Judaïsme

  • L'histoire que Simon Schama entreprend de nous conter ici raconte l'héroïsme de la vie quotidienne autant que les grandes tragédies. Elle n'est pas l'histoire d'une culture à part, mais celle d'un monde juif immergé dans les peuples au milieu desquels il a vécu et marqué par eux. C'est en cela que l'histoire des Juifs est l'histoire de tous.
    L'histoire que Simon Schama entreprend de nous conter ici est à nulle autre pareille.
    Tout au long des dernières décennies, des découvertes archéologiques ont renouvelé notre vision de la manière dont a vu le jour la Bible, qui allait devenir le patrimoine d'une bonne partie de la planète. D'une extrémité du monde juif à l'autre ont été exhumées des mosaïques qui bouleversent notre idée de ce qu'étaient une synagogue et le culte juif, mais aussi de tout ce que cette religion, dans ses formes, partageait avec le paganisme et le christianisme primitif.
    Cette histoire s'étend sur les millénaires et les continents - de l'Inde à l'Andalousie, des bazars du Caire aux rues d'Oxford. Elle nous emmène d'un royaume juif dans les montagnes de l'Arabie du Sud à une synagogue syrienne aux murs peints étincelants, en passant par la colonie juive installée dans l'île d'Éléphantine, en Haute-Égypte, dès le vie siècle avant notre ère.
    Simon Schama nous conte avec maestria cette épopée où l'héroïsme de la vie quotidienne côtoie les grandes tragédies, et pose son regard d'historien de l'art sur les trésors qu'elle nous a légués. L'histoire des Juifs n'est pas, comme on l'imagine souvent, celle d'une culture à part, mais celle d'un monde juif immergé dans les peuples au milieu desquels il a vécu et marqué par eux, des Égyptiens aux Grecs, des Arabes aux chrétiens. C'est en cela qu'elle est l'histoire de tous.

  • La souffrance comme identité

    Benbassa-E

    • Pluriel
    • 13 Janvier 2010

    Dans le monde juif, la souffrance, ses représentations et sa ritualisation ont façonné au fil des siècles l'histoire d'un peuple et d'une religion, et plus encore l'idée que ce peuple se faisait de son histoire.
    Ce livre en suit dans la longue durée les méandres. Il y situe l'événement traumatique qu'a été la Shoah, venu réactiver une mémoire " lacrymale " dès lors jamais apaisée. Et Esther Benbassa analyse le lien indissoluble qui s'est finalement tissé entre le génocide et l'État d'Israël, sa politisation et sa transformation en une religion civile accessible à tous, un judaïsme " de l'Holocauste et de la Rédemption " - la Rédemption étant la création d'un État juif lui-même sacralisé.
    Au-delà du cas juif, ce livre fournit des clés de compréhension des diverses trajectoires mémorielles et identitaires d'aujourd'hui, aussi nécessaires ou inévitables qu'envahissantes et dont la mémoire du génocide est devenue le modèle. Cet usage de la souffrance comme identité engendre des devoirs de mémoire tyranniques, auxquels Esther Benbassa oppose le droit à un raisonnable oubli qui ne serait pas amnésie, mais confierait à une histoire enfin plurielle et partagée le dépôt de nos passés de souffrances.

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