophe Plantin ces XXV fables des animaux en langue française d'Estienne Perret, citoyen de la ville. Elles sont somptueusement illustrées par l'un des graveurs en taille douce qu'employait l'éditeur : Abraham de Bruyn, Pierre Huys, Christophe Van den Broeck, les frères Wierix ? Le talent de l'artiste anonyme force l'admiration.

  • Bien adaptés socialement, professionnellement, voire familialement, certains sujets peuvent bénéficier d'un ancrage à la réalité apparemment solide. Mais très vite, ils révèlent de grandes fragilités : une estime de soi alternant entre sentiment de toute-puissance et vide sidéral, un monde psychique attaqué par de folles angoisses existentielles, un rapport aux autres marqué par une grande souffrance. Ne rentrant résolument pas dans les modèles qui leur sont proposés, ils questionnent sans cesse le rapport entre norme et folie, vérité et mensonge, amour et haine, vie et mort.

    Les états limites ont longtemps été regroupés dans un ensemble aux contours peu nets, situé entre la névrose et la psychose. En fait, c'est bien la question de la frontière, de la limite, qui est centrale chez ces patients : la notion de choix est ardue pour les personnalités borderline. Cet ouvrage dresse un panorama des connaissances théoriques et cliniques autour de la pathologie des limites du Moi.

    Vincent Estellon est maître de conférences à l'Université Paris-Descartes. Psychologue clinicien, il est membre du Laboratoire LPCP de l'Université Paris-Descartes (EA 4056).

  • S'appuyant sur une longue tradition iconographique et sur des mythes ou des poèmes à la gloire de l'amour physique, les deux auteurs - écrivain et graveur - illustrent dans toute leur variété les postures du couple enlacé. Conjuguant la puissance érotique des images et celle des mots, ils proposent au public libertin un livre qui, sous l'apparence d'un traité d'éducation sexuelle, multiplie les plaisirs : jouissance du voyeur, admiration de corps beaux et sensuels, séductions de la poésie.
    Le livre reproduit ici en fac-similé date de la fin du XVIIIe siècle ; il se répartit en vingt chapitres, dont chacun, par un texte succinct et une estampe en pleine page, présente une posture, illustrée par un couple de divinités mythologiques ou de personnages légendaires bien musclés. Les estampes déploient en vingt variations la grande diversité de la gymnastique sexuelle et montrent, sans rien voiler, des couples qui s'embrassent dans un beau décor - un paysage ou, parfois, un intérieur.
    L'introduction de Jan Blanc, historien de l'art, situe les textes et les illustrations dans la tradition de la littérature et de l'iconographie érotiques. Elle analyse, par un biais historique, esthétique et littéraire, la puissance performative des images, le sens qu'elles donnent à l'accouplement - un hymne à la vitalité de la nature - et les différents modes de plaisir qu'elles suscitent.

  • Trois contes étranges

    Song Ling Pu

    Le coffret contient : Le fac-similé d'un manuscrit du début du XIXe siècle conservé dans les collections de la Fondation Martin Bodmer.
    Ce document inédit, de toute beauté, recèle trois contes extraits de l'une des oeuvres les plus importantes de la littérature chinoise, les Notes de l'étrange de Liaozhai de Pu Songling. Il est présenté dans sa reliure originale, " pliée à sûtras " sous la forme d'un accordéon, se déployant pour nous dévoiler les virtuosités de la calligraphie et de la peinture orientales, d'un raffinement extrême.
    Un livret d'accompagnement proposé par Rainier Lanselle, maître de conférences à l'Université Paris Diderot et psychanalyste, qui retrace la genèse des Notes de l'étrange de Liaozhai et donne une traduction intégrale des trois contes présentés ici : Le Fou des Livres, Le Grand-Saint Égal du Ciel, Le Dieu Grenouille.

  • Le Mortifiement de Vaine Plaisance, " la mortification du plaisir vain " : titre austère, qui s'accorde mal avec l'idée qu'on se fait du " bon roi René " (1409-1480).
    Une vie où les épreuves n'ont pas manqué et une dévotion profonde expliquent pourtant qu'il ait composé en 1455 cet âpre et saisissant traité de spiritualité entre le Livre des Tournois et le Livre du Coeur d'Amour Épris. Mais plus encore qu'un écrivain, René est un protecteur passionné des arts, au goût éclairé et sûr. Il veille avec soin à la réalisation des manuscrits somptueux qui conservent ses ouvrages et confie leur illustration aux peintres les plus doués et les plus novateurs de son temps.
    Le plus remarquable, le génial " Maître du Coeur ", identifié aujourd'hui à Barthélémy d'Eyck, a inspiré les miniatures de plusieurs copies du Mort f eurent, en particulier celles de l'admirable manuscrit de la collection Bodmer, qui ont sans doute été exécutées par Jean Colombe.

  • Et si apprendre à mourir n'était finalement qu'un art de bien vivre ? Reprenant l'image du tournoi pour dire la rencontre avec la mort, Olivier de La Marche raconte avec humour l'affrontement de l'homme contre les chevaliers Accident et Maladie.
    Le poème du capitaine de la garde de Charles le Téméraire est aussi le récit des splendeurs et de la fin de la maison de Bourgogne. Il dessine un panorama de l'Europe médiévale. Le volume offre les fac-similés de trois documents exceptionnels : il réunit un manuscrit d'origine flamande et deux versions imprimées du vivant de l'auteur : la rarissime première édition publiée pour Antoine Vérard à Paris et l'unique témoin de la seconde édition publiée à Gouda.

  • L'Ane, les Lapins, la Souris, le Crapaud. Sur le motif, Jules Renard a guetté patiemment ses proies. De sa plume alerte, il a épinglé grandes et petites bêtes dans leur environnement en des raccourcis pleins d'humour. Ses Histoires naturelles sont déjà célèbres quand un florilège en est publié dans une édition de luxe en 1899, illustrée de vingt-deux lithographies par Henri de Toulouse-Lautrec. Tiré à l'époque à cent exemplaires, très recherché depuis, ce bestiaire réunit l'auteur de Poil de Carotte et le portraitiste de La Goulue, qui s'admiraient réciproquement. C'est le chef-d'oeuvre de deux chasseurs d'images tour à tour ironiques et tendres, toujours vrais, qui rivalisent d'acuité dans le trait. L'exemplaire reproduit en fac-similé est aussi unique que prestigieux. L'écrivain l'avait dédicacé à son ami Lucien Guitry, qui appréciait les Histoires naturelles au point de les déclamer en public. Au fil des pages, en hommage au grand comédien, Renard a ajouté de sa main de nouvelles scènes cocasses d'animaux et même de végétaux, la plupart dialoguées. Sacha Guitry conserva jalousement ce précieux cadeau offert à son père. Le voici aujourd'hui accessible, restitué dans sa fraîcheur originale. Dans Passages d'encre (Gallimard, 2008), Édouard Graham a notamment étudié, sur des éditions originales, la pratique de la dédicace d'exemplaire entre grands écrivains français.

  • Epître d'Othéa

    Christine de Pizan

    Sans doute à Bruges, vers 1460, un copiste et un enlumineur réalisent pour Antoine, Grand Bâtard de Bourgogne, bibliophile passionné comme son père Philippe le Bon, une magnifique version d'un texte écrit soixante ans plus tôt par une femme - la première femme écrivain professionnel en France. Ce texte, intitulé "Épître d'Othéa", est une lettre adressée à un jeune chevalier de quinze ans, Hector de Troie, pour lui enseigner son métier et ses devoirs moraux et spirituels (Othéa est la déesse Prudence, derrière laquelle se cache l'auteur). Il s'agit de cent histoires de Troie, histoires qui, selon la forme moyenâgeuse, comportent à la fois récit et images. Il constitue ainsi un miroir des princes tout autant qu'un dictionnaire de mythologie. L'ouvrage représente un ensemble exceptionnel de textes et de miniatures qui fixent dans la mémoire les souvenirs de la fable antique et de l'enseignement chrétien.
    Une très complète introduction de Jacqueline Cerquiglini-Toulet (professeur de Littérature française médiévale à la Sorbonne - Paris IV, membre de l'Institut universitaire de France) présente à la fois l'auteur et cette oeuvre.

  • Turpitudes sociales

    Camille Pissarro

    Pissarro partage avec l'avant-garde littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle l'esprit de pitié, de générosité et de révolte sociales - la mal- pensance, pour l'époque.
    Il n'en laisse passer que de discrètes traces dans ses paysages, ruraux et urbains. Mais en novembre-décembre 1889, dans le secret, il compose vingt-huit dessins à la plume sur le thème du malheur des pauvres et de la cupidité indifférente des nantis : Turpitudes sociales. Restés inconnus jusqu'en 1972 conservés à Genève dans la collection Jean Bonna, ils sont publiés aujourd'hui pour la première fois en France, avec une introduction d'Henri Mitterand.
    Lecteur de Kropotkine et de Jean Grave, ami de Mirbeau et de Fénéon, Pissarro se fait ici le continuateur de Daumier et se rapproche de Steinlen, Vallotton, Luce, comme du Zola de L'Assommoir. Pour autant, il accorde avec cette inspiration populiste et pamphlétaire la virtuosité de ses traits, de ses variations optiques et de ses effets d'éclairage, dans le souci absolu de sa liberté d'artiste. "Y a-t-il un art anarchiste ? Oui ? Décidément, ils ne comprennent pas.
    Tous les arts sont anarchistes - quand c'est beau et bien ! Voilà ce que j'en pense".

  • Le « Premier Livre simultané », dont voici le fac-similé, est l'histoire d'un adolescent qui se hisse à bord d'un poème illuminé par les sept couleurs de l'arc-en-ciel, en partance pour le multiple voyage de sa mémoire vers l'âge d'homme.
    On monte avec lui dans son transsibérien pour suivre son devenir à travers les tourments terrestres et les interrogations de l'âme. Blaise Cendrars adresse cette invitation à chaque lecteur: À toi, « ...ce livre qui tient à tout mon être ». L'Introduction de Miriam Cendrars évoque la réception mouvementée de l'oeuvre originale, témoin d'un turbulent renouveau des arts. Après la vision « simultanée » des paroles de Cendrars dans leur particulière typographie, alliées aux couleurs qu'elles inspirent à Sonia Delaunay (1913), on lira la version de 1919, également reproduite ici, qui, « dédiée aux musiciens », appelle à tendre l'oreille aux sonorités, aux cadences et aux vibrations de la voix intérieure du poète.

  • Dans la conversion des Indiens du Mexique au XVIe siècle, les franciscains notamment encouragèrent les peintres indigènes à traduire en images l'essentiel de la doctrine chrétienne.
    C'est ainsi que sont nés les catéchismes pictographiques - de véritables bandes dessinées. Ce livre reproduit pour la première fois l'un d'eux. Les principaux thèmes de la foi y sont illustrés sans que l'auteur ou les auteurs aient introduit la moindre glose écrite. Les pictogrammes s'ordonnent selon leur propre logique, modifiant le contenu des textes de référence, introduisant subtilement des éléments des anciennes religions païennes pour donner sens au dogme chrétien, ou encore révélant les rapports de domination instaurés par la nouvelle religion.
    Le déchiffrement de cette " énigme " chrétienne, qui cherche par tous les moyens à expliquer l'inexplicable - la Trinité, la Résurrection, le Dieu-homme, la Virginité de Marie -, passe par le dévoilement des codes picturaux. Le petit lexique pictographique et la traduction littérale du contenu de la doctrine permettront au lecteur d'explorer à son tour ce manuscrit.

  • L'histoire de cet objet d'exception se déroule en trois actes.
    Acte i : entre 1916 et 1919, l'écrivain charles ferdinand ramuz adapte en langue française huit oeuvres d'igor strawinsky inspirées par des poésies populaires russes, en étroite collaboration avec le compositeur lors de son séjour en suisse. destinées au chant, ces adaptations sont éditées dans les partitions de musique, sous le texte original russe. acte ii : les adaptations de ramuz sont rassemblées en 1943, à l'instigation de richard heyd, qui reprenait alors à neuchâtel la direction des jeunes editions ides et calendes.
    Un beau livre en résulte, dont le charme doit beaucoup à ses illustrations. en effet, si les textes se trouvent séparés de la musique qui en a dicté la forme, ils sont en revanche accompagnés en belle page par des dessins de théodore strawinsky, le fils du compositeur, aquarellés individuellement par l'artiste dans chaque exemplaire du livre. acte iii : tous les documents originaux ayant servi à l'établissement de l'ouvrage de 1943 (manuscrit de l'écrivain, études préparatoires et dessins aquarellés du peintre) sont reliés par la suite avec une partition autographe d'igor strawinsky de 1949 et la première version, inédite, de la préface de ramuz.
    Dans cet exemplaire unique, les manuscrits de ramuz apparaissent dans l'ordre où ils ont été publiés en 1943, les dessins de théodore strawinsky étant rassemblés à la fin du recueil. c'est cet objet exceptionnel que l'on découvre ici.

  • Né à Grenoble en 1780, Joseph Laporte sert comme sous-officier de 1798 à 1801 dans le 1er bataillon de la 69e demi-brigade. Fait remarquable, il décide de tenir un Journal, illustré de sa main, où il retrace fidèlement la prise de Malte, le débarquement en Egypte, l'assaut d'Alexandrie, la bataille des pyramides, l'entrée au Caire, le combat naval d'Aboukir, la campagne de Syrie, le siège de Saint-Jean-d'Acre... II y observe scrupuleusement les faits (l'assassinat de Kléber au Caire, ou encore le commandement du général Menou et livre au quotidien de saisissantes considérations d'ordre géographique, économique et ethnique. Cet " homme jeune, sans préjugés, plutôt naïf mais d'une vivacité d'esprit et d'une curiosité qui constituent le principal attrait de sa relation ", comme le souligne Jean Tulard dans la Préface, est donc l'auteur inattendu d'un document unique, jamais publié jusqu'à la présente édition, dont l'intérêt historique et anecdotique est augmenté par 34 dessins coloriés de sa main.

  • Ce livre s'inscrit sur fond d'humour noir. Ambroise Paré (env. 1510 -1590) est un jeune chirurgien et autour de lui, la guerre sévit. Une nouveauté désastreuse, les armes à feu, empire encore les souffrances des blessés. Il faut donc, par humanité, inventer des instruments et improviser des soins que les Anciens (et pour cause) ne connaissaient pas ! Les ravages de l'artillerie offriront donc à Paré un laboratoire expérimental unique et à la médecine, l'occasion d'un progrès décisif.
    L'audace est double. La médecine est alors une science livresque, réservée aux savants de cabinet. Paré met les mains dans le sang et la sanie ; descendu sur le terrain, il revendique la nécessité de l'observation, la dignité de l'expérience et de la technique. Second défi : les traités médicaux, destinés à l'élite cultivée, se publiaient alors en latin. Paré ose vulgariser son savoir : il écrit en français et facilite encore la lecture par quarante-trois gravures, ici coloriées. La chirurgie moderne, à ses premiers balbutiements, ne commence pas trop mal : s'inventant pour sauver des vies, s'écrivant pour être partagée.

  • Danse macabre

    Collectif

    Tous, bons et méchants, jeunes et vieux, chrétiens et mécréants, étaient attachés à la vie.
    Vienne la mort qui n'en épargne aucun, et les voilà mués en squelettes, entraînés dans une sarabande macabre. Cette danse des morts de la fin du XVe siècle, magnifiquement illustrée, est un des plus beaux livres suscités, au début de l'ère de l'imprimerie, par une mode qui touche alors toute l'Europe. Le texte allemand de l'original, traduit pour la première fois en français, est précédé d'une introduction qui place le phénomène de la danse macabre dans son contexte social et historique et reconstitue les grandes étapes de son essor international.

  • Lors de la Pâque juive, la famille se réunit autour d'une table pour un repas traditionnel, qui commémore la sortie d'Egypte et la libération du peuple hébreu, soustrait à l'esclavage.
    La Haggadah de Pessah réunit les textes liturgiques et commente les rites qui scandent la cérémonie. Le manuscrit reproduit ici a été réalisé par un scribe enlumineur hautement réputé du XVe siècle, Joël ben Siméon, dont les ateliers, tant en pays germanique qu'en Italie du Nord, sont connus pour la qualité exceptionnelle de leur production. On suivra les différentes étapes de la célébration en contemplant les somptueuses illustrations de ce livre, témoin d'un moment clé dans l'histoire de la culture juive.

  • Ce livre nous invite à pénétrer dans l'atelier de Jorge Luis Borges.
    Pour la première fois dans l'histoire de l'édition sont publiés en fac-similé les manuscrits autographes de deux de ses nouvelles, «Tlön, Uqbar, Orbis Tertius » (1940) et «El Sur » («Le Sud», 1953), accompagnés de leur transcription en espagnol et d'une traduction française. Une longue introduction expose les liens étroits entre ces deux textes capitaux, le premier et le dernier du recueil Ficciones, et tente de suivre, dans le labyrinthe des variantes, des arborescences et des bifurcations, le processus même de la création borgésienne.

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