Littérature traduite

  • L'art de la guerre

    Sun Tzu

    • Pluriel
    • 30 Septembre 2015

    Dans cette traduction accompagnée de commentaires, J. Lévi poursuit un double objectif : littéraire, rendre la concision et la force de l'édition originale, et historique, replacer ce traité (datant du IVe siècle av. J.-C.) dans son contexte à la lumière des dernières études et surtout des nombreux textes découverts récemment dans les fouilles archéologiques.

  • Seul dialogue connu de Jésus avec un représentant de l'autorité romaine, la confrontation de Ponce Pilate avec le Christ est un épisode unique dans le récit chrétien. Jalon majeur du drame de la Crucifixion, il est à l'intersection entre mémoire et histoire. Retraçant les étapes qui ont conduit Jésus à la mort et analysant le contexte historique de la Judée antique, Aldo Schiavone construit un portrait magistral du préfet romain, de sa culture, de son cadre de pensée.
    Et si l'auteur interroge les événements qui ont abouti à la condamnation de celui qui se présentait comme le Fils de Dieu, son propos est bien plus d'explorer les contours d'un face à face, presque un duel, entre deux hommes, entre deux traditions. Il guide alors le lecteur jusqu'aux fondements d'une mémoire qui a nourri et façonné les formes de la pensée occidentale moderne.

  • Renouant avec deux traditions bien antiques - celle des chroniqueurs et celle des itinéraires circulaires -, Giusto Traina propose un tour du monde romain de l'année 428. Les temps changent, imperceptiblement : le crépuscule de l'Antiquité devient l'aube du Moyen Âge.
    428 est une année sans presque autre événement mémorable que la chute du royaume d'Arménie, perdu aux confins d'un Empire romain déclinant. Pourtant, cette année ordinaire est loin d'être une année sans histoire : rien n'est fait, rien n'est joué, tout est en train de se faire. Le paganisme s'étiole avec panache, plusieurs fonctionnaires civils et beaucoup de commandants militaires ont des noms qui quelques années auparavant auraient semblé barbares. Les temps changent, imperceptiblement : le crépuscule de l'Antiquité devient l'aube du Moyen Âge.

    Giusto Traina propose un tour du monde romain en 365 jours, où le lecteur découvre villes, palais, monastères, et surtout, à côté des grands noms comme Saint Augustin, Théodose II, ou le roi des Vandales Genséric, les figures peu banales et hautes en couleur du Sarrasin al-Mundhir, du Copte Chenouté ou encore de l'extraordinaire Galla Placidia, qui fut successivement épouse d'un roi barbare, impératrice d'Occident, et enfin reine mère du jeune Valentinien III.

  • La vie liquide

    Zygmunt Bauman

    • Pluriel
    • 16 Janvier 2013

    La vie liquide est la vie prise dans le flux incessant de la mobilité et de la vitesse. Elle est le triomphe du consumérisme. Tout, y compris l'homme, devient objet de consommation, avec une date de péremption au-delà de laquelle ils deviennent jetables.  Analysant les changements qui affectent l'individu, les nouveaux modes de la célébrité, les transformations de la culture ou encore la promotion de la sécurité comme valeur, l'auteur décrit ainsi la société en voie de liquéfaction avancée et avance des pistes pour imaginer un avenir plus vivable. Zygmunt Bauman est né en Pologne en 1925. Il a enseigné la sociologie à l'université de Leeds, où il est professeur émérite. Sociologue de réputation mondiale il a publié de nombreux ouvrages, dont, dans la collection « Pluriel », Le coût humain de la mondialisation, La vie en miettes, L'amour liquide, La société assiégée.

  • L'auteur évoque dans ce livre le sentiment d'insécurité inspiré par la fragilité des liens humains, ainsi que les désirs conflictuels visant à les resserrer.
    Ce livre aborde la fragilité des liens humains. L'auteur évoque le sentiment d'insécurité inspiré par cette fragilité, ainsi que les désirs conflictuels visant à resserrer les liens. Dans une société mondialisée, prônant notamment la consommation et développant de vastes réseaux de communication, les relations humaines deviennent flexibles plutôt que durables.

  • Temps accéléré, rencontres décousues, engagements momentanés, obsession de la forme, recherche de la sensation vraie, déplacements incessants, rencontre de l'étranger faite dans le tourisme ou la xénophobie, commerce de la violence, surveillance de la vie et toute-puissance technique : voilà ce qui compose notre vie contemporaine décomposée, « en miettes ».
    Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos ? Zygmunt Bauman, influencé par Levinas, place comme repère dans cette vie éclatée l'urgence que fait naître la rencontre d'autrui.
    Un livre étonnamment lucide, démystificateur et, paradoxalement, optimiste.

  • Du temps

    Norbert Elias

    • Pluriel
    • 5 Novembre 2014

    Une histoire universelle du temps et surtout de sa perception et de sa mesure, depuis le temps local et peu contraignant des premières sociétés au temps planétaire d'aujourd'hui.

  • Ecrit au ive siècle av. J.-C., à l'époque des « Royaumes Combattants », dans une Chine en pleine effervescence commerciale et culturelle, L'Art de la guerre n'est pas seulement un traité de stratégie. C'est également, comme le montre Jean Lévi dans ses commentaires, une leçon de sagesse, un art de vivre et une philosophie de l'existence.
    Cette nouvelle traduction de L'Art de la guerre a bénéficié de l'étude de nombreux textes découverts lors de fouilles archéologiques récentes. Elle restitue toute la force
    littéraire et la concision du grand texte classique.

  • Il n'est pas vrai - pas même en temps de crise - que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Nuccio Ordine, universitaire italien spécialiste de la Renaissance, met sa culture au service de la défense des humanités. Dans cet ardent pamphlet, il attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L'Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), il montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l'esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l'art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l'amour et la vérité.

  • Spheres t.1 ; bulles

    Peter Sloterdijk

    • Pluriel
    • 9 Février 2011

    Premier volume de la trilogie intitulée Sphères, destinée à analyser les conditions dans lesquelles l'homme peut rendre le monde habitable, Bulles examine, depuis la relation utérine jusqu'à l'extase mystique, les formes que prend une intériorité aimantée par l'extérieur.
    Ce faisant, il parcourt, de Platon à Lacan, nombre de figures de l'histoire de la philosophie, relues avec une très grande liberté. Toujours en quête de ce que nous avons gagné ou perdu avec la modernité, l'auteur y souligne notre exil hors de l'Un et notre quête d'une nouvelle unité.

  • Se distraire à en mourir

    Neil Postman

    • Pluriel
    • 9 Novembre 2011

    Le livre de Neil Postman est un classique de l'étude de l'impact des médias sur la société.
    Refusant les thèses de la manipulation, il montre que pour l'essentiel les médias agissent moins en fonction des contenus qu'ils transmettent qu'à travers la forme de cette transmission : celle de programmes qui visent essentiellement le divertissement. Rappelant que la construction de l'espace public démocratique fut étroitement liée à la diffusion de l'écrit, il montre comment la concurrence que lui fait le divertissement audiovisuel ruine progressivement cet espace public de discussion au profit d'un espace public voué à la distraction, où tout se vaut.
    Dans le même temps où l'enfance se voit dénier son insouciance et la liberté de s'amuser, les adultes sont traités comme des enfants et priés de se divertir sans rien prendre au sérieux. Ces analyses invitent à réfléchir sur la responsabilité qui est la nôtre dans ce que Michel Rocard, dans sa préface, appelle un combat de civilisation.

  • Sphères t.2 ; globes

    Peter Sloterdijk

    • Pluriel
    • 9 Février 2011

    Dans l'Antiquité, la sphère est la représentation de la perfection de ce qui n'a ni commencement, ni fin, échappe à la corruption du temps, symbolise le divin qui s'offre à la contemplation.
    Depuis les Grecs, la totalisation du monde s'opère sous la forme d'un globe, à la fois vision cosmogonique, projection géométrique et spéculation philosophique, mais aussi représentation physique de la souveraineté et attribut des empereurs, monarques ou papes. Quand s'ouvre le monde, quand la circonférence ne le contient plus et que les hiérarchies sont bouleversées, que devient cette représentation dont nous sommes malgré tout les héritiers ? Suffit-il de la déclarer obsolète pour en être affranchi ? Avec son brio habituel de conteur, Peter Sloterdijk nous entraîne dans un voyage passionnant à travers les civilisations et les époques, au gré de la position qu'y occupe le centre de la sphère.

  • Le principe de ce livre est simple : rendre accessibles et intelligibles les oeuvres des plus grands philosophes de tous les temps. Chaque philosophe y est ainsi considéré à travers une oeuvre majeure de son répertoire, en partant du principe que mieux vaut approfondir un texte plutôt que papillonner autour de plusieurs. Platon, qui inaugure ce volume, est donc décrypté via La République, Marc Aurèle par les Pensées, Machiavel par Le Prince, Spinoza par l'Éthique, Karl Marx par Le Capital, Nietzsche par Ainsi parlait Zarathoustra, Heidegger par Être et Temps, Sartre par L'Être et le Néant, etc.

    Ainsi, à travers trente et un auteurs qui ont traversé les siècles, le lecteur désireux d'appréhender autrement la philosophie aura la possibilité de nouer une relation avec elle dans un langage clair et une atmosphère détendue.

  • Albert Speer (1905-1981), adhérent au parti nazi dès 1931, fut l'architecte en chef du parti nazi et à ce titre concepteur de nombreux bâtiments officiels. En 1942, il fut nommé ministre de l'armement et organisa l'effort de guerre allemand. Condamné à 20 ans de prison à Nuremberg, il a été libéré en 1966. Il est mort à Londres en 1981.Les mémoires d'Albert Speer sont un document exceptionnel à plus d'un titre : témoignage d'un des plus hauts dignitaires nazis, il relate en détail le fonctionnement de l'appareil d'Etat vu de l'intérieur, avec le mélange de rationalité bureaucratique et de soumission à l'arbitraire du chef qui le caractérise. Comment les décisions se prennent-elles, à quel niveau, comment sont-elles appliquées ? Mais c'est aussi l'itinéraire d'un homme brillant, architecte de talent, qui est rapidement séduit personnellement par Hitler et qui va progressivement mettre son intelligence et ses compétences au service de la machine de guerre nazie et d'une idéologie totalitaire. Ce n'est que dans les tous derniers mois du régime que ses yeux se dessillent et qu'il manifeste quelques velléités d'indépendance : il aura auparavant, comme ministre de l'armement, organisé la production d'armes et de munitions avec une efficacité redoutable, n'hésitant pas à mettre en oeuvre le travail forcé des prisonniers de guerre, de ceux des camps de concentration et des recrues du travail obligatoire. Ce livre lucide ne cherche ni à justifier, ni à amoindrir la responsabilité de l'auteur qui affirme : « je n'ai pas seulement voulu raconter, mais aussi comprendre ». Rapportant le nazisme à une perversion de la logique technicienne de notre époque il nous livre aussi une interrogation sur l'énigme de l'aveuglement et de la servitude volontaire.

  • À coup sûr, le zéro n'est pas un chiffre comme un autre. Aussi a-t-il tout naturellement suscité autant les interrogations des mathématiciens que les spéculations des théologiens et des philosophes. Le zéro est puissant parce qu'il triomphe des autres chiffres, rend folles les divisions et est le frère jumeau de l'infini. Les plus vertigineuses questions de la science et de la religion se posent autour du rien et de l'éternité, du vide et de l'infinité. Des débats passionnés et souvent violents autour du zéro ébranlèrent les fondations de la philosophie, de la science, de la religion. De Pythagore à Aristote, qui renièrent son existence, des chrétiens, qui le craignirent, jusqu'aux musulmans, qui le réintroduisirent en Occident, Charles Seife raconte avec clarté l'histoire extraordinairement mouvementée de ce concept qui est aujourd'hui une des clefs de la physique quantique, de la compréhension des trous noirs et de la naissance de l'univers.

  • Aux armes, historiens

    Eric John Hobsbawm

    • Pluriel
    • 10 Septembre 2014

    Dès les premières années du XIXe siècle, la Révolution française a suscité des débats passionnés : quel sens historique fallait-il donner à cet événement politique extraordinaire ? Dans quelle mesure a-t-il transformé le visage de l'Europe ? Quelles en furent les origines intellectuelles, économiques, sociales ? La Révolution avait-elle ouvert un horizon d'émancipation pour la France et les peuples du monde ou, au contraire, annonçait-elle les catastrophes politiques du XXe siècle ?

    Eric J. Hobsbawm est revenu sur toutes les lectures et interprétations qui se sont succédé depuis plus de deux siècles. Il montre que les historiens écrivent l'histoire à l'aune de leur expérience du présent et réaffirme que la Révolution a transformé le monde de façon définitive et qu'elle continuera de le faire évoluer.

  • Comment concilier l'universalité des principes sur lesquels reposent les Constitutions de nos sociétés avec la diversité des identités et avec les tendances centrifuges de la mondialisation, sources de fractures sociales ? Autrement dit : comment intégrer l'autre dans la communauté républicaine, fondée sur l'affirmation de l'égalité des droits et l'égal respect de chacun pour chacun, quand la force des choses conspire à dresser les uns contre les autres ? La pensée de Jürgen Habermas est plus actuelle que jamais. Partisan résolu de l'intégration politique, en Europe notamment, convaincu que l'État-nation a fait son temps, attentif à la diversité culturelle, il défend ici un nouveau républicanisme à vocation mondiale susceptible de conjurer le double écueil du repli nationaliste et de la dilution du corps politique dans le marché mondial.

  • « Le héros de l'histoire qui suit, qui doit donner à sa vie une version symbolique, est l'homme qui lutte avec lui-même et se soucie de sa forme - nous le caractérisons plus précisément comme l'homme éthique. Aucune des théories courantes sur le comportement et l'action n'est en mesure de comprendre l'homme qui s'exerce. Avec un concept de l'exercice fondé sur une large base anthropologique, nous sommes enfin dotés de l'instrument permettant de franchir le fossé entre les phénomènes naturels et culturels. Il y a du nouveau sous le soleil. »

  • La modernisation tardive de la paysannerie française Le livre d'Eugen Weber fit, à l'époque de sa parution, l'effet d'une bombe : contrairement à ce que l'on croyait jusqu'alors, la France rurale était longtemps restée prisonnière de coutumes, de traditions, de cultures routinières et de particularismes locaux. La modernisation de cette France rurale fut très tardive : l'auteur la date des dernières années du XIXe siècle. Ce n'est qu'avec la IIIème République qu'on transforma les paysans en Français, pour reprendre le titre original de ce livre. Dans sa belle préface, Mona Ozouf évoque à son tour cette France rurale qui précéda l'entrée dans la modernité, et que la République, notamment par son école, va bientôt sortir de sa torpeur. Ce livre, devenu un classique, fait revivre un monde disparu celui des ruralités particularistes, d'une vie quotidienne vouée à la répétition, de modes de vie routiniers scandés par d'innombrables rituels, où l'on parle une multiplicité de dialectes et de patois, où les principales distractions sont les veillées et les chansons. Paru en première édition chez Fayard en 1983. Préface inédite de Mona Ozouf

  • Produit de la centralisation monarchique et des révolutions modernes, l'État-nation apparaît aujourd'hui bien mal adapté à l'intégration économique mondiale. Les eurosceptiques, qui en revendiquent l'héritage et affirment sa pérennité, redoutent l'ouverture des frontières et appellent au refus de la mondialisation des échanges. Les eurolibéraux, qui se satisfont d'une Europe du Grand marché, n'ont que faire des structures politiques et se moquent des malheurs de nos Etats nationaux.

    Les fédéralistes, qui revendiquent à la fois l'ouverture des frontières et la formation d'un espace politique intégré à l'échelle européenne, fondent leur position sur la nécessité d'élever le pouvoir politique à la hauteur de la puissance nouvelle de l'économie afin de lui faire contrepoids. Jürgen Habermas est de ceux-là, refusant tout à la fois le passéisme des premiers et l'aveuglement des seconds. Mais il va plus loin.Poche de ceux qui militent en faveur d'une démocratie cosmopolitique, il réfléchit aussi dans ce livre aux conditions qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre une régulation mondiale.

    Né en 1929 près de Cologne, Jürgen Habermas est l'auteur d'une oeuvre considérable. On trouvera notamment chez Fayard : Après Marx (1985), Théorie de l'agir communicationnel (2 vol. 1987) et L'Intégration républicaine (1998).

  • Né en 1917, Eric J. Hobsbawm est membre de la British Academy, professeur émérite de l'université de Londres et de la New School of Social Research de New York. Il est notamment l'auteur de L'Âge des extrêmes : le court XXe siècle (1914-1991) (Complexe), et en « Pluriel » de la trilogie sur le « long XIXe siècle », L'Ère des révolutions, L'Ère du capital, L'Ère des empires, ainsi que de Franc-tireur, son autobiographie, et de Marx et l'histoire.Hors-la loi des Carpates ou de Sicile, mouvements millénaristes de paysans de Toscane ou de Sicile, organisations parallèles comme la Mafia, sectes ouvrières anglaises, sociétés secrètes comme les Carbonari ou les Blanquistes : ce livre parvient à montrer ce qui unifie ces diverses figures de la révolte, apparemment disparates. À l'aube de la société industrielle s'esquissent des formes de protestation qui se nourrissent de visions utopiques ou de radicalismes religieux qui mettent à mal les schémas classiques du progressisme politique. Ces révoltes sont celles de marginaux du système qui récusent le monde qui vient comme le monde qu'ils quittent, témoignant ainsi de l'obstination, qui n'a rien perdu de son actualité, avec laquelle des hommes et des femmes veulent inventer un autre avenir.

  • Norbert Elias (1897-1990), fut l'un des plus grands penseurs de notre temps. Né à Breslau dans une famille juive aisée où il fait l'apprentissage de la culture allemande classique, il délaisse bientôt ses études de philosophie pour se tourner vers la sociologie. En 1930 Karl Mannheim lui propose de le suivre comme assistant à l'université de Francfort. Mais, au printemps 1933, Elias doit fuir l'Allemagne.
    C'est à Londres qu'il élabore Sur le processus de civilisation (paru en français en deux volumes sous le titre La Civilisation des mours et La Dynamique de l'Occident), sans doute l'un des livres les plus importants du XXe siècle. Le présent ouvrage, constitué de plusieurs articles majeurs et d'un entretien avec Norbert Elias, propose une biographie intellectuelle du penseur, qui d'une part fournit une introduction solide à une ouvre multiforme, d'autre part explicite les circonstances dans lesquelles lui sont venues ses principales intuitions.
    Au terme de sa longue vie qui se confond avec le siècle, Elias définissait ainsi son projet : "J'avais l'ambition de développer une image de la société qui ne soit pas idéologique".

empty