Pu De Rennes

  • Une double enquête menée à la fois sur la France et sur l'Angleterre qui apporte un éclairage comparé et contrasté sur la question du paysage trop souvent envisagée sous le seul angle "national". On y entend les voix des peintres paysagistes, des collectionneurs et des amateurs, avec leurs mots pour "dire" le paysage. Si Augustin Berque inclut le critère linguistique pour déterminer le degré de maturité d'une civilisation paysagère, c'est parce que les discours, tout autant que la pratique, - échanges et correspondances entre artistes - articulent une théorie du paysage. L'examen de la terminologie et de l'écriture permet d'évaluer la pertinence de catégories comme celles de "paysage historique" ou de "pittoresque". À ceci s'ajoute une perspective croisée de divers "paysageurs", praticiens, auteurs et créateurs de tableaux, de jardins, de poèmes, de guides ou de théorie picturale. Le livre offre une vision holistique de la culture paysagère franco-britannique.

  • La Bretagne, riche d'un patrimoine très varié, est traditionnellement réputée pauvre en décors peints monumentaux. Toutefois, le présent ouvrage vient largement déjouer cette idée reçue auprès du public. Depuis quelques décennies, les peintures monumentales, que ce soient les peintures murales ou bien celles sur support de bois tels que les lambris peints, ont peu à peu été dévoilées au gré des recherches et des chantiers de restauration, depuis des décors disparus seulement documentés par les archives jusqu'à la mise au jour et l'étude de vastes cycles peints.
    A travers les contributions de professionnels issus d'horizons divers - chercheurs, historiens, conservateurs, restaurateurs-, le présent ouvrage, richement illustré, témoigne de la large palette iconographique, chronologique, technologique et stylistique des décors peints en Bretagne du Moyen Age au XXIe siècle. Cette publication porte à la connaissance aussi bien des passionnés du patrimoine breton que des scientifiques les peintures monumentales récemment mises en lumière, mais donne aussi l'état actuel de la recherche sur les décors déjà connus.
    Cet ouvrage invite désormais à regarder les peintures monumentales de Bretagne d'un oeil plus éclairé pour mieux les faire sortir de l'ombre et poursuivre les découvertes et redécouvertes.

  • Nantes révolutionnaire : ruptures et continuités (1770-1830) Nouv.

    Souvent considérées comme une période de rupture radicale, la Révolution et les années qui la précèdent portent en germes des formes qui se développent dans les trente années suivantes. Par bien des aspects, une forte continuité existe des années 1770 aux années 1830, et Nantes en constitue un exemple révélateur comme le montrent les contributions rassemblées dans le recueil.

    Celui-ci souligne cette permanence tant sociale qu'artistique et culturelle en s'intéressant à différents groupes pour révéler la continuité de pratiques sociales dans un temps de ruptures politiques et de transformations d'usages qui assurent le renouvellement de l'image de Nantes. Les oeuvres d'architectes et d'ingénieurs attestent d'une continuité formelle tangible comme le montrent les textes sur Nantes et sur d'autres villes comparées à la cité ligérienne. Les dernières contributions, liant les arts et la société, portent essentiellement sur les transformations à l'oeuvre dans deux domaines : la religion et le théâtre.

    A l'aide d'exemples précis, il se dégage ainsi un certain nombre de conclusions sur la simultanéité des mutations d'un territoire et la permanence des phénomènes que l'on y observe, rendant dès lors moins tranchante la césure révolutionnaire au regard des continuités qui la bordent.

  • Examiner dans le rapport à l'art et à la nature la construction du paysage, la façon dont il se façonne et dont il façonne le regardeur : tel est un des objets majeurs du présent ouvrage. C'est la question du rapport à la nature, dans la pratique des peintres et des artistes contemporains, qui est posée. Ce volume se situe dans un courant d'études sur le paysage à la jonction entre plusieurs disciplines - histoire de l'art, esthétique et philosophie - dont le fil d'Arianne est le regard : celui de l'artiste, celui du commanditaire et celui du spectateur.

    Avec le soutien des associations AEPHAE et ACC, Marseille.

  • Quand et comment les images sont-elles entrées dans la maison ? Quel était leur rôle dans la vie de tous les jours ? Comment cette histoire rencontre-t-elle notre présent que l'on dit saturé d'images ? De la fin du Moyen Âge aux réseaux sociaux numériques, les images ont été profondément "domestiquées". Présentes dans les palais et les églises, elles sont entrées progressivement dans les maisons des villes et des campagnes. La diversité de ces images est telle que notre perception de l'époque s'en trouve bouleversée. Certaines protègent les lieux, d'autres servent d'aide-mémoire ou de support à la prière, la plupart des décors sont des signes de prestige. La demeure devient une extension du soi individuel et collectif.

    Alternant essais et études de cas abondamment illustrées, les auteurs proposent un premier jalon d'une histoire sociale et intime des images, en s'attachant aux décors et aux signes qui - présentés ici de l'extérieur vers l'intérieur - exprimaient la culture et l'identité des habitants mais aussi des familles et des réseaux de connaissance. L'histoire de la personne et l'histoire des images trouvent dans la maison un lieu de rencontre plein de surprises. Vue depuis notre XXIe siècle dit "connecté", c'est incontestablement à la fin du Moyen Âge qu'a commencé notre cohabitation avec les images.

  • À l'âge de la Contre-Réforme, le catholicisme néerlandais a su inspirer des oeuvres spécifiques et originales qui permettent de renouveler l'histoire de la peinture religieuse en Hollande au XVIIe siècle, mais aussi celle, moins attendue, du portrait, du paysage et des scènes de la vie quotidienne.

    Comment, en terre réformée, les convictions religieuses des Catholiques ont pu trouver une forme d'expression dans la peinture ? Existe-il des tableaux manifestes de la foi catholique ? En quelle mesure les oeuvres incarnent-elles aussi une sensibilité nouvelle pour la peinture, dans un contexte où le rapport à l'art est de plus en plus sécularisé ?

    Cette vision nouvelle du Siècle d'Or hollandais repose sur une meilleure compréhension des rapports entre sentiments religieux et pratiques artistiques. L'oeuvre de certains peintres, tels qu'Abraham Bloemaert ou Johannes Vermeer, présente des traces d'engagement confessionnel, mais les manières, les talents et les conditions de la production artistique en Hollande sont déterminants.

    À travers l'étude des oeuvres, de leur mise en contexte et de leur réception, il est dès lors possible de reconstituer les sentiments d'appartenance à la confession catholique qui sous-tendent les commandes ou la perception des oeuvres et d'esquisser les contours d'une peinture catholique en pays de mission.

  • La Gloire de Dieu (kavôd, doxa, gloria) c'est en premier lieu le poids et la réputation d'un être dont les qualités supérieures suscitent, en retour, la glorification : rendre Gloire, par les louanges, les chants, les cérémonies, mais aussi par la création artistique. Entre architecture, sculpture mais parfois aussi peinture, entre image et décor, entre anthropomorphisme et symbolisme, entre matérialité, monumentalité, sur-visibilité et expansion lumineuse dématérialisée, la Gloire ne se laisse cependant guère aisément appréhender.
    Où est véritablement " l'uvre " dans le continuum spatial indéterminé, composite et en extension continue qui caractérise la Gloire ? Comment percevoir de façon adéquate ce qui joue entre focalisation, dispersion de l'attention visuelle et éblouissement recherché ? De qui ou de quoi (personnes divines, saints, reliques, croix, eucharistie), ces dispositifs expriment-ils la Gloire ou sont-ils la glorification ? En quoi, dans le contexte militant de la Contre-Réforme, la Gloire peut-elle être conçue comme une solution représentative adéquate, et légitime, pour exprimer Dieu ? Cette étude est centrée avant tout sur Rome, Paris et plusieurs exemples qui subsistent en France.
    Conjuguant analyse détaillée des uvres, prise en compte des conditions concrètes de leur perception et réception, attention aux textes théologiques, spirituels et dévotionnels, cet ouvrage nous permet d'accéder à ce qui est un " objet de civilisation " majeur de l'Europe moderne.

  • À une époque où la figure du vieil artiste ne fait désormais plus exception mais est en passe de devenir la norme, ce livre réinterroge l'archétype romantique du génie du grand âge depuis la Renaissance jusqu'au XXIe siècle, en le mettant à l'épreuve des différents médiums de la création artistique, par un dialogue entre les arts visuels, la musique, l'architecture et la littérature. La validité herméneutique de la notion de style tardif, qui participe à l'héroïsation des oeuvres ultimes conditionnées par le déclin physique et l'urgence de la fin, est analysée en fonction des données biographiques, du contexte culturel et social, de la réception contemporaine et postérieure, afin d'appréhender sous un nouveau jour l'incidence de la biographie sur l'oeuvre.

  • L'ouvrage explore le paysage photographique des origines (vers 1850) à nos jours, des paysages des frères Bisson aux artistes actuels comme Walter Niedermayr, Jean-Marc Bustamante ou Eric Bourret. Il déploie la triple thèse suivante : 1) le paysage photographique achève ou accomplit l'ensemble du genre du paysage tel que la peinture l'a inventé à la Renaissance ; 2) en l'accomplissant, le paysage photographique se libère de la tradition paysagère elle-même et ouvre au paysage un champ indéterminé d'inventions presque infinies dont les études rassemblées ici explicitent quelques-unes des possibilités ; 3) cette continuité et cette rupture créent ainsi un paysage "sans qualité" selon l'expression de Robert Musil, paysage dont la polymorphie alimente les autres arts et la créativité de l'art contemporain. Voilà pourquoi le livre dessine un parcours permettant d'articuler - c'est son originalité - invention du paysage pictural, invention du paysage photographique et inventions photographiques du paysage.
    L'ouvrage fondamentalement pluridisciplinaire entend se plier à la logique photographique elle-même qui permet d'engendrer de nouvelles images non picturales, des images machinées, non métaphoriques, profondément documentaires, et dont la reproductibilité permet un archivage du réel, une exploration de nouveaux territoires naturels ou urbains, la multiplication infinie de points de vue sur eux.

  • Carlo Crivelli (v. 1435- v. 1495) est un peintre vénitien, marginal et virtuose, au style puissant, étrange et inclassable, qui a longtemps suscité l'embarras des historiens de l'art. Ce livre entend lui rendre la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art du Quattrocento : une époque où le Moyen Âge se paganise, où la spiritualité s'exprime par le luxe, le divin se manifeste de manière sensible, la peinture fait l'objet d'un culte, les saints, les artistes et les guerriers rivalisent de charisme.

    Avec le soutien de la Fondation Khôra - Institut de France et de la Villa Arson, Nice.

  • Modèle éloquent de la vogue éclectique du Second Empire, le château d'Abbadia au pays Basque surprend par l'association de sources d'inspiration tantôt conformistes tantôt singulières, où s'entremêlent les charmes de l'Orient, la rêverie du Moyen Âge, l'esprit scientifique, une pratique austère du catholicisme et une passion intense pour l'Éthiopie. Cette oeuvre d'art est due à l'implication quasiment viscérale de ses commanditaires, l'explorateur savant Antoine d'Abbadie et son épouse Virginie. Elle doit également beaucoup à Eugène-E. Viollet-le-Duc, Edmond Duthoit et au paysagiste Eugène Bühler.

  • De 1878 à 1920, la photographie ne cesse de se populariser tandis que la carte postale matérialise l'esprit de modernité des années 1900. Dans ce livre, Benjamin Caillaud interroge l'objet carte postale depuis le point de vue de l'historien. Avec près de 600 clichés reproduits, cet ouvrage dévoile la sensibilité et l'intelligence créatrice du photographe Fernand Braun tout en questionnant l'identité contemporaine des deux Charentes : attractivité du littoral, importance du tourisme et du patrimoine, école publique et laïcité, progrès social et vie démocratique.

    Avec le soutien de l'université de La Rochelle.

  • Depuis près de trente ans, François Lissarrague, directeur d'études à l'EHESS, a développé une approche originale d'interprétation des images grecques, inspirée par l'anthropologie historique. La Cité des regards, production collective de ses élèves, entend montrer la richesse et la fécondité de cette démarche, en rendant hommage aux enseignements qu'il a dispensés au cours de ces années.

    Les articles proposent des éclairages novateurs sur la céramique grecque antique, à travers l'analyse d'aspects aussi variés que la représentation des rituels, des personnages mythologiques, des animaux ou des objets. Les auteurs interrogent également les jeux de miroirs que les images entretiennent entre elles et les liens, parfois ténus, qu'elles établissent avec leur support. De l'intérêt pour les dessins ou les gravures réalisées pour étudier les vases grecs au XIXe siècle, aux logiques internes des images, du fragment aux détails iconographiques, les études rassemblées ici entendent donner de nouvelles clés d'interprétation sur les images antiques et, en regard, sur la société qui les a produites.

  • Résultat de plusieurs années de travail menées entre France, Italie et États-Unis, ce livre jette un regard nouveau sur Claude d'Urfé et sur la chapelle qu'il fait édifier et décorer dans la Bâtie, la demeure de ses ancêtres qu'il érige en château de la Renaissance, mêlant modèles français et italiens. Désignée au XVIIe siècle comme un "sacellum mirabile", c'est-à-dire comme une "petite église qui suscite l'admiration", la chapelle d'Urfé a été imaginée comme un écrin précieux, dans lequel le maître des lieux condense les symboles de son microcosme d'humaniste, de chrétien et de serviteur fidèle de la couronne. Mais, en 1874, la chapelle est démantelée. Privé des oeuvres d'art qui l'enjolivaient et qui depuis n'ont été réintégrées qu'en partie seulement, le sacellum n'est plus que l'ombre de lui-même. Cet ouvrage rend compte de sa splendeur Renaissance, notamment par une reconstitution virtuelle en 3D de la chapelle telle qu'elle se présentait au moment de sa consécration, enregistrée sur un DVD.

    Avec des contributions de Guillaume Alonge, Isabelle Balsamo, Jean-Pierre Barjon, Pierre Barjon, Isabelle Baudoin, Agnès Bos, Elena Bugini, Luisa Capodieci, Olivier Christin, Rosa De Marco, Charles-Yvan Élissèche, Aurélie Gerbier, Antonio Geremicca, Jean-François Grange Chavanis, Manuel Lalanne, Maud Lejeune, Philippe Morel, Tommaso Mozzati, Roberto Pancheri, Vanessa Selbach, Jean Sénié et Cécile Tomezak.

  • Issu d'une thèse en histoire de l'art et de l'architecture, ce récit interroge le parcours de l'architecte alsacien Charles-Gustave Stoskopf (1907-2004), deuxième second grand prix de Rome en 1933, en se fondant principalement sur le dépouillement de ses fonds d'archives d'agences. Cet acteur de la scène professionnelle des Trente Glorieuses entame sa carrière en 1945 dans le cadre de la Reconstruction, où il a la charge de rebâtir des villages détruits autour de Colmar, puis devient, dans les années 1950, le maître d'oeuvre de plusieurs grands ensembles en Alsace et en région parisienne, dont le grand ensemble de l'Esplanade à Strasbourg et celui de Créteil. Afin d'éclairer cet itinéraire sont explorées tour à tour la biographie de l'architecte dans ses multiples aspects, les réalisations significatives et, enfin, des dimensions transversales caractérisant cette production considérable. Celle-ci révèle plusieurs registres d'expression, marqués par la permanence d'un vocabulaire académique et d'un héritage alsacien constamment revendiqué et réinventé. Elle agrège également des influences diverses lui permettant de répondre aux commandes inédites de cette période de modernisation et de forte croissance. L'ouvrage vient ainsi combler un vide historiographique en restituant la biographie de cette figure majeure de la période, à l'origine de la construction de plus de 45 000 logements en France dans des conditions de production inédites.

  • Les Alpes du nord représentent un paradoxe dans le monachisme médiéval. Elles constituent un lieu privilégié de son développement depuis ses débuts en Gaule, avec des exemples illustres et fondateurs comme à Saint-Maurice d'Agaune dès le VIe siècle. Il faut cependant attendre près de six siècles, pour assister à une nouvelle installation d'importance avec celle de la Chartreuse de saint Bruno (1084). Jusqu'à ce renouveau, les monastères sont peu présents dans les Alpes du nord où, de plus, le monachisme féminin y est longtemps très faible, sinon absent. Les disparités sont également très grandes entre des espaces délaissés par la vie régulière et d'autres où les fondations rivalisent. Ces contrastes répondent au contexte particulier lié à la diversité des reliefs qui commande le réseau des voies franchissant les massifs, axes supra régionaux majeurs à l'échelle de la chrétienté à travers les grandes cluses qui mènent à Rome. Le monachisme des Alpes du nord fluctue donc au gré de la fortune de ces routes et de leurs maîtres.

  • Dans les années 1820 et 1830, Paris est le foyer d'une intense vie culturelle et de nombreux échanges s'opèrent avec les régions, notamment l'Anjou. Ce volume en présente les groupes constitués (salons, cénacles, sociétés) et montre la circulation des artistes et des animateurs de ces milieux. Autour de personnalités (David le sculpteur républicain, Malibran la diva, etc.) gravitent en effet des personnes de différents horizons qui notent ou dessinent, se retrouvent ou s'écrivent pour échanger leurs idées et leur vision du monde.

  • Pratique complexe dans ses dimensions sociales et artistiques, le wayang golek est proclamé en 2003 Chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'Unesco. Cet ouvrage décrit et discute le passage d'un patrimoine familial à un patrimoine commun, national, mondial. L'analyse anthropologique mêle ainsi l'étude des politiques culturelles au sein des jeux d'espaces de ces différentes échelles, l'examen de concepts globaux et la réalité ethnographique du wayang golek.

  • 31 décembre 1940. Une loi fonde l'ordre des architectes en France et réglemente pour la première fois 1 accès à la profession et le port du titre d'architecte. Désormais, la pratique relève obligatoirement du mode d'exercice et des valeurs libérales. Plusieurs siècles ont été nécessaires aux architectes pour se faire reconnaître comme un corps de professionnels possédant un savoir spécifique, justifiant ainsi leur demande du monopole de l'architecture. Si les acteurs et les grands enjeux de ce processus sont connus, quels sont les rapports exacts entre la grande histoire de l'institutionnalisation de la profession, la définition de ses règles d'activité et les manières concrètes d'exercer et de travailler de ses membres ?

    A travers le prisme des structures de travail et des lieux d'exercice des architectes, ce livre met en évidence les vicissitudes de la profession, de la chute de l'Académie royale d'architecture à la Révolution française, jusqu'aux années 1940. Il raconte les obstacles, les contraintes et les incertitudes d'un métier qui se construit : un cadre de travail d'abord public et évoluant vers le privé, un partage des rôles entre la maîtrise d'oeuvre et la maîtrise d'ouvrage, une position ambiguë entre la réalité du travail collectif et l'image d'un artiste-auteur unique, une revendication de sa singularité face aux ingénieurs et aux entrepreneurs. Perpétuellement en tension, la profession tente d'affirmer son autonomie face aux contraintes sociales, politiques et économiques de la commande mais aussi contre les tentatives d'assujettissement par l'Etat, les maîtres d'ouvrage de la Révolution industrielle ou encore l'Ecole des beaux-arts.

    Par l'analyse de documents originaux (archives de maîtres d'oeuvre et d'ouvrage, publics et privés) et de la presse professionnelle, cet ouvrage interroge le choix unique de l'exercice libéral par un groupe professionnel aux pratiques déjà multiples. Ainsi s'éclaire de façon inédite l'histoire, riche en rebondissements et parfois en contradictions, d'une profession qui continue de s'interroger sur ses missions et ses cadres d'exercice.

  • Cet ouvrage entend étudier l'artiste et l'objet, trop souvent considérés comme antinomiques dans les arts décoratifs. En effet, l'artiste incarne l'Art qui s'exprime dans une oeuvre unique tandis que l'objet renvoie à une forme produite en plusieurs exemplaires, souvent dotée d'une fonction utilitaire. Pourtant, du XVIIIe au début du XXe siècle, des artistes sont à l'oeuvre pour imaginer de nouvelles formes ou transmettre des décors déjà connus. Les modalités de collaboration des artistes avec les manufactures et les entreprises connaissent alors de profondes mutations.

  • Cet ouvrage fait le bilan des connaissances dans le domaine des arts du Vietnam, depuis les périodes anciennes jusqu'à aujourd'hui. Il réunit des spécialistes vietnamiens, japonais, français, américains, des chercheurs, conservateurs, collectionneurs de différentes disciplines, périodes et domaines de création. Il inclut les cultures matérielles anciennes, les arts visuels et les arts plastiques contemporains.

    Avec le soutien de l'Institut français, la région Ile-de-France, la ville de Paris, le conseil scientifique de l'université Paris-Sorbonne et le CREOPS (EA 2565).

  • Se basant sur un corpus archivistique conséquent et sur les oeuvres conservées, cet ouvrage s'attache aux protagonistes de la peinture à Lyon entre le début de règne de Louis XI et la Grande Rebeyne de 1529. Il explore le contexte de la pratique picturale (atelier, formation), les commanditaires et les oeuvres, et enfin les fêtes, qui ont grandement sollicité les peintres. Afin de mettre en lumière cette époque, qui n'est pas qu'un prélude à une Renaissance prospère, cette étude dresse ainsi le portrait d'une communauté artistique particulière.

  • Aux confins de trois principautés territoriales, Normandie, Maine et Bretagne, l'abbaye de Savigny est le seul chef d'ordre monastique fondé en Normandie. Elle se développe en France et dans les îles Britanniques, et en 1147 est incorporée à l'ordre cistercien. À partir de 1173, une nouvelle église sort de terre, en pierre et de dimensions exceptionnelles. Le 1er mai 1243, a lieu la grande fête de la translation des reliques dans le nouvel édifice, une célébration prestigieuse. Les actes du colloque international de Cerisy (2012) reconsidèrent les sources archivistiques par l'étude du cartulaire, le rôle et les réseaux des bienfaiteurs, l'influence de figures abbatiales sur la vie monastique, la vie économique dans les dépendances, le modèle archéologique que présente l'abbaye ainsi que la réforme mauriste du XVIIe siècle. Les reliques des "cinq saints" de Savigny ont fait l'objet d'une étude anthropologique approfondie. Le volume dresse l'état des recherches sur un ordre religieux singulier qui s'inscrit dans le mouvement général de réforme de l'Église médiévale.

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