Entreprise, économie & droit

  • La mondialisation actuelle est la troisième mondialisation, après la conquête de l'Amérique, aux XVIe-XVIIe siècles et les comptoirs anglais du XIXe siècle. Les deux premières se sont terminées en tragédie pour les populations concernées. Les ennemis de la mondialisation se recrutent aujourd'hui dans deux camps que tout oppose, mais qui se nourrissent de ce témoignage de l'histoire. Celui des « mollahs » qui résiste à l'« occidentalisation du monde » et celui des anticapitalistes qui lutte contre l'exploitation des peuples. Le premier groupe mène une guerre de civilisation, le second, une lutte de classe à l'échelle planétaire.
    Ce livre montre que leur combat commun se trompe de cible : la mondialisation fait naître des attentes qu'elle est incapable de réaliser. La conscience planétaire, sous l'impact des médias, est mondialisée, tandis que les forces économiques sont en retard sur celle-ci. C'est parce qu'elle n'advient pas, et non parce qu'elle est déjà advenue, que la mondialisation aiguise les frustrations. Se méprendre sur ce point, c'est construire la critique du monde contemporain sur un formidable malentendu.

  • Présentation d'exemples d'économie solidaire : services solidaires employant en Europe des milliers de salariés et bénévoles, plus de 2.000 corporations de développement communautaire qui oeuvrent aux Etats-Unis à la revitalisation des quartiers, action de plus 4.000 groupes populaires et communautaires au Québec, économie populaire qui fait vivre la moitié de la population de Santiago du Chili...
    L'économie de marché, malgré ses résultats en termes de niveau de vie, ne résoud pas les problèmes essentiels posés par l'ampleur des inégalités sociales et des dégâts environnementaux. Comment s'y attaquer sans verser dans l'utopisme ? Les contributions rassemblées dans ce livre proposent une réponse. Synthèses de recherches menées sur plusieurs continents, elles mettent en évidence la multiplicité des pratiques dans lesquelles l'économie est un moyen au service de finalités solidaires.
    En Europe comme en Amérique, au Sud comme au Nord, ces formes de développement local entrent en résonance avec les réseaux internationaux du commerce équitable. Les enjeux d'une recomposition des rapports entre économie et social concernent tant l'action publique que la justice et l'égalité entre les sexes.
    L'économie solidaire existe. La reconnaître pleinement et lui fournir les moyens de son développement est aujourd'hui un choix politique qui engage l'avenir de la société.

  • Aujourd'hui, un milliard et demi de personnes n'ont pas accès à une eau saine et propre ; chaque année, plus de 5 millions meurent de maladies liées à la mauvaise qualité de l'eau.
    L'agriculture consomme 70 % de l'eau douce mondiale, l'industrie 20 %, les ménages seulement 10 %, et la quantité d'eau douce disponible ne représente que o,5 % de la totalité de l'eau de la planète... en dépit de ces statistiques alarmantes, l"humanité, réticente à modifier ses pratiques, continue à polluer, détourner et épuiser inconsidérément les réserves. plus grave, les institutions internationales - la banque mondiale, le fonds monétaire international, l'organisation mondiale du commerce - préconisent la privatisation et la marchandisation de cette ressource.
    Plusieurs mouvements de citoyens, de l'inde à la colombie en passant par la france, ont compris qu'il est grand temps de réagir : tandis que certains s'opposent à la construction de barrages, qui entraîne le déplacement de milliers de personnes, d'autres militent contre la privatisation des services municipaux de distribution d'eau.
    Mais la solution viendra surtout de l'affirmation de quelques principes fondamentaux visant à la protection de l'or bleu, et de la reconnaissance par les instances internationales de l'accès à l'eau douce comme droit humain inaliénable.

  • Le bonheur français

    Sorman-G

    Comment devient-on français ? Qu'est-ce que français veut dire ? Telle est l'interrogation classique, mais d'une actualité pressante, à laquelle tente de répondre Guy Sorman.
    Non de manière abstraite, mais au travers de sa propre expérience.
    Cet itinéraire personel traverse les années 1950, 1968, l'ENA, le Paris des lettres et des arts de notre temps, les capitales étrangères : rencontres sérieuses ou drôles, d'interlocuteurs connus ou inconnus.
    Ce parcours conduit l'auteur à définir la France par le pluralisme de ses identités, et à redéfinir sa propre philosophie libérale comme une alliance entre la raison des Lumières et les mythes de justice et de nation.

  • La croissance mondiale ne profite pas à tout le monde. De la Côte d'Ivoire au Guatemala, du Vietnam au Brésil, les paysans ne luttent pas à armes égales avec les multinationales qui leur achètent leur production pour alimenter les rayons de nos supermarchés. Cacao, café, coton, riz, poivre sont devenus des ingrédients si anodins de nos vies quotidiennes que nous en venons à oublier les circuits commerciaux qui les ont amenés sur nos étagères. Oubliée aussi l'importance économique et donc politique de ces denrées pour les pays qui les produisent et n'ont souvent guère d'autres richesses. Jean-Pierre Boris nous entraîne à la manière d'un romancier sur les traces de ces matières premières, des paysans dans leurs champs aux bureaux des grands patrons, en passant par les écrans des traders, pour illustrer les enjeux de la mondialisation. L'Afrique peut-elle profiter de l'ouverture des marchés pour amorcer son décollage économique ? Comment les agriculteurs latino-américains résisteront-ils au choc des réformes libérales ? Le commerce équitable est-il une solution ou un alibi commode pour des consommateurs et des décideurs en panne d'idées et de volonté politique ? Ni manuel d'économie, ni pamphlet altermondialiste, Commerce inéquitable nous invite, à travers le parcours des matières premières, à découvrir les étranges circuits qu'empruntent parfois l'économie et la politique internationale.

  • La politique invoque souvent la science pour justitier ses méthodes et ses fins. La science flatte parfois la politique par intérêt ou par vanité. De ce point de vue, la confusion ou la collusion est totale pour la démographie française. Après François Mitterrand craignant une évolution qui « à terme condamne la population à disparaître ». Jacques Chirac annonce que « dans vingt ou trente ans, notre pays sera vide ». Même opinion chez les spécialistes : Alfred Sauvy redoute « une diminution du nombre » tandis que Jean Fourastié parle d'un « suicide collectif »...
    Or, surprise, la population française augmente au contraire rapidement. Depuis la guerre, elle s'est accrue de 40 %, passant de 40 à 56 millions d'habitants. Jamais auparavant, la croissance n'avait été aussi vive ni aussi durable.
    Pourquoi politiques et scientifiques nient-ils cette évidence ?
    Démontant les rouages complexes qui lient natalistes et nationalistes. Hervé Le Bras nous donne une analyse inédite, profonde et décapante de la population francaise actuelle et de son avenir.

  • Cet ouvrage donne à lire dans son intégralité la version définitive du projet de Constitution européenne adopté en octobre 2004 pour être soumis à ratification dans les différents pays de l'Union européenne. Il propose, dans une introduction fournie de près de cent pages, de guider le lecteur dans le décryptage de ce texte aride et de répondre à la question : pourquoi une constitution aussi touffue et abondante ?
    Expliquant les diverses étapes de la rédaction du texte, les auteurs montrent que la Constitution européenne ne saurait jouer le même rôle que les constitutions des États, puisqu'elle récapitule, en quelque sorte, toutes les étapes précédentes et, en particulier, les principaux traités qui ont fait l'Europe. S'attardant sur les principaux points controversés du texte - les politiques sociales, la place du libéralisme, le rôle des Églises, les modalités de la révision -, les auteurs montrent sans esprit partisan ce qu'on peut raisonnablement en dire et quels sont les arguments qui peuvent étayer sérieusement le choix des électeurs pour ou contre le projet. Au-delà de la conjoncture, un outil indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre ce texte difficile et s'initier à la complexité des mécanismes institutionnels de l'Union européenne.

  • Télévision

    Breton-S

    Dans cet essai ironique, acide et minutieux, un ethnologue équipé d'un divan, d'un crayon dans la poche et d'un regard faussement candide fait mine de découvrir la télévision. Il s'interroge sur la force de l'habitude qui nous empêche de voir la chose pour ce qu'elle vaut. Il l'observe de près et puis de loin. Il tourne autour, la renifle et s'étonne. Il étudie ses mises en scène comme autant de rituels exotiques. Il refuse obstinément de s'intéresser à ce qu'elle raconte, parce qu'elle peut dire tout ce qu'elle veut. Il est surpris par cette façon si étrange qu'elle a de parler sans entendre et de montrer sans regarder. Il fait ainsi le portrait de notre époque, qui produit des paroles et des images volontairement amoindries, qu'elle consomme avec d'autant plus d'appétit.

  • Le capital, suite et fins

    Sorman-G

    Récit de voyage, enquête, portraits, choses vues et entendues, pamphlet, programme, exploration de l'avenir : Le capital, suite et fin, est tout cela en même temps.
    Le capitalisme triomphant aux Etats-Unis, balbutiant en Russie, en Pologne ou en Chine, dévoyé au Brésil ou en Egypte, essoufflé en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, rejeté au Soudan ou en Inde, tel est le héros de cette saga contemporaine : une réponse ironique au Capital de Marx. Le capitalisme saura-t-il défaire ses ennemis, succombera-t-il à ses crises intérieures, saura-t-il vaincre les fondamentalismes ? Comment se concilie-t-il avec les cultures, les religions : les détruit-il, les remplace-t-il ? Fonde-t-il ici la démocratie, mais n'en appelle-t-il pas ailleurs à l'autoritarisme, voire au despotisme ? Comment crée-t-il de la liberté, mais aussi de la pauvreté et du chômage ? Comment enfin, aujourd'hui, un projet libéral devrait-il répondre à l'attente des Français ? Telles sont quelques-unes des interrogations auxquelles Guy Sorman répond dans ce livre à sa manière : vivante, informée, concrète.

  • Cet ouvrage dresse le tableau d'un siècle d'inégalités en France.
    Il montre que, contrairement à une idée reçue, l'inégalité des salaires y est restée sensiblement la même à partir de 1914. Le pouvoir d'achat a été multiplié par cinq, mais la hiérarchie n'a pratiquement pas changé. L'inégalité totale des revenus a fortement diminué, mais cela est dû pour l'essentiel aux chocs subis par les revenus du capital lors des crises du premier XXe siècle. Puis, l'impact des impôts progressifs sur le revenu et sur les successions semble avoir limité l'accumulation de patrimoines importants et empêché le retour à une société de rentiers.
    En l'absence de tels impôts progressifs, il est probable que la France n'aurait pas quitté de sitôt le sommet inégalitaire du début du XXe siècle. Explorant systématiquement les sources fiscales mais aussi les représentations des inégalités, ce livre fait apparaître la question des inégalités comme une grille de lecture de l'histoire générale de la France au XXe siècle.


  • l'article 20 de la constitution de 1793, qui stipule que le peuple français " donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté ", marque le point de départ de la conception moderne du droit d'asile.
    mais l'auteur montre comment sa mise en oeuvre a été le résultat d'un compromis entre les porte-parole d'une définition abstraite, universelle, et, les tenants d'une limitation de la générosité publique, d'un repli sur l'identité nationale. ce livre éclaire ainsi les sources des contradictions actuelles. les demandeurs d'asile n'ont jamais été aussi nombreux qu'aujourd'hui. venus pour la grande majorité des pays pauvres, ils doivent produire les preuves des persécutions qu'ils ont subies, le plus souvent impossibles à fournir.
    peut-on alors invoquer les droits de l'homme pour poursuivre une politique fondée sur l'hypocrisie d'etat sans aggraver encore le discrédit dont souffrent les idéaux démocratiques oe.

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